Histoire de la Chine Antique

[Antique]

Je travaille sur un nouveau prototype de jeu de civilisation light sur le thème de la Chine antique à la période des Royaumes Combattants (Ve avant JC) :D

Cependant j’ai fait des recherches sur le sujet mais j’ai quand même besoin de plus d’infos pour creuser ce thème. Savez-vous vers qui ou vers quel institut je pourrais me tourner pour cela?

J’ai bien pensé à l’Inalco, mais je ne suis pas sûr d’y trouver un expert sinologue qui connaisse aussi bien ce sujet spécifique… :?

Pour ce qui est du jeu lui-même, c’est un jeu de civilisation dont le but est soit d’annexer 2 Royaumes adverses soit d’avoir un certain nombre de points de civilisation, conditions pour obtenir le “mandat du ciel”. :pouicgun:

Comment ça se passe : 2 plateaux, celui avec la carte de la Chine divisée en gros hexagones et celui avec les cultes.
Sur le plateau des cultes, il y a 1 cercle avec 6 zones dédiées à des dieux spécifiques et des actions spécifiques (production, commerce, science, action politique, recrutement et mouvement de troupes/ batailles).

4 phases à chaque tour :

:arrow: déplacement des prieurs sur le plateau des cultes : 2 déplacements de prieurs sachant que le joueur ne pourra faire d’actions que là où sont les prieurs.

:arrow: progrès : permet de développer des technologies d’un niveau équivalent au nombre de prieurs (+ gain d’1 prieur par technologie développée)

:arrow: actions : production (nourriture, armes et objets de commerce), commerce (acquisition de finances), science (acquisition de cartes nouvelles technologies), action politique (joue sur les décomptes), recrutement (nouvelles troupes), mouvement (conquète).
Le tout se déroulant sur le plateau de la carte de la Chine.
On ne fait telle action que si on a au moins 1 prieur sur la case adéquate.

:arrow: décomptes : gagner des points de civ (niveau de technologie la plus haute + nombre provinces possédées + bonus politiques), nourrir le peuple, payer la solde des troupes, mater les révoltes éventuelles

J’ai l’idée d’un jeu très intuitif question mécanismes, et surtout très immersif. Mais question immersion, je suis limité par mes petites connaissances du sujet. :P

Que dites-vous de l’idée de base? :mrgreen:

intéressant… y’a plus qu’à creuser maintenant mais cela dépasse mes connaissance de la chine antique. maintenant avec le net, tu devrais surement trouver ton bonheur

Salut, une petite chrono depuis clio.fr

Période des Royaumes Combattants

-453 : Début de la période dite des « Royaumes combattants ». Des luttes permanentes opposent les royaumes de Wei, Tch’ou (Chu), Han, Tch’ao (Zhao), T’sin (Qin) et Tchéou (Zhou)…

-444 : Les Chinois calculent précisément la durée de l’année solaire quatre siècles avant l’établissement à Rome du calendrier julien.

Première moitié du IVe siècle avant J.-C. : Le royaume de Wei entreprend d’établir une ligne de fortifications à hauteur de la Lao du nord et de la grande boucle que forme le fleuve Jaune à hauteur de la steppe des Ordos.

-389 : Mort du sage pacifiste Mo-tseu (Mozi)

-361 : Arrivée dans le royaumes de T’sin (Qin) du légiste Gongsun Yang qui réalise de grandes réforme au cours des quinze années suivantes.

-325 : Le prince de T’sin prend le titre de roi.

vers -318 : Début de l’expansion du royaume de T’sin en direction du Sichuan (Sseu-Tchouan) (dans la plaine de Tch’eng-tou (Chengdu), face au nord pour y établir des défenses contre les cavaliers de la steppe, au Kouei-tchéou (Guizhou), au Hou-pei (Hubei) et dans le Hou-nan (Hunan) (vers -280).

vers -289 : Mort de Mencius (Mengzi), le continuateur de Confucius.

-256 : Le royaume de T’sin détruit celui des Tch’eou orientaux.

-246 : Arrivée au pouvoir de Chang (Zheng), prince de T’sin. De -230 à -221, il soumet tous les petits royaumes qui se partageaient la Chine.
Le Premier Empereur

-221 : Le conquérant prend le titre d’« Auguste Souverain » et règne jusqu’en -210 sous le nom de T’sin Che Houang Ti (Qin Shi Huangdi).
Il est le « premier Empereur », celui dont le fabuleux tombeau, peuplé d’une armée de guerriers réalisée en terre cuite, a été découvert en 1974. Che Houang Ti (Shi Huangdi) établit un pouvoir centralisé qui réalise une œuvre d’unification considérable sur le plan administratif, monétaire et culturel – avec la normalisation de l’écriture utilisée dans l’ensemble de l’Empire. Un réseau de routes impériales est créé. Des canaux d’irrigation sont aménagés et une « grande muraille » couvre, face aux nomades de la steppe, les régions septentrionales de l’Empire, du sud du Gansu (Kan-sou) à la presqu’île du Leaotong.

-213 : Le général Meng Tian repousse les Hioung-nou (Xiongnu) installés dans la boucle des Ordos. D’autres expéditions sont organisées pour conquérir la Chine du Sud et le Vietnam. La capitale de l’Empire – Xianyang, sur la rive gauche de la rivière Weï, au Chen-si (Shenxi) – s’enrichit d’un immense palais alors que le gigantesque hypogée du Mont Li, qui abrite la dépouille de l’Empereur et l’armée qui l’accompagne, se trouve à une cinquantaine de kilomètres à l’est.

-213 : « Incendie des livres ». Le pouvoir tyrannique de Che Houang Ti s’en prend aux nobles et aux lettrés et ordonne la destruction de tous les ouvrages, à l’exception de ceux présentant un intérêt pratique.

-209 : L’insurrection est générale au cours de l’année qui suit la mort du « premier Empereur », dont le jeune fils ne peut imposer son autorité (il est assassiné en -207).
Le prince Hioung-nou (Xiongnou) Maodun fonde alors le premier empire de la steppe (à l’origine de celui des Huns). Il mourra en –174.

-206 : Lieou Pang (Liu Bang), l’un des chefs des insurgés, bat les T’sin et fonde le nouveau royaume des Han. Il se proclame empereur en -202 après s’être débarrassé de son rival Hiang Yu (Xiang Yu), roi de Tchou (Chu), et fixe sa capitale à Xi’an (Chang’an), au sud-est de Xianyang.

http://pagesperso-orange.fr/miltiade/ch … ttants.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaumes_combattants
là, chrono culturelle (découvertes entre autres)

autre article de wiki

Comme la consolidation politique continuait, il ne resta que sept États principaux, et la période durant laquelle ces quelques États se combattirent les uns les autres est connue sous le nom de période des Royaumes combattants dont on considère généralement qu’elle s’étend de -453 à -221. C’est effectivement une période d’affrontements, tant à l’intérieur des États entre le pouvoir central et les grandes familles, qu’à l’extérieur, entre États.

Les conflits opposent des armées de fantassins, tandis que le rôle des chars diminue. Une nouvelle arme apparaît, l’arbalète et les Chinois adoptent la cavalerie des nomades du Nord.

Le système économique est également profondément modifié. La mise en culture de nouvelles terres procure au gouvernement central des revenus qui lui permettent de se dégager de l’influence des grandes familles. Les progrès techniques sont aussi remarquables : par exemple la fonte remplace progressivement le bronze.

Bien qu’il y eût un roi Zhou jusqu’en -256, il ne disposait plus d’aucun pouvoir. Cependant dans les textes qui nous sont parvenus l’idée de préserver les valeurs de la maison des Zhou apparaît très souvent : les Zhou conservent une autorité morale mais sans l’autorité politique et militaire qui devrait l’appuyer.

Paradoxalement cette période de guerre quasi ininterrompue va donner naissances aux plus grands courant philosophiques de la Chine.

* C’est désolé de la perte du sens moral de ses contemporain qu’un certain Gong Fuzi (plus connu sous son nom latin Confucius) prendra la plume pour résister activement au délitement des valeurs morales et rituelles de la période des Royaumes Combattants.
* Mozi (plus connu sous son nom latinisé Mencius), dit-on élève de Confucius dont la philosophie a été rapprochée de celle de Rousseau par le sinologue François Jullien se fera le critique de la société aristocratique qu’il tient pour responsable des gâchis occasionnés par ces guerres et des nombreuses inégalités sociales.
* Le philosophe Zhuangzi, considéré comme taoïste écrit aussi à cette période que l’homme doit vivre en adéquation avec la nature et la Voie. Il s’oppose à la conduite rituelle de Confucius qu’il utilise pourtant comme un personnage fictif et légendaire de ses contes philosophiques, souvent en binôme avec Laozi (Lao-Tseu).

On peut retenir de cette période la naissance d’une pensée quasi-positiviste qui discute la conduite de l’Homme sans distinction. L’émergence d’une nouvelle classe, les shi (qu’on peut traduire par chevalier ou aventuriers) que les princes prennent à leur service pour leur capacités (littéraires, artistiques, martiales etc.) et non plus pour leur naissance est peut-être un premier pas vers le système plus méritocratique qu’instaurent les examens impériaux sous les Han et non plus le népotisme chinois antérieur même aux Shang.

Pendant la période antique, le chinois archaïque était très différent des langues chinoises modernes.

De par son emplacement la principauté des Qin était très souvent exposée aux invasions des “barbares” du Nord-Ouest et la fréquence de ces incursions harassèrent les vertus guerrières des Qin. Cependant le territoire est naturellement fortifié par les montagnes et il fut assez peu attaqué par les autres princes feudataires. La longévité des princes de Qin, l’utilisation précoce de techniques d’irrigation et le respect des rites confucéens qui unifie le peuple de la principauté leur permettra de se livrer à une guerre totale. En 361 avant J.C. Shag Yang, régent de Qin entreprend de grandes réformes pour la principauté de Qin qui annexe les territoires du Nord-Ouest, peuplés de tribus nomades, et se renforce jusqu’à ce qu’il puisse conquérir l’ensemble des principautés et du royaume des Zhou orientaux.

Vers -220, le prince Yin Zheng de la principauté Qin parvint à conquérir les autres États et se proclama lui-même premier empereur de la dynastie Qin, avec le titre de Qin Shi Huangdi, en référence aux Trois Augustes. Bien que son règne n’ait duré qu’onze ans, il réussit à soumettre de grandes parties de ce qui constitue le territoire actuel des Han et à l’unifier sous un gouvernement étroitement centralisé basé à Xianyang (près de Xi’an). Il débuta également la construction de ce que l’on appelle aujourd’hui la Grande Muraille. Cependant son successeur ne fut pas en mesure de poursuivre son œuvre. La dynastie des Qin s’effondra et la dynastie Han lui succéda après une période de guerres civiles.

Les fonctionnaires sont recrutés au niveau central et une grille des salaires est établie pour créer un système qui perdure encore de nos jours. Les Qin entreprennent l’unification de la monnaie, des poids et mesures ainsi que de l’écriture : Qin Shi Huandi parvient ainsi à imposer une culture commune à l’empire malgré une évolution différente de l’écriture ossécaille dans les différentes principautés.

http://www.guimet.fr/spip.php?page=mot& … _article=1
musée guimet à Paris, spécialisé sur l’inde et la chine, superbe

il doit y avoir des tonnes de pages…

bon courage !!!
claude

Merci Claude, j’avais en effet déjà trouvé tout ça et je suis dessus depuis quelques jours. :D

Vous pouvez voir pourquoi cette période se prête aussi bien à un jeu de civilisation :
:arrow: côté guerre : les royaumes combattants, ce sont 14 puis 7 Royaumes qui se déchirent en Chine
:arrow: côté armées : grande période des stratèges, “l’Art de la Guerre”, guerres passant d’armées de chevaliers aux armées populaires, découverte de l’arbalète, développement des cavaleries au détriment des chars
:arrow: côté culture : le riz supplante le millet, premières araires
:arrow: côté artisanat : découverte de la fonte, développement de la porcelaine et des bronzes laqués
:arrow: côté philosophique : Confucius, Sun Tzu
:arrow: côté économie : invention du sapèque, la monnaie métallique, développement d’un fonctionnariat Tsi qui supplante progressivement le système féodal

Bref c’est une période riche qui m’apparait passionnante. Mais pour faire mon jeu, il faudrait que j’en apprenne plus dans le détail. :P

Tu peux aller jeter un oeil du côté de chez Qin le JdR qui se déroule dans la période des royaumes combattants.

Sinon il y a pas mal de livres qui traitent du sujet, je vais fouiller ma bibliothèque je te donnerais des références :wink:

Je travaille aussi sur un jeu qui se déroule en CHine médiévale, mais il s’agit d’un jeu de combat.

Coucou Cédric,

La où tu vas rencontrer le plus de défis, c’est pour rendre compte de ce que tu appelles les “cultes”. Il va probablement falloir que tu t’écartes fortement des modèles antiques d’Europe ou du Moyen-Orient.

Le bouddhisme n’avait pas encore mis les pieds en Chine à cette époque. Taoisme et confucianisme étaient effectivement déjà présents, mais probablement pas avec le même niveau d’inter-influence qu’aujourd’hui. On peut au moins parler de frictions entre ces deux courants à cette époque, sinon de rivalité. Pour ce qui concerne le confucianisme, je crois que Qin Shi Huang a violemment tenté de le réprimer (donc à la fin de la période à laquelle tu t’intéresses).

En tous cas, il n’est pas certain que tu puisses transposer facilement la notion de dieux ou de prière. Mais c’est pas grave car tu peux trouver dans le taoisme et le confucianisme une foule de concepts qui s’appliquent parfaitement à un jeu de conquête ou gestion. Ca pourrait être très intéressant de clairement distinguer les deux courants, et de ne pas écarter leur dimension politico-philosophique (vertu, moralité, droiture etc.).

A mon avis tu vas t’éclater car c’est très différent de la Grèce antique :D

Merci Ted :wink:

En fait, je sais bien que les cultes étaient très différents de leurs pendants antiques occidentaux. Les dieux n’étant l’objet de cultes de la même forme.

La voix du Tao en tant que telle a cette même propension que le Bouddhisme a s’insérer dans une culture sans la déformer. Il s’agit moine d’une doctrine religieuse que d’une doctrine philo-sociologique.

En fait le Taoïsme et le Confucianisme ont apporté énormément dans la politique et l’art de vivre.

L’idée du jeu par contre est partie sur la base de ce plateau des cultes, pour lequel je n’avais pas encore choisi l’univers. J’ai pensé tour à tour aux celtes, à la Judée et à l’Egypte, mais je n’ai pas été convaincu.

Alors certes, les dieux Chinois de l’époque ne sont pas forcément représentatifs, mais ils ont l’avantage de coller avec le système de jeu à l’origine de ma recherche. Alors on verra pour la forme, peut-être n’utiliserai-je pas le mot culte, je ne sais pas encore.

Pour le reste, niveau cartes civilisation et développement, niveau plateau carte de la Chine, niveau graphisme, j’ai envie de vraiment rendre honneur au thème et de ne pas le dénaturer. :D

Ted Lapinus & Phoenix dit:A mon avis tu vas t'éclater car c'est très différent de la Grèce antique :D


Je te rassure, c'est le but :wink:

J'aime beaucoup ce travail de recherche préliminaire que m'imposent ces développements de jeux. Et c'est l'intérêt de ces recherches de tenter de retranscrire un peu de cette richesse et de l'"originalité" de ces périodes. :D

En tout cas, on est loin de La Terre des Dieux, et je n'ai pas du tout l'intention de transposer 8)