de la délocalisation et de l'imagination des services achats

C'est pour cela qu'à mon sens il faut garder une avance technologique.
Comme à Civilisation : quand tu as les meilleures unitées avant tout le monde personne ne vient t'embeter et tu gardes ton avance !

Comment ça, la vraie vie ce n'est pas comme civilisation ? :roll:

elv dit:
coolsteph dit:le prix est souvent l'élément premier dans le choix d'un fournisseur...

Ouais. Dans mon milieu (graphisme/design/web agencies...) il y a un petit mantra qui dit "Prix. Qualité. Délais. Prenez en deux au choix." Celui qui n'est pas choisi devient la soupape de sécurité... Devinez quoi? Ça n'est jamais le prix :)


Je parlais en règle générale... Le prix est un facteur prépondérant... Il n'y a qu'à voir le boum des harddiscounters dans le domaine de l'alimentation...

Maintenant, une entreprise qui ne peut rivaliser avec un concurrent en terme de prix a intérêt à trouver un autre facteur de différenciation et à communiquer à fond sur celui-là...

Richard dit:Par contre je me demande ce qu'on va devenir le jour ils produiront des avions...???

Un pays spécialisé dans le tourisme et l'artisanat d'art... (Et ca va m'ennuyer de ne pouvoir proposer que ca a mes gamins.)

Richard dit:Par contre je me demande ce qu'on va devenir le jour ils produiront des avions...???


Dans le milieu où je travaille (instrumentation scientifique), c'est déjà hallucinant... On retrouve des innovations sorties il y a deux-trois ans dans les congrès, estampillées, cette fois, de made in China, et avec comme seule différence la couleur ou la forme... Si, si... Et ce, malgré les brevets...

Les chinois sont très forts et surtout très organisés (allez dans un salons scientifique, vous verrez des groupes rafler toutes les docs présentes sur les stands... Tout ceci sera classé, analysé, etc...)

Vinz dit:J'ai l'impression que cette politique de coût est principalement due à une dérive poussée du système capitaliste (différent de libéral, rappelez-vous).
Je m'explique : aujourd'hui, c'est les actionnaires, les investisseurs donc, qui font la loi. Eux, globalement, ce sont principalement des gens qui ont du fric et qui veulent le placer quelque part pour qu'ils reviennent en plus gros. Que l'entreprise fasse du chocolat ou de la cancoillote, ils s'en foutent royalement. Leur seul critère est le pourcentage qu'ils vont pouvoir gratter (aux alentours de 15% ces temps-ci je crois).
Donc, ils exigent que leurs entreprises fassent au moins 15% de bénéf chaque année, parce que sinon, autant placer son argent ailleurs, voyez-vous...
Du coup, comme les boîtes ne peuvent pas vendre tant que ça de cancoillote en plus chaque année, il faut inexorablement se décider à réduire les coûts. La qualité devient accessoire tant que les 15% de bénéf sont là.
On est dans une société où une entreprise ne peut plus se permettre de trouver sa niche et de vendre environs les mêmes quantités au même prix chaque année, sous peine de voir le capital se barrer...
Bon, cette analyse est sans doute réductrice et probablement incomplète, mais je pense que c'est la course au fric des actionnaires, qui ont probablement dû permettre un bel essor il y a quelques années, qui commence à faire aujourd'hui des ravages dans notre économie, cette course au fric ayant du mal à être pensée sur du très long terme.
Bref, j'aimerais bien qu'il y ait plus de ces gens qui se disent "Bof, faire 9% de bénéf', c'est déjà bien et ça met pas l'entreprise dans la merde" plutôt que "Quoi? 10%? C'est tout? Mais mon pote il a fait 20% cette année? J'vais aller avec lui plutôt..."


C'est en gros ça....quelques petits bémols néanmoins :

- les entreprises cotées en bourses (donc avec des actionnaires) sont quand même très peu nombreuses.

- Il y a des fonds d'investissemnt "responsables" ou "équitables", où le but n'est pas de faire un maximum de profits, mais de soutenir la croissance d'entreprises prometteuses (par exemple les FCPI soutenus par l'état).

- les fonds à très long terme existent aussi, notamment dans certains fonds de pension (et surtout depuis que certains autres ont pris trop de risques). Le but est de constituer un capital pour la retraite des cotisants donc le rendement immédiat n'est pas important. on préfère limiter le gain mais aussi le risque qui va avec.

pink dit:
Je suis tout à fait d'accord. J'ai un ami qui est technico-commercial et qui bossait pour une PMI. La société faisait un petit CA mais était tout à fait rentable. Il y a un an, la boite s'est fait achetée par la "General Electric" qui leur a dit : "vous vous débrouillez comme vous voulez mais on veut un CA à 2 "digits" !".
Résultat, il est obligé de bosser comme un fou, ne prend pas ses vacances pour y arriver !
pink


Pas un CA, une croissance, c'est à dire qu'on veut tous les ans faire au moins 110% de ce qu'on faisait l'année précédente, ça s'appelle de la productivité.

Mais pour faire de la productivité, il y a 2 moyens :
- presser les gens à faire plus, ça peut marcher un moment, mais ça n'est pas pérène et au bout d'un moment ça s'écroule.
ou
- mettre en place des outils et des processus qui permetent de mieux travailler.

Connaissant la société américaine dont tu parles, qui a été leader mondial sur la mise en place et l'utilisation des méthodes de qualité, ce que ton pote t'a raconté m'étonne un peu....

Cheesegeek dit:
Richard dit:Par contre je me demande ce qu'on va devenir le jour ils produiront des avions...???

Un pays spécialisé dans le tourisme et l'artisanat d'art... (Et ca va m'ennuyer de ne pouvoir proposer que ca a mes gamins.)


Comme je le disais dans un autre sujet, il faut tirer parti de l'exemple du Japon qui est en première ligne depuis des années face à des pays en développement à forte population et forte croissance.
Et ce que fait le Japon c'est de ne surtout jamais vendre sa technologie ! Le Japon garde en production locale toute les innovations et ne vend et délocalise que les vieilles technologies.
Or on est en train de faire presque l'inverse en Europe...

Pour moi une des solutions qui pourrait nous sauver tous serait de devenir beaucoup plus écolo ! Cela nous aiderait à re-localiser nos économies dans un vrai but de sauvegarde mondiale (acheter en Chine c'est moins cher mais beaucoup beaucoup plus polluant : pas de normes pour les usines et surtout transport générant beaucoup de gaz à effet de serre).

Tout à fait d'accord avec toi Ubik Liryc. Quand je parle d'innovations, je pense aux technologie mais l'écologie en fait aussi partie.

bigsam dit:
Connaissant la société américaine dont tu parles, qui a été leader mondial sur la mise en place et l'utilisation des méthodes de qualité, ce que ton pote t'a raconté m'étonne un peu....


En fait, pour être plus précis. GE est en train d'introduire progressivement des cadres à eux dans la boite de mon pote afin d'uniformiser leurs méthodes (notamment de qualité). Mais cela se fait tout doucement. L'objectif principal mis en avant étant toujours la croissance (effectivement pas le CA) à deux chiffres !

Ubik Liryc dit:Comme je le disais dans un autre sujet, il faut tirer parti de l'exemple du Japon qui est en première ligne depuis des années face à des pays en développement à forte population et forte croissance.
Et ce que fait le Japon c'est de ne surtout jamais vendre sa technologie ! Le Japon garde en production locale toute les innovations et ne vend et délocalise que les vieilles technologies.
Or on est en train de faire presque l'inverse en Europe...


Je suis assez d'accord. Le principal defaut que je vois ce sont les "modes manageriales" aujourd'hui c'est la croissance a deux digits, ou le recentrage sur le coeur des activités, l'externalisation a tout crin etc...
Prise une par une cela parait efficace et ces politiques menees avec clairvoyance ca peut donner de bons resultats, mais on finit par arriver dans absurdites sans fond...
Je connais une entreprise qui est dans une politique de "quick win" depuis 5 ans, une autre qui a force de sous-traiter est en train de devenir une magnifique coquille vide ... Aujourd'hui on se recentre pour etre plus efficace, hier on se diversifiait pour mieux encaisser les cycles economiques.
Bref ce qui manque peut-etre le plus c'est des managers ne reagissant pas uniquement aux modes du marché...

Petite info qui colle avec le thème :
Depuis 2 ou 3 ans, les grosses sociétés de service en informatique investissent sur le développement du marché des PME-PMI et des collectivités locales.
C'est un secteur qu'ils avaient délaissé car il est cher en prospection et faible en CA.
Mais depuis 2000, c'est le seul section en progression (les PME s'équipent comme les gros) et SURTOUT c'est un secteur qui ne délocalisera pas.

Par contre, c'est un marché super dur à pénétrer.
Il y a donc un nouveau secteur économique qui est train de se développer : le partenariat avec les éditeurs de logiciel (et autres solutions soft)

Imaginez : vous avez une entreprise en contact avec un tissu économique locale (base commerciale de 200 à 1000 clients/prospects)
A chaque fois que vous identifiez un besoin chez un de vos clients, vous contacter un de vos partenaires : bingo !
Aujourd'hui, il y a des PME qui font plusieurs millions d'euros de CA avec ça.

Si vous avez un peu la fibre commerciale, je vous conseille d'exploiter ce filon très très prometteur (et rémunérateur)

bigsam dit:- les entreprises cotées en bourses (donc avec des actionnaires) sont quand même très peu nombreuses.


Il n'y a pas que les sociétés côtées en bourse qui ont des actionnaires... Toute SA ou SAS en a... Les SARL ont des associés...

Bref, l'argument est valable pour bon nombre d'entreprises... Pas seulement celles côtées en bourse...

Lorsque l'on discute avec des dirigeants de TPE ou PME, on se rend quand même compte que l'appêt du gain est une motivation non négligeable dans la décision de créer une boîte... Même si c'est souvent avoué à demi-mots...