La réflexion de M. Ehrhard dans le dernier JsP

où il est question de l’avenir du JdS :( :

" Je reste hélàs très sceptique. Je sais qu’il existe une sorte de militantisme au sein du milieu des jeux de société, mais je n’y crois pas trop (…) Le public de joueurs est toujours le même (…) Des merveilles sont éditées, mais il n’ya pas suffisamment de gens pour les acheter (…)"

Eh bien, à côtoyer Tric Trac, la Gen Con ,Essen et le Festival des Jeux de Cannes ou les différents forums de jeux du ouèbe on en oublie trop souvent combien le marché du JdS reste fragile et marginal, combien notre passion est peu fédératrice, car le jeu, ses auteurs, ses aficionados, seront sûrement hélas toujours ignorés voire méprisés du plus grand nombre, et en particulier des médias, et je serai éternellement condamné à passer pour un attardé :kingboulet: en exhibant éhonteusement ma ludopathie aux bien-pensants de ce monde…
Quelle foi faut-il aux éditeurs et auteurs pour continuer à pratiquer leur art créatif!!!
Bises
:) Oscar

Il ne faut pas non plus dramatiser… Certes, nous restons une niche économique, mais une niche rentable, sinon il n’y aurait pas autant d’acteurs.

Je ne suis pas sure que le monde du JDS ne soit pas appelé à se développer, pas forcément du côté des hardcoregamers, mais du moins du côté des petits jeux, dont certains deviennent extrèmement connus parmis le grand public ado. Une énorme majorité des gens que je connais ont déjà entendu parler des LGdT, de citadelles ou de Times up.
Peut être y a t’il un lien avec l’entrée dans l’age adulte de la “génération 80”, qui après tout est aussi considérée comme la génération regression qui cherche à retrouver les racines de son enfance, écoute goldorak et becassine en boîte et organise des soirées casimir entre élèves ingénieurs de 23 ans… Cette génération apte à la regression pourrait être par conséquent attirée vers le jeu (sans se lancer dans les causes suputées de leur volonté de regression), pas forcément vers le gros jeu qui fait réflechir mais au moins vers le concept. Ca va pas redorer la cote du joueur auprès des médias (vu leur opinion sur ladite génération regression), ça va pas faire augmenter les ventes d’Imperial et de Caylus, mais remonter la cote du jeu et du joueur auprès d’une tranche de population et aider le marché du Jds à survivre même si c en vendant principalement des kangourou et des cocktail games, pourquoi pas ?

Seph (que de grands mots !)

sephrenia dit:Je ne suis pas sure que le monde du JDS ne soit pas appelé à se développer, pas forcément du côté des hardcoregamers, mais du moins du côté des petits jeux, dont certains deviennent extrèmement connus parmis le grand public ado. Une énorme majorité des gens que je connais ont déjà entendu parler des LGdT, de citadelles ou de Times up.

En même temps, moi ce que je me demande, c'est pourquoi aussi peu de jeux arrivent à la "consécration" (ouis, je sais...) de la diffusion grand public. On a l'impression que les gens s'arrêtent après avoir 3-4 titres (Times up, Jungle Speed, Carcassone et Les Aventuriers du Rail pour ne pas les citer). Je reste des fois assez étonné du manque de curiosité des gens, et surtout ceux qui ont la chance de vivre dans des villes assez grandes pour avoir devant leur nez des boutiques spécialisées.
sephrenia dit:Peut être y a t'il un lien avec l'entrée dans l'age adulte de la "génération 80", qui après tout est aussi considérée comme la génération regression qui cherche à retrouver les racines de son enfance, écoute goldorak et becassine en boîte et organise des soirées casimir entre élèves ingénieurs de 23 ans...

Effectivement : en club, dans les évènement ludiques, voire chez les particuliers, on s'aperçoit souvent que le coeur de ce marché, ce sont les trentenaires (si on prend l'ensemble, gros jeux compris).
sephrenia dit:Cette génération apte à la regression pourrait être par conséquent attirée vers le jeu (sans se lancer dans les causes suputées de leur volonté de regression), pas forcément vers le gros jeu qui fait réflechir mais au moins vers le concept. Ca va pas redorer la cote du joueur auprès des médias (vu leur opinion sur ladite génération regression), ça va pas faire augmenter les ventes d'Imperial et de Caylus, mais remonter la cote du jeu et du joueur auprès d'une tranche de population et aider le marché du Jds à survivre même si c en vendant principalement des kangourou et des cocktail games, pourquoi pas ?

Pas sûr que ça ne fasse pas augmenter les ventes de gros jeux. La communauté augmente (c'est pas M. Phal qui doit changer de serveur tous les 6 mois qui me contredira 8) ).
BananeDC dit:
En même temps, moi ce que je me demande, c'est pourquoi aussi peu de jeux arrivent à la "consécration" (ouis, je sais...) de la diffusion grand public. On a l'impression que les gens s'arrêtent après avoir 3-4 titres (Times up, Jungle Speed, Carcassone et Les Aventuriers du Rail pour ne pas les citer). Je reste des fois assez étonné du manque de curiosité des gens, et surtout ceux qui ont la chance de vivre dans des villes assez grandes pour avoir devant leur nez des boutiques spécialisées


euh ben en même temps il y a pas que les jeux dans la vie :wink: il y a aussi la curiosité de découvrir de nouveaux restaus, des films, des concerts, des livres, des visites, d'innombrable volet de découvertes culturels, sans parler des amis qui se retrouvent pour discuter simplement le bout de gras. Bref plein de chose à faire de son temps libre et tout le monde n'est pas curieux des même choses.

Le truc avec les jeux de société c'est qu'en plus il faut plusieurs à connaitre ou avoir envie de le connaitre. Lorsqu'on joue 1 ou 2 fois pas mois, les personnes n'ont pas forcément envie de changer à chaque fois de jeu et donc tournent autour des même . Il a déjà suffisamment été déploré dans plusieurs topic qu'il fallait plusieurs parties pour apprécier un jeu, c'est ce que les gens font !!

Et en même temps, tout peut arriver, à tout âge, à tout le monde ! Pas de raison d’être aussi pessimiste…

Ayant grandi en étant “biberonnée” de jeux MB, Parker, Hasbro et consorts, et grande fana des jeux vidéo pendant toute mon adolescence (comprenez que je ne mettais jamais mes pieds dans une boutique de jeux et jouets en bois), je n’ai découvert l’univers du “vrai” jeu de société que totalement par hasard, en tombant sur Guillotine le thème de la Révolution française et l’humour sous-jacent m’ayant amenée à acheter ce petit jeu (eh oui). Je ne connaissais même pas les Aventuriers du Rail, ni Time’s Up ou même Les colons de Catane… et puis, cette même année, en 2005, je suis partie travailler en Allemagne. Et là, le déclic s’est fait d’un coup, devant l’offre extraordinaire des (grandes) surfaces munichoises.

Sincèrement, vu d’Allemagne, je n’ai pas l’impression que le secteur du JdS soit si marginal et peu rentable que ça, sinon pourquoi autant de nouveaux jeux chaque mois, et autant de place occupée sur les rayons de jeux et jouets ?

Et même en Suisse, lentement, je sens que les gens, au-delà de 25-30 ans, commencent parfois à se lasser du jeu vidéo et trouvent bien plus convivial de se retrouver autour d’un jeu. En tout cas, j’ai espoir que le secteur du JdS ne peut que se maintenir en forme, voire même se développer encore davantage !

Je trouve surtout très dommage que les grandes surfaces restent si frileuses en la matière, en se cantonnant à ces jeux qu’on nous ressort tous les ans depuis 20 ans au moins… et qui ne se renouvellent jamais. Si le JdS devait disparaître un jour (touchons du bois), ce serait de la faute des distributeurs, qui pourraient à tout instant condamner à la disparition les petites boutiques de jeux…

lABCdaire dit:Sincèrement, vu d'Allemagne, je n'ai pas l'impression que le secteur du JdS soit si marginal et peu rentable que ça, sinon pourquoi autant de nouveaux jeux chaque mois, et autant de place occupée sur les rayons de jeux et jouets ?


Parce que justement ça ne va pas si bien que ça. C'est exactement comme le marché de la bande dessinée chez nous. On sort plein de trucs (à très faible tirage, histoire que le jeu soit vite amorti), le plus possible, pour être bien visible que ses concurrents sur les étals, en espérant qu'un de ses produits sera la poule aux oeufs d'or.
Non, vraiment, le marché allemand du jeu n'a strictement rien d'idyllique.
Rody dit:
lABCdaire dit:Sincèrement, vu d'Allemagne, je n'ai pas l'impression que le secteur du JdS soit si marginal et peu rentable que ça, sinon pourquoi autant de nouveaux jeux chaque mois, et autant de place occupée sur les rayons de jeux et jouets ?

Parce que justement ça ne va pas si bien que ça. C'est exactement comme le marché de la bande dessinée chez nous. On sort plein de trucs, le plus possible, pour être bien visible que ses concurrents sur les étals, en espérant qu'un de ses produits sera la poule aux oeufs d'or.
Non, vraiment, le marché allemand du jeu n'a strictement rien d'idyllique.


Mais quand même, je ne suis pas du tout dans le secteur de la vente, mais il me semble que si un rayon de magasin ne "fait pas assez de chiffre", on le réduit, puis il disparaît si vraiment c'est catastrophique. Depuis 3 ans, je n'ai pas l'impression que le secteur JdS en Allemagne soit en voie de disparition, au contraire. Bien sûr, c'est mon point de vue subjectif de consommatrice...

Hello,

En qqes mots, la grosse relève est assurée par nos enfants. Mes parents et les autres membres de la famille ne jouaient pas avant que je ne m’y mette sérieusement. Et mes enfants adorent jouer aux jds “marginaux” (= non commerciaux).

Ca va exploser ! surtout avec Internet et des sites comme Tric-Trac.

Je n’ai pas fait le compte exact, mais depuis à peine 4 ans, on a dû acheter dans les 450 jeux dans mon “milieu” ;-), tout ca à cause des Trictrac, Ludigaume, Strategikon & co…

Avant, c’était 1 ou 2 jeu acheté par an…

Le marchés du jds est un marché d’édition, comme tout les marchés de l’édition il y a plein de titres qui ne se vendent pas ou peu et d’autres qui cartonnent.
Les chiffres des aventuriers du rails sont là pour le prouver !
Les chiffres anoncés par certains éditeurs (premier tirage en dizaines de milliers d’exemplaires) prouvent aussi que le marché qui est bien sûr un marché de niche n’est pas un micro marché.
Certe, le jds ne se vendra jamais autant que le yaourt ou les barres chocolatées, ni même comme les livres ou les DVD.

C’est un marché qui éclate pas mal ces temps ci, le nombre de nouvelles maisons d’édition en est la preuve. Bien sur, il y aura un “nettoyage” dans les années à venir, mais cela ne signifie pas que le marché est restreint aux “hard core gamers”, cela signifie simplement que ce n’est pas si simple d’éditer et qu’il faut les moyens d’absorber quelques échecs pour survivre.

“le public des joueurs est toujours le même”, remplacé par spectateurs, lecteurs (de livres) ou lescteurs (de BD), ça marche aussi.
Si e n’est que le nombre de joueurs est en croissance (vue les ventes et les tirages).

lABCdaire dit:Mais quand même, je ne suis pas du tout dans le secteur de la vente, mais il me semble que si un rayon de magasin ne "fait pas assez de chiffre", on le réduit, puis il disparaît si vraiment c'est catastrophique. Depuis 3 ans, je n'ai pas l'impression que le secteur JdS en Allemagne soit en voie de disparition, au contraire. Bien sûr, c'est mon point de vue subjectif de consommatrice...


Mais je n'ai pas dit qu'il était en voie de disparition. Juste qu'il était entré dans une spirale infernale : on produit toujours plus pour éponger ce qui ne marche pas très bien, ou marche tout juste. Si l'on s'arrête on coule... donc on continue. C'est exactement ce qui se passe avec le marché du livre : on sort des centaines de titres pour juste une petite dizaine qui marche. Et pour faire partie de cette petite dizaine, il faut inonder le marcher, quitte à le pourrir. Avec un petit problème supplémentaire dans le milieu du jeu : ça coûte bien plus cher à produire que du simple papier.
Je confirme : le marché du jeu allemand n'a rien d'idyllique (il suffit de voir les tirages des jeux qui ont fortement diminué ces dernières années, alors que le nombre de titres est croissant).
PaireDodue dit:
Je n'ai pas fait le compte exact, mais depuis à peine 4 ans, on a dû acheter dans les 450 jeux dans mon "milieu" ;-), tout ca à cause des Trictrac, Ludigaume, Strategikon & co....
Avant, c'était 1 ou 2 jeu acheté par an...


L'exception qui confirme la règle ? :mrgreen:
oscardejarjayes dit:où il est question de l'avenir du JdS :( :
" Je reste hélàs très sceptique. Je sais qu'il existe une sorte de militantisme au sein du milieu des jeux de société, mais je n'y crois pas trop (...) Le public de joueurs est toujours le même (...) Des merveilles sont éditées, mais il n'ya pas suffisamment de gens pour les acheter (...)"
Eh bien, à côtoyer Tric Trac, la Gen Con ,Essen et le Festival des Jeux de Cannes ou les différents forums de jeux du ouèbe on en oublie trop souvent combien le marché du JdS reste fragile et marginal, combien notre passion est peu fédératrice, car le jeu, ses auteurs, ses aficionados, seront sûrement hélas toujours ignorés voire méprisés du plus grand nombre, et en particulier des médias, et je serai éternellement condamné à passer pour un attardé :kingboulet: en exhibant éhonteusement ma ludopathie aux bien-pensants de ce monde...
Quelle foi faut-il aux éditeurs et auteurs pour continuer à pratiquer leur art créatif!!!
Bises
:) Oscar



Je découvre le sujet et, en fait, je ne cerne pas le motif de la pleurnicherie. Je ne saisis pas ce que tu regrettes le plus : que des bons jeux ne trouvent pas un public plus large (ce que regrette M. Ehrard dans les propos que tu cites), ou que la pratique du JdS ne soit pas considérée comme une activité socialement reconnue (j'y perçois un léger ressentiment désenchanté de ta part :| ).

Les deux, peut-être…

Très égoïstement sans doute, je ne suis absolument pas dérangé par le fait que le jeu de plateau n’occupe pas un place plus grande et plus “socialement reconnue”…En fait, la situation actuelle me convient très bien comme ça, peut-être parce que j’ai plus de partenaires de jeu aujourd’hui que j’en ai eu pendant toute mon adolescence et même mes années d’étudiant, et je vous parle d’un temps ( :holdpouic: :mrgreen: ) où le marché du jeu était fort limité et les joueurs de JdS…fort rares. Et là oui, il y avait vraiment de quoi couiner !

En terme de marché, nous sommes (les joueurs “habitués”) une niche, mais il s’écoule encore beaucoup de jeux dits “grand public” que certains ont un peu trop tendance à mépriser ici, (ce qui me gène toujours un peu par rapport aux gens qui s’y amusent vraiment mais là n’est pas le sujet).
En fait il n’y pas que nous, peuple trictracien, qui jouons…simplement, nous avons tendance à exclure les milliers de parties de Monopoly, Risk et trivial pursuit qui se dispute chaque année tout autour de nous… :mrgreen: et donc, qu’on le veuille ou non, il y a là aussi des gens qui jouent…ils sont même beaucoup plus nombreux que nous qui faisons du Caylus, Puerto ou Trône de fer…

En fait, moi non plus, je vois pas bien ce qui chagrine le plus le collègue Oscar… :wink:

Le Zeptien dit:
En fait, moi non plus, je vois pas bien ce qui chagrine le plus le collègue Oscar... :wink:


disons que plus le cercle de joueurs est vaste, mieux on se porte à tous les niveaux:
* Plus de partenaires différents et autant d'approches et de stratégies nouvelles ( pour ça je bénis le Brettspielweb).
* Plus de demande = plus d'offres et de motivation à nous proposer des nouveautés à forte rejouabilité, car, pour rebondir sur les propos de Rody, malgré l'immense panel de jeux nouveau qu'aura connu la session 2007-2008, combien se seront inscrits en vérité dans le long terme?
Et puis le zep, ce qui me chagrine, c'est votre absence l'autre matin pour défendre l'honneur bafoué de Madame Sophie! :kingpouic:
oscardejarjayes dit:
Et puis le zep, ce qui me chagrine, c'est votre absence l'autre matin pour défendre l'honneur bafoué de Madame Sophie! :kingpouic:


:lol:
Ben oui, mais comme je l'ai dit, réveil qui a pas sonné + épée introuvable + pas de thé ni de café au petit dej = RdV manqué :oops: ..et voui...

Depuis quelques temps, je suis passé dans une phase "Approfondissement de certains jeux" plus que "Recherche de nouveaux joueurs"...l'avantage de ne pas multiplier ses partenaires de jeu est aussi d'affronter des joueurs qui ont une expérience sur un jeu équivalente à la votre. C'est ce que je cherche aussi depuis un moment. Les nouveaux dans l'assoc veulent découvrir toujours un nouveau jeux (ici entendu..qui vient de sortir ou bien un grand ancien qu'ils n'ont jamais joué)...alors c'est très bien et je les encourage à le faire, mais cela ne m'apporte plus rien de jouer à 10 jeux différents en 15 jours. A la limite, je préfère jouer moins mais plus ciblé, et surtout des jeux non encore joués de ma ludo. Et cela, c'est possible (pour que se soit aussi interessant) qu'avec des joueurs déjà "capés".

Donc, je suis pas un très bon prosélyte du jeu de société, mais je ne cherche pas non plus à l'être. Je crois qu'après avoir reçu l'infos necessaire et fait quelques essais (sous forme de test de parties et épaulé par des joueurs qui connaissent) , c'est à chacun de faire l'effort de venir dans un club, de pousser la porte d'une boutique pour s'acheter des jeux, de potasser des règles, etc...et je ne me sens plus dans l'obligation de prendre toujours les gens par la main (et des fois c'est un peu en vain) pour leur faire découvrir des jeux peu pratiqués par le grand public".
....j'ai pas l'âme d'un recruteur que voulez-vous. :)

Votre débat ça me rappelle un peu la crise du marché de la musique et pas que la crise d’ailleurs, les réactions élitistes par rapport à des jeux comme le risk, le monopoly et autres me rappellent les débats entre amoureux de la “bonne” musique et ceux qui écoutaient du “commercial”…moi j’étais plutôt musique underground et je pensais que j’étais du coup plus intéressant parce que je ne me laissais pas embobiner par les majors et leurs artistes formatés…on avait tendance à dénigrer ceux qui écoutaient de la soupe.
Mais on oublie quelque chose d’important, seul compte le plaisir et on est absolument pas en droit de juger celui des autres.
J’étais un gros consommateurs de jeux de société comme bcp sur ce forum mais le problème c’est qu’en fait on court après un idéal tout en étant insatisfait…en gros on cherche le jeu idéal, celui que l’on resortira souvent seulement notre qualité d’exigence étant élevé par rapport à un produit que nous maitrisons pour la plupart nous ne pouvons nous contenter de ce que nous avons et un peu comme les danaïdes nous remplissons un puit sans fond.
J’ai fait découvrir à des amis non joueurs le jeu “les chevaliers de la table ronde”, ils l’ont adoré et l’ont acheté…ils y jouent tout le temps et ne s’en lassent pas.Si vous saviez comme je les envie…dans leur armoire il y a un jeu, un seul et il remplit leurs soirées (attention ils font plein d’autres trucs comme soulignés par un autre intervenant, ils vont aux concerts, lisent etc…)le jeu n’est pas leur priorité et ils ne pensent pas quand ils vont à une soirée avec des amis "comment je vais bien pouvoir lancer une partie du nouveau jeu que je viens d’acheter :D ".Donc ils ont ce jeu et ça suffit à leur bonheur…je crois que ça fait 3 ans et ils sont toujours heureux d’y jouer et moi de jouer avec eux tant leur bonheur simple me fait du bien.
Alors on est peut-être un peu des torturés du jeux, on les analyse, on les critique, quand on y joue on est déjà en train de penser à ce que l’on va dire sur Tric-Trac, on y pense tellement que du coup on se regarde un peu bcp le nombril et on finit par pleurnicher sur notre marché qui ne va pas bien…mais comme cité plus haut il y a des tas d’autres marchés qui vont mal, plein d’autres.
Ce qui doit nous réjouir c’est que je n’ai jamais vu autant de gens jouer ces derniers temps…et quand je dis jouer je ne dis pas se retrouver autour d’un plateau de jeu compliqué avec des règles qui font 15 pages se triturer le cerveau et essayer d’éprouver son intelligence et son sens de la stratégie…ça c’est un peu les gars qui écoutent du free jazz expérimental à la John Zorn, ça leur fait du bien mais qu’ils ne s’étonnent pas si peu de gens partagent leur passion. Non je parle de l’essence même du jeu de société, se retrouver ensemble, communiquer et partager un moment et en cela des jeux comme Time’s up et plein d’autres ont trouvé leur place chez tous ces gens et ça c’est bien.
Bon j’ai un peu tartiné là et j’ai dû dévié du sujet mais ça m’a fait du bien d’écrire cette petite bafouille.
Ne nous regardons pas trop le nombril, réalisons que nous sommes ces fans de free jazz expérimental new-yorkais et comprenons que peu de gens veuillent s’infliger une torture de l’esprit en jouant à un jeu !!!
A bon entendeur…

oscardejarjayes dit:
disons que plus le cercle de joueurs est vaste, mieux on se porte à tous les niveaux:
* Plus de partenaires différents et autant d'approches et de stratégies nouvelles ( pour ça je bénis le Brettspielweb).
* Plus de demande = plus d'offres et de motivation à nous proposer des nouveautés à forte rejouabilité, car, pour rebondir sur les propos de Rody, malgré l'immense panel de jeux nouveau qu'aura connu la session 2007-2008, combien se seront inscrits en vérité dans le long terme?


Effectivement, autant un cercle élargi de joueurs permet de sortir de ses habitudes, de découvrir d'autres joueurs ayant d'autres habitudes de jeu, autant je reste réserver sur l'équation :

Plus de demande = plus d'offres et de motivation à nous proposer des nouveautés à forte rejouabilité.

Je me méfie un peu de ces slogans qui sonnent comme des évidences. Qui passent mécaniquement et naturellement de l'un dans l'autre. Plus d'offres n'impliquent pas forcément plus de diversité. Les offres peuvent être similaires, n'offrir que de légères variations ; quant à la rejouabilité des jeux, c'est encore une autre problème…

Cette approche du Toujours plus, ça sera toujours mieux ! me laisse songeur :wink:
tommarok dit:
J'ai fait découvrir à des amis non joueurs le jeu "les chevaliers de la table ronde", ils l'ont adoré et l'ont acheté...ils y jouent tout le temps et ne s'en lassent pas.Si vous saviez comme je les envie...dans leur armoire il y a un jeu, un seul et il remplit leurs soirées (attention ils font plein d'autres trucs comme soulignés par un autre intervenant, ils vont aux concerts, lisent etc...)le jeu n'est pas leur priorité et ils ne pensent pas quand ils vont à une soirée avec des amis "comment je vais bien pouvoir lancer une partie du nouveau jeu que je viens d'acheter :D ".Donc ils ont ce jeu et ça suffit à leur bonheur...je crois que ça fait 3 ans et ils sont toujours heureux d'y jouer et moi de jouer avec eux tant leur bonheur simple me fait du bien.


+1 , belle exemple

pour ça et tout le reste :pouicok: :pouicbravo:

Pour le sujet initial, je ne suis pas très au fait des problèmes au niveau édition et création, mais en tant que consommateur je pense que les choses se régulent de toute façon. C'est comme pour la musique, une oeuvre de qualité ressortira toujours du lot et arrivera à trouver son public (qu'il soit musical, créateur de jeu ou autre). Le vecteur Internet est pour ça un allié formidable (communication, jeu en ligne, achat à distance ...)

J’aime beaucoup ce qu’a écrit Tommarok, c’est quelque chose que je constate aussi autour de moi. Chez des amis, des parents, des élèves aussi, qui passent par le club de jeu qu’on a monté au lycée.

Et du coup, exprimé comme cela, je me demande si je ne vais pas reconsidérer mon approche, moi…