Noro dit:Ce qui peut agacer, c'est la reconnaissance usurpée d'un talent qui n'est pas réellement celui qu'on croit. On s'ébaudit devant ce qu'on pense une oeuvre, quand ce n'est qu'une compilation retouchée.
Les sources sont-elles mentionnées, par exemple - je pose la question en toute naïveté, n'ayant pas encore approché la version cossue ? Et pourquoi ne pas avoir repris lesdites illustrations médiévales si celles-ci convenaient?
Et qu'y aurait-il eu de mal, au fait, à dessiner soi-même en ajoutant peut-être un quelque chose de personnel ou propre à l'esprit du jeu?
De mon point de vue, l'inspiration, d'accord, la copie, moins - même si, c'est vrai, c'est plus simple et on gagne du temps - enfin, j'imagine, puisque de mon côté un certain gratouillement persistant de la conscience m'empêche de m'attribuer la moindre chose qui ne soit de mon propre fait.
concernant la reconnaissance d'un talent, tout dépend de l'axe initial de travail et de l'oBjectif recherché et affiché.
amha, il me parait assez évident quand on examine de près Cayluxe, que le parti pris de départ a été de se situer au plus près historiquement de la période où se déroule le jeu.
c'est à dire le règne de Philippe le Bel, fin XIIIe début XIVe, une période très spécifique du moyen âge, qui se situe dans ce que l'Histoire appelle le "beau Moyen Age".
graphiquement, pas besoin de loupe, en fait, pour s'apercevoir que chaque illustration parait bien faire référence à un original, pictural ou architectural.
il n'y a d'ailleurs pas d'homogénéité graphique de ce point de vue : tous les styles sont un peu abordés. le dessin montré ici en étant un exemple mais il y en d'autres. (s'il faut faire une remarque sur le travail, c'est sans doute ce que je regretterais un peu : que MD n'ait pas poussé la démarche juste un peu plus loin de ce point de vue)
bref, pas de dissimulation, pas de tromperie du spectateur : on est devant un gros travail technique. le talent a consisté à le fondre dans un ensemble aussi cohérent que possible. au point qu'on puisse éventuellement passer outre la diversité.
de mon point de vue, on sait donc clairement où se situe le talent et il n'y a pas d'usurpation possible. (après à chacun son appréciation personnelle et son échelle de goût.)
ce n'est pas comparable avec le travail effectué par Mathieu Leyssenne sur Métropolys, par exemple, où le dessinateur met son espace intérieur au service de son projet.
raisonnablement, on ne peut pas mettre ces deux types de démarche, ni en concurrence, ni en opposition.
s'il faut être gratté dans le poil, c'est lorsque l'illustrateur sème volontairement la confusion; éthiquement, ce ne serait sans doute pas tellement défendable, ou plus difficilement.