Apiculture en amateur.

En rebond d’un sujet concernant le végétalisme, où a été abordé la question du miel et, par enchainenemt, des abeilles, j’ouvre donc ce sujet sur ce loisir, en ce qui me concerne. Je ne suis pas un expert, juste un amateur, depuis 2005.
Voic ce que j’ai répondu à la première question de Roswell sur ce sujet.

j’ai récolté au maximum 180 kg de miel sur 5 ou 6 ruches actives sur 8, il y en a toujours 2 ou 3 en perte de production ou en démarrage. Ceci en 2 récoltes par an.
Quand c’est le cas j’en mange deux ou trois kilos par mois en famille, je distribue le reste, parfois j’en vends, 8 à 10 euros le kg selon les cours (N° de Siret obligatoire)
Une récolte au printemps, l’autre fin d’été. Cette année pas de récolte de printemps, temps trop pourri, et petite récolte d’été 50 kg.
Pour se lancer il faut: des conseils et ou des cours, en association ( coût de l’adhésion) une déclaration aux services véterinaires et agricoles, gratuite, obligatoire dès la première ruche, un coin tranquille où poser sa ruche, l’assurer (quelques dizaines d’euros par an) Pour démarrer le coût du matériel individuel, d’une ruche, et de sa hausse doit tourner en dessous des 200 euros, y compris le traitement annuel minimum selon moi. Ah oui, il faut des abeilles, ça tu les trouve gratuites au printemps, moi j’en avais dans ma cheminée. tu peux aussi les acheter , 80 euros l’essaim, ouch.

Ta ruche est située à Morangis?

Mes 2 emplacements oui, un dans mon jardin, un dans un potager derrière la zone industrielle.

Et tu n’a pas de problèmes avec les risques de pollution alentours (Orly, les camions et voitures passant dans la Z.I ainsi que la relative proximité de l’A6 et de la N7, les pesticides employés par les voisins, etc.)?

Oui, la réglementation impose une distance:
Les ruches peuplées ne doivent pas être placées à moins de 20 mètres de la voie publique et de propriétés voisines.
Dans le cas où les propriétés voisines sont des bois, des landes, cette distance est de 10 mètres au moins.
Elle est de 100 mètres au moins si les propriétés voisines sont des hôpitaux ou des établissements à caractères collectif (hôpitaux, casernes, écoles…)
Mais il y a une parade que j’utilise:
Ne sont assujetties à aucune prescription de distance les ruches isolées des propriétés voisines ou des chemins publics, par un mur, une palissade, une haie vive. Ces clôtures doivent avoir une hauteur de 2 mètres et s’étendre de 2 mètres de chaque côté de la ruche.
C’est valable pour l’Essonne, le maire peut aussi prendre des mesures restrictives. A vérifier localement donc.
Mais rien ne remplace la bonne entente avec les voisins et leur tolérance. Si quelqu’un commence à dire que les ruches le gène, à moins d’un abus manifeste de cette personne, il vaut mieux pouvoir les déménager, que d’entrer dans un conflit de voisinage. De toute façon on ne travaille pas en sécurité avec quelqu’un à proximité des ruches. Donc moi je vérifie avec mes voisins et je les préviens le cas échéant
D’où l’intérêt de disposer d’au moins un emplacement de secours, à soi ou à un collègue.

Dod dit:Et tu n'a pas de problèmes avec les risques de pollution alentours (Orly, les camions et voitures passant dans la Z.I ainsi que la relative proximité de l'A6 et de la N7, les pesticides employés par les voisins, etc.)?

La pollution urbaine nous baignons dedans, et elle se répand et se dilue bien au délà de la ville, toute la région en benéficie. Non, le miel ne sent pas le kérosène...;-)
Mais elle est bien mieux supportée que la pollution agricole: aucune bombe de B....n vert ou jaune , aucun jardinier amateur n'arrive à la hauteur d'un tracteur et sa citerne remplie de pesticide, herbicide ou fongicide. Si les abeilles vivent, si la reine pond bien et que le couvain se développe, c'est qu'elles ne sont pas plus intoxiquées que nous.
Et même moins, elles ne vont pas sur certains champs, alors que nous nous mangeons ce qui y est produit.
J'ai une chance maintenant c'est qu'il y a du miscanthus planté à côte de mon deuxième emplacement, en fait de l'autre côté d'un champ jouxtant la ZI, plante qui ne nécessite "qu'un ou deux" traitements herbicides par an.
Il y a quatre ans je n'ai pas eu cette chance avec le blé, perdu d'un seul coup 2 ruches sur 4, mais là j'ai décalé mes ruches et bâché la clôture autour, elles sont plus à l'abri d'un coup de vent chargé en produit chimique. Pas les jardins des nombreux voisins du champ.
Cherchez sur internet vous allez vous faire peur...de mémoire certaines cultures recoivent jusqueà 14 épandages par an de produits divers.

A l’époque sur TT pour commencer; tu m’avais recommandé le traité rustica sur les abeilles et il est effectivement très complet. Je le recommande chaudement. Donc un grand merci.

J’ai remisé mon projet abeilles “chez ouam” pour mon prochain retour en France définitif peut être pas? Mais il me tient à cœur c’est certain.

Merci pour ce topic.

Je présume que si tes ruches sont éloignées l’une de l’autre tu dois pouvoir avoir du miel de gout et texture différents ?
Est ce que tu peux favoriser tes abeilles à aller dans tel direction pour butiner ?
Genre au nord t’as un champ de lavande et au sud un champ de maïs ben tu peux vouloir préférer le champ de lavande y a t il un moyen ? (c’est peut être un peu naif comme question mais sait on jamais)

Les abeilles récoltent nectar et pollen dans les 5 km alentours environ.
De fait elles ne sont pas assez éloignées (1,5 km à vol d’abeille entre mes 2 ruchers ) et il n’y a pas assez de différences de ressources dans le secteur, tant dans le temps que dans l’espace, pour obtenir autre chose que du miel toutes fleurs, avec du colza au printemps quand elles vont dessus (sélectionné, il ne produit quasiment plus de nectar et de pollen , que des graines) et des arbres fruitiers, ce qui donne un miel plus clair/ blanc cristallisant plus vite, avec un tas d’autres plantes et arbres des jardins, parcs, talus etc.
Et l’été tout le reste avec les tilleuls, chataigners , lierres etc. ce qui donne un miel plus orange et restant semi liquide/pateux plus longtemps.

Pour avoir un miel dit d’un type précis, miel de colza , de tournesol, de carotte, d’eucalyptus, etc, il faut que la zone des 5 km alentours soit très majoritairement plantée de ce type de vegétal, en floraison et en abondance. Les abeilles vont se précipiter sur cette manne.
Par exemple pour le tournesol, il pourra y avoir plusiers dizaines de kg par ruche si tout est là au bon moment, et s’il n’y a pas un coup de pesticide par dessus.
Les agriculteurs ne doivent théoriquement pas traiter en période de floraison. Avec les plantes OGM secrétant leur propre insecticide, ou les graines enrobées, donnant des plantes “imbibées”, c’est cuit.
D’ailleurs s’il y a un joueur exploitant agricole qui passe par là, j’aimerais bien en parler avec.
D’où la transhumance pratiquée par certains, les fleurs sont mieux fécondées, la récolte est dopée, et le nectar recueilli pendant que les ruches sont à un endroit bien précis lors de la floraison donnera du miel du même type, si on retire les hausses à temps.
Dans une région en Asie, surtraitée, c’est des ouvriers qui polinisent les fleurs dans les arbres au pinceau à perche…
http://www.internationalnews.fr/article-18603290.html
Les hausses sont les parties amovibles d’une ruche qu’on installe et retire pour la récolte, lors de la miellée, pour les types de ruches les plus utilisés.
Ceux qui ont du chataigner autour de leurs ruches obtiendront du miel de ce type, en très grande proportion avec la floraison du chataigner, mais avant et après les abeilles trouveront autre chose, sinon, elles auront bien du mal à survivre. D’où le problème posé par les grandes surfaces cultivées d’un seul type de végétal, en plus des pesticides ça fait des déserts intermittents, et l’intérêt des haies, jardins, talus, friches et terrains vagues pour les abeilles.

Merci de tes réponses.

Certains apiculteurs peuvent déplacer leurs ruches pour être au milieu du champ de tel ou tel type en fonction des floraisons ou cela risque de déboussoler la ruche ?

Mauvais Karma dit:Merci de tes réponses.
Certains apiculteurs peuvent déplacer leurs ruches pour être au milieu du champ de tel ou tel type en fonction des floraisons ou cela risque de déboussoler la ruche ?

Si le déplacement se fait de nuit ou tôt le matin, ruche fermée avec tout le monde rentré à l'intérieur, à plus de 5 km environ, les abeilles vont recaler leur GPS sans problème, n'ayant plus aucun repère, c'est une sorte de remise à zéro. Moins de 5 km certaines des butineuses auront tendance à retourner à l'ancien emplacement, et, problème vu qu'il n'y aura plus rien sur place, elles vont vite s'agiter et dépérir ensuite.
j'ai déjà déplacé des ruches entre mes deux emplacements, si je laisse une ruchette vide à l'emplacement d'origine, les égarées s'y installent, mais sans le reste de la colonie elles sont perturbées et ne survivent pas. Je les ramène le soir à leur nouvel emplacement, mais surtout maintenant je fait une étape d'un jour ou deux dans le rucher d'un collègue assez éloigné, c'est plus simple.
Les transhumances et déplacements de ruches se font donc le plus souvent à la nuit tombée, ou tôt le matin, avant la sortie des premières abeilles.

Ces miels “monofleur” ont-il réellement de l’intérêt ? C’est certes amusant et ça permet de se créer des repères pour le consommateur mais un bon miel “bâtard” c’est bien aussi. Non ?

C’st une question de goût, et de consistance,
voire de vertus (supposées, je ne me suis pas penché là dessus encore)
Un miel de carotte, qui n’en a pas le goût et qui n’est pas orange ,mais jaune pâle et cristalise fin, n’a pas le même goût qu’un miel d’acacia, liquide et clair, ou qu’un miel d’eucalyptus, liquide plus sombre, assez fort, là du coup, en goût eucalyptus. C’est comme les fromages.
Je vois bien la différence entre le miel que je récolte au printemps, qui se cristalise vite, est donc jaune clair et pateux/ferme, assez “sucrant” avec un parfum léger, et celui d’été qui sent plus le châtaigner, tilleul, reste liquide plus longtemps, est plus jaune orangé, et parait plus parfumé et mois sucrant. Dans tous les cas la teneur en eau optimale est d’environ 17/18 % (je viens de vérifier le mien, il est ok) et 98% du reste, c’est des sucres variés.
Je cite:
Il est constitué principalement de glucides en grande quantité ( 78 à 80 % ) représentés essentiellement par du fructose (38%) , glucose (31%) mais aussi par du maltose , du saccharose ( en petite quantité ) et d’autres polysaccharides . L’eau est aussi un composant important de la composition chimique du miel (17%)

Par ailleurs , il y a de nombreux autres substances en plus faible quantité tel que :

-des protides (1%) contenant un grand nombre d’acides aminées tels que: l’acide aspartique , glutamique , l’alanine ,l 'arginine, l’aspargine …
- des sels minéraux (0.3%) composés de plus d’une trentaine d’éléments comme l’aluminium , l’argent , le chlore , le calcium , le beryllium et le potassium (composant qui se trouve dans tous les miels )

- des acides organique composés d’acide gluconique , de lipides , des triglicérides , de l’acide gras et des vitamines ( B1 , B2 , B3 appelé aussi PP , B5 , B6 , C , A , B8 appelé aussi H , B9 , D et K )

Avec le pollen, source de protéines, c’est les aliments complets de base, et en stock, des abeilles.
L’eau, il ne vaut mieux parfois pas trop regarder où elle vont la chercher, de l’eau assez chargée en minéraux et matières organiques leur convient bien, mais elles se contentent parfois aussi de flaques et de rosée, d’un filet au robinet en cas de sécheresse. De toute façon elles la traitent à leur manière.

Number 6 dit:
Par exemple pour le tournesol, il pourra y avoir plusiers dizaines de kg par ruche si tout est là au bon moment, et s'il n'y a pas un coup de pesticide par dessus.
Les agriculteurs ne doivent théoriquement pas traiter en période de floraison. Avec les plantes OGM secrétant leur propre insecticide, ou les graines enrobées, donnant des plantes "imbibées", c'est cuit.
D'ailleurs s'il y a un joueur exploitant agricole qui passe par là, j'aimerais bien en parler avec.


Salut. Je suis viticulteur dans une coop qui a mis en place une démarche "lutte raisonnée" (en gros c'est comment assurer un revenu correct tout en limitant l'impact sur environnement...moins risqué qu'en "bio") sur l’exploitation qu'elle possède en propre (120 ha) et bosse avec un apiculteur pour connaitre l'effet des traitements (chimiques ou non, c'est aussi nocif pour les insectes) ainsi qu'avec une ONG (Earthwatchhttp://www.earthwatch.org/eur ... deaux.html).
Suis aussi pruniculteur, mon père possédait 5 ou 6 des ruches, il en reste une sauvage presque au milieu du verger, elle se porte bien depuis plus de 10 ans.
Mon amoureuse a envie de refaire un rucher, on verra si on a assez de temps à pouvoir y consacrer, c'est en tout cas particulièrement intéressant, et pour les vergers vachement utile.

C'est quoi la question que tu te poses?

Je crois que tu as répondu, c’est possible de concilier les deux… :china:
Peut être pour une agriculture qui serait plus artisanale qu’industrielle en tout cas.
Je vois plus les abeilles sur les pruniers que sur les vignes, c’est polinisable, la vigne ? N’ayant pas ce type de culture dans le secteur, je n’en sais rien…Avoir un verger pour placer un rucher, ça devrait être automatique ( :wink: . Une, deux ou trois ruches pour commencer, et ensuite, là le facteur temps augmente. Surtout au printemps, en période de miellée et en automne.

tupak amaru dit:A l'époque sur TT pour commencer; tu m'avais recommandé le traité rustica sur les abeilles et il est effectivement très complet. Je le recommande chaudement. Donc un grand merci.
J'ai remisé mon projet abeilles "chez ouam" pour mon prochain retour en France définitif peut être pas? Mais il me tient à cœur c'est certain.


A ta disposition si et quand ça le fait.

Au fait pour les banlieusards du sud de Paris, ou les curieux en général un peu de pub là:
http://save91.free.fr

et
là:
http://save-apiculture.pagesperso-orange.fr/
Number 6 dit:Je crois que tu as répondu, c'est possible de concilier les deux.... :china:
Peut être pour une agriculture qui serait plus artisanale qu'industrielle en tout cas.
On peut concilier les deux, c'est ce que nos essais ont démontrés, si on applique pas d'insecticides quand les herbes qui poussent dans les vignes sont en fleur (dixit l'apiculteur en question). L'agriculture "industrielle" comme tu dis permet l'emploi d'insecticides sélectifs, mais pas pour toutes les cultures. "Artisanalement" l’emploi de Roténone et de Pyrèthre (molécules naturelles insecticides employées en culture AB, interdite en "conventionnel" car trop dangereuses pour l'utilisateur :roll: ) ne me semble pas très respectueuses des abeilles non plus ;) . C'est l'intelligence le remède...
Number 6 dit:Je vois plus les abeilles sur les pruniers que sur les vignes, c'est polinisable, la vigne ? N'ayant pas ce type de culture dans le secteur, je n'en sais rien...Avoir un verger pour placer un rucher, ça devrait être automatique ( :wink: . Une, deux ou trois ruches pour commencer, et ensuite, là le facteur temps augmente. Surtout au printemps, en période de miellée et en automne.
La vigne est pollinisable mais les fleurs ont les deux organes reproducteurs, donc pas besoin d'abeilles ni d'autres insectes pour avoir des raisins. Pour le pruniers, certains paient les apiculteurs pour qu'ils placent leurs ruches dans les vergers.