Hello !
J’ai hésité à placer ce sujet dans “financement participatif” - mais c’est un financement où on achète pas de boite de jeu ou du kilo de plastique, ou en tout cas pas directement. J’ai hésité à l’écrire dans la protozone, et puis je me suis dit que peut être, bon nombre de joueurs pas auteurs sont tout autant conscients qu’il y a des auteurs derrière les jeux - mais pas forcément de leurs problématiques. Alors dans “Discutons Jeux”, pourquoi pas.
C’est un jeu presque quantique, où les auteurs existent, mais en même temps n’existent pas. Ils existent parce qu’ils créent les jeux auxquels on joue, les testent pendant de longues heures, traversent des déserts jusqu’à trouver un éditeur, puis enfin voient leur jeu publié, avec leur nom dessus. Mais en même temps ils n’existent pas : pour les impôts, pour payer leurs cotisations sociales sur leurs droits d’auteur, ils n’existent dans aucune case, aucun texte règlementaire. Ils existent parce que ce qui fonde un contrat d’édition, c’est bien une règle de jeu. Et pourtant, en termes de propriété intellectuelle, en cas de procès la règle de jeu n’est pas ou peu prise en compte, elle est juridiquement fragile. En tout cas elle est loin d’être considérées comme le coeur du jeu.
Les auteurs existent, bien sûr, tous les utilisateurs de ce forum le savent, voire même en ont rencontré. Mais le reste du monde, lui, a à peine connaissance de leur existence et de leur travail.
C’est pour faire sortir le chat de la boite, pour qu’on montre enfin à tous qu’il existe (aux impôts, à l’AGESSA, à madame Michu de la boulangerie, et plus si affinités) que la Société des Auteurs de Jeux a été créée en 2017. Avec un peu moins de métaphore dedans, c’est pour obtenir un statut pour les auteurs de jeux - mais pas que. L’association a aussi été créée pour défendre leurs droits, les informer (à quoi être attentif sur les contrats, comment déclarer leurs revenus…), et les aider à se rassembler ; vous avez peut être déjà entendu parler de ces collectifs d’auteur aux acronymes improbables…
Puisque les auteurs de jeux eux-même ne roulent pas sur l’or - comme la plupart des artistes auteurs -, l’association fonctionne avec des budgets pas énormes. Le bénévolat a ses limites, et pour réaliser des projets, il faut de l’argent, tout simplement. Depuis deux ans, la SAJ a publié gratuitement deux pdf de vulgarisation, mis à disposition des outils et des ressources utiles aux auteurs, et tout ça en fonctionnant grâce aux premières adhésions à l’association. Aujourd’hui, elle a besoin de fonds pour avancer, et pour ce faire elle organise une Cagnotte Leetchi, du 29 mars au 30 avril. Donc si vous pensez que ça vaut le coup d’aider les auteurs, allez y faire un don, même petit, ce sera apprécié. Merci ! ![]()
Je trouve la démarche fort sympathique mais je ne soutiendrais pas. En effet bien d’autre associations attire plus mon attention si je devais faire un don, si minime soit il.
les maladies orphelines par exemple, le cancer, la faim dans le monde, unicef, le s.d.f en bas de ma rue etc…
Je donne mon avis à chaud comme ça.
Blacksad290 dit :Je trouve la démarche fort sympathique mais je ne soutiendrais pas. En effet bien d’autre associations attire plus mon attention si je devais faire un don, si minime soit il.
les maladies orphelines par exemple, le cancer, la faim dans le monde, unicef, le s.d.f en bas de ma rue etc...
Je donne mon avis à chaud comme ça.
Je ne suis pas d accord avec ta manière de penser mais tu as le mérite de poser la question de la hiérarchisation des dons.
Je vous laisse 4 h et je ramasse les copies...
Il y a beaucoup de métiers qui ont des “Ordres” pour lesquels la cotisation ordinale est annuelle et obligatoire (infirmiers, médecins, avocats, kinés etc…)
Si tous devaient faire des cagnottes ça serait vite ingérable.
Je rejoint Blacksad290 dans sa démarche de prioriser les dons, pour ma part ça ira plutôt à des assoc locales en premier.
C’est compréhensible, et dans l’état actuel du monde je suis bien d’accord : le statut des auteurs de jeux n’est pas prioritaire, il y a plus grave.
Maintenant, si on veut vraiment raisonner en termes de “priorisation”, alors on peut aussi prendre une autre perspective : regarde le budget annuel d’achat de jeux d’un passionné, comme le sont la plupart des habitués de ce forum. Je n’ai pas de chiffres précis à avancer, mais on peut raisonnablement penser qu’il pourrait se situer à quelques centaines d’euros par an au minimum. Donner 5 ou 10€ pour faire avancer le statut des personnes qui sont le fondement de notre passion, alors qu’à côté on dépense 10, 20 ou 30 fois plus en jeux - qui restent des objets de loisirs, qui ne nourrissent ou ne soignent personne, bref non nécessaires - presque des “objets de luxe” dans certaines régions du monde - ça ne me parait pas déconnant. ![]()
Pour ce qui est de se financer par les auteurs eux-mêmes, oui ce serait le mieux. Mais encore faut il que le métier d’auteur de jeux en soit un. Actuellement il est exceptionnel de pouvoir se professionnaliser en tant qu’auteur de jeux - c’est dû à un ensemble de facteurs, la répartition des marges, la surproduction… donc les seuls réels “professionnels” se comptent sur les doigts de deux mains, et la grande majorité des autres ont forcément un autre boulot à côté. Du coup peu espèrent pouvoir en faire leur métier, et parmi ceux qui le souhaitent, ils ne gagnent pas suffisamment de droits d’auteur pour en vivre. Seule une petite minorité gagne sa vie grâce au jeu. Pourtant, auteur de jeu ça demande du temps, du travail, des déplacements, un savoir-faire : oui, dans les faits c’est un métier. Mais dont on ne peut pas vivre.
Pour résumer : les auteurs de jeux ne gagnent pas assez d’argent pour pouvoir assurer à eux seuls, collectivement, la défense de leur statut. Voilà pourquoi on fait un appel plus large, auprès de gens qui seraient théoriquement susceptibles d’être concernés. ![]()
Je suis très surpris de ne pas voir buzzer plus que ça cet appel au financement. Sans parler des arguments “il y a plus grave dans le monde”.
Le jeu est une activité culturelle. Sans culture, il n’y a rien : pas de médecine, pas d’agriculture, pas d’enseignements …
Évidement, la culture fait partie des premières choses qui passent à la trappe en cas de crise économique. Mais des gens qui jouent, ce sont des gens qui apprennent à réfléchir, à se concentrer, à expérimenter, à prendre du recule, à observer leur environnement … Les gens qui jouent aujourd’hui, ce sont les gens qui feront avancer la recherche (l’humanité) plus tard.
Subdug, j’ai l’impression que tu n’as pas lu l’appel à financement, parce que justement l’idée de la SAJ est de faire reconnaître la profession, pour permettre une reconnaissance de nos institutions, et ne plus être dépendant de cagnottes artisanales.
Les auteurs de jeux sont déjà, dans leur grande majorité, des bénévoles. Leur demander de porter seuls la reconnaissance de leur activité par l’état, je trouve que c’est un énorme manque de … reconnaissance. ![]()
Un ptit up pour la route ?
Plusieurs cafés ludiques participent à la cagnotte.