Salut à tous,
Je ne suis pas qu’auteur de jeu, je suis enseignant avant tout et dans ce cadre je me bats sur le terrain pour essayer de défendre l’école. J’ai été suspendu en 2010 pour avoir contesté les évaluations nationales de CM2, j’ai eu des retenues sur salaire pour avoir dénoncé l’inefficacité de l’aide personnalisée, etc. Je ne suis pas un activiste professionnel, juste un fonctionnaire qui prend à cœur ses missions et accepte de se faire taper sur les doigts pour donner à réfléchir et ouvrir le débat. Je ne suis pas seul au monde, j’ai des collègues qui vont dans le même sens à travers tout le pays, même si nous sommes trop peu nombreux. Le ministère nous a reçus en juillet et nous avons entre autres demandé la levée des sanctions. Nous avons absolument besoin d’une reconnaissance symbolique, mais le ministre n’a pas encore donné de réponse et il en donnera une positive uniquement si des citoyens nous soutiennent. Nous sommes également une force de propositions, mais hélas les enseignants de base (hormis les syndicalistes) sont les grands absents de la concertation sur l’école. C’est ahurissant, mais c’est comme cela. C’est une triste habitude.
Je vous mets la pétition en lien. Merci de prendre un peu de temps pour la lire et éventuellement la signer en ligne.
http://resistancepedagogique.org/petitions/index.php?petition=3
Signé.
A signé.
Je ne suis pas contre signer ta pétition, j’ai regardé le lien que tu as donné, lu 2-3 textes mais je comprend pas bien de quoi il retourne, ce serai peut-être plus simple que tu nous écrive un petit texte explicatif qu’on sache ce qu’on signe parce que là c’est un poil nébuleux.
L'homme de la pampa dit:Nous sommes également une force de propositions, mais hélas les enseignants de base (hormis les syndicalistes) sont les grands absents de la concertation sur l'école.
Peut-être parce que les enseignants de bases n'ont pas les mêmes propositions que les syndicalistes.
Peut-être que lorsqu'il y a une grêve pour l'avenir des enfants à l'école, les enseignants de base ne comprennent pas que la revendication n°3 c'est la hausse des salaires.
Peut-être parce qu'il y a énormément de sectarisme dans une communauté pourtant fort éveillé de part la nature de sa profession.
Et ne dit pas que ce sont des stéréotypes.
Maintenant, ça n'empêche pas que certains combats sont justifiés et méritent d'être soutenus, certains projets pédagogiques sont des conneries pondues par 1 ou 2 bien pensants administratifs qui sont loin de la réalité scolaire. En cela tu mérites d'être soutenu.
L'homme de la pampa dit:
Je vous mets la pétition en lien. Merci de prendre un peu de temps pour la lire et éventuellement la signer en ligne.
http://resistancepedagogique.org/petitions/index.php?petition=3
Je ne suis pas enseignant, mais j'ai toujours ete interesse par la pedagogie, et encore plus depuis que j'ai des enfants. Et je tiens le metier d'enseignant en haute estime, c'est probablement l'une des fonctions/metier les plus utiles a la societe.
Je suis alle voir ton lien car ca m'interessai de connaitre les problemes et surtout les solutions envisagees. Malheureusement, les liens que j'ai pu voir - dans le foulli de references donnees - font plutot l'impression d'adolescents en revolution contre leur autorite que de professionels en desaccord avec la direction et les methodes qui leur ont ete donnees. C'est le foulli, il n'y a pas d'argumentaire solide soutenu par des donnees reeles.
C'est triste, si les enseignants ne sont pas capables d'exprimer clairement leurs idees, comment vont ils apprendre quelquechose a leurs eleves.
Pour moi (au vu de ce qui se passe actuellement, et de mon experience dans l'enseignement francais (en tant qu'eleve)), il y a trois axes majeurs ou il faut agir:
-1- former (et re-former) de veritables professionels, qui sont nottament capables de s'exprimer et de travailler en equipe.
ensuite
-2- donner plus d'autonomie et de souplesse aux ecoles, ainsi qu'aux enseignants dans leurs ecoles, pour que chacun puisse ajouter un peu sa touche personnelle, en fonction de son experience, de ses talents, et de la population ciblee.
enfin, quand on a fait tout le reste
-3- renumerer ces enseignants a hauteur de leur professionalisme.
La 1ere etape est dantesque, mais vu les moyens titanesques de l'education nationale, ca reste quelquechose d'envisageable. Et parfaitement dans les cordes d'un gouvernement de gauche.
La 2eme est un exercice purement politique, qui peut etre accompli par n'importe quelle tendance.
La 3eme implique une reduction des effectifs, et donc correspond mieux a un gouvernement de droite.
Conclusion: ca n'est pas pret d'arriver, a moins que les politiciens se mettent d'accord pour faire passer l'avenir du pays en priorite.
Pas pret d'arriver je pense, donc en bref l'education nationale est vouee a etre de plus en plus onereuse et de moins en moins efficace......
shambhala dit:Je ne suis pas contre signer ta pétition, j'ai regardé le lien que tu as donné, lu 2-3 textes mais je comprend pas bien de quoi il retourne, ce serai peut-être plus simple que tu nous écrive un petit texte explicatif qu'on sache ce qu'on signe parce que là c'est un poil nébuleux.
C'est vrai que ça laisse une drôle d’impression.
Je me demande ce que le texte de Walther Rathenau et les tirs de flash-ball viennent faire au milieu des problèmes éducatifs.
le poney dit:L'homme de la pampa dit:Nous sommes également une force de propositions, mais hélas les enseignants de base (hormis les syndicalistes) sont les grands absents de la concertation sur l'école.
Peut-être parce que les enseignants de bases n'ont pas les mêmes propositions que les syndicalistes.
Peut-être que lorsqu'il y a une grêve pour l'avenir des enfants à l'école, les enseignants de base ne comprennent pas que la revendication n°3 c'est la hausse des salaires.
Peut-être parce qu'il y a énormément de sectarisme dans une communauté pourtant fort éveillé de part la nature de sa profession.
Et ne dit pas que ce sont des stéréotypes.
Non, là, je dirai plutôt que le stéréotype, c'est toi.
le poney dit:L'homme de la pampa dit:Nous sommes également une force de propositions, mais hélas les enseignants de base (hormis les syndicalistes) sont les grands absents de la concertation sur l'école.
Peut-être parce que les enseignants de bases n'ont pas les mêmes propositions que les syndicalistes.
Peut-être que lorsqu'il y a une grêve pour l'avenir des enfants à l'école, les enseignants de base ne comprennent pas que la revendication n°3 c'est la hausse des salaires.
Peut-être parce qu'il y a énormément de sectarisme dans une communauté pourtant fort éveillé de part la nature de sa profession.
Et ne dit pas que ce sont des stéréotypes.
Maintenant, ça n'empêche pas que certains combats sont justifiés et méritent d'être soutenus, certains projets pédagogiques sont des conneries pondues par 1 ou 2 bien pensants administratifs qui sont loin de la réalité scolaire. En cela tu mérites d'être soutenu.
Je n'ai pas compris la chose comme toi.
Il me semble qu'il dise que quand il y a une réflexion sur l'école en vue d'une réforme, on ne demande jamais leur avis aux meilleurs connaisseurs de la question, c'est à dire au enseignants. Ils se retrouvent à devoir appliquer des choses absurdes imaginés par des incompétents.
Le parrresseux dit: Ils se retrouvent à devoir appliquer des choses absurdes imaginés par des incompétents.
Pour illustrer avec du concret, il y a quatre ans, on nous a demandé de faire passer des évaluations aux CM2, portant sur tout le programme de CM2... en janvier.
Notre inspecteur de l'époque: "Vous devez faire le programme de CM2 en accéléré. Les évaluations de CM2 vous permettront de savoir à quels élèves présenter des remédiations."
Evidemment, vu que le programme devait théoriquement être passé en accéléré, ça préparait les futurs candidats aux remédiations...
Après 3 ans de questions incessantes et répétées, Luc Chatel a fini, l'année dernière, par donner la consigne de faire passer les évaluations CM2 à la fin du CM2.
Bon, il aura fallu 3 ans.
A noter que dans plusieurs circonscriptions, du moins chez nous, la transformation des évaluations 6ème en évaluation CM2 a tué le travail naissant entre collège et école. Pas partout, heureusement.
Pierre2.0 dit:
Notre inspecteur de l'époque: "Vous devez faire le programme de CM2 en accéléré. Les évaluations de CM2 vous permettront de savoir à quels élèves présenter des remédiations."
Evidemment, vu que le programme devait théoriquement être passé en accéléré, ça préparait les futurs candidats aux remédiations...
C'est un peu caricatural peut-être...
Ludo le gars dit:
C'est un peu caricatural peut-être...
ça en a l'air, malheureusement le caricatural gêne rarement la hiérarchie de l'education nationale, qui peut sortir ce genre d'arguments sans même sortir un sourire... La pierre n'est pas (toujours) à jeter aux inspecteurs qui ont une pression de leur hiérarchie aussi... ceux qui sont proches de la retraite ont souvent un discours beaucoup plus cool que les nouveaux arrivés aux dents longues...
On a eu aussi dans le même genre :
"si le niveau de votre classe est trop faible, prenez en aide personnalisée les bons pour les faire avancer..."
"Vous n'avez aucune formation en spécialisé, dans votre classe de CLIS (enfants handicapés), essayez d'en sauver un... Les autres ont le temps"
"Vous devez être déplacé de votre classe de 28 CP en apprentissage de lecture pour un remplacement avec 12 élèves d'IME car le collègue fait un stage et est donc prioritaire pour les remplacements !:o Ma réponse : euh..Et pour les CP ? Ben y aura personne, c'est pas prioritaire..."
On fait des bonds parce que des enseignants non formés sont mis devant les élèves mais ça existe depuis de nombreuses années, ça s'appelait des "listes complémentaires", on jetait devant des classes, sans formation et à l'année, des gens qui avaient raté le concours parce qu'on avait besoin de personnel. Ce qui est rigolo, c'est qu'ils étaient "formés" à l'IUFM l'année d'après...
Et ce n'est que quelques exemples "caricaturaux" de ma courte carrière...
Pour abonder dans le sens d’icare, Ludo le gars, il y a deux dimensions à ces caricatures :
- d’une part, la dimension “politique”
Il y a des décisions qui sont prises en haut lieu, de droite comme de gauche, qui sont inappliquables ou irréalistes.
Le pompon, c’est quand même lorsqu’il y a quatre ans, afin de “relever le niveau”, on a supprimé trois semaines d’école par an pour instituer l’aide personnalisée. Dans la catégorie “travailler plus pour réussir plus”, c’est quand même caricatural.
- d’autre part, la dimension “humaine”
Nos responsables hiérarchiques, pris entre la nécessité pour leur carrière d’être le doigt sur la couture, et la réalité, ils deviennent fous.
Le système est à mon avis pathogène. J’ai un conseiller pédagogique qui m’expliquait que ma classe double-niveau CE1-CM1, sur deux cycles, ne me permettait de faire aucune activité sportive proposée par la ville parce qu’elles ne convenaient pas à un tel écart d’âge. Je lui ai bien demandé quelles activités que je pouvais pratiquer alors sans les infrastructures : il ne savait pas, mais je devais quand même faire du sport. La cerise a été notre discussion sur la natation, puisqu’il ne m’avait pas inscrit sur un créneau piscine :
“Ce qui veut dire que mes élèves , contrairement aux autres CE1 de l’école, n’auront pas natation pendant un an.
- Oui, mais je compte sur ton professionnalisme pour compenser ce handicap”.
En gros, j’aurai dû leur faire faire natation dans la cour de l’école.
Pour revenir aux évaluations, pris entre la réalité du terrain (faire le programme en 4 mois pour faire quoi après?) et les nécessités administratives (donner les grilles de chiffre à l’IA), nos responsables doivent justifier l’injustifiable et inventer des arguments idiots. Ils deviennent fous.
Un dernier lors d’une conférence pédagogique l’année dernière:
L’inspectrice : “Il ne faut plus faire redoubler d’enfant en primaire.
- Oui, mais les élèves ne sont admis en 6ème SEGPA que s’ils ont redoublé au moins une fois?
- …Eh bien, ce n’est pas normal.”
Compétence, compétence…
A noter que notre inspectrice est une ancienne prof de sport de lycée, qui n’a jamais enseigné à lire à un CP, mais qui nous inspectera quand même sur le sujet…
Merci Pierre2.0 et Icare de démontrer que je ne suis pas un doux dingue.
Wasabi, je ne comprends pas très bien tes jugements sur notre manière de nous exprimer, tu peux éventuellement trouver une dimension un peu trop lyrique à nos textes, mais je n’y vois guère d’incohérences. Si tu veux des textes s’appuyant sur plus de références, je te renvoie au site de Nico Hirtt, un enseignant belge qui pour moi est l’un des esprits les plus aiguisés sur les questions d’éducation.
Ce que nous nous tuons à dire, c’est que la réflexion des acteurs de base n’est presque jamais prise en compte dans les réformes. Nous ne sommes pas de simples exécutants, nous sommes des professionnels, plus par l’expérience d’ailleurs que par la formation initiale et continue. C’est pourquoi notre terrain de combat, c’est la classe. Pierre2.0 le dit très bien, Darcos a supprimé deux heures par semaine d’enseignement au primaire, pour instaurer l’aide personnalisée pour 20% des élèves. Le but était officiellement de réduire l’échec scolaire, sauf que 4 ans plus tard, presque tout le monde s’entend pour dire que cette aide est inefficace, chose que nous avons dénoncée dès le début avec mes collègues en lutte. Rendra-t-on les deux heures perdues à tous les élèves ? Antoine Prost qui est un historien reconnu, spécialiste des questions d’éducation, a parlé d’un Munich de l’éducation nationale, lorsque les deux heures ont disparu.
Je souhaite que les enseignants libèrent leur parole, fassent marcher leur cerveau, réfléchissent ensemble à construire une école de qualité. Est-ce mal ? Wasabi tu préfères des veaux obéissants qui appliquent des directives tout en sachant qu’elles sont inopérantes ? Les principes d’autorité bornée et d’obéissance aveugle appliqués aux personnels n’apportent rien à l’école. Je m’arrête, je pourrais écrire 100 pages sur la question.
presque tout le monde s'entend pour dire que cette aide est inefficace,
Permets moi de nuancer ce propos.
L'aide personnalisée n'est pas inefficace. Pouvoir travailler en tout petit groupe de façon régulière est généralement positif. En outre, il amène un rapport enseignant élève intéressant. Les élèves et les enseignants sont généralement détendus.
Le problème est que comme toujours dans l'éducation nationale, on ne va pas au bout de la logique :
- pour des raisons économiques, l'aide personnalisée tend à remplacer les RASED et en cela l'effet est négatif. Un enseignant de classe ne peut remplacer un enseignant personnalisé. Et d'ailleurs, officiellement l'AP et le RASED ne prennent pas en charge les mêmes élèves.
- pour des raisons de manque de courage politique, le programme n'est pas repensé véritablement. L'aide personnalisée qui amène une réduction du nombre d'heure de la majorité des élèves est arrivée en même temps qu'un alourdissement dui programme. Absurde, mais la logique est toujours la même : un ministre qui allègerait le programme aurait des problèmes. Tant pis si le programme de CM2 est grosso modo le même que celui de 6e, avec certains points qui ne sont pas abordés avant la 4e parce qu'en 6e 5e, ils sont trop jeunes.)
L'homme de la pampa dit:Je m'arrête, je pourrais écrire 100 pages sur la question.
Moi je dis lâche toi, j'ai un gosse en maternelle et sincèrement le sujet m'intéresse et sincèrement si je pense que votre action vaut la peine d'être défendue je signerai mais donne nous du concret, de l'exemple, les 2h de cours sucrées perso je vois pas ça d'un mauvais oeil, j'ai pas l'impression que les gosses ont besoins de plus d'heures de cours.
shambhala dit: les 2h de cours sucrées perso je vois pas ça d'un mauvais oeil, j'ai pas l'impression que les gosses ont besoins de plus d'heures de cours.
Il y a beaucoup beaucoup de sujets, bien développés dans le blog donné par l'Homme de la pampa. Mais découvrir maintenant tous ces textes en vrac, ça peut paraître assomant, c'est sûr.
Néanmoins, sur les 2 heures supprimées le samedi matin :
- Ca a rendu tout le monde content : les parents qui n'avaient plus à se lever le samedi matin ou pouvaient partir en w-e, les enfants qui pouvaient veiller vendredi soir, les instits pour les mêmes raisons. Mais si le but est de rendre content les gens, on pourrait encore diminuer et donner le vendredi après-midi pour les RTT...
Ce serait quoi le bon nombre d'heures?
- Deux heures de moins par semaine, c'est 74 heures par an, c'est à dire 3 semaines de cours. Alors oui, on peut s'en passer, mais avec 3 semaines par an en moins, il ne faut pas s'attendre à ce que les enfants apprennent plus, ni mieux.
- La réduction du temps d'école, à mon avis, pénalise beaucoup justement les pédagogies actives, ou de projet. Pourquoi? Parce qu'il faut du temps pour ça. Il faut du temps aux enfants pour manipuler quand ils n'y arrivent pas en maths. Il faut du temps pour penser, discuter, réaliser un projet qui va mettre au travail des enfants qui ont du mal à trouver du sens dans l'école. Beaucoup de temps. Et comme les "programmes" n'ont pas diminué, j'ai constaté, autour de moi, pas mal de collègues qui craquaient au début, et éliminaient tout ce qui donne du sens aux apprentissages pour privilégier les transmissions directes de savoir.
- Que font les enfants de leur samedi matin? Ceux dont les parents ont un projet éducatif pour eux continueront à se cultiver, apprendre en dehors de l'école. Ceux qui n'ont pas ça passent leur temps devant la télé. D'autres trainent dehors, j'en croise parfois le samedi matin quand je vais à la médiathèque du quartier. Moins d'heures d'école, c'est bon quand on a des parents qui jouent aux jeux de société, eh eh.
Voilà en ce qui concerne mes arguments sur le sujet, shambala, mais il y en a d'autres.