De l'état actuel du marché du jeu allemand...

Bon, je vous préviens tout de suite, je suis un novice par rapport à certains experts, c’est à dire ne pratiquant le jeu de plateau dit “moderne” que depuis fin 2000.
Mais depuis quelques temps, je trouve qu’on assiste à plusieurs phénomènes convergents qui m’inquiète un peu sur l’avenir du jeu de plateau allemand. Ces phénomènes sont :
- la froidure des éditeurs par rapport à certains types de jeu, du genre les jeux abstraits.
- une recrudescence des rééditions en tout genre de jeux, du genre Ra qui donne Razzia, Kardinal und Konig qui donne China.
- une recrudescence également d’extensions pour des jeux références jusqu’à épuisement (Alhambra, Carcassonne, Katane…).
- une orientation des types de jeu s’orientant soit vers le jeu ultra familial du type Les aventuriers du rail, soit vers le jeu somme doute plus ardue mais à l’interaction entre les joueurs somme doute très limité (St Petersburg), voire quasi inexistante (Jambo…).
Le marche allemand est-il tellement fragile en ce moment ? Le fait que de plus en plus de joueurs étrangers s’intéressent à leurs jeux empêchent-ils donc les éditeurs allemands de prendre des risques ? A quand remonte le dernier grand Knizia (Amun Re ?) ? Le dernier Teuber hors Katane ? Le dernier Kramer ambitieux (Pueblo ?) ? Même des auteurs comme Dorra et Schacht se font plus discrets en ce moment, je trouve. Il est vrai que quand on songe au nombre de bijoux ludiques injustement méconnus qui étaient apparues vers 1999-2002 : Capitol, Médina, Pfefferzäcke, Pueblo, Dschunke, die Magier von Pangea… pour ne citer qu’eux, cela peut se comprendre. Mais enfin, cela me fait douter sur l’avenir du jeu allemand en général ? Va-t-on tomber dans le syndrome à l’américaine (même si il y a un timide réveil ces dernières années avec Trône de fer par exemple), c’est à dire la réédition de classiques qui font ses preuves (Acquire, Cosmic Encounter…) et la surexploitation de licence (Katane, Carca…) ? Qu’en pensez-vous, surtout les “anciens” qui ont pas mal de boutique et tester des centaines de jeu ?

Je ne suis pas un ancien, ni un expert, mais je n’ai pas la même sensation que toi. Ce que je vois est une foule de bon jeu (comme St Petersburg que tu cites) ou Goa, ou die Schatten des Kaisers (pas sur de l’ordre des lettres pour celui-là) ou bien même les productions de Friedman Friese, qui bouleverse les codes actuels.
Ensuite, pourquoi se limiter aux jeux allemands ? Les auteurs français font de belles choses ces temps-ci, que ce soit Laget, Cathala, Faidutti, Boelinger, Erhardt, des Pallieres, voire de jeunes auteurs comme Mops, Bonnessé, Karis, et bientôt Vernet (je l’espère). Les auteurs français se décomplexent, trouvent leurs style à mi-chemin des productions allemandes et anglaises (dans les grandes lignes). Les “anciens” confirment et s’améliorent, beaucoup de nouveaux arrivent.
Les productions anglaises et américaines, je connais moins, mais Wallace paraît être un solide auteur, et des productions comme Doom semblent plus que satisfaire un public.

Donc, le monde du jeu moribond, je ne trouve pas du tout, j’ai plutôt du mal à gérer mon portefeuille. :wink:

c’et pas tout: il faut avoir le temps aussi pour jouer a tous ces bons jeux :(

tom-le-termite dit:c'et pas tout: il faut avoir le temps aussi pour jouer a tous ces bons jeux :(


Tout à fait d'accord...Et il faut des amis joueurs aussi...!!!

Je traite surtout des jeux allemands car ils représentent quand même le gros du marché. Les créations françaises auraient-elles donné lieu à une édition si il n’y aurait pas eu les succès de Katäne, El Grande, Tikal et autres Euphrat… ?

Target écrit

Ce que je vois est une foule de bon jeu (comme St Petersburg que tu cites) ou Goa, ou die Schatten des Kaisers (pas sur de l’ordre des lettres pour celui-là) ou bien même les productions de Friedman Friese, qui bouleverse les codes actuels.

Certes, il est vrai qu’Hans im Gluck conserve une politique de jeu largement au-dessus de la moyenne mais ces jeux sont-ils aussi innovants qu’avant ? Peuvent-ils encore prendre le risque de sortir un jeu du calibre de Médina ou un jeu qui ne soit pas calibré de 2 à 4 joueurs mais de 3 à 5 ? Quant aux jeux de Friedman Friese, certes, ils bouleversent les codes actuels mais ils sortent principalement chez un “petit” éditeur au vu de la taille du marché allemand (même chose pour les productions de Wallace). Mais à part cela ? A quand un gros Aléa de la qualité des Puerto, Fursten, Ra… ? A quand un bon gros Knizia qui ne soit pas du recyclage alimentaire ? Quid d’Amigo, Goldsieber, Abacus, Kosmos… ?
Target écrit
Donc, le monde du jeu moribond, je ne trouve pas du tout, j’ai plutôt du mal à gérer mon portefeuille.


Je ne prétends pas que le monde du jeu est moribond mais que la production allemande s’est globalement “industrialisé” pour répondre à une demande internationale, et ce constat me fait redouter une dérive à l’américaine (c’est à dire des gros éditeurs frileux de lancer des produits vraiment à part). Vouloir vendre plus ne rime pas trop avec qualité, à mon avis. Regarde la musique en ce moment par exemple… (mais bon, cela, ca n’engage que moi :wink:

jeune auteurs docteurs Mops ?
ah

mais si tu le dis

bon je sort :arrow:

C’est une analyse extrêmement complexe, mais je pense que tu es pessimiste. Si on regarde Kosmos, l’année dernière, ils ont sortis Genial et Dos Rios ainsi qu’une nouvelle gamme de jeux. Cette dernière n’a pas beaucoup fait parler d’elle, mais ils ont pris le “risque” de la lancer. Génial ne représente le summum de l’originalité, MAIS, en Allemagne, sortir un jeu de 1 à 4 joueur qui soit purement abstrait avec un design un peu flashy, c’est risqué. Aucun gros éditeur n’avait jamais lancé ce type de jeu. Dos Rios représente une originalité. C’est un jeu vraiment nouveau, fait par un auteur qui n’est pas excessivement connu, avec un matériel superbe, etc… Franchement, je ne vois pas de frilosité.
Je ne vois pas en quoi Goa, un vrai gros jeu de gestion, pour joueur, durant plus de 2 heures est un risque plus faible que Medina, un jeu de placement en bois d’une heure.
Amigo n’a que rarement sorti un jeu de plateau qui se fasse vraiment remarquer (à part Elfenland). Et l’année dernière, Santiago : un thème qui ne fait pas rêver, des auteurs inconnus (en tout cas, c’était leur premier jeu) et un vrai bon jeu.

Quant aux auteurs, Raja est quand même un très bon jeu de Kramer, bien supérieur à Pueblo, à mon avis. Knizia n’a JAMAIS sorti beaucoup de gros jeux. Euphrat & Tigris, Le Seigneur des Anneaux, Amun Re. Si Turmbau von Babel est un gros jeu, on restera sur ce principe. Knizia a une production importante, entre ces gros jeux, il nous sort aussi des Samurai, des Ra,… Et puis, en ce moment, il a envie d’essayer autre chose. Peut-on vraiment le blamer après tout ce qu’il a fait. Donc il nous sort Roi Arthur et Blue Moon. Ca doit lui demander pas mal de travail, il avait surement envie de faire autre chose.
Pour Teuber, depuis Catane, il n’a pas fait grand chose, c’est comme ça. Il a quand même créé Löwenherz, Entdecker et Gnadenlos. C’est peu, mais ca ne s’est pas ralentit dernièrement.

A coté de ça, de petits éditeurs arrivent à vivre et à proposer des jeux originaux sans être étouffés par les gros. Friedemann Friese qui ne faisait que des jeux au matériel très moyen nous sort maintenant des éditions de qualité professionnelle tout en gardant sa patte originale.

Il parait que le marché allemand ne va pas fort, mais je ne pense pas que ce que tu montres du doigt soit vrai. Les éditeurs ne sont pas encore frileux, je pense (Im Schatten des Kaisers en est encore un exemple). Il faut aussi voir que le marché allemand est monstrueux. Il se produit plus de jeux en Allemagne que dans le reste du monde. Un tel monstre ne peut pas vivre sans quelques problèmes.

J’y vois une chance exceptionnelle pour les auteurs français de percer auprès d’éditeurs allemands.