Eh ben à rebours de ce qu’affirment xbrossard et Xil, je dirais que ça dépend ! On utilise de plus en plus l’IA au boulot, mais c’est très bien, au contraire. Je ne suis pas du tout d’accord que l’IA produise du mauvais code ou qu’elle rende paresseux et/ou ignare. Si vous saviez la quantité de code crade humainement produit que j’ai pu lire et/ou pondre en 20 ans de SSII. ![]()
L’IA est très forte pour refactorer, optimiser, deboguer, faire de la revue de code ou proposer des tests. Correctement utilisée, c’est un outil vraiment efficace pour produire du code de qualité. À titre perso, je lui délègue des tâches rébarbatives pour me concentrer sur des tâches créatives qu’elle ne sait pas faire. À la fin d’une session de code, elle saura parfaitement documenter mon code, mais je validerai ce qu’elle produit. Elle sait extraire pour refactoring une fonctionnalité d’une classe ou d’un composant bien plus rapidement que moi et avec très peu d’ajustements derrière. Avant de publier mes modifications je lui demande son avis, elle est à minima un excellent canard en plastique et a même souvent un avis pertinent ou débusque régulièrement des bugs. Si je bloque sur une décision d’architecture, elle peut m’aiguiller.
Il ne faut pas réduire l’IA à une béquille avec laquelle on va « vibe coder » et qui produira du mauvais code. C’est avant tout un outil et j’ai été vraiment bluffé par la qualité du code qu’elle peut produire même s’il lui arrive d’halluciner ou au final de faire perdre du temps.
Petit bémol cependant: en tant que « vieux » j’ai 35 ans de pratique du code derrière moi, je ne vois l’IA que comme un outil qui ne va pas me remplacer mais me supplémenter. Il est cependant probable qu’on ait quelques années d’ajustement le temps que les formations d’informatique intègrent l’IA de manière efficace et pérenne. Les jeunes professionnels qui ne se forment pas en se reposant sur l’IA sans valeur ajoutée seront de toutes façons les premiers sur le carreau.
Mais d’une manière générale, je suis persuadé que malgré une bulle bien réelle l’IA est là pour rester et qu’il ne sert à rien de se crisper dans une posture de moine copiste. La machine de Gutenberg a produit le même type de fracture technologique mais au final, les moines ont vite compris l’intérêt d’imprimer des bibles.