[Mauerbauer]
Quand j’ai commencé à jouer à Mauerbauer, j’ai été un peu dubitatif. Mais comme mon entourage était plus enthousiaste que moi et qu’il s’agit de mon Colo, j’ai eu maintes fois l’occasion de lui redonner sa chance. Et comme c’est de coutume avec Colovini, le jeu gagne en puissance avec de la pratique. Je le pensais plus chaotique que la majorité des jeux antérieurs du même auteur (ici dés + cartes) et en fait, comme toujours avec ce diable de créateur, le contrôle n’est pas une donnée inhérente au jeu mais un critère que l’on doit apprendre à maîtriser, à apprivoiser. Et Colovini nous laisse toujours de multiples manières plus ou moins évidentes pour y parvenir.
Je vous invite à lire le très fouillé et très bel article de Loic sur Mauerbauer:
http://www.jeuxdeplateau.com/article.php3?id_article=46
Je n’ai pas grand chose à ajouter à ce qu’écrit Loic si ce n’est que le placement des murs est une donnée qui, en plus de la connaissance des cartes et de la lecture partinente des actions des autres, augmente encore le contrôle sur le jeu et peut influer de manière très forte sur le jeu des autres (obliger quelqu’un à fermer dans des conditions pas aussi favorables suite au mur que l’on a placé à moins de nous laisser de trop fortes possibilités par la suite, ne pas laisser de possibilités de fermer, etc.).
Dernier point. La seule part de hasard vraiment gênante est quand on remélange les cartes suite à épuisement de la pioche. Là, c’est vraiment la loterie. Avec de la mémoire et de l’attention par rapport à ce que jouent les autres, on peut vraiment anticiper et voir ce qui se joue tout au long du jeu. Mais quand la pioche est épuisée, c’est un peu à celui qui prendra ou ne prendra pas la bonne carte. De par chez nous, on a donc mis au point une variante: quand la pioche est retournée, elle n’est pas mélangée. On a donc une idée plus ou moins précise de ce qui va se récupérer (cartes qui ne valent plus grand chose ou cartes qui peuvent valoir à présent beaucoup ayant été défaussées dans un contexte où elles n’étaient pas efficaces). De plus, cette variante oblige à gérer finement sa main de cartes issues de la première main surtout si l’on sait que ce qui se récupèrera en seconde main ne sera pas faramineux. Cela fonctionne très bien et apporte une dimension supplémentaire au jeu sur beaucoup d’aspects bien que donnant une caractéristique plus calculatoire et prise de tête (alors qu’une des qualités de Mauerbauer est d’être plus léger que d’autres Colovini).
Ludiquement.