Juste pour me faire une idée…
Un autre sujet, sur la “révolution ludique”, soulève la question du rapport proportionnel entre croissance de la population de joueurs et augmentation de la diversité de l’offre ludique.
Vous, depuis que vous jouez, combien de personnes estimez-vous avoir converti
- au plaisir du jeu (càd qui estiment que jouer est un bon moment à part entière, pas un truc qu’on fait faute de mieux, et qui accepteront presque toujours une partie)
- à l’achat de jeux (ils n’iront pas plus loin que vos conseils, mais ils ont leur propre LADR, leur Catane et envisagent d’acheter Puerto*…)
- au Geekisme le plus brutal!
et ce, demandais-je : sur combien de temps? Et ces nouveaux proto-geeks ont-ils essaimé à leur tour?
*Adapter à l’Améritrash si besoin . ![]()
Aucune, je crois.
Pourquoi vouloir à toute fin de force convaincre les autres d’adopter sa propre passion?
Je suis content que mes relations qui n’ont pas les mêmes passions que moi n’essaient pas à chaque fois qu’ils me voient de me vendre leur passion, de me convaincre que les séries américaines, ou la musique du XVI° siècle sont incontournables.
Surtout si c’est pour voir à la fin les Wallace dans les supermarchés (voir autre topic) (Wallace, on en mange bien assez sur TT comme ça, pas la peine de le retrouver en faisant les courses!
)
Oui mais bon, en même temps, il faut bien tenter de convertir un peu parce que sinon, on joue tout seul.
Personnellement, j’ai fait de 6 personnes des joueurs réguliers et qui achètent des jeux. Après, une quinzaine de personnes gravitent autour de nos différentes parties mais ils ne sont pas des joueurs réguliers ni des acheteurs pour le moment (exceptés des petits jeux à faible investissement comme Loup-Garou ou Jungle Speed).
Cela fait donc une bonne vingtaine de personnes qui ne connaissaient que le Monopoly qui jouent maintenant à des jeux plus Trictraciens.
Sans avoir “converti” qui que ce soit, je pense que certains amis, collègues ou même certains de mes élèves ont découvert grâce à moi qu’un jeu de société, ça pouvait être autre chose que Monopoly ou Uno et c’est déjà pas si mal.
J’ai même rendu quelques élèves accros à SET. Si, si. ![]()
florica.fluture dit:Aucune, je crois.
Pourquoi vouloir à toute fin de force convaincre les autres d'adopter sa propre passion?
Je suis content que mes relations qui n'ont pas les mêmes passions que moi n'essaient pas à chaque fois qu'ils me voient de me vendre leur passion, de me convaincre que les séries américaines, ou la musique du XVI° siècle sont incontournables.
Surtout si c'est pour voir à la fin les Wallace dans les supermarchés (voir autre topic) (Wallace, on en mange bien assez sur TT comme ça, pas la peine de le retrouver en faisant les courses!)
"prosélyte" et "conversion", c'était pour la blague, hein!
Ce que je veux dire, c'est que tu ne peux avoir que des joueurs autour de toi, et que le jds est une passion qui se dissimule mal (ne serait-ce qu'en terme de place sur les étagères...). Donc cela suscite des curiosités.
La, normalement, tu rebondis, et tu en fais assez pour donner envie de jouer.
Non?
Et puis toute passion se communique de cette manière, de personne à personne. Moi je serais ravi qu'un pote tente de me convertir à la musique du XVI° s, à partir du moment où il me lâche avec ça si je me montre vraiment hermétique.
Mon choix de mots est peut-être un peu costaud, d'accord. Mais en me retournant sur ma vie, je constate que chacune de mes passions à pris racine lorsque je me suis frotté à l'altérité. Rien de sexuel, hein (enfin, pas toujours...).
-- s e b dit:Sans avoir "converti" qui que ce soit, je pense que certains amis, collègues ou même certains de mes élèves ont découvert grâce à moi qu'un jeu de société, ça pouvait être autre chose que Monopoly ou Uno et c'est déjà pas si mal.
C'est même presque le début d'une nouvelle ère!
Où en étions-nous? Ha, oui, Wallace dans les supermarchés...
pareil aucune conversion “reconnue” à ce jour.
même mon petit frère, avec lequel j’ai 20 ans d’écart, que j’ai “élevé à la dure” et qu’est bon client quand même, ben au final il a par la suite jamais acheté de jeu de société !
Et puis, je partage l’avis de florica.fluture.
j’ai trouvé un club de fondus comme moi près de chez moi et ça me convient pas mal comme ça !
voilà voilà
ps : j’aurai bien aimé convertir ma femme quand même ça m’aurait permis de jouer plus souvent à “la guerre de l’anneau” et à “1960KvsN” !
Je n’attends pas que les jeux se trouvent en supermarché pour ma part. Ce qui se trouve dans les supermarchés est destiné au plus grand nombre. Les personnes qui achètent des jeux dans les supermarchés ne sont pas des passionnés de jeux. Ils n’achèteraient donc pas les jeux qui se vendent en boutiques. C’est aussi simple que ça.
En revanche, si tous les jeux étaient en supermarché, les boutiques fermeraient immanquablement. Et là, plus de conseil, plus de vitrines qui donnent envie, plus de démos. Karis serait obligé de gérer une multinationale et nous ne serions plus que des anonymes parmi tant d’autres.
La micro-économie du jeu trictracien permet un échange beaucoup plus simple entre les concepteurs, les éditeurs et les joueurs.
En gros, on sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce qu’on gagne.
maester dit:Je n'attends pas que les jeux se trouvent en supermarché pour ma part. Ce qui se trouve dans les supermarchés est destiné au plus grand nombre. Les personnes qui achètent des jeux dans les supermarchés ne sont pas des passionnés de jeux. Ils n'achèteraient donc pas les jeux qui se vendent en boutiques. C'est aussi simple que ça.
En revanche, si tous les jeux étaient en supermarché, les boutiques fermeraient immanquablement. Et là, plus de conseil, plus de vitrines qui donnent envie, plus de démos. Karis serait obligé de gérer une multinationale et nous ne serions plus que des anonymes parmi tant d'autres.
La micro-économie du jeu trictracien permet un échange beaucoup plus simple entre les concepteurs, les éditeurs et les joueurs.
En gros, on sait ce qu'on perd mais on ne sait pas ce qu'on gagne.
Oui, mais ça c'est l'autre sujet!! > http://www.trictrac.net/jeux/forum/view ... db422fdaf5
Bon, d'accord, j'ai amorcé la blague. Ma faute.
J’ai du récemment accepter un fait à mon sujet : je suis toxique pour le compte en banque de mes amis et collègues de travail
A défaut de complète conversion trictracienne, j’ai directement ouvert le monde du jeu à une vingtaine de personnes, voire plus, qui ont effectivement découvert que tous les JDS n’étaient pas comme la belote ou le Monopoly, et qui en ont acheté par la suite, et qui font jouer leur entourage ou leurs amis.
Des geeks complets, aucun, mais le niveau en dessous, pas mal.
C’est clair que je fais ça pas par prosélytisme, mais parce que pour jouer, c’est mieux d’être plusieurs, et que si on a personne autour de soi, on peut toujours essayer de donner ce goût à son entourage… et puis aussi tout simplement parce que je fais très facilement partager mes passions, et que mes passions ne manquent pas !
Pour la petite histoire, j’ai une collègue qui, depuis qu’elle me connait, a acheté : des JDS, un reflex numérique et des objectifs, une guitare électrique (c’est un résumé de moi, ça
, il ne manque plus que les arts martiaux, et je pourrais compter un clone de moi même du sexe opposé
)
maester dit:Je n'attends pas que les jeux se trouvent en supermarché pour ma part. Ce qui se trouve dans les supermarchés est destiné au plus grand nombre. Les personnes qui achètent des jeux dans les supermarchés ne sont pas des passionnés de jeux. Ils n'achèteraient donc pas les jeux qui se vendent en boutiques. C'est aussi simple que ça.
En revanche, si tous les jeux étaient en supermarché, les boutiques fermeraient immanquablement. Et là, plus de conseil, plus de vitrines qui donnent envie, plus de démos. Karis serait obligé de gérer une multinationale et nous ne serions plus que des anonymes parmi tant d'autres.
La micro-économie du jeu trictracien permet un échange beaucoup plus simple entre les concepteurs, les éditeurs et les joueurs.
En gros, on sait ce qu'on perd mais on ne sait pas ce qu'on gagne.
Mistersims dit:maester dit:Je n'attends pas que les jeux se trouvent en supermarché pour ma part. Ce qui se trouve dans les supermarchés est destiné au plus grand nombre. Les personnes qui achètent des jeux dans les supermarchés ne sont pas des passionnés de jeux. Ils n'achèteraient donc pas les jeux qui se vendent en boutiques. C'est aussi simple que ça.
En revanche, si tous les jeux étaient en supermarché, les boutiques fermeraient immanquablement. Et là, plus de conseil, plus de vitrines qui donnent envie, plus de démos. Karis serait obligé de gérer une multinationale et nous ne serions plus que des anonymes parmi tant d'autres.
La micro-économie du jeu trictracien permet un échange beaucoup plus simple entre les concepteurs, les éditeurs et les joueurs.
En gros, on sait ce qu'on perd mais on ne sait pas ce qu'on gagne.
+1
Si cette pensée de Maester est approuvée d'un Pouic enthousiaste sur ce thread, est-ce parce que vous estimez qu'amener son entourage à aimer les jeux accélère la décadence de ce loisir, et est donc dommageable?
Si c'est le cas, les gars vous êtes infiniment sectaires!
Autant on peut désirer que le marché s'en empare le plus tard possible, autant il est vrai qu'en tant que joueurs passionnés, nous avons la possibilité d'amener les gens à une certaine exigence ludique. Tant que tout cela se répand du simple fait du bouche à oreille, il n'y a rien à craindre.
Et puis, le jeu est tout de même un produit très particulier, qui, quoi qu'il en soit, demande du temps, un minimum d'investissement intellectuel, de sens de l'initiative, de savoir-être avec l'autre... Rien n'indique qu'il a les qualités requises pour tomber un jour dans l'escarcelle de la grande distri.
Pour l'instant, amener quelqu'un au jeu c'est uniquement lui proposer une nouvelle "interface sociale" (une en plus), une véritable alternative aux modalités habituelles de la communication.
Et c'est bien.
Il y a longtemps, j’avais lancé un sondage sur ce sujet: le resultat est assez impressionnant… c’est fou ce qu’on a tendance a vouloire transmettre notre geekiness…
http://www.trictrac.net/jeux/forum/view … hp?t=45374
Je suis d’accord avec toi. Mais dans mon message, je n’ai pas dit que je voulais ou ne voulais pas des jeux trictraciens dans un supermarché. J’ai seulement dit que ça changerait l’économie du jeu et donc les relations entre les joueurs et les éditeurs. J’ai seulement fait un constat sans apporter de jugement.
Mais pour faire le parallèle avec un autre produit culturel, à savoir le livre, il faut vraiment que je sois dans l’impossibilité de me rendre ailleurs pour acheter un livre dans un supermarché. Mais cela ne m’empêche de lire certains livres qui sont aussi présents dans les supermarchés.
Ce que jeveux dire, c’est que je ne porte pas de jugement de valeurs du type “si les jeux finissent dans un supermarché, c’est la fin de la qualité ludique”. Ca, je n’en sais rien.
En revanche, ce que je sais, c’est que les jeux tels qu’on les aiment ici n’arriveront jamais dans les supermarchés parce qu’ils n’intéressent pas assez de consommateurs.
Eh ben voilà, je viens de lâcher le mot. Ca fait clic dans ma tête ! Les jeux trictraciens ne sont pas des jeux s’adressant à des consommateurs. Le site parle de lui-même : variantes proposées dans les fiches, réflexions voire même analyses de certaines parties, créations de jeux, participations à des concours visant à agrémenter le jeu d’extensions, rédactions d’avis motivés pour guider les autres joueurs… Nous n’avons pas le profil de consommateurs de jeux.
D’où la réticence de certains à voir les jeux transformés en objet de consommation.
Mais bon, je suis persuadé que si Ystari finit par être distribué en supermarché, d’autres éditeurs prendront sa place dans la niche que nous sommes.
maester dit:En revanche, si tous les jeux étaient en supermarché, les boutiques fermeraient immanquablement.
Pourquoi ? (rien d'ironique, c'est une question).
Est ce qu'en faisant découvrir d'autres jeux que le monopoly les gens ne s'arrêterai pas plus devant une boutique spécialisée par exemple ?
Les boutiques de JV et de BD existent par exemple. Bon leur marché est peut être plus prolifique.
maester dit:
Mais bon, je suis persuadé que si Ystari finit par être distribué en supermarché, d'autres éditeurs prendront sa place dans la niche que nous sommes.
En ce qui me concerne j’ai un peu lâché l’affaire.
je me suis rendu compte qu’il était pas seulement question de “jeux de société” mais aussi de la culture “geek” en général et la plupart de mes amis ne captent rien à tout ça. Les films de genre, la littérature de s-f, d’horreur, le jeu de rôle, les jeux vidéos, le plaisir d’un coup de hache savament dosé, les points de santé mentale…(oui, j’aime bien les jeux à “l’américaine”) ça se transmet pas comme ça !
Mais même des jeux plus “abordables” comme un bon vieux “colons de Catane” des familles, dans mon entourage ça passe moyen.
J’ai converti au moins ma copine et 2 ou 3 amis… J’ai presque réussi à réconcilier ma mère avec les JdS… Pas mal déjà ![]()
Sinon, je pense que la “démoratisation” du JdS menerait à la création d’équivalents des FNAC, VIRGIN, CULTURA etc. “grandes surfaces” spécialisées qui s’ouvriraient à côté des boutiques. On perdrait certainement l’aspect intimiste des boutiques".
Reste aussi les Toys R Us/ Grande récrée etc. qui ne proposent pas aujourd’hui une offre démente dans le domaine, mais qui proposent parfois de bonnes surprises…
Lors de discussions avec des collègues ou des collègues d’amis des phrases comme “tiens ce w/e je fais un tournoi” “j’ai fait une soirée jeu de plateau”, ont piqué leur curiosité, du coup certains ont voulu essayer. La plupart de ceux qui ont joué ont été conquis, à présent ils jouent de leur côté, certes pas à Agricola mais aux aventuriers du rail, Colosseum, Catane etc…
Je n’ai pas le sentiment de les avoir converti mais plus d’avoir permis d’agrandir la variété de leurs occupations.
Je trouve surtout ça bien parce que pour la plupart, c’est une occupation en couple ou en famille, et c’est une part du jeu dont on ne parle pas assez, le partage couple / famille d’un loisir. Parce que bien trop souvent ce sont des activités séparés ou pour faire plaisir au conjoint, là j’ai plus souvent vu le challenge entre M et Mme ou le partage entre parents et enfants d’un moment ensemble
leking dit:En ce qui me concerne j'ai un peu lâché l'affaire.
je me suis rendu compte qu'il était pas seulement question de "jeux de société" mais aussi de la culture "geek" en général et la plupart de mes amis ne captent rien à tout ça. Les films de genre, la littérature de s-f, d'horreur, le jeu de rôle, les jeux vidéos, le plaisir d'un coup de hache savament dosé, les points de santé mentale...(oui, j'aime bien les jeux à "l'américaine") ça se transmet pas comme ça !
Mais même des jeux plus "abordables" comme un bon vieux "colons de Catane" des familles, dans mon entourage ça passe moyen.
En fait toute démarche d'approche envers un non-initié doit se faire en oubliant la geek-attitude. Quoi que suggère le nom du fameux site américain, le boardgame n'est pas intrinsèquement geek (même si sur Trictrac, on l'est peut-être un peu).
C'est sûr que pour l'améritrash, ça pose un problème différent...