Essen 2014, Fred Henry et la com

Ouaip. Fred Henry a très bien ressenti dans quel modèle économique le Monde du Jeu commençait à entrer. Je mets de côté les deux ou trois grosses marques historiques que tout le monde connaît et que nous retrouvons chez les grandes enseignes. Nouveau dans le jeu(deux ans) mais bédéphile depuis quarante ans, j’ai constaté, grâce à l’information distillée par TT et TTTV, que le Monde du Jeu prenait le chemin que le Monde de la Bande Dessinée avait pris, il y a quelques lustres. Fred Henry le relève d’ailleurs dans ses propos : Le fait que certains éditeurs n’hésitaient pas à sortir des dizaines de jeux par an pour prendre le plus de place sur les étals. Au risque de n’avoir aucune visibilité pour certains jeux. Dommage !

Pour ma part, je donne raison a Mr Fred Henry. C'est vrais qu'il y a de plus en plus de jeux qui sortent rien qu'en espace d'un mois. Nous, en tant que joueurs, on cherche avant tout un jeu dans lequel ou on peut s'amuser, ce détendre et non pas acheter pour acheter. Il y a un gros manque de communication, bon, d'un côté sa rend le truck amusant le fait de devoir chercher comment est tel ou tel type de jeu auprès d'autres joueurs, vendeurs ou auteurs.

 

J'ai un amis qui est auteur de jeux, quand je l'entend parler, que ce soit a propos de ces jeux ou d'autres, il faut que ce soit "commercial" que sa touche un plus large public... Sa devient moins "intime".

 

Il est clair que dans cet univers ludique, il faut pouvoir vivre, gagner son pain, mais a quel prix ? Sortir des navets, pour dire "ouais, on fait 6 jeux on les fait a 2000 exemplaires chacun et on verra qui sera le meilleur !" Sur certains jeu, je ressent un gros manque d'envie et clairement un jeu a "pognon". Je voudrais prendre l'exemple de Camel Up ! (dites moi si je m'éloigne du sujet) 

J'y ai joué qu'une seule fois, je peux dire que c'est un jeu avec un gros potentiel qui a été baclé pour gagner les Spiel, ou pas. Le pire, c'est qu'ils en font a X exemplaire, les commerces les achètes, mais le hic, c'est qui ne les vendent pas comme "prévus". Pourquoi ? Manque de com c'est sur et, un peu plus personnel, le jeu a un manque d'intérêt même pour un enfant de 8 ans.

 

Voila, je pense avoir tout dit, peut être que je mélange les pinceaux, mais je souhaite que sa ne devienne pas comme le monde du jeux vidéo ou autres.

Pour ceux qui se demandent pourquoi passer par le participatif pour Conan, Fred l'explique simplement :

Il veut faire un jeu dont il rêve. Le sortir en boutique ferait des boites à 250€. En participatif, c'est possible. Il y aura une version boutique, plus abordable, mais moins énorme que le jeu dont rêvait Fred. ça me parait simple.

KS et boutique ne sont pas incompatibles malgré tout. On peut faire un jeu sous forme basique pour le grand public et se faire plaisir avec KS pour sortir un jeu “délirant” comme le 3D ;o)). Avec le KS, les souscripteurs adhèrent au projet, outre le côté positif et amical de la démarche,c’est un garde-fou à toute critique ultérieure

Je suis auteur de BD, la semaine passée mon éditeur m’a appris une chose sur la surproduction.
Il se trouve qu’au départ l’éditeur édite une bd et la vend au libraire, celui ci la vend ou pas dans sa propre librairie, s’il ne la vend pas, il l’a retourne à l’éditeur qui doit lui racheter, pour en faire quoi ? mise au pilon ou autre, dans ce cas la il perd de l’argent. C’est là qu’intervient la surproduction, le but est simple, pour ne pas perdre de l’argent, l’éditeur ne rachète pas la bd, il va l’échanger contre une nouveauté. Qu’importe laquelle, une daube ou un titre dans lequel il croit, ça ça n’a pas d’importance, ils ne recherchent pas de succès.
Cette pratique a contribué a inonder le marché avec des merdes (j’en ai moi même fait une… faut bien manger!) pour grossir les catalogues des gros éditeurs soucieux de ne pas perdre d’argent.
Alors d’un autre coté ils en gagnent avec les titres qui marchent depuis des décennies et quelques uns qui sortent du lot, mais ça, ce sont les lois de la loterie.
Comment peut on savoir qu’un album ou un jeu va marcher ? parce qu’on l’aime ? Parce qu’on a pris du plaisir a le lire ou a y jouer… les gouts et les couleurs… on peut croire a un titre qui ne marchera pas et ça les gros éditeurs l’ont bien compris.

Les premiers a en pâtir sont les auteurs qui sont noyés dans le flot et qui sont contraint d’accepter des prix de pages dérisoire pour pouvoir acheter a bouffé.

Je pense faire partie de ces auteurs de BD qui regarde le monde du jeu avec envie, c’est sur que ça me fait rêver de pouvoir dire haut et fort que l’on va pas faire de jeu s’il n’est pas vendu au moins a 20000 ex.

Je ne sais pas si le monde du jeu prend le même chemin que celui de la BD, mais si c’est le cas, ça n’est pas reluisant.

En tout cas, M Fred, gardez bien votre place au soleil, ne vous la faite pas piquer.

C’est très rare qu’un éditeur vende au libraire. le prinicipe est éditeur donne à distributeur qui donne à libraire.
Ensuite, les invendus retournent chez le distributeur et le libraire ne paie que ce qu’il a vendu.
Avant le délai de retour pouvait être d’environ douze mois, aujourd’hui je ne sais pas/plus. De quoi se tirer les cheveux pour l’éditeur. Mais ce risque de manque de visibilité, c’est bien entendu l’auteur qui en est le plus impacté même si c’est l’éditeur qui met l’argent et prend le risque.
;o)

Modèle intensif contre modèle extensif, ça me rappelle l’agriculture. Et quand on compare les impacts du modèle agricole intensif par rapport à l’extensif, il n’y a pas photo …

Je crois surtout que dans son propos M. HENRY défend les éditeurs qui se font bâcher parce qu’ils font trop de comm’. Il ne nous dit pas que ces jeux sont bons, mais juste qu’ils s’investissent totalement et jusqu’au bout dans un jeu parce qu’ils croient qu’ils sont bon et qu’ils auront un public qui le trouvera bon. De plus et dans un sens il suggère que les valeurs humaines sous tendues par ces 2 modèles économiques ne sont pas les mêmes.

C’est un point de vu qui trouvera toujours ces contres exemples, mais il est argumenté, a le mérite d’exister et de poser le débat.

Pour ma part je suis partagé sur l’évolution actuelle. D’un côté l’abondance de comm’ des éditeurs “communicants” fait que je me sens envahis par ces jeux et que je me sens obligé d’au minimum m’y interesser. De l’autre côté le flot de nouveautés des éditeurs “producteurs” me dépasse m’inonde et je suis submergé par ce trop plein. J’ai donc une sensation de trop ces trop. Des fois je sature au point d’en avoir marre des jeux, de ne plus vouloir m’informer.

Ma solution, un premier tri sur les illustrations, le thème. Et après ça je regarde la mécanique. Si elle n’est pas un minimum immersive je passe mon chemin.

Du coup mes critères de tri sont dans l’ordre l’illustration, le thème et le matos. Le jeu en lui même vient après. J’en suis un peu triste mais il faut bien survivre dans cette jungle.

PS : la mise en avant des avis sur le fil accueil de TT me redonne le goût du fouinage à la découverte de la perle ludique caché, j’ai repris espoir grâce à cette initiative.

@Totoche
Ha ouais tu crois vraiment que l'éditeur donne ces bouquins, comme ça^^

l'éditeur démarche les libraires pour connaitre le nombre d'exemplaires qu'il va lui vendre, biensur il y a le distributeur, celui ci gagne en acheminant les bouquins et se frotte les mains en faisant les retour, y faut bien le payer. Lui, il est gagnant sur tout les tableaux. Une bd reste grosso modo trois semaines sur les étales, si le libraire a de la place. quelque fois il n'ouvre même pas les cartons tellement les nouveauté sont nombreuses. Avant on allait voir son libraire pour lui demander conseil mais avec de tel production, le libraire lui même ne peut plus se faire d'avis, il ne peut plus tout lire pour donner des conseils a ces clients.

On marche sur la tête, j'espère que le jeu n'ira pas jusque là.

C’est le double tranchant de monde ludique… D’un côté, on voit fleurir en France un réel développement du jeu avec des magasins spécialisés, des sites, des blogs, …Etc…

Mais la conséquence de cet essor, ce sont les personnes qui ne veulent QUE du profit, de l’argent. Avec le business que cela génère et la création ludique qui explose, on constate une arrivée massive sur le marché, de beaucoup de jeux, de beaucoup trop de jeux …

Au final, n’était-ce pas mieux avant, où il y avait moins de jeux, mais souvent que du très bon ? C’est vrai qu’on avait un peu plus de mal à se les procurer, mais on était rarement déçu. Aujourd’hui, on en trouve partout, avec un choix gigantesque Alors on se retrouve à ne plus savoir où donner de la tête, tellement il en sort. Et plus on avance, plus les éditeurs essayent d’en sortir…un peu comme une obligation, une course et malheureusement, parfois, uniquement pour le profit au détriment de la passion ludique.

Je suis un fan de jeux et, moi même, je me laisse prendre. Je me rends compte que j’achète entre 50 et 100 jeux par an… sans compter ceux que je teste ailleurs…

Peut être qu’on devrait, nous consommateurs, être plus exigeants. Plus exigeants sur la qualité du matériel en refusant les jeux de mauvaise qualité, plus exigeants sur les règles dont certaines traductions sont incompréhensibles ou encore truffées de fautes, plus exigeants sur la nouveauté pour éviter les jeux qui se ressemblent trop, plus exigeants sur des extensions qui sont parfois sans intérêts, et conçues uniquement pour vendre… On pourrait presque définir une espèce de charte de qualité… c’est une idée ça …

Pour rebondir sur les questionnements entre monde de la BD et monde du ludique, je me suis fendu d'un billet dans l'espace bloggueur :

http://www.trictrac.net/actus/la-bd-va-faire-un-carton

Je ne sais pas s'il est bien à sa place car c'est mon premier billet, mais bon, disons que c'est un point de vue... solidaire.

@Gondlir Bien que ce ne soit pas le sujet, bien sûr que les libraires ne paient pas les livres à la livraison. Le distributeur leur amène les bouquins, soit commandés, soit imposés par l’éditeur*, et selon ce que c’est et si ça ne c’est pas vendu, la semaine d’après c’est remballé et renvoyé chez le distributeur. J’ai même connu deux libraires qui, connaissant le contenu de la livraison de la semaine et connaissant la suivante, n’ont même pas ouverts les cartons pour éviter de perdre du temps et de l’argent.
;o)

  • Ce qu’explique aussi Fred, sur les jeux imposés, pour en avoir un souhaité.

@Ah! Lex : bah la réponse est tellement simple que je ne comprends même pas la question : parce que ce n'est pas suffisant pour produire le jeu. Certes cela paie une partie de la préprod mais absolument pas la prod...

@Erwan et Fred Henry : Je comprends vos arguments et ils sont évidemment très recevables. Maintenant j’avoue ne pas aimer les kickstarters. Enfin, ne plus les aimer. Et j’ai mes arguments mais je n’ai pas envie de me lancer dans une rédaction de 60 lignes car cela n’a pas sa place ici. J’espère qu’on pourra en reparler sur une tttv sur le sujet dans un proche avenir.

Petites ou grosse, une entreprise doit faire du profit. Après, effectivement, veut-on que ce soit le seul fil conducteur de la vie, avec de possible rachat comme Asmodée, ou veut-on vivre de façon “artisanale”, jusque ce qu’il faut, pour être maître de son destin ?

Toujours aussi fan de M. Fred Henri (c'est marrant qu'on associe systématiquement son diminutif de prénom et son nom de famille... on le fait pas pour d'autres personnalités du milieu, si ? Attendez je teste : M. Matth d'Epenoux... M. Anto Bauza... M. Brun Cathala... ouais non ok je vois pourquoi. Bref...).

Petite anecdote qui montre l'intégrité du monsieur : j'étais assis pas loin d'une partie de test de son futur Conan dans un café-jeux parisien il y a quelques semaines (je n'y ai pas participé, je jouais à Legendary à coté). Au moment de partir, il s'est approché discrètement du patron, et a réglé les consos de toutes les personnes ayant participé à la partie de test. Quand le patron le leur a dit, il a justifié que c'était normal parce qu'ils avaient bossés pour l'aider à améliorer son jeu. Alors qu'évidemment, tous les joueurs en question l'ont fait avec envie et plaisir, et auraient trouvé parfaitement normal de régler leurs consos comme d'habitude. Bref, une démarche de Bonhomme.

Bravo M. Fred Henri.

Monsieur Fred, où du comment "jeter un pavé dans la marre", un scud serait plus exact... vive les armes lourdes employées à bon escient 

Je tire encore mon chapeau à Frédéric Henry! Il se bat, dit ce qu’il pense et fait le maximum pour réaliser ses rêves. Un vrai passionné! Merci à lui!!!
PS: Conan que j’ai pu tester aux Vendanges ludiques a été une excellente découverte! Hâte qu"il sorte, et idem pour le Timeline Party :slight_smile:

je pense exactement comme Fred : trop de jeux et en plus notre temps disponible comme joueur n’est pas infini donc on s’éparpille

Aucun rapport mais la seconde erreur du secteur je trouve c’est le packaging : des grosses boîtes pleines de vide juste pour faire du facing alors que les jeux circulent beaucoup : pourquoi ne pas prévoir leur transport des le packaging ? La diminution en volume du packaging devrait être lobjectif de tous les éditeurs ( plus facile à trasnporter moins cher à produire moins incombrant à stocker dans les entrepôts et les magazins, plus ecolo)

MONSIEUR Fred Henry… Tu sais que je t’aime toi!!! En toute amitié.

Je vois pas trop la "finalité " de ce débat… que ce soit “bien” ou “mal” pour le marché, ca ne changera pas parce qu’on en parle.
Les gros éditeurs inondant le marché continueront.

Pour space cowboys, les gens que je vois autour de moi, sont plutôt déçus par Black feet.

Sortir un jeu a 2000 exemplaires, ca me choque pas. Ca me choque que ca puisse choquer.

Je ne suis pas d’accord sur reporter la faute sur les gens qui se plaignent. Le marché se régulera de lui même. Faut t-il mieux le monde la bd maintenant ou celui d’y a 80ans?
Si des gens bradent leur bd, tant pis pour eux… rien n’oblige a vouloir vivre de son “art”.
Si des éditeurs de jeux ferment car y en a trop, tant pis. Des jeux continueront a sortir tout de même car il y a énormement de joueurs.
Tant mieux si des centaines de jeux sortent c’est que le monde ludique se porte mieux qu’y a 20ans!

Avant un jeu sortait a 3000exemplaires, maintenant c’est un “scandale” s’il sort a ce nombre… ca veut dire que le marché est beaucoup mieux qu’avant donc ca sert a rien de se plaindre…
Si les gens en ont marre de pas gagner beaucoup , ils peuvent prendre un autre travail… personne ne les oblige…(et j’apprecie beaucoup Fred henry)

Pour le participatif, je vois ça en général comme une grosse arnaque inventé par des petits génies pour vous faire donné du fric sans eux rien débourser , pour vous revendre le truc…mais ca reste mon avis…