De la poésie : Le baudet

Le baudet

Non loin de ce château
que tant de japonais
viennent photographier
se cache un paradis,
un coin de Normandie
ou les bêtes de ferme,
autrefois mal traitées,
connaissent enfin la paix
et profitent à long terme
de ce si bel enclos.

Parmi les locataires
du hameau de la reine,
un âne grabataire
qui comme tous ses conjoints,
enfanté d’une naine
pour plaire aux citadins,
de peur que leur portée
ne puisse supporter
la vue d’un vrai bovin,
ruminait du vieux foin.

D’un naturel discret
car il est entendu
que seul le baudet
peut encore se vanter
d’en être encore pourvu…
il n’aime pas moins plaire
et de réputation
depuis qu’il est ânon,
il n’est pas d’équidé
qui ne sache mieux braire.

Tout le monde le connaît
et son vieux dos râpé
à longueur de journée
apprécie les caresses.
Mais quand la nuit tombée
il est temps de rentrer,
on lui passe une laisse
et le cœur partagé
entre joie et tristesse,
il pense à son ânesse…

BdC