Le créateur est il joueur ?

Bonjour,

juste pour soumettre une petite réflexion, faut il être à votre avis un joueur dans l’âme pour être un créateur ?
Si le plaisir de jouer et celui de créer sont pour moi totalement différents, j’ai au contraire l’impression qu’à avoir trop l’habitude de jouer on risque de perdre une certaine originalité, d’être trop “formaté” par les jeux auxquels on jouent.
en même temps jouer donne des idées de thèmes, de mécanismes…

bref qu’en pensez vous ?
Jouez vous pour créer ? Créez vous pour jouer ?

Moi personnellement je Joue pour Jouer et je Crée pour Créer.
Autrement dit, pendant que je joue, je n’analyse pas plus que ca les mécaniques, je joue avec un regard de joueur.
Par contre quand je crée, je ne crée pas forcément pour que je puisse jouer au jeu, mais pour qu’un plus grand nombre puisse s’y amuser, puisse y trouver quelque chose d’original.

My 2 cents
:pouicintello:

Je pense qu’en jouant beaucoup, et dans des styles les plus variés possibles on se crée une espèce de boîte à outils dans laquelle on va piocher des mécanismes.
On se rend compte aussi que rares sont les mécanismes originaux (il y avait un sujet là-dessus y’a pas longtemps), et que faire un jeu tient plus de l’assemblage de plusieurs petits trucs et techniques que de la création pure.

Quand j’étais gamin, je créais plus que je ne jouais. J’ai des cartons pleins d’idées pas abouties. Les jeux étaient en général injouables.
En jouant je me suis rendu compte de ce qui était lourd dans un jeu, désagréable, et de comment les auteurs arrivaient à l’éviter.

Je pense quand même qu’une bonne culture ludique c’est un plus.

Il m’est arrivé de jouer à un jeu qui ne m’attirait pas simplement pour découvrir de nouveaux mécanismes, voire d’apprécier un jeu à cause d’un détail de conception efficace qui m’avait impressionné… Donc il m’arrive de jouer pour créer!

Par contre je crée pour créer.

Je pense que je suis d’abord un joueur et que lorsque je crée je joue à créer un peu comme si j’avais des “légos” ou des “mécanos” à assembler.

Mais du coup lorsque je joue, je suis aussi curieux des mécanismes.

Il y a plusieurs écoles mais je fais clairement partie de celle qui pense qu’il faut beaucoup jouer aux jeux récents pour sentir les évolutions, pour s’imprégner des dynamiques, pour pouvoir envisager des horizons totalement nouveaux. La création ludique est un énorme jeu coopératif, en quelque sorte :wink:

L’image de la boite à outils de Viking est intéressante. Inconsciemment il est clair que lorsqu’il jou, le créateur emmagazine des choses qui ressortiront d’une autre manière dans un autre contexte et qui évolueront, se modifiront pour en faire quelque chose de personnel, et du banal j’aillira l’original. :roll:

On ne crée pas à partir de rien. La création, à mon avis, est largement influencée par ce à quoi on joue. Un des impératifs est selon moi d’apprendre au fil du temps à déceler la part d’influence(s) dans ses propres créations, et à savoir s’en défaire si elles semblent trop évidentes, ou à les assumer si elles sont intelligemment utilisées. Loin de nous formater, je crois que ces expériences nous enrichissent : c’est en possédant une bonne connaissance de ce qui existe qu’on peut savoir ce qui reste à faire.

Donc oui, je pense qu’il faut beaucoup jouer, à des jeux très différents, pour se construire une définition plus vaste de ce qu’on pense être un jeu.

La création de jeu est elle un jeu en soit ? oui, je le crois. Un jeu de construction solo (ou coopératif pour les co-créations). Un espèce de casse tête, où on doit construire une machine infernale qui produit un univers, une tension dramatique, des interactions spécifiques.

Personnellement, je pense que dans tous les domaines de la création il est nécessaire d’avoir une culture de base. Suivant ce principe, dans le domaine du jeu, il me semble peu probable d’avoir un créateur qui ne soit pas aussi un joueur. Je m’intéresse depuis moins d’un an au JDS et j’ai directement été tenté par la création mais je me suis très vite rendu compte que j’avais besoin d’acquérir une culture de base pour pouvoir créer. Depuis, j’essaie de jouer à un maximum de jeux, je lis bcp de règles de jeux auxquels je ne joue pas, … Je crois donc assez peu “à la création spontanée” libre de toutes influences, inspirations ou connaissances préalables!

Je suis bien d’accord avec le témoignage précédent.

La création “libre de toute influence” n’est pas gage d’originalité, c’est même le contraire.

Le créateur qui refuse de jouer va recréer le “6 qui prend” au bout de 3 ans (au mieux) sans le savoir.

Le processus est bel et bien collectif et chaque jeu est issu d’une capitalisation des jeux existants.

Par contre, la création est à mon avis bien plus qu’assembler des mécanismes existants.
Et c’est dans ce cadre que l’originalité est à rechercher.

Je pense qu’on arrive les deux pieds dans un débat.
Pour ma part, je joue pour jouer sans analyser les mécanismes, mais il est evident que l’on ne peux pas créer sans être un joueur, ne serait-ce que pour avoir la culture du jeu et savoir qui a fait quoi et comment.
Si je prends en exemple les deux jeux sur lesquels je buche en ce moment, je dirais que je suis avant tout partie de ce que j’aime et qui ne concerne pas le jeu, pour en arriver à la mettre sur un plateau. Un de mes jeux est un jeu de gestion. Je dois avouer très franchement, qu’ayant une concentration de poisson rouge, ce genre de jeux fini vite par me prendre la tête et me donne envie d’aller me coucher. Un jeu auquel j’ai envie de jouer est un jeu de 15 minutes où on rigole. A coté de ça, il y a des choses que j’aime et je cherche le meilleur mécanisme possible pour les rendre jouable et le plus adapté possible au thème que je veux développer, pour pouvoir partager mes passions de la manière la mieux adaptée.
Je dirais donc pour conclure que la création sans la culture c’est pas possible où pas très intéressant, mais qu’un créateur n’est pas un joueur.
Oui c’est contradictoire mais c’est comme ça.
Le plus terrible c’est qu’après relecture du message j’ai l’impression que c’est incompréhensible.

Ce sujet est vraiment intéressant! Mon premier proto a été fait sans que je sois joueur. Il m’a pris 5 ans et des centaines d’heures, et je considère qu’il fonctionne bien et a une bonne rejouabilité. 5 jeux sont sur la caille après ce premier (après avoir découvert pein de jeux), mais dans un délai bien plus court (2 ans). La rapidité pour déssiner un jeu est pour moi la première différence qui ressort, quando on est devenu joueur. Donc, ça veut dire que la culture ludique et des mécanismes influence positivement la création en soi. Et je ne pense pas que cette vitesse soit reliée à une imitation des mécanismes, mais a une agilité pour prévoir les conséquences des mécanismes même avant les tester sur une table. Ça nous rend plus fertiles et efficaces être joueur, donc. Quant a l’originalité, être connaisseur peut ou non (cela dépend des personnes) impliquer une adoption de systêmes de jeux qu’on a joué, mais plutôt comme un élement dans un grand cocktail, ce qui n’est en rien une imitation. Si le cocktail est bon, même s’il contient du connu vodka, il sera original pour moi :)

Je suis assez d’avis que pour bien créer, il faut être bien imprégné des tendances du moment. Tout d’abord parce qu’il serait dommage de créer un jeu sur un thème ou une mécanique trop proche d’une nouvelle sortie. Mais également parce que j’ai le sentiment personnel que la création est également une activité (sportive…) qui demande aussi un certain entrainement régulier…Enfin voilà mon avis a priori…