Évolution du jeu : les jeux coopératifs

Bon, suite à une discussion dans une boutique j’ai eu l’idée d’un sondage, mais comme je ne le suivrai pas correctement, finalement j’opte pour une discussion ouverte. Et puis comme ça je pourrais éventuellement vous laisser continuer sans moi… 

Les jeux coopératifs, est-ce que vous aimez ça ?

Déjà si vous répondez directement non, c’est sympa d’être passé mais vous pouvez partir, ce post n’est pas pour vous.
Si au contraire vous répondez par la question “lesquels ?” alors vous venez d’entrer dans le vif du sujet.

Les jeux coopératifs, à la base, c’est les joueurs qui jouent ensemble, qui coopèrent. Simple, non ?

… Non.

Il y a plusieurs sortes de jeux coopératifs, et certaines donnent des sensations qui sont justement diamétralement opposées. Du coup ça vaut la peine de s’y arrêter un peu pour prendre conscience de ces différences et savoir de quoi on parle, non ?

Comme ça, je ferais 2 catégories distinctes :

1. Ceux que j’appelle les “full-coop’”. Tout le monde joue ensemble, sans exception. Pas de camps, pas de rôles cachés. Le méchant, c’est le jeu : une situation claire et nette.
exemples de full-coop’ : Pandémie, Les Poilus, Hanabi…

2. Ceux que j’appelle les “semi-coop’”. C’est presque les mêmes, mais avec des rôles cachés, et en particulier un traître qui selon les univers s’appellera le félon, le cylon, le loup, etc.
exemples de semi-coop’ : Les Chevaliers de la Table Ronde, Battlestar Galactica, Room 25…

… A la catégorie 1, j’ajoute ceux que j’appele les “tous-contre-un”, du moment où on est dans le “tous” plutôt que dans le “un”. Ce sont ces jeux où tout le monde joue en full-coop’, sauf un joueur qui a un rôle rappelant le maître de jeu d’un jeu de rôle. A noter que parfois le mécanisme lui donne un objectif à atteindre pour être considéré comme le vainqueur de la partie au détriment de tous les autres joueurs, alors que dans d’autres cas il est tout simplement un conteur ou un animateur.
exemples de tous-contre-un : Descent, Assaut sur l’Empire, Scotland Yard…

Encore plus à part, j’exclus volontairement de la discussion les jeux qui sont ouvertement par équipes, comme Wanted, Flick’em Up! ou Shadow Hunters, ainsi que les jeux où on joue chacun pour soi mais où existe un mécanisme adverse qui peut tous nous faire perdre si on ne collabore pas un minimum, comme ArchipelagoRes Publica Romana ou Legendary Marvel. D’ailleurs j’appelle plutôt ces derniers des “collaboratifs” vu qu’il n’y aura qu’un seul vainqueur, mais je reconnais jouer sur les mots…

Alors une fois qu’on a défini ces deux catégories. Reprenons-les et considérons maintenant les sensations pendant le jeu.

Dans les full-coop’, la sensation dominante est la confiance en ses partenaires de jeu. Ils sont là pour nous aider, et le feront sans réserve et avec sincérité. Du coup ces deux catégories vont attirer les joueurs qui se sentiront rassurés sur le fait qu’ils ne seront pas défavorisés à côté des autres qui connaissent mieux le jeu, ou sont de plus gros joueurs qu’eux. Ceux aussi qui pourront accorder moins d’attention aux règles puisqu’ils pourront se laisser guider par les autres (mais attention au “syndrôme du joueur alpha”, quand un joueur finit par dicter leurs coups aux autres joueurs).
Typiquement, ce sont souvent les jeux qui plairont aux amis et conjoints cherchant simplement à participer à notre passion sans en être aussi mordus que nous.

Dans les semi-coop’, on joue tous ensemble, sauf un ou deux. Mais on ne sait pas qui est le un ou deux, et du coup on se méfie de tout le monde. Même, et surtout puisque finalement ils sont plus nombreux, des vrais amis. Par exemple sur un jeu à 6 avec 1 traître, vous avez donc 5 autres joueurs dont 1 seul est contre vous, et donc 4 alliés. Et pourtant vous n’allez faire confiance à aucun de ces 5 joueurs puisque vous ne savez pas lequel vous ment. Et d’ailleurs ces 4 alliés vont probablement vous mentir aussi puisque eux même ne sont pas sûrs de pouvoir vous faire confiance. La sensation dominante est donc… la paranoïa. La méfiance ! Exactement l’opposé de la confiance des jeux sans traîtres…
Alors le public ? En dehors éventuellement des fans d’un univers donné (Battlestar Galactica reprend par exemple très fidèlement l’ambiance de la série), ce sont des jeux qui plairont plutôt aux groupes amateurs de “jeux à coups de pute”… vous le voyez le paradoxe ?

Alors voilà. On peut très bien être amateur des deux genres, mais ce sera loin d’être le cas de tout le monde. Certains n’apprécieront que le premier car ils n’aimeront pas la compétition qui sera quand même présente dans le second, et d’autres n’apprécieront que le second car ils trouveront trop fade l’absence d’adversaire humain.

Voilà, j’arrive presque au bout de cette réflexion toute simple. Mais tout ça pour en venir où ? A l’étonnement de cette appellation de “semi-coopératif”. En effet si on considère que la définition d’un jeu coopératif est le fait de coopérer avec d’autres joueurs, alors n’importe quel jeu par équipe est coopératif. Le bridge serait un jeu coopératif …
Moi j’aurais bien envie de considérer plutôt l’aspect gameplay d’un jeu plutôt que son aspect mécanique, et n’appeler jeu coopératif que ceux qui sont non-compétitifs. Mais c’est moi, vous faites ce que vous voulez.

En sport on parle de sports individuels et de sports collectifs, serait-ce une idée ?

Pour finir, si j’avais fait un sondage, ç’aurait été le suivant. Si finalement l’idée tente quelqu’un de plus courageux que moi…
→ En ne considérant que les deux catégories de jeux coopératifs évoquées, lesquelles appréciez-vous ?
a. les deux
b. surtout/seulement les full-coop’
c. surtout/seulement les semi-coop’
d. aucune

Et le résultat qui m’intéresse, c’est de savoir si je me plante en pensant qu’aujourd’hui avec la quantité de jeux full-coop’ qui sont sortis ces dernières années, la somme b+c est supérieure à a, ce qui aurait tendance à prouver que mettre les deux dans le même panier comme c’est souvent le cas… ben c’est finalement n’importe quoi.

Et vous ? Jouez-vous à ces jeux ? Avec qui ?

Merci si vous m’avez lu jusqu’ici. Je ne sais pas si moi je l’aurais fait. 

Intéressante discussion, même si je ne sais pas où ça peut mener et si on en sortira quelque chose (sans offense hein !)

1 → En ne considérant que les deux catégories de jeux coopératifs évoquées, lesquelles appréciez-vous ?
a. les deux
b. surtout/seulement les full-coop’
c. surtout/seulement les semi-coop’
d. aucune


Car ce que j’aime, c’est la variété dans les jeux. Après je préfère en général l’opposition avec un “adversaire” humain car plus aléatoire et imprévisible, mais quand un coopératif pur propose un univers ou un challenge intéressant, je suis toujours preneur.

2 - Est-ce que les semi-coop sont des coop ?
Pour moi la réponse est oui pour deux raisons.
La première, c’est que si il faut classer les types de jeux, ils se rapprochent plus des coop que des jeux “classiques”.
Deuxièmement, même si il existe un ou plusieurs traîtres, il y a malgré tout un principe essentiel de coopération avec un ou plusieurs autres joueurs, même si ce biais existe. Dans le sens où il faut coopérer pour gagner, c’est d’ailleurs ce qui amène le piment de ces jeux car on doit obligatoirement coopérer, et même si c’est sans savoir avec le traître.

Un jeu comme “Sauve qui peut”, où se classerait-il ?
Car ce n’est pas vraiment un coopératif (chacun joue pour son cul), ce n’est pas vraiment un semi-coopératif (les équipes se font et se défont), ce n’est pas non plus un jeu par équipe (chacun joue pour son cul²), mais quelque part, ce n’est pas non plus vraiment un jeu classique (on est obligé de coopérer que ce soit pour avancer ou pour faire reculer les autres).
(Chez nous, il rejoint la catégorie des jeux d’enfoirés et opportunistes)

Intéressante discussion, même si comme Tasmat je ne sais trop où cela va nous mener, mais cela fait du bien de parler un peu des jeux coopératifs ou semi-coop.

1 → En ne considérant que les deux catégories de jeux coopératifs évoquées, lesquelles appréciez-vous ?
a. les deux
b. surtout/seulement les full-coop’
c. surtout/seulement les semi-coop’
d. aucune

J’aime beaucoup les purs coopératifs, où l’on se retrouve face à une difficulté forte que l’on doit vaincre en groupe. Ces derniers temps mes favoris sont Thunderbirds, Burgle Bros et le Signe de anciens. J’aime beaucoup Warfighter, ainsi que Space hulh Death Angel, mais ils ne sortent pas aussi souvent.
A noté que Thunderbirds a une particularité intéressante, c’est un pur coopératif de 1 à 4 joueurs, mais si on souhaite y jouer à 5, il devient un “Tous contre un” puisque l’un des joueurs va devenir le grand méchant. Mais il faut posséder une extension pour cela.

2 - Est-ce que les semi-coop sont des coop ?
Cela reste du coopératif, après tout la mécanique principale fonctionne autour du fait de coopérer avec un groupe contre un autre groupe, plutôt que contre un algorithme, si on reste seul on a toutes les chances de perdre. Pour ma part l’ancêtre de ce genre de jeu serait le Tarot dans sa formule “L’appel au Roi”. Deux joueurs doivent se reconnaître dans leur Roi pour pouvoir affronter les trois autres, et avoir une chance de gagner. Le joueur appelé peut faire le choix de ne pas se révéler trop rapidement pour jeter le trouble dans les esprits des adversaires tout en envoyant des signaux plus ou moins discret au joueur qui a fait l’appel.

Dans ce genre, ceux que je connais le mieux sont: Les Chevaliers de la Table Ronde et Battlestar Galactica.

Au fait où classe t’on Novembre Rouge? Car techniquement c’est un “full coop”, mais à un moment donné, il y a une toute petite fenêtre pour qu’un joueur, et un seul, puisse tenter de trahir, mais si le reste de l’équipe gagne il se retrouve le bec dans l’eau. Cette fenêtre de trahison n’apparaît pas toujours selon les parties .

Sauve qui peut n’est clairement pas un coopératif. Il fait partie des jeux de diplomatie (comme… Diplomacy no), où les alliances se font et se défont au fil de la partie…

Sinon concernant le fait que les semi-coop se rapprochent plus des coop’ que d’autres jeux, je ne suis pas entièrement d’accord puisque les jeux de conquête par exemple sont un exemple simple où deux joueurs inférieurs vont devoir s’allier, au moins temporairement, pour tenir tête à un joueur plus fort qu’eux séparément. Et on n’en fait pas pour autant des jeux coopératifs.

Je force un peu le trait évidemment, mais si je n’ai pas répondu à mon sondage, vous aurez compris que ma réponse n’est pas a. Elle est b. Je dirais même plus : si les jeux full-coop’ sont le genre de jeu que j’affectionne le plus, tout genre confondu, les jeux semi-coop’ sont précisément celui que j’abhorre le plus, au point de carrément refuser d’y jouer. C’est pour cela que j’ai du mal à accepter en mon for intérieur ce rapprochement.
Mais là encore je n’ai pas le choix : c’est comme ça et puis c’est tout. 

Je ne peux expliquer cette assimilation que sur un point de vue mécanique. Sur un point de vue plaisir de jeu, ils restent pour moi bien distincts.

Alors quand on discute théorie des jeux, pourquoi pas. Mais quand on parle de conseil je suis plus surpris. Imaginez le couple qui connaît Hanabi et Pandémie et se voit vendre un Sauve qui peut… ça peut marcher, mais mieux vaut quand même avertir de la différence : ce n’est pas du tout la même chose.

Novembre rouge est un full-coop’… jusqu’au moment où un joueur décide qu’il ne peut pas gagner avec le groupe et voit la possibilité d’essayer seul, et là il devient “tous-contre-un” avec lui qui essaye de pourrir les autres car si finalement le groupe gagne lui perd.

La différence est où ? Elle est dans le fait qu’avant de décider de se séparer du groupe, il est vraiment avec eux (c’est quand même plus facile de gagner comme ça). Il n’y a pas de mensonge, il y a juste un retournement de veste, et risqué en plus (vraiment plus facile en groupe). L’ambiance principale dans ce jeu reste une atmosphère de confiance plus que de méfiance.

Un autre exemple amusant, c’est “Betrayal at the House on the Hill”, qui comme son nom l’indique est un jeu où il y a un traître parmi les joueurs. Sauf que le traître ne le sait pas lui-même, et il le découvre en même temps que tout le monde (lorsque le scénario se déclenche, le traître est désigné par un critère variable non connu à l’avance puisque dépendant des événements déclencheurs). Du coup au début le jeu est full-coop’, puis il devient tous-contre-un (le plus souvent, car il y a quelques scénarios un peu différents), sans préméditation du joueur concerné. Même si dans l’histoire racontée par le jeu il y a trahison, il n’y a pas de mensonge entre les joueurs pendant la partie. 

 
 
Perso, je n'aime pas les full coop à cause du joueur alpha (en général c'est moi en plus :/) Je n'ai pas du tout accroché à room 25 par exemple. 18 ca passe grace aux thèmes et que j'y ai joué avec des caractères forts ;-)
Par contre, un jeu comme les poilus, comme on ne connait pas les cartes des copains, je trouve ça plus fun.

En semi coop je n'ai fait que les chevaliers de la table ronde, mais à certains moments, s'il y a un traitre, il se démasque automatiquement en faisant ou ne faisant pas certaines actions, ce qui fait que syndrome "joueur alpha" était aussi présent.

Le joueur alpha, ça se gère si on y fait attention.
Un peu plus étonnant dans les Chevaliers de la Table Ronde. Ce qu’on fait ou pas dépend surtout des cartes qu’on a en main, et ça aide le félon à rester planqué…

A queleques détail près, je te rejoins sur la division entre coop et semi coop  (tu as Battlestar Galactica aussi dans le genre "je suis un traitre mais je ne le sais pas encore)

Sans surprise, pour moi, le must, c’est le tous contre un, qui est le garant d’une meilleure ambiance roleplay. Un humain incarnera toujours mieux l’adversité qu’une simple mécanique. On peut, en enculant un peu les mouhes et étirant la mauvaise foi, trouver des exemples de tous contre un dans la catégorie “semi-coop avec félon”.  Nosferatu par exemple: Renfield révélé er Dracula caché

Sinon, je préfère aussi le semi-coop au full coop, oui c’est de la méfiance, déjà parce que je suis vilain, mais aussi parce que la confiance n’est pas absente: on finit par innocenter des gens, certains assez vite et donc on agit en mode coop avec eux. C’est un mélange de confiance/défiance plus que 100% défiance je dirais.

Le meilleur jeu pour distinguer les préférences dont tu parles, c’est Room 25. Certains préfèrent le mode coop, d’autres le mode suspicion.

Ce n’est pas totalement dans le sujet du sujet, mais personnellement, je n’aime pas les jeux coop purs à cause de deux aspects difficilement contournables dans cette famille de jeux : le joueur alpha (on peut passer toute une partie à ne faire qu’appliquer les conseils des autres (et s’emm…), même si a priori on veut résister à cette tendance, puisque ce sont des jeux où il est idiot de ne pas se laisser convaincre qu’un coup est objectivement et mathématiquement plus optimal qu’un autre, et ça conduit au second reproche que je leur fais :slight_smile: et leur côté mécanique/automatique (la nécessité d’une “intelligence” artificielle). Sur ce deuxième point, je trouve que dans les coops, on se prive d’une dimension essentielle au jeu : le facteur humain (erreurs, bluff, pression psychologique, choix stratégiques divergents, etc.). Ce qui rend, pour moi, les jeux coop un peu mornes et sans relief, comme une réussite à résoudre à plusieurs. Sans parler de l’aspect aléatoire lié aux système d’IA (tirages de dés ou cartes), qui peut parfois faire basculer une partie positivement ou négativement sans que les joueurs aient la moindre prise dessus. Paradoxalement, je préfère nettement le principe de la “réussite”, du casse-tête logique ou stratégique, quand il se pratique en solo. Après, dans les coops, il y a heureusement des (rares) exceptions, comme Hanabi ou T.I.M.E Stories (dans les deux cas, pas vraiment de joueur alpha si on en respecte l’esprit), où on a vraiment affaire à de la vraie coopération, sur un pied d’égalité, avec de vraies décisions et contributions individuelles (ce qui n’empêche pas qu’il y ait des phases de concertation), dans le sens d’un objectif commun. Dans Space Hulk : Death Angel, qui a été cité plus haut, je trouve par exemple le principe des cartes où le joueur doit prendre une décision immédiatement de façon individuelle, non seulement super bien vu thématiquement, mais aussi très pertinent en termes de plaisir ludique.
Je trouve par ailleurs le principe du semi-coop, notamment avec traître(s) ou au moins objectifs divergents, déjà bien plus intéressant ludiquement parlant. Ce qui est marrant, c’est que bien que n’étant absolument pas compétiteur dans l’âme, finalement je ne conçois pas vraiment le plaisir de jeu sans une dose minimale “d’affrontement” entre intelligences humaines. Je trouve, personnellement, que c’est intrinsèque au jeu, que c’est ce qui le rend vivant. Maintenant, je reconnais que les jeux coop sont des jeux qui fonctionnent parfaitement et qu’ils ont accouché de mécanismes très intéressants, mais à quelques exceptions près, j’ai tendance à les fuir parce que je m’y ennuie profondément.

Sylvano dit :. Sur ce deuxième point, je trouve que dans les coops, on se prive d'une dimension essentielle au jeu : le facteur humain (erreurs, bluff, pression psychologique, choix stratégiques divergents, etc.). 


Tu es donc tout indiqué pour apprécier les jeux "tous contre un" comme Mansions of madness, Descent,  Ghosts stories 2è extension, les Mousquetaires du Roy... là c'est l'humain que tu affrontes, même s'il est aidé par les mécansimes

Pour ma part, j’aime et joue aux jeux coopératifs et semi-coopératifs. Par contre, pas forcément avec les mêmes joueurs.

Ce que j’aime dans les jeux coops : le fait de jouer ensemble sans enjeu. Ca permet beaucoup de souplesse dans la manière d’aborder le jeu, c’est souvent ceux qui sortent quand les enfants sont dans les parages. Ainsi, si un joueur autour de la table doit s’absenter pour gérer un souci avec un petit, ça ne l’empêche pas de rester dans le jeu. Je joue presque exclusivement en coop avec ma compagne également. Ca nous évite parfois de nous crier dessus yes

Pour les jeux avec traître, j’apprécie effectivement le côté fourbasse et l’atmosphère de suspicion qui règne. Un bon petit Room25 ou Dead of Winter, ça fait toujours plaisir.

Je me reconnais toutefois dans les propos initiaux, n’aimant pas qualifier de jeu coop un jeu avec traître.

Parmi les purs coop, n’y a-t-il pas matière à différencier entre:

- les coopératifs à information parfaite/partagée: tous les joueurs ont toutes les informations (peuvent aussi être “solitaires multijoueurs” - par ex. Pandemie, Novembre Rouge, etc.). Ces jeux souffrent forcément du risque d’avoir un joueur Alpha autour de la table.
- les coopératifs à information répartie: tout en ayant exactement le même objectif, les joueurs n’ont pas tous la même information (par ex. HANABI)

Dans le premier cas, si les joueurs ne jouent pas de manière optimale, c’est qu’ils n’ont pas bien réfléchi
dans le second cas, la communication est au centre. Les joueurs peuvent jouer de manière sub–optimale parcequ’ils n’ont pas les même informations.

Perso, j’aime pas les jeux de la première catégorie, mais je trouve les seconds très interessant.


Les autres jeux (traitre, objectifs différents, etc.) ne sont pour moi pas des jeux coopératifs, mais des jeux compétitifs avec une mécanique de coopération-coopération. A la rigueur, les jeux en équipe ou les jeux “tous contre un” me semblent plus proches de la catégorie jeux coopératifs, car tous les joueurs d’une même équipe ont les même objectifs et peuvent entièrement se faire confiance.

et pour répondre au sondage: réponse c :slight_smile:

Réponse à Sylvano :

Comme déjà dit, le joueur alpha, quand on est conscient de l’existence de ce risque, ça peut se gérer. J’ai la prétention de le faire, en empêchant un joueur de dicter leurs actions aux autres, et en présentant plutôt des choix aux joueurs qui me demandent conseil plutôt que conseiller une unique solution. Ma citation typique sera alors un truc du style : on pourrait penser que ça ça a plus de chances de marcher, mais suivant ce qui va se passer, c’est peut-être l’autre solution qu’il aura fallu prendre, alors fais comme tu as envie, de toute façon on joue pour l’histoire.

Car, et là j’aborde l’autre point, la “mécanicité” des jeux coop’, s’il est des jeux qui restent assez mécaniques et vont donc en effet souvent présenter des choix un peu évidents, j’affectionne plus particulièrement ceux qui racontent des histoires. En tête bien sûr Horreur à Arkham et les Contrées de l’Horreur. Du coup, ce n’est pas qu’on gagne ou qu’on perde qui importe, mais l’histoire qu’on aura écrite. Et donc faire le meilleur choix importe moins que faire le choix qui nous racontera l’histoire qui nous plaira, même si elle se termine mal.

Après il y a un autre truc : ces jeux full-coop’ attirent parfois un public qui souhaite être guidé, voire même dirigé. Des joueurs qui jouent pour accompagner, pour participer à l’aventure sans être eux-même intéressés par s’investir dans la compréhension mécanique du jeu, mais qui redoutent d’être la cause d’un échec. Ça se sent, quand après leur avoir proposé les choix et insisté sur le fait qu’ils sont libres de faire ce qu’ils veulent, ils insistent pour qu’on leur conseille quand même ce qu’ils devraient faire (“oui mais toi tu ferais quoi ?”)…
Après tout quand on va se balader en groupe, tout le monde ne veut pas forcément choisir où on va, certains sont très contents de simplement suivre le mouvement, où qu’il aille.