La démarche de Benjamin (maintenant qu’il s’est présenté) ne me paraît pas inconsidéréé, loin de là.
De quoi parle t’on ?
De l’utilisation d’un concept de jeux à des fins promotionnelles sur une opération qui est limitée dans le temps et dans l’espace. Rien de plus. Il me semble que, dans la proposition qu’il fait, rien n’empêche à l’auteur ou au concepteur de pouvoir placer son projet ailleurs.
Alors certes les droits d’auteurs ou équivalents sont loin d’être mirifiques mais, comme lui, je suis convaincu que l’utilisation d’un bon concept de jeu peut à la fois largement servir le produit mis en avant mais donne également une visibilité importante à un concept qui n’avait que peu de chances de voire le jour…
Salut,
Après tes précisions, on est déjà loin de la formule de départ “J’ai un concept, envoyez-moi vos créations, je vous les rachète 1000 €”. L’idée d’éditer des jeux au format cadeau promotionnel n’est pas nouvelle, elle est intéressante et je trouve une bonne idée de le proposer sur le forum. Mais tu n’as nullement besoin de t’accaparer les droits de l’auteur pour cela.
Ta proposition de racheter les droits exclusif et définitifs c’est soit de la malhonnêteté de ta parts, soit de la méconnaissance du droit d’auteur. Et ton argumentation varie au cours des messages.
gagagaga37 dit:Si je crée un jeu pour un client, celui-ci sera personnalisé pour le client (par ajout de logo ou utilisation de mascotte, etc.) et je ne pourrai pas revendre ce jeu à un autre client. Dès lors, pour ce type d’opération, il faut acheter les droits d’auteurs.
La personnalisation du jeu ne fait pas partie du jeu. Les illustrations, les logos,… ne sont pas protégés par le jeu, ni en même temps que le jeu. Ceux sont des oeuvre à parts qui peuvent avoir des auteurs différents comme c’est souvent le cas. Tu peux tout à fait revendre un même jeu avec des logos, emballage, dessins, formes différents à des clients différents.
gagagaga37 dit:Le jeu n’est édité qu’une fois. C’est tout. Il ne pourra pas être réédité, a moins que le client demande un réassort (chose peu probable dans mon domaine).
“Chose peu probable” mais dont tu souhaites tout de même te réserver la possibilité. En t’accaparent les droits de l’auteurs, tu lui voles sa part de jouissance sur une ré-édition du jeu alors qu’elle est due au succès de son oeuvre.
gagagaga37 dit:En gros si j’ai parlé d’achats de droit d’auteur, c’est que mes clients demandent une exclusivité sur les produits que je leur propose. Si je n’ai pas la garantie de pouvoir leur donner l’exclusivité, je ne peux pas bosser avec eux.
Ton client n’a nullement besoin d’une exclusivité définitive. Une exclusivité d’un an suffit largement. Rappelles-toi qu’on parle du jeu, et non pas de la déco ou du format du jeu.
Je reconnais ne pas du tout être spécialisé dans le droit d’auteur. Néanmoins encore une fois je crois que le débat est allé un peu loin par rapport à mon idée initiale.
Je recherche avant tout des jeux simples et accessibles à un grand public. C’est pour cela que j’ai cité précédemment un jeu de l’oie amélioré, un petit jeu de tuiles ou un jeu de cartes.
- A ce propos, j’ai joué ce w-e avec mes filles à un jeu Haba. Ce jeu était vraiment simple (un peu trop même), mais il n’y avait aucun nom d’auteur, ni sur la boite, ni sur la notice. Doit-on pour autant crier arnaque ou trahison au statut d’auteur ?
- Encore un autre exemple : je prends tous les jeux qu’on voit sur les boites de céréales ou dans des livres de vacances. Là encore pas de nom d’auteur. Pourtant le jeu existe. (ces jeux ne valent généralement pas grand chose, mais ça c’est un autre problème).
- Pour terminer, prenons les auteurs et journalistes qui écrivent pour des magazines. Demandent-ils des droits d’auteurs sur la vente des-dits magazines ? Je ne crois pas.
Maintenant prenons le problème sous un autre angle.
Je ne vends plus 20.000 exemplaires d’un jeu, mais 500.000 exemplaires. Là le problème est un peu différent. On arrive dans des budgets importants. Je recherche alors moins un jeu “passe-partout”, mais un jeu avec une personnalité, un jeu testé, modifié puis approuvé. Là il y a une vrai démarche de l’auteur. On peut alors parler de % de droits d’auteur.
Mais à l’heure actuelle je n’en suis pas là. Je suis plus dans l’optique de “on teste et on voit ce que ça donne”. Comme je l’ai mentionné précédemment, créer un jeu de société ne me rapporte pas plus que faire un autre produit. Mais comme c’est une démarche qui me parait intéressante, je dis “pourquoi pas”. Je pense que ce genre de projet peut être bon pour moi (en étoffant mon offre de service), et pour le créateur du jeu en lui permettant de se faire un peu connaître et de “lui mettre le pied à l’étrier”.
=> c’est un peu comme un stage. C’est peu payé, mais aussi bien l’entreprise que le stagiaire va retirer profit de l’expérience. C’est bon pour tout le monde.
A ce propos je viens de prendre un stagiaire designer sourd-muet pendant deux mois. Je lui ai payé ses indemnités de stage. Il a très bien travaillé et l’entreprise en a bénéficié. En contrepartie je l’ai fait bossé sur des projets d’envergure. En deux mois, il a réalisé plusieurs produits (pour des grandes marques) qui seront sur le marché en fin d’année. C’est excellent pour son portefolio. Donc cette expérience a été bonne pour nous deux. Et c’est comme ça que je vois l’étude de nouveaux projets.
Bonjour Benjamin,
Je vais bientôt arrêter mon activité principale, et faire des petits jeux pour gagner ma croûte est une possibilité séduisante.
Ton projet pourrait donc m’intéresser, mais plutôt au sens de Fox 62 et Supremaxx, en te cédant les droits d’auteurs pour une certaine quantité produite. J’ai plein d’idées de petits jeux simples qui pourraient sûrement faire l’affaire. Contacte moi sur mon mail si tu veux qu’on en discute.
Pascal
Voilà qui est plus clair.
Souhaites tu développer des objets “jeux” dans le cadre de ton activité actuelle ou prendre une orientation perso ?
BdC
Salut gagagaga37,
je réponds à quelques une de tes questions :
gagagaga37 dit:j’ai joué ce w-e avec mes filles à un jeu Haba. Ce jeu était vraiment simple (un peu trop même), mais il n’y avait aucun nom d’auteur, ni sur la boite, ni sur la notice. Doit-on pour autant crier arnaque ou trahison au statut d’auteur ?Un grand nombre de jeux traditionnels sont tombés dans le domaine publique. Par exemple, le Memory, les septs familles, les petits cheveaux,… On peut les éditer et les adapter à foison. Mais ne peux pas copier les illustrations des autres éditeurs.
gagagaga37 dit:Encore un autre exemple : je prends tous les jeux qu’on voit sur les boites de céréales ou dans des livres de vacances. Là encore pas de nom d’auteur. Pourtant le jeu existe. (ces jeux ne valent généralement pas grand chose, mais ça c’est un autre problème).Ceux sont aussi des jeux traditionnels qui n’ont plus d’auteur.
gagagaga37 dit:Pour terminer, prenons les auteurs et journalistes qui écrivent pour des magazines. Demandent-ils des droits d’auteurs sur la vente des-dits magazines ? Je ne crois pas.Le monde de la création est vaste. Bien que le droit d’auteur soit transversal, chaque domaine est différent et c’est souvent la nature de l’oeuvre qui fait la rémunération. En général quand une oeuvre peut être facilement créée en quantité et de façon personnalisée alors un fixe ou un salaire convient tout à fait à l’auteur car il sait que sa petite oeuvre n’a pas de potentiel de réédition.
Exemples :
- Un dessinateur accepte un fixe pour un dessin fait sur mesure, mais très souvent il ne cède pas totalement son droit d’auteur : l’utilisation du dessin est cadrée et si tu veux élargir l’utilisation du dessin que tu as acheté tu dois renégocier avec l’auteur. En revanche pour une grosse oeuvre (comme une BD) le dessinateur demande un pourcentage.
- Un écrivain ne fonctionne pas avec des fixes. Ses bouquins demandent trop de boulot et ils ont un potentiel de réédition théorique.
Pour les jeux, ça ressemble assez aux écrivains. Sauf que c’est beaucoup plus dur d’en vivre. Selon Reiner Knizia, il n’est pas possible de vivre que de la création de jeu.
En fait c’est une orientation perso, je travaille actuellement comme ingénieur dans l’industrie (équipements pétroliers) et ce boulot, ce secteur, cette mentalité me gonflent profondément. Ma copine a trouvé un travail dans une autre ville, je la suis et j’en profite pour essayer de faire quelque chose d’autre. çà fait environ un an que je me suis mis à créer des jeux, et çà me passionne, alors un projet comme celui de Benjamin s’inscrirait parfaitement dans mon “projet personnel”.
Skrol29 dit:
Pour les jeux, ça ressemble assez aux écrivains. Sauf que c'est beaucoup plus dur d'en vivre. Selon Reiner Knizia, il n'est pas possible de vivre que de la création de jeu.
Si Reiner Knizia dit ça, c'est sûr que pour en vivre ça ne doit pas être facile. Mais encore une fois il y a des gens qui tire leur épingle du jeu. Prends le créateur de Magic, il a certainement touché le jackpot.
Et c'est là qu'on voit toute la différence entre un bon jeu et un excellent jeu. Entre un jeu qui reste dans ce qu'on a déjà vu et un jeu novateur.
Magic a été très bon sur beaucoup de points (le jeu lui-même, son format, son effet collection qui a bien pris, ses graphismes, etc.) et a vraiment lancé un nouveau style de jeu.
Cher Monsieur,
Il y a une différence entre “essayer de gagner sa vie” et “Essayer de toucher le jackpot”…
Bien à vous de cordialement
Monsieur Phal