Ca marche bien les JdS, en dehors de l'Europe ?

Je me demandais si des pays comme le Japon ou la Corée, avaient de belles communautés de joueurs, ou si ca restait underground, voire ultra-confidentiel.


Mais plus généralement, vous en connaissez des pays où les Caylus, guerre des moutons, et autres Mare Nostrum trouvent leur public ?

Mais plus généralement, vous en connaissez des pays où les Caylus, guerre des moutons, et autres Mare Nostrum trouvent leur public ?


Non, très peu, et même en Europe.
Le JdS reste très confidentiel pour l'instant, ne nous leurrons pas.

Ce métier et cette passion restent une niche : la cible potentielle de ces jeux est certes large, mais la culture fait que pour l'instant les jeux qui se vendent à plus de 5000/10000 exemplaires dans l'hexagone ne sont pas légion (hormis ceux qui se vendent en grande surface, mais ce n'est pas de ceux là dont tu parles, je suppose).

Les jeux de cartes à collectionner qui ont infestés nos écoles n'aident pas non plus à s'intéresser à autre chose : trop addictif, trop honéreux, trop... tout. C'eut pu être une bon tremplin, mais cela n'a en fait pas servi à grand chose pour l'extension de tous les autres jeux qui n'arriveront, pour la plupart, jamais de manière naturelle et normale dans les foyers avant très très très longtemps.

Ceci dit, ce n'est que mon avis, l'avis d'un joueur qui s'est éveillé il y a 6 ans et qui n'a pas vu grande évolution dans le domaine depuis : beaucoup de jeux, beaucoup trop de jeux traduits, énormément à tirage très restreint.
Je compare tout à fait à la Bande Dessinée : plus de 3500 nouveaux titres sortent chaque année, dont 98% sont totalement inconnues du grand public.
Le jeu n'est pas encore autant sinistré, mais il en prend bien le chemin, je trouve (à mon grand malheur)...

Et les jeux de l’école US ? Connaissent-ils les mêmes difficultés à s’exporter en dehors de leurs frontières ?

Don Lopertuis

Don Lopertuis dit:Et les jeux de l'école US ? Connaissent-ils les mêmes difficultés à s'exporter en dehors de leurs frontières ?


Je pense qu'il suffit de demander autour de soi, en dehors de son cercle de joueurs, pour s'apercevoir qu'un Diplomacy, ou un Empire in arms, un Civilisation JdP, sont inconnus de la plupart (tous ?).
Des jeux comme le JdP de World of Warcraft, sans être des hits en puissance, ont peut-être percé un peu plus, mais grâce au MMORPG uniquement.

Autre exemple : le Festival international des Jeux de Cannes. Il y a plus de 100.000 visiteurs sur 5 jours. Un stand peu raisonnablement espérer expliquer un jeu pas trop long entre 100 et 200 fois au grand maximum (je ne parle pas d’un Jungle Speed, ni de boosters Naruto). Et au final, il en aura vendu peut-être 30, 40, 60 ? (Cela dépend aussi du prix, de la durée des parties, etc.). Imaginons qu’il en ait vendu 100% de ce qu’il a expliqué, cela ne fait que 100 ou 200 ventes directes. Sur 100.000 visiteurs venus pour jouer ou simplement découvrir, c’est un ratio super faible, et pourtant le public est là pour ça. C’est dire la difficulté à vendre un jeu à des personnes qui n’en ont pas connaissance… voire qui ne connaissent pas le jeu, en général.

On a donc du pain sur la planche pour faire du jdp/jds un objet ordinaire… Et vu les tarifs de nombreux jeux, c’est loin d’être gagné. Encore plus pour les jeux US dont le matériel somptueux se paye au prix fort.

Quant à la Corée et au Japon, si je comprends bien, les jdp/jds n’y sont guère répandus. Trop grande implantation du jeu vidéo ? Pléthore de l’offre ludique en général qui tue le jdp moins attirant à la base ?

Don Lopertuis

Don Lopertuis dit:On a donc du pain sur la planche pour faire du jdp/jds un objet ordinaire...

Il faut voir aussi que ce n'est pour personne un objet ordinaire. C'est comme les services à thé : c'est cher, cela peut être considérer comme un loisir de luxe, ou un plaisir occasionnel qui coûte cher. Alors, oui, ce n'est pas gagné, mais il ne faut pas baisser les bras non plus, même si le travail de fond risque de durer encore très longtemps.
Le jeu vidéo, bien que (très) cher a pu s'imposer. Peut-être, sans doute, est-ce dû à l'évolution technologique ? Mais il traverse une crise aussi actuellement. Peut-être peut-on espérer un retour à des jeux moins high-tech, moins sophistiqués, plus sociaux...
Quant à la Corée et au Japon, si je comprends bien, les jdp/jds n'y sont guère répandus. Trop grande implantation du jeu vidéo ? Pléthore de l'offre ludique en général qui tue le jdp moins attirant à la base ?


Certains jeux sont traduits là bas. Je n'en connais pas la proportion. Mais ces pays ont une culture du jeu vidéo bien plus développée que la notre, alors de toute façon, ce sera tout aussi difficile, voire pire encore que chez nous je pense.

pour les USA, pareil qu’en france, mais avec 10ans d’avance.

En ce qui me concerne, quand je vais dans mon groupe de joueur: moyenne d’age: 45 ans. Et bon ça reste un truc de geek, donc pas reconnu socialement. comme en france donc.

tom-le-termite dit:pour les USA, pareil qu'en france, mais avec 10ans d'avance.

Dans les aspects négatifs ?
En ce qui me concerne, quand je vais dans mon groupe de joueur: moyenne d'age: 45 ans. Et on ça reste un truc de geek, donc pas reconnu socialement. comme en france donc.


Waw, là il est clair que geek prend tout son (mauvais) sens. En France, le jdp a toujours bénéficié d'une bonne image et les efforts des concepteurs/éditeurs ont amélioré l'offre ces dernières années, attirant à eux un public resté jusqu'alors axé sur les grands classiques. En espérant que cela se poursuive.

Don Lopertuis

Dans les constats pour le salon de Cannes, j’y ai passé 3 jours et j’ai effectivement été surpris par plusieurs choses.

Il y avait très peu de stand qui proposait réellement de la vente de jeu. J’ai compté 4-5 stands vendeurs brut. De plus, j’ai eu l’impression que le prix des jeux était un tabou vu que l’affichage était inexistant (sauf 2 stands).

Bon, j’avoue que je ne partais pas d’une bonne base, le seul salon que j’avais fait avant était Essen à 2 reprises. Je m’attendais évidemment pas à retrouver la même taille, mais c’est surtout l’organisation globale qui m’a surpris. D’immenses espace pour les tournois, et finalement, peu de table de tests de nouveautés et peu de place pour les “petits” stands.

Sinon, pour la question générale. Oui, le jeu en général est encore destiné à une communauté ciblée. Je suis un gros fan des jeux Splotter et quand je vois que Indonesia a été publié a 1000 exemplaires… Je me dis que ça doit pas être si facile que ça de fourguer des jeux. Caylus a dépassé les 10000 exemplaires largement. Il doit pas y en avoir beaucoup comme ça effectivement.
Pour les autres pays, je n’ai aucune idée :D
Vous avez le droit de dire que je sers à rien et que j’aurais même pas du poster pour rien dire, je ne vous en voudrais pas.

Rody dit:Il faut voir aussi que ce n'est pour personne un objet ordinaire. C'est comme les services à thé : c'est cher, cela peut être considérer comme un loisir de luxe, ou un plaisir occasionnel qui coûte cher.

Et c'en est un, il ne faut pas se le cacher non plus. Si on veut se constituer une ludothèque digne de ce nom, l'investissement monte vite. Après, c'est une question de choix : j'ai des voitures pourries mais de beaux jeux :lol:
Le jeu vidéo, bien que (très) cher a pu s'imposer. Peut-être, sans doute, est-ce dû à l'évolution technologique ? Mais il traverse une crise aussi actuellement.


De quelle crise parles-tu ? J'avoue être un joueur pc, donc complètement à l'écart du jeu sur console. Les ventes stagnent tant que ça ?

Don Lopertuis

Cannes à mon avis, c’est tout sauf ce que l’on croit. Pour Khronos, 500 ventes en 2 jours et en rupture sur Essen, 15 ventes à Cannes sur 4 jours et une cargaisons de cartons à remonter sur Paris.
Si on ajoute la super soirée :shock: ou les créateurs de jeux ou éditeurs adulés par le présentateur fuient en plein milieu du défipoultous, on peut dire que les éditeurs ont du mérite.

BdC

Ce n’est pas tant les ventes qui stagnent, mais le choix de jeux qui se restreint. Un jeu marche, on en fait X clones, et on laisse au placard des projet plus originaux, ou ces derniers sont noyés dans la masse et ne marchent pas.
Les japonais, les beta-testeurs du marché, en ce qui concerne les consoles, en arrivent même à se lasser de ces jeux qui se ressemblent tous. Ce n’est pas un bon signe, à en croire divers articles que j’ai pu lire de ci de là.

Le jeu viddéo a connu un succcès que l’on doit à mon avis à deux facteurs bien distincts, qui traduisent cependant l’état d’esprit actuel.

-Tout d’abord comme évoqué, l’innovation technologique, qui rapelle les histoires de science-fiction, de plus il racontait des histoires où on était le éhros, ce qui entraint le edéclin du livre, une facilité à s’intégrer.

-En parlant de facilité, le jeux vidéo en donne une autre pour jouer. Qui a-t-il de plus facile entre ouvrir une boîte, distribuer, rassembler des joueurs, lire les règles, et se casser la tête pour une première partie, ou mettre le CD dans sa console, s’assoir et entrer directement dans le jeu ?

Les gens veulent de la rapidité, et de la facilité, je ne suis pas connaisseur mais les meilleurs ventes de JDS doivent être celles où les règles sont simples et les parties rapides, naon ?

tom-le-termite dit:pour les USA, pareil qu'en france, mais avec 10ans d'avance.
En ce qui me concerne, quand je vais dans mon groupe de joueur: moyenne d'age: 45 ans. Et bon ça reste un truc de geek, donc pas reconnu socialement. comme en france donc.


Je parle évidemment sans savoir, mais on dirait, d'ici, que les joueurs américains font tout pour que ça reste un truc de geek : il n'y a qu'à voir l'incroyable élitisme qui règne sur les forums de BGG, au point d'être devenu un sport national. Sans parler des choix éditoriaux des éditeurs américains, qui ne semblent pas vouloir éditer quoi que ce soit qui dure moins de trois heures et un énorme investissement à la fois financier et intellectuel (en plus de la durée des parties, il y a généralement beaucoup de règles)...
Rody dit:Ce n'est pas tant les ventes qui stagnent, mais le choix de jeux qui se restreint. Un jeu marche, on en fait X clones, et on laisse au placard des projet plus originaux, ou ces derniers sont noyés dans la masse et ne marchent pas.
Les japonais, les beta-testeurs du marché, en ce qui concerne les consoles, en arrivent même à se lasser de ces jeux qui se ressemblent tous. Ce n'est pas un bon signe, à en croire divers articles que j'ai pu lire de ci de là.

ce que tu décris n'a rien de spécifique au jeu vidéo.
Les grandes entreptrises de l'édition (littéraire, ciné, BD, jeux ...) prennent un minimum de risque et ne parient que sur des valeurs sures ou supposées telles : auteurs reconnus, clones de produits qui fonctionnent. Les petites entreprises sont obligées de prendre des risque car les auteurs reconnus ne viendront pas (par manque de moyens financiers) et cloner ce qui fonctionne déjà n'est pas le bon choix (concurrence frontale face aux gros, disposants de moyens marketing trop élevés).
On arrive à la situation ou les gros en refusant le risque qu'ils auraient pourtant les moyens d'assumer financièrement, ne produisent que des trucs sans grande saveur. Dans le même temps, des petits sont obligés de prendre les risques pour parfois, sortir une pepite (évidemment, peu y arrivent). Ainsi, Harry Potter se fera retoquer chez 40 éditeurs et Le Seigneur des Anneaux sera produit d'extrême justesse par une micro boite anglaise. Les 2 plus grands succès commerciaux du 20ième siècle du monde de l'édition ont tous été refusés par de pseudos experts autoproclamés, en fait à la recherche d'un risque archi limité.
Dernier exemple de cette frilosité créative : caméra café. Pas un chef d'oeuvre, je vous le concède, mais un des plus gros succès TV de ces 10 dernières années. Le projet a été proposé tout les ans, pendant 6 ou 7 ans, par Solo et son compère, pourtant très introduits dans le milieu. Il sera accepté par M6, comme par hasard la plus petite chaine commerciale à l'époque, la plus encline à prendre des risques.
Ca n'a donc rien d'inquiétant, malheureusement, car cette situation a toujours existé et existera toujours. La créativité passe difficilement par les plus grandes entreprises. C'est un peu désespérant, mais au contraire, c'est symptomatique d'un secteur extrêmement juteux.
Quand j'étais ado (il y a donc très longtemps :P ), programmer et publier SON jeu vidéo était pensable (ex : tétris). Aujourd'hui, les moyens à investir pour réaliser quelque chose de crédible sont collossaux. Ce n'est pas infaisable, mais presque.
Le monde du jeu de société n'en est pas là. Le jour où ce sera le cas, l'édition de jeu faits et testé par des potes sera un projet extrêmement difficile. Peut être qu'à ce moment là, un joueur lambda n'acceptera pas un jeu sans 70 figurines prépeintes et décors en 3D pour moins de 40 euros. Faisable si vous êtes une multinationale qui va en vendre 5 millions. Mais là, quid d'un Calyus, d'un Khronos ..?

moi je pense que la crise du jeu vidéo pc passe aussi par un problème générationnel, mais ça n’est que mon avis

scand1sk dit:Je parle évidemment sans savoir, mais on dirait, d'ici, que les joueurs américains font tout pour que ça reste un truc de geek : il n'y a qu'à voir l'incroyable élitisme qui règne sur les forums de BGG, au point d'être devenu un sport national. ...


Pas mieux ici... allez dans une boutique de jeux, par exemple, et lancez la discussions sur les sites de jeux... vous risquez d'être surpris par l'opinion de pas mal de joueurs sur l'aspect élitiste voire sectaire que donne TricTrac, par exemple...

Je le trouverais même plus sectaire qu’ellitiste. Mais ce coté est peut être propre à toute les communautés de “forumeur”.

Deckard
Pas mieux ici... allez dans une boutique de jeux, par exemple, et lancez la discussions sur les sites de jeux... vous risquez d'être surpris par l'opinion de pas mal de joueurs sur l'aspect élitiste voire sectaire que donne TricTrac, par exemple...


Tiens, j'embraye dessus :)

En ce qui me concerne à chaque fois que j'ai parlé de Tric Trac autour de moi, on m'a regardé avec de grands yeux en me demandant ce que c'était...

Personne ne connaissait. Même des "joueurs" pourtant.

En règle général, "je" constate que "pas mal" de milieux de joueurs ou de boutiques sous-estiment grandement la puissance d'internet pour se tenir informé de leur passion.

Combien de fois on m'a répondu : "ah lala mon brave monsieur, faut pas croire tout ce qu'on vous dit sur internet..." d'un air entendu.

J'suis pas naïf non plus, c'est clair qu'il faut pas tout prendre pour argent comptant sur la toile, vérifier systématiquement ses sources, mais bon quand c'est le PDG d'Ubik qui vous donne une info ou le boss de FFG en direct...ben je suis quand même porté à les croire...en tout cas plus que le vendeur :P

D'autant que pour BEAUCOUP, leur seul référence, c'est le fameux catalogue, bible de la profession. C'est bien simple, tout ce qui n'est pas dedans n'existe pas.

Même quand c'est affiché sur le site internet officiel de l'éditeur depuis 1 mois (vécu avec BattleLore).

C'est ce qui m'a toujours étonné : en règle général, je suis en avance (niveau infos), de minimum 1 mois avant les vendeurs...et sans me fouler ni passer 5h00 sur le net. Quelques clics de-ci, de-là.
Et c'est pourtant leur boulot, leur passion, leur gagne pain...incroyable le manque de suivi dont ils font preuve.

"Fury of Dracula ? C'est quoi, le dernier jeu PS2 ?" (vécu à Rouen...) :kingboulet:


Ludovic.