Ce matin j’entends aux informations que MSF suspendait l’appel aux dons pour l’aide en Asie. Inquiet, car ayant donné à cette organisation, je me demandais si tous les fonds récoltés seraient bien utilisés à cette fin.
A priori oui, l’article sur le site de MSF avec les explications de cette décision sont ici :
http://www.msf.fr/site/actu.nsf/actus/d … ent&loc=au
Je comprends leur argumentaire mais c’est vrai que cela fait bizarre
La Croix rouge ne fonctionne pas pareil :
NB: Si les besoins relatifs à un programme sont couverts, la Croix-Rouge pourra affecter votre don à une autre action.
MSF a annoncé qu’il voulait resté le plus transparent possible. Et je les comprend tout a fait quand ils disent que la catastrophe en Asie ne doit pas occulter ce qui s’est passer ailleurs.
Je digresse peut-être un peu mais je voulais quand même prévenir que tous les dons n’arrivent pas sur place pour raison de simple logistique.
Quand un gouvernement (ou une ONG) libère des fonds dans le cadre d’un catastrophe de ce genre une grande partie de l’argent sert à la logistique (location des avions, carburants, logements des équipes de secours, acheminement du matériel, etc.). Des amis coopérants m’ont affirmé que dans le meilleur des cas 40% seulement des sommes était effectivement dépensé pour l’aide direct (nourriture, médicaments, aide à la reconstruction).
C’est aussi pour cela que des sommes qui paraissent énormes sont en fait relativement petites une fois décomptés tous les frais de fonctionnement des équipes sur place.
Voilà ce n’est pas directement lié mais c’est bon à savoir.
RenaudD dit:Je digresse peut-être un peu mais je voulais quand même prévenir que tous les dons n'arrivent pas sur place pour raison de simple logistique.Je viens d'entendre à la télé que l'Iran n'avait apparemment reçu que 20% du milliard de dons promis après leur terrible tremblement de terre il y a quelques années...
Mattintheweb dit:RenaudD dit:Je digresse peut-être un peu mais je voulais quand même prévenir que tous les dons n'arrivent pas sur place pour raison de simple logistique.Je viens d'entendre à la télé que l'Iran n'avait apparemment reçu que 20% du milliard de dons promis après leur terrible tremblement de terre il y a quelques années...
Quelle est la raison invoquée ?
Bien le bonjour.
MSF et la croix rouge ont éstimés que les dons étaient déjà largement suffisant pour ce qu’ils pouvaient entreprendre. D’autres spécialistes ont considérés la même chose.
Je tiens quand même à dire que plus d’un milliard de dollard a été récolté de par le monde.D’autre part très très peu d’aide étrangère officiel a été recensé sur place pour le moment. Au sri lanka par exemple il n’y a personne , ils se démerdent en gros , on a entendu dire que c’était parceque les hélicos ne pouvaient pas attérir , hum… et les journalistes ils ont fait comment pour y aller et ils ont pensé à larguer des vivres ha mais non je suis bête c pas possible ça c jamais fait…
De plus aujourd’hui on donne un milliard parcequ’on les a vu crever à la télé mais combien savaient l’état de ces pays même bien avant le tsunami.
Aujourd’hui on respecte trois minutes de silence pour se donner bonne conscience mais ça leur sert à quoi aux victimes trois minutes de silence?
Ha c un symbole … mouais.
Il faut bien différencier les fonds promis et versés par un gouvernement à un autre et les fonds recueillis par les ONG. Ces dernière utilisent 20% des sommes à leur fonctionnement : le reste va où il doit aller. Je connais bien AI, MSF et HI dont je suis les actions.
Pour les gouvernements, c’est plus compliqué : ils font des annonces qui peuvent travestir la réalité du don (une annulation de dette sur 20 ans ou un truc du genre) et même si c’est du cash qui est donné, une fois arrivé, c’est au bon vouloir des autorités locales pour l’utiliser à bon escient.
Mattintheweb dit:Je viens d'entendre à la télé que l'Iran n'avait apparemment reçu que 20% du milliard de dons promis après leur terrible tremblement de terre il y a quelques années...
ça c'est différent.
Ce sont les états qui promettent de l'argent et qui finalement ne le donnent pas. Facile de dire, pour plaire aux opinions publiques, qu'on va débloquer 500 millions de dollars, mais on en envoie 50, puis aprés, quand l'émotion est retombée, on se dit que le reste pourrait être utile ailleurs, dans des armes par exemple
En plus l'iran, ils sont dans l'axe du mal alors......
Pour les ONG, effectivement, il y a une partie des dons qui partent en frais de fonctionnement, mais tout le reste est utilisé pour les victimes. Les associations françaises loi 1901 (comme la croix rouge par exemple) sont d'ailleurs tenues de publier leurs comptes. On doit pouvoir se les procurer et voir la part qui est réellement arrivée sur place.
le bandeau d’annonce de la boutique qui refilait 1 € pour chaque jeu acheté à disparu et c’est trés bien…
Il faut donner 7200 européens disparus !
En 1991 : qui se souvient d’un cyclone au Bangladesh avec 170 000
morts ? A l’époque on s’en fichait pas mal, parce que nos touristes n’y
étaient pas, et là bas ils ont l’habitude.
Cette catastrophe est une aubaine pour tous les pays riches, on va pouvoir se donner bonne conscience, le baron Sellières est magnifique quand il appelle à la générosité des entrepreneurs.
cette catastrophe va obturer pour plusieurs années :
A) Les 24 000 personnes qui meurent tous les jours de sous-alimentation. Et là, il faut laisser faire, car si les 3 milliards d’êtres humains qui
vivent avec moins d’1 euro par jour se mettaient à vouloir leur part du
gâteau, il faudrait quinze fois notre planète pour les satisfaire, ou il
faudrait que nous nous appauvrissions conséquemment. Et ça, il n’en est pas question.
B) 150 000 morts, certes, mais 3 millions de morts du Sida en 2004… 8000 par jour. Et ceux -là, il ne manquait que de l’argent pour les sauver. Mais ce n’est guère spectaculaire et on est habitués, et puis c’est surtout en Afrique. Et sur ce point, nos Etats occidentaux rivalisent d’égoïsme et de rapacité. En 2005, cela va être un peu pire.
Je pense que ce ne sont pas seulement les occidentaux disparus qui ont été moteur de cette “solidarité” mais aussi le fait que comme le disent les medias… c’est “le paradis” qui a été touché, celui où tout le monde rève d’aller en vacances, celui où des amis, de la famille sont déjà allé… mon dieu ils auraient pu y rester tu te rends compte…
Avec ses touristes… une avalanche d’images, toutes plus impressionante les unes que les autres… est ce un bien, est ce un mal??? elle ont permis d’empêcher l’ignorance… Au Bangladesh, pas d’images floues de “cameramans” en vacances, il n’ya que les journalistes et les ONG à s’être déplacé
—Il ne s’agit pas bien sur de dire que ça ne sert à rien de donner, que c’est une belle et grande manipulation…Donnez des sous, mais sans préciser que c’est pour l’Asie… Laissez les professionnels décider de l’endroit où les besoins sont les plus importants…
PS:Medecin Sans Frontières qui dit stop on controle plus à 4 millions d’Euros… ridicule ils auraient du faire un fête de l’UMP avec… à cotés des 6 millions de l’intronisation du Sarko… ça fait petit! **
La logistique fait partie integrante de l’aide.
Cependant, il vaut mieux donner a des organisations qui sont reelement implantees la bas (a verifier sur le web), car ce sont celles la qui connaissent au mieux le terrain (et elles n’ont pas besoin de passer par des intermediaires).
Tiko breT dit:Au sri lanka par exemple il n’y a personne , ils se démerdent en gros , on a entendu dire que c’était parceque les hélicos ne pouvaient pas attérir , hum… et les journalistes ils ont fait comment pour y aller et ils ont pensé à larguer des vivres ha mais non je suis bête c pas possible ça c jamais fait…
De plus aujourd’hui on donne un milliard parcequ’on les a vu crever à la télé mais combien savaient l’état de ces pays même bien avant le tsunami.
Aujourd’hui on respecte trois minutes de silence pour se donner bonne conscience mais ça leur sert à quoi aux victimes trois minutes de silence?
Ha c un symbole … mouais.
J’espere que c’est ironique tous ces commentaires…
Pour le Sri-Lanka, il me semble que l’Inde a dit qu’elle se chargait de la plus grosse partie, et clairement les indiens sont la bas.
Le defi de cette aide, par rapport a tout ce qui a precede, c’est que la catastrophe n’est pas localisee, et pire encore, elle s’etend sur un fil de milliers de km. Bref le fait de venir au secours d’un point en particulier ne permet pas de faire rayonner l’aide aux alentours, et ca va expliquer la tres grande proportion de la logistique dans les couts.
Je trouve que les fonds récoltés paraisse ridicules par rapport à ce que l’on leur fait subir.Chaqun ses problemes ,qu’ils se demerdent,Nous aussi on a nos problemes les impots et la hausse des prix. J’ai vraiment honte d’etre dans un pays dit civilisé mais où seul notre nombril compte et où un don de 10 euros nous fait prenndre concience de notre immence generosité.Le chacun pour soi n’apportera jamais rien de bon.
Rappel:budget americain consacré a la defense :500 milliard de dollars
soit environ 1.5milliard par jours
sa me boulverse ,tout cet argent qui pourrait servir a quelque chose
Les francais ont donné en moyenne 1,30 euros en dons privés (rapporté à 27 millions d’individus actifs) : ca fait relativiser sur cette formidable solidarité ! Le chiffre est isue de l’émission arret sur images d’aujourd’hui (que vous pourrez voir en ligne sur le site de France 5 ce soir). L’émission est interessante sur les aspects médiatiques.
C’est vraiment triste de constater que ce sont les media et les politiques
qui “font” l’humanitaire. L’Asie du Sud et le tsunami OUI, la Tchétchénie
(les gens croient que c’est une nouvelle danse comme dit Bedos…), le
Soudan, la RDC, et j’en passe… TOUT LE MONDE S’EN FOUT !
Bonne lecture de la chronique d’Eric Fottorino dans Le Monde (article paru dans l’édition du 11/01/05) :
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Darfour et tsunami
Comme c’est commode une catastrophe mondiale, avec chaque jour des images nouvelles tournées par des amateurs pour faire passer une nouvelle fois le grand frisson. En 2001, les télés n’arrêtaient pas de diffuser en boucle l’assaut meurtrier des tours du World Trade Center par des avions détournés par les terroristes d’Al-Qaida. Le public ne se lassait pas de regarder. Cette fois, faute de reportages en direct au moment de la vague meurtrière, on s’en met plein les yeux avec des films de vacances changés en témoignages de désolation.
Le résultat est une mobilisation sans précédent pour les dons aux victimes, et l’on aurait mauvaise grâce à dénigrer un élan de générosité à l’échelle de la tragédie. Même si l’on n’est pas dupe quant aux motivations véritables des gouvernements ou des entreprises qui donnent autant par altruisme que pour soigner leur réputation auprès des opinions publiques ou des clientèles.
Tout apparaît démesuré, à commencer par ce raz de marée, par le nombre de victimes, de disparus, de familles démunies. Démesure aussi des sommes offertes. Comme un seul homme, le monde s’est mis à manifester contre le tsunami érigé en ennemi public no 1, une sorte de Ben Laden naturel que les forces du bien seraient invitées à combattre.
Puis viennent les questions. La mobilisation aurait-elle été si forte devant un cataclysme qui n’aurait touché que les populations du tiers-monde, celles pour qui les tremblements de terre et les raz de marée sont tenus par certains esprits froids comme des moyens de régulation démographique, à l’instar des épidémies et autres tragédies.
Autrement dit, le tsunami aurait-il autant frappé les esprits si de nombreux touristes occidentaux – quelque 7 500 d’après les dernières estimations – n’avaient pas péri ou n’étaient pas portés disparus ? Le rapport “mort/kilomètre”, selon lequel un mort près de chez nous nous affecte plus que cent morts dans un pays lointain, a été inversé. Des victimes habitaient en France, le tsunami a donc un peu submergé nos consciences.
Hasard des événements, un accord de paix pour le sud du Soudan a été signé ce week-end à Nairobi, mettant fin, si tout va bien, à plus de vingt ans d’un conflit qui a fait entre 1,5 million et 2 millions de victimes. Tous ces morts n’ont pas crié. Ou, s’ils ont crié, on ne les a pas entendus. Il n’y a pas de plages dans le sud du Soudan, pas de complexes hôteliers de luxe pour touristes en quête de soleil et de mer chaude.
Pas plus qu’il n’existe de cité balnéaire dans le Darfour. En moins de deux ans, la guerre y a tué 70 000 personnes, l’équivalent d’une moitié de tsunami. Et les armes n’ont pas dit leur dernier mort.
Parlons aussi des victimes du sida dans les pays pauvres. On n’imagine pas la difficulté des associations pour mobiliser des fonds, pour distribuer des trithérapies, pour aider à l’adoption d’orphelins après que la maladie a emporté leurs parents. Faut-il des campagnes de photographies-chocs, faut-il montrer encore que le sida tue, en Afrique plus encore qu’ailleurs ? Depuis 2001, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a collecté 4,8 milliards de dollars. A peu près ce que la communauté internationale a promis de donner en quelques jours aux victimes du tsunami.