On m’ avait pourtant prévenu. Suite à l’ annonce de Filosofia proposant un troc : Labeur contre carton, des âmes charitables nous avaient mis en garde sur le caractère indigne de cette proposition trollesque et dégradante. Je ne les avais pas entendu.
Moi qui me voyais déjà voyager par voie aérienne en classe V.I.P., voire même et pourquoi pas en jet privé, bâââ un éditeur international Canadien ce n’est pas rien quand même… Mais rien n’ en fut. Je me retrouvais entassé dans un véhicule à quatre roues, remplit raz la gueule de boite de jeux, en companie de quatre Trolls velus, aux physiques, comment dire… Mais laissons, on avait dit pas le physique!
A peine la ceinture Parisienne franchie, l’un d’ eux animé de petits soubresauts accompagnés de grognement de satisfaction, sorti un jeu de Love Letter, entrainant une excitation non dissimulée de ses compagnons. Engoncé dans la place du milieu, je n’ avais d’ autre choix que de tirer une carte. Mon enfer ne faisait que commencer, et a peine la partie terminé, que je pris grand soins de leurs laisser gagner, que ce même Troll à crinière, sortait un ipad et lançait une partie de Small World, avec une lueur lubrique dans les yeux qui me glaça. C ‘est donc les jambes bien serrées que j’ acceptais cette nouvelle invitation, prenant tout autant de soin pour perdre la partie de façon grotesque. L’ effet n’ en fut pas celui escompté, et après quelques éclat de rire guturaux, il me tendait à nouveaux l’ appareil pour une partie de Qin. Suite a une tentative maladroite pour m’induire en erreur à l’ explication des règles, je changeais de stratégie et optait pour une tentative d’ humiliation par “Bouyave” dans ta face. Mais il restait tout aussi excité malgré mes coups bas. Notre corbillard se stoppa devant une maison sombre, nous étions à destination, la partie ne se finira pas.
Après un repas festif à la taverne local, offert par celui qui semblait être leur chef, nous retournions à la maison sombre, ou après nous avoir regroupé autour d’ une table, le chef sortit une boite de Maitres Couturiers qu’il défilmait d’un trait d’ongle acéré. S’ en suivi un étrange rituel, ou ses Sbires, dans un concert de petit grognements jouissifs dépunchèrent plusieurs planches de pions. Cette fois je me devais de leur infliger une humiliation cuisante. Malgré tous mes efforts, taclé sur une majorité par celui qui semblait venir d’une autre tribu, je terminais second seulement.
Le lendemain matin, un Troll indigène qui parlait un étrange langage, vint nous repaitre d’ un petit déjeuné gargantuesque. Arrivé sur le Messe, dès le premier Hall l’ effroit s’ empris de moi. Devant mes yeux effarés, des centaines de Trolls empilaient des boites de jeux par millier dans un ballet incessant de transpalettes et autre diables. Allait il falloir les jouer toutes ? Quel esprit torturé avait pu inventer un tel lieu, et quelle cruauté pouvait donc animer ces être velus?
Pour me fondre dans la masse je décidais donc d’errer aussi dans ce dédale de boites de jeux, en en collectant quelques unes de ci delà. Parfois un rituel étrange s’ exerçait après avoir obtenu une de ces précieuses boites, un Troll Supérieur, généralement assez hideux, s’ en emparait, griffonnant dans le couvercle quelques hyérogliphes au marqueur avant d’ y apposer son nom, pour enfin me la rendre avec un sourire enfantin. Il ma semblé déchiffré un Dutrait, Pauchon, ou Piérô…
Le soir venu, les cousins Canadiens nous convièrent à festoyer avec eux. La nourriture était grasse et la bière coulait à flot, et c ‘est la panse bien rempli que nous entamions une partie d’un jeux acheté le jour même ou d’un futur jeu à venir amené par nos hôtes à l’accent qui chante.
Après quatre jours de ce traitement de choc, me vlâ rendu de pârrr ver môa, pis criss j’ ai bin un peu les yeux qui piquent, un drôle d’ accent sur la langue, pis le coeur un peu triste câlisse.
Mais en plus de tous cela, voila t’y pas qu’on est tenu d’ envoyer une liste pléthorique de boites choisies dans le catalogue Filosofia, qui nous seront livrées a domicile, oui à domicile, avec obligation de les jouer toutes…TABERNACLE. L’ enfer existe, j’ en reviens, il s’ appelle Essen.
Alors à toi ami qui nous avait mis en garde, merci pour ta bienveillance. Quand à toi môsieur Guillaume, je te l’ ai déjà dit, si Essen il y a l’ an prochain, et que tu ne m’ emmènes pas… je t’ égorge, je te piétine et je te finit à la petite cuillère. Pire… je dévoile tes stratégies à Complot! MOUAHAHAHAHAAAAAAAAAA.
Voila hors bouffonnerie, nous voulions remercier Filosofia pour cette opportunité, leur générosité et surtout leur humanisme dans ce monde de brute. Pas mieux pour Colby qui nous à gâté de cadeaux et enfin Zev pour être resté un “joueur” malgré la pression du salon, quand à Jeff, rendez vous l’ an prochain pour une déculotté à ce que tu veut …
… REVENNNNNNNNNGE
Enfin, si tu n’ a pas encore eu la chance de venir a Essen, n’ hésite plus, fait le. Au final ce n’ est pas la découverte de jeux nouveaux, ce n ‘est pas les goodies ou même la rencontre avec les auteurs et les illustrateurs, mais la communion avec 150 0000 Trolls zé Trollesses qui comme toi kiff le cube et la tuile. Le plus beau cadeau d’ Essen, c 'est la rencontre avec les autres joueurs.
Joli
Je rajouterais que finalement, le luxe c ‘est de pouvoir faire le salon en temps qu’ animateur. Tu peut flâner dans le salon la veille dans le calme, repérer ou sont les jeux tranquillement, récupérer tes préco. Et puis quel bonheur que de faire découvrir les jeux aux joueurs dans leurs grande diversité, je pense à ce jeune homme dans la trentaine avec sa mère en train de se tacler à grand coup de dés sur Blueprint, ce papa et sa jeune fille qui ne devais pas avoir plus de 10 ans, et son petit sourire lorsqu’ elle a pourrit tous les “grands” avec son fournisseur dans La Route du Verre, a cette table de Russian Rail Road qui réunissait des joueurs Belges, Danois, et Italiens, autour d’une table en Allemagne en suivant des explications en Anglais par notre Harrycover national. Et puis les soirées avec les éditeurs, qui une fois posé le costume d’ homme/femme d’ affaire redeviennent les joueurs qu’ils sont à coeur, et qui sortent tout excités la boite du prochain jeu qu’ils viennent juste de recevoir. Je reviens de cette expérience transformé, j’ y est rencontré “les miens”, et çà c 'est pffffffffff… juste énorme.
C’est en lisant ceci que je regrette mes absences répétées en cours d’anglais…!
Comprenne qui pourra. Je ne te remercie pas!
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un truc de dingue qui m’a fait halluciner, c’est d’arriver le mercredi matin et là y a rien ou presque c’est une zone de guerre, des palettes partout, des morceaux de stand pas montés, des cartons qui volent, et ça sur des 10 de milliers de m², oui c’est immensément gigantesque, des gens y circulent à vélo
et puis tu arrives sur ton stand, pas de tables, pas de lumières, pas tout les jeux, pas de porte au stock …
pis le soir tout est prêt !! amen
et merci à Filo
sebporcel dit:C'est en lisant ceci que je regrette mes absences répétées en cours d'anglais...!
Comprenne qui pourra. Je ne te remercie pas!
Effectivement tu peut t' épiler les boules au chatterton amigo
Ne remue pas le couteau. Certains trolls peuvent s’avérer sans pitié!
" première carte jouée : garde. Tu es le roi. One shoot comme on dit chez nous. Éliminé!!"
Non mais. Plus de respect pour les anciens!!
(Un jour j’y serai. Un jour! )
Je ne peux pas m’empêcher de sourire quand je lis les commentaires de Fred! En effet, se rendre à Essen est une partie quasi aussi importante que l’évènement en soi. De mon côté, j’ai traversé la grande bleue avec d’autres membres de l’équipe Filo/Zman. En arrivant, complètement intoxiqué par le décalage, on a le plaisir de découvrir une ville animée par le jeux et les joueurs. le beau sentiment privilégié de visiter les halls avant l’ouverture, en toute tranquillité, prépare bien la tempête qui suit.
Une autre chose qui m’emballe de l’évènement, c’est tout ces accents regroupés autour d’une même table. Qui a dit que les pions, les dés et les cartes éloignaient les gens? Aussi, j’ai eu le plaisir d’animer principalement Bruxelles 1893. Inutile de dire que ce beau jeu a fait en sorte que je n’ai jamais arrêter de parler et expliquer les règles. Un merci universel à tous ceux et celles qui ont été assez patients pour attendre que les tables se libèrent afin de pouvoir eux-même y jouer par la suite.
Un beau clin d’oeil aussi à la belle gang de français et d’allemands qui ont largement contribué à mon appréciation du salon, tant sur le plan humain que ludique.
Finalement, je vous dis à tous: À LA PROCHAINE, CÂLISS!!!