Analogie logiciel libre / jeux à télécharger

Une modeste réflexion sur l’analogie qui est souvent faite entre les logiciels libres et les jeux de société en libre téléchargement. Qui fait suite à plusieurs commentaires lus ici et là sur le net et une remarque glanée dans Plato, en intro de l’article sur l’auto-édition (“Adeptes du logiciel libre, soyez les bienvenus dans l’univers du jeu non moins libre.”). D’où il ressort que l’analogie est un peu exagérée et que je suis pas sûr qu’un auteur de jeu en libre téléchargement tienne vraiment à accepter les conditions du libre telles que définies dans le monde informatique.:roll:

La plupart des informatiens sait maintenant que la notion de libre est différente de la notion de gratuité : un logiciel libre n’est pas forcément gratuit et un logiciel gratuit n’est pas forcément libre. L’exemple que tout le monde cite, c’est Linux (OS concurrent de Windows) : on peut tous télécharger gratuitement ce programme, mais beaucoup qui l’utilisent l’ont acheté pour avoir les CDs, la doc papier, éventuellement un support de la part de l’éditeur, … Inversement on trouve des freewares sur le net qui ne peuvent pas être considérés commes logiciels libres.

Un logiciel est libre du moment qu’il est régit par une licence satisfaisant 4 points, résumés ici grossièrement :
- chacun doit pouvoir exécuter le logiciel
- chacun doit pouvoir accéder aux sources du logiciel
- chacun doit pouvoir librement distribuer le logiciel à autrui
- chacun doit pouvoir modifier les sources du logiciel et éventuellement le redistribuer ainsi modifié.

L’idée de tout ça, c’est de favoriser le progrès des logiciels qui peuvent être améliorés par chacun de manière simple sans subir les obstacles d’une économie centrée sur le profit. En passant, ce type gestion est bien antérieur au monde de l’informatique, cf. l’exemple des soieries lyonnaises.

Imaginons maintenant que l’auteur de Turquoise publie son jeu avec une license libre telle que définie précédemment. N’importe quel quidam pourrait récupérer les sources du jeu (essentiellement les fichiers sources des images), éventuellement les modifier puis les redistribuer voire les vendre pour son compte ! Plein de versions concurrentes de Turquoises pourraient ainsi éclore parallèlement et toucher le plus grand nombre. Après soit l’auteur jubile de la popularité de son jeu, soit il déprime du fait qu’il en soit dépossédé…

Faut ajouter qu’il existe des dizaines et des dizaines de licences libres qui peuvent rajouter des contraintes telles que l’obligation de mentionner le nom de l’auteur ou même d’obliger les redistributions à conserver la même license : c’est le cas de la GPL qui garantit qu’une société ne pourra pas s’approprier le logiciel en fermant ses sources.

Bon je vais pas trop m’étendre :oops:, mais c’est simplement pour sensibiliser ceux qui ne le seraient pas déjà que derrière le libre, y’a vraiment une philosophie du partage qui n’est pas toujours compatible avec les garanties que peut attendre un auteur de sa création.

Pour les sceptiques, je rajoute enfin que le libre a atteint beaucoup de champs culturels avec des licences adaptées : musiques, vidéos, livres, … Manque plus que les jeux de société :-) [Vous pouvez vous rendre sur Culture libre pour plus d’infos sur ce qui se fait dans ce domaine.]

PS : pour ceux qui voudraient approfondir la philosophie du libre, allez-voir Wikipedia et surtout les liens vers Stallman, un des papes du libre.

Amaury distribue Pandocréon Menhir sous licence libre mais cela ne l’empeche pas d’en vendre en micor-édition. Et pourtant les “sources” sont dispo et rien n’empeche de s’en faire une copie ou meme de le vendre par toi meme.
Il utilise pour cela la licence Art Libre qui ajoute aux principes énoncés le fait que le ou les auteurs (et ceux qui ont modifié le jeu) doivent etre cité.
Donc quelque part, tu perds un peu le controle du jeu mais tu conserves la paternité. C’est déjà cela.
Comme tu dis à propos de la depression et tout, il vaut mieux un jeu qui se fait connaitre (avec toi) sous licence libre et dont tu peux etre fier plutot qu’un jeu qui croupi au fond de ton armoire…

Et pus c’est avant tout une philosophie…