Parlons d'Art, ressentis, experiences, impostures, genie et toutes ces choses

Dans le genre “sortons de Paris”, j’aime beaucoup le Louvre-Lens :

J’ai regardé mais je n’ai pas bien compris comment cela se traduit concrètement ?

De mon côté j’avais été troublée par Edward Burtynsky et son exposition Eaux troublées. Des photos magnifiques mais tellement horrible quand on comprend ce qu’elles dénoncent… Un ascenseur émotionnel qui a réussie à me faire pleurer. (Dernière partie de l’exposition sur les photos de la mer, de l’océan).

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Et une autre sur Andy Summers le guitariste du groupe “The Police”, je ne le connaissais pas derrière sa casquette de photographe. Assez troublant aussi.

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Le Louvre-Lens ? C’est une sorte d’antenne du Louvre, qui permet de voir en province, dans une région qui n’est pas forcément la plus riche, des œuvres qui seraient autrement sûrement restées à Paris (et on les voit dans des conditions qui n’ont rien à voir avec la frénésie du Louvre parisien). Le musée lui-même est un bâtiment très original, bâti sur le site d’anciennes mines juste à côté du stade Bollaert. La partie expo permanente prend la forme d’une longue salle appelée la “galerie du temps” où les œuvres sont placées selon un ordre chronologique. Je trouve que l’effet est saisissant, on a vraiment l’impression de voyager au travers des siècles. Les collections sont régulièrement renouvelées. Ok, on n’y verra jamais la Joconde, mais La Liberté guidant le peuple y a quand-même été exposée. Et les expos temporaires, pour celles que j’ai vues, sont très bien. J’adore aller là-bas.

Et dans le Nord, je suis également allé plusieurs fois à la piscine de Roubaix, un musée dans une ancienne piscine art-déco, c’est vraiment un lieu incroyable.

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D’accord ! J’avais mal compris; qu’il s’agissait soit d’œuvres du Louvre exposée au musée ou une projection des œuvres du Louvres ou copies. Ça a l’air chouette en tout cas.

Un ami réalisateur m’indiquait que Dupieux dans « Rubber » avait gâché 1 millions d’euros pour son film. Qu’il aurait pu aller plus loin avec son pneu, que les spectateurs dans le film ne servaient à rien.
Le « pneu » en question ne lui aurait rien procuré comme émotion.

Il a clos le débat en expliquant que ça puait le business et qu’il aurait fait ça pour faire le buzz. Et comme cette intention émergerait d’une « commande », elle ne serait pas « vraiment » artistique. (Selon lui. Il y aurait donc, de l’art business et de l’art artistique ?)

De mon côté, je trouve au contraire qu’il y a bien un message. Absurde oui mais, il est bien là. Et la réalisation casse les codes de la narration classique.

Qu’en pensez vous ? Avez-vous vu le film ?

j’aime beaucoup ce film, il joue merveilleusement bien avec l’absurde, un absurde qui suit sa propre logique.
il est un peu le petit frere du “non-film” qui est absolument genial dans sa premiere partie, avec une mise en abime fantastique.
J’ai plongé ma fille de 15ans à l’epoque dans cet univers et elle a adoré.
Notre top 3 inclue “Wrong cops” qui est ma petite pepite. à voir et revoir. ça respire l’humour anglais de partout dans ce film je trouve. et je suis fan de ce genre.

Je n’aime pas tout de Dupieux, il y a des films où je me suis vraiment fait tartir … mais que ma fille a aimé par contre. Je pense à “Yannick” par exemple, ou “Fumer fait tousser”… “Au poste” par contre est une perle.
Dupieux, c’est presque une experience et j’espere qu’il ne se sent pas emfermé la dedans, y’a rien de pire pour tuer le truc, l’envie.

Alors ok, le cinema est qualifié de 7eme art, mais dans le sens de “Artisanat”, il n’y a rien de gratuit la dedans. je ne qualifierais pas le travail de Dupieux comme de l’Art, mais pourquoi pas.

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J’aime beaucoup « Yannick » qui questionne le spectacle vivant et ses codes. J’ai moins aimé « Fumé fait tousser » même si c’était décalé et drôle. D’ailleurs la marionnette incarnée par Chabat je l’ai déjà vu quelque part.

L’accident de piano est dramatique et vraiment bon. Il me rappelle à la fois l’émergence d’internet et sa démocratisation dans les années 2000, avec notamment les jeunes qui se filmaient en faisant des choses bêtes. Et fonctionne bien en miroir avec nos « influenceurs » d’aujourd’hui ? (J’ai vu passer le terme sur un autre sujet)

PS : une plateforme légale propose t-elle de voir non-film ? Je l’ai vu nulle part.

J’avais déjà donné mon avis sur Dupieux quelque part ici.
Je ne suis pas grand amateur. Dès qu’il a une idée, il en fait un film. Ce n’est pas désagréable mais ça fait petit film pour parisiens branchés. Le truc est que ses histoires sont tellement absurdes qu’on s’en souvient un peu plus que d’autres films et que c’est toujours assez bien fait.
Mais, pour le coup, je n’ai jamais vu “Rubber”.

ma fille adore “Mandibules” et c’est vrai que ça semble rejoindre le post de Jer, une idée = un film !
mais pourquoi pas apres tout

Est ce que Dupieux, c’est de l’art ?

Sans hésitation, je dis oui, 7 fois oui.

Je n’ai pas vu “Mandibules”. Et quand c’est bien fait un film, pourquoi pas ? Il y a tellement de film bof bof qui sortent.

7 arguments pour 7 oui ? :slight_smile:

C’est de l’art. La question est plutôt est-ce du grand art ou du pop art ?

Où est-ce le cas nul art ??

Ok je sors :crazy_face:

A moins que je ne comprenne pas bien ce que tu retranscris de ses propos, c’est quand même ce qui a donné quantité d’oeuvres des plus reconnues au Moyen-Âge et à la Renaissance…

Je suis complètement d’accord. Je rapportais juste des propos qui m’avaient troublés venant d’un réalisateur.

Qui me demandait 7 arguments pour mes 7 fois oui ?

Je pensai surtout au 7ème art, hein :wink:

Alors je suis bien d’accord avec moi même pour dire que ce n’est pas en utilisant un support dédié à un art qu’on créé obligatoirement une oeuvre artistique. Ce serait un peu trop facile.

Mais je ne sais plus qui a défini l’art comme une émotion et l’oeuvre d’art comme la réalisation physique et perenne de cette émotion.

Et moi, j’aime bien cette définition car elle ne m’entraîne pas dans des chemins métaphysiques et dans des dédales d’explications abscontes comme lors de ma dernière promenade dans une galerie dite d’art, un vernissage pas encore très sec où les justifications de mon amie artiste ont a peine réussi à se faufiler entre deux verres de pétillant. Et quand elle m’a demandé ce que je pensai de son travail, je lui ai juste dit : j’aime beaucoup parce que ça te ressemble et si tu veux des précision sur mon ressenti, je te dirai que c’est beau.

Alors j’admire ceux qui savent toucher avec des mots leurs émotions face à une oeuvre. Je n’en ai pas envie parce que ce sera très incomplet et très maladroit.

Je vais assez souvent au festival du cinéma de Cannes. On peut demander une accréditation un peu particulière quand on justifie de son grand intérêt pour le grand écran : pass annuel, nombre d’avis critiques sur Allo ciné etc… et c’est génial car on peut avoir accès a quasi tous les films du festival le lendemain ou les jours suivants de leur présentation au Palais.

J’y retrouve chaque année beaucoup d’habitués qui ont un peu la même philosophie que moi : la curiosité d’abord et le plaisir du grand écran. Ça n’empêche pas d’être déçus parfois et de souvent trouver que le palmares est du grand n’importe quoi.

Mais ce n’est pas ça qui compte.

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J’en appelle a vos éclairages et réflexions :

Depuis toujours, j’aime le travail de César sur ses expansions et surtout ses compressions.
je suis fasciné par ce travail, l’agencement des pièces dans une salle y fait beaucoup je pense., mais l’objet, l’oeuvre me captive le regard dans ses moindres méandres et tortures de la matière.

Je suis tombé dernièrement sur une compression de taille raisonnable “à la façon de César”, le gars écrabouille des fûts et les présente “façon César”, le prix est pas tres elevé, mais pas donné non plus.
Je suis vraiment attiré par l’objet mais je suis dubitatif sur mes intentions

  • est ce que je veux me payer un “César” qui n’en est pas un ?
  • est ce que je veux me payer une compression pour la regarder et la croiser chez moi ?
  • est ce que je n’aurais pas une épine de remords qui me susurrera “hé mec, c’est même pas une copie, c’est un truc “à la César””… ?
  • est ce que je me serais posé autant de question si le type n’avait pas commenté son travail “façon César”, induisant le fait qu’il n’ait pas mis un bout de son âme la dedans ?
  • qu’est ce que je cherche finalement ?
    :monkey_face:

La question que tu ne te pose pas assez, c’est :

  • pourquoi ai je envie d’avoir un Cesar chez moi ?

Il y a des tas de trucs que tu aimes dans les musées, as tu envie de tous les avoir ?
Aurais tu aussi envie d’un pseudo Renoir, d’un pseudo Rodin ?

Personnelement, quand un objet m’atire parce qu’il ressemble à quelque chose qu’il n’est pas, j’achète pas.
Soit l’objet te plaît en tant que tel et tu l’achète, soit l’objet ne te tente que parce que c’est du pseudo César, et je pense que tu ne seras pas satisfait parce que tu aimeras l’objet pour ce qu’il n’est pas.

Dans ton discours, César, son intention, c’est important, autant que l’objet produit, peut être même plus. Seras tu satisfait d’un objet sans César, sans son intention ?
Moi, je ne le serai pas et quand je te lis, je n’ai pas l’impression que tu le seras.

(C’est juste mon avis et il ne sert pas à grand chose, il n’y a que toi qui peut trouver les réponses)

Edit en forme de contradiction à tout ce une je dis précédemment : J’ai, chez moi, une copie de la dame de Brassempuoy. C’est une copie (evidemment !), bien faite, et elle m’émeut. Je ne sais pas pourquoi.
Mais il ne peut pas y avoir d’ambiguïté sur le fait que c’est une copie, c’est peut être pour ça que ça passe pour moi.

je pense que je ne me poserais pas tant de questions devant une copie, j’aimerais l’avoir pour la voir.
de la même façon que cet oiseau de céramique que j’ai sorti de la vitrine d’une boutique pour l’héberger dans mon salon. quand mon regard tombe dessus, ça me fait plaisir.
S’il s’etait agi d’une copie d’une compression César, j’aurais retrouvé l’intention, le “geste”, le ploiement du métal à cet instant précis, figé à jamais pour former un monolith d’acier qui fût une voiture, des canettes, des objets de consommation…
même à échelle réduite
même en tirage papier

oui, ce qui me gêne, c’est ce “à la manière de…” qui pollue l’intention. Si le type s’était contenté d’écrabouiller des trucs parce que c’est ce qu’il avait envie de faire de lui même et point barre, je ne me poserais pas tant de questions (en dehors du prix d’un tel machin bien évidemment)