À quel prix ?

Bonjour,
Pourtant entre un shampoing acheté chez LIDL et un shampoing “parce que je le vaux bien”, deux fois plus cher, lequel est de meilleur qualité ? Les tests des associations de consommateurs prouvent bien que très souvent le prix n’est pas en rapport direct avec la qualité.

Le fameux jeu multi éditeurs à 30e qui fait polémique sera au final dans les 20e de toute façon…

Lapinesco dit:Ilopeli bosse sur un jeu à base de dyslexie ? huhu

une 'tite vanne sur la forme ça fait toujours rire :)
ceux qui ont voulu comprendre ont du pouvoir le faire quand même :wink:

Cher Monsieur stefou

stefou dit:Bonjour,
Pourtant entre un shampoing acheté chez LIDL et un shampoing “parce que je le vaux bien”, deux fois plus cher, lequel est de meilleur qualité ? Les tests des associations de consommateurs prouvent bien que très souvent le prix n’est pas en rapport direct avec la qualité.

Et entre du Jambon d’une grande surface et du jambon de chez le charcutier des halles ? Et entre les tomates du Hard Discount et du marché directement chez le producteur ? Ils disent quoi ? Mais c’est un autre débat :)
Bien à vous
Monsieur Phal

Nono dit:
Lapinesco dit:Ilopeli bosse sur un jeu à base de dyslexie ? huhu

une 'tite vanne sur la forme ça fait toujours rire :)
ceux qui ont voulu comprendre ont du pouvoir le faire quand même :wink:

Huhu bien entendu, moi le premier :)
Faut que je dise du bien de ma partie à 5 de Korrigans, en famille c'était vraiment chouette dans cette config.
Shindulus dit:Mouai enfin qu'elles sont les éditeurs qui "paient le prix de développement d'un jeu au temps passé par son auteur ?". (doit pas y en avoir des caisses)
Si le fait que machin qui a passé 10 ans à peaufiner son jeu fait qu'il prend plus de bénéfice sur chaque boite que machin qui a passé 6 mois sur son dernier jeu, une différence de prix sur ce genre de critère se comprendrait, mais ce n'est pas le cas.

Je ne disais pas qu'il fallait que l'auteur soit rémunéré pour chaque heure de travail fournie, je ne parlais pas de comment ça se passe en réalité mais de ce qu'on est prêt à payer quand on achète un jeu, et je répète que je ne parlais pas du cas particulier de Crossing. La création de jeux et quelques autres trucs qui tournent autour sont effectivement des trucs de passionné-e-s, qui ne comptent pas leurs heures, je disais juste que ce n'est pas une raison pour penser que ça ne compte pas du tout, et que le prix d'un jeu ne doit pas selon moi être basé que (ou presque que) sur le matériel.
Pour prendre un exemple un peu différent du tien, si pour la partie création / équilibrage il y a eu 500 heures de travail plutôt que 200 heures, même si la différence est beaucoup plus faible que dans l'exemple que tu donnes, je ne suis pas choqué que ça ait une influence, même significative, sur le prix, à partir du moment où la qualité du jeu s'en ressent. Et je pense que sur le marché actuel, de telles différences de temps de création existent, d'où mon avis personnel sur la différence de prix des jeux par rapport au coût de revient de leur matos.
Monsieur Phal dit:Cher Monsieur stefou
Et entre du Jambon d'une grande surface et du jambon de chez le charcutier des halles ? Et entre les tomates du Hard Discount et du marché directement chez le producteur ? Ils disent quoi ? Mais c'est un autre débat :)
Bien à vous
Monsieur Phal

Cher Monsieur Phal,
Entièrement d'accord avec vous. Mon but n'était d'ailleurs pas de défendre le hard discount, mais plutôt de pointer du doigt la notion de "marque" (donc du non matériel) et les aberrations qu'elle peut entraîner.
fafa dit:
Shindulus dit:Mouai enfin qu'elles sont les éditeurs qui "paient le prix de développement d'un jeu au temps passé par son auteur ?". (doit pas y en avoir des caisses)
Si le fait que machin qui a passé 10 ans à peaufiner son jeu fait qu'il prend plus de bénéfice sur chaque boite que machin qui a passé 6 mois sur son dernier jeu, une différence de prix sur ce genre de critère se comprendrait, mais ce n'est pas le cas.

Je ne disais pas qu'il fallait que l'auteur soit rémunéré pour chaque heure de travail fournie, je ne parlais pas de comment ça se passe en réalité mais de ce qu'on est prêt à payer quand on achète un jeu, et je répète que je ne parlais pas du cas particulier de Crossing. La création de jeux et quelques autres trucs qui tournent autour sont effectivement des trucs de passionné-e-s, qui ne comptent pas leurs heures, je disais juste que ce n'est pas une raison pour penser que ça ne compte pas du tout, et que le prix d'un jeu ne doit pas selon moi être basé que (ou presque que) sur le matériel.
Pour prendre un exemple un peu différent du tien, si pour la partie création / équilibrage il y a eu 500 heures de travail plutôt que 200 heures, même si la différence est beaucoup plus faible que dans l'exemple que tu donnes, je ne suis pas choqué que ça ait une influence, même significative, sur le prix, à partir du moment où la qualité du jeu s'en ressent. Et je pense que sur le marché actuel, de telles différences de temps de création existent, d'où mon avis personnel sur la différence de prix des jeux par rapport au coût de revient de leur matos.

Bien sur mais si c'est le cas c'est que "ces heures d'équilibrages" sont financées, d'une manière ou d'une autre par l'éditeur, ça rentre dans les coûts dont parlais Kong, ce sont déjà des choses qui rentre dans les coût de revient de l'éditeur.
A la base tu parlais de choses beaucoup moins "tangibles" ou du moins donnait l'impression.
Après, une fois le coût de revient connu, faire en sorte d'estimer ce que le "public" d'un jeu est prêt à débourser, en fonction du dit public (Français / Allemand / bobo / ...), de l'auteur, du type de jeu (niche /.../grand public), ça fait aussi partie du jeu du vendeur :D, mais ça ne fait plus partie du coût de revient.

Perso, je dirais qu’effectivement, le matériel de Crossing justifie le prix final.
Sauf que le “jeu” en lui-même me semble être en totale inadéquation avec le prix: bien trop minimaliste pour en justifier l’achat par rapport à d’autres jeux au prix similaire dont l’intérêt ludique est autrement plus développé.
Mais bon, je ne suis clairement pas la cible des jeux minimalistes en général et de Crossing en particulier…

Juste pour mettre en perspective avec deux milieux un peu différents :
Monde du livre
- J’ai écrit un livre de corrections de sujets pour un concours, pour l’instant, ça m’a rapporté en tout et pour tout 300€ (et encore, je me demande si je n’exagère pas) si on se fait ça au niveau horaire du smic, ça fait 30h de travail, soit même pas un dixième de ce que j’y ai réellement passé. Et sans prétention, j’y ai dépensé quelques neurones…
Et pourtant, le prix du livre est correct (30 € pour 400 pages) c’est en tout cas plus raisonnable en rapport qualité prix que des annales de sujet de BAC. Mais c’est juste que je touche un cinquième de 12,5% du prix de vente hors taxe. Pour autant, c’est classique dans le monde du livre comme rémunération et sans cet éditeur qui se gave comme un gros porc (il n’a rien fait, même pas relu le livre ni fait la mise en page – ah si, celle de la couverture) mon livre n’aurait servi à rien ou presque car j’aurai eu une diffusion marginale et aucune reconnaissance par mes pairs.
Avec le recul, je trouve ça bien de l’avoir fait, mais depuis, je suis passé au dématérialisé sur mon site internet et ça m’apporte 250 visiteurs par jour. Je suis content car ça me donne de la notoriété et de la visibilité sur une micro-niche, mais d’un autre côté, ça me fait chier car ça ne me rapporte rien alors que vu le nombre d’heures passées, c’est pas cher payé.
Recherche scientifique
Je suis aussi chercheur (une tare ne vient jamais seule) et là, je publie carrément mon travail chèrement payé par vos impôts pour rien du tout à des éditeurs étrangers qui eux le revende entre 25 et 50€ l’article ou encore plus cher via des abonnements mais qu’on préfère prendre pour avoir accès à tout (alors qu’on consulte peu en pourcentage par rapport à c à quoi nous avons accès). Et le pire c’est que je cède carrément mes droits pour être sur de ne pas pouvoir toucher un seul royaltie dessus. Et encore pire, il y a même des journaux où on doit payer – parfois même avant même d’être sûr que notre article va effectivement être publié – pour proposer son article.
Et dans tout ça les éditeurs ont une marge de plus de 30% je crois – mais on doit les plaindre parce que vous comprenez, il y a d’autres journaux qui viennent empiéter sur leurs plates-bandes.
Mon point de vue
Après ces deux anecdotes qui n’intéressent personne, j’avoue qu’en tant qu’acheteur --compulsif-- de jeux de société, j’ai très honnêtement rarement été déçu du rapport qualité prix des jeux que j’achète. (En tout cas, beaucoup moins que du rapport volume de matériel/volume de la boîte – comme pour la havane, pique plume, et bonhanza version grand format pour lesquels le volume est plus ou moins disproportionné)
Plus ça va, plus je vois les erreurs d’achats que j’ai fait, surtout en tant que débutant et ignorant. (Ne jamais acheter un jeu que vous ne connaissez pas) Mais maintenant, ce que je regarde, c’est de plus en plus les jeux pérennes qui ont su s’installer et prouver leur valeur. Je continue encore de faire des erreurs de jeux, mais pour deux raisons essentielles : ma moitié n’est pas aussi joueuse et elle est profondément moins améritrasheuse que moi, j’achète des jeux à mécanismes originaux par rapport à ce que j’ai déjà et je me trompe (Twin tin bots par exemple).
Et pour finir, le facteur le plus limitant pour moi qui suis bobo jusqu’au bout des ongles, c’est plus le rapport volume de la boîte/intérêt/Nouveauté qui m’intéresse que le prix intrinsèque. Par exemple, je trouve que Loony quest n’est pas cher du tout, en rapport de la qualité graphique et de la fraîcheur du jeu. Agricola non plus vu le matériel et Schotten totten/Love Letter non plus vu la qualité du jeu.

Je pense que les créations intellectuelles seront de toute façon toujours “sous-payées” en regard de l’investissement créatif que ça représente, non seulement en temps de travail mais en temps de cerveau disponible (personnellement, il m’arrive de rêver de certain trucs ou de ne pas dormir pour arriver à une solution…).

Pour un jeu, le rapport qualité/prix n’est pas linéaire du matériel disponible mais multicritère dont de nombreux subjectifs :
- matériel
- nouveauté
- graphisme
- intérêt, rejouabilité (le plus difficile à quantifier)
- nombre de joueurs (personnellement, je joue à 80 % du temps avec ma moitié, et le reste du temps, c’est souvent à 6-20 joueurs, donc pas du tout les même jeux)
- etc…
Alors que le prix de production a lui un coût complètement quantifiable.

Yomgi44 dit:
Monsieur Phal dit:Il nous disait, en caricaturant légèrement, que si vous proposez à un allemand 2 jeux, l'un pas terrible, voire pas bon, à 10€, et de l'autre un jeu excellent, exceptionnel, l'un des meilleurs du monde mais à 12€, la majorité des gens prendrait celui à 10€ parce qu'ils auront économisés 2€.

Ah bin d'accord, on a enfin la réponse, c'est donc pour ça qu'ils ne se font jamais chier avec les illustrations ! :mrgreen:

:pouicsupercool: magnifiquement placée cette quenelle :^:
Au delà de ça, je ne comprends pas non plus cette volonté de payer le prix du matos dans la boîte... je préfère que l'auteur du jeu et tout le petit monde qui gravite autour et qui permet à l'édition d'exister puisse vivre correctement de son travail et qu'ils puissent chacun s'investir et investir pour proposer d'autres jeux de qualité si possible.
On rencontre la même problématique avec les projets en financement participatif : une bonne partie des pledgeurs est plus intéressée par la quantité de matériel qui va être disponible que par le fait d'aider un projet à voir le jour.
Le plaisir de jeu n'étant pas quantifiable dans l'absolu, c'est l'affaire de chacun, on ne peut pas se baser sur cette appréciation pour donner un prix.
Le travail des différents intervenants mérite plus ou moins salaire, s'ils ont plus ou moins fait du bon travail. C'est là qu'on peut se dire que celui qui croit en son jeu saura trouver le juste prix en fonction du marché qu'il vise. C'est un travail d'estimation avec tous les paramètres que cela implique et certaines données ne sont pas facilement chiffrables (aléas divers, concurrence circonstancielle, etc).

Si un auteur (pour le côté créatif) et son éditeur (production, marketing) font du bon travail, ils vendront plus de jeu, c’est donc sur le volume des ventes qu’ils feront la différence. Faire payer un jeu plus cher (à qualité/quantité de matériel égale) parce que les gens ont fait un bon boulot de développement/création ne me paraît pas très logique.
Je crois qu’il ne faut pas mélanger le prix et la valeur (forcément subjective) d’une marchandise.
PS: précision: mes propos ne visent absolument pas un jeu en particulier, je parle d’un point de vu global.

stefou dit:Si un auteur (pour le côté créatif) et son éditeur (production, marketing) font du bon travail, ils vendront plus de jeu, c'est donc sur le volume des ventes qu'ils feront la différence. Faire payer un jeu plus cher (à qualité/quantité de matériel égale) parce que les gens ont fait un bon boulot de développement/création ne me paraît pas très logique.

C'est pourtant exactement ce que tu fais dans le jeu vidéo, la musique,...
Pourquoi pas dans le jeu de société ?
loic dit:[
C'est pourtant exactement ce que tu fais dans le jeu vidéo, la musique,...
Pourquoi pas dans le jeu de société ?

Je ne connais pas du tout l'industrie du jeu vidéo, je me suis arrêté à Gunship 2000 sur Amiga 500 8)
Mais pour ce qui est de la musique, tu paies le même prix un morceau d'une daube d'eurodance pondue en quinze minute par un DJ polytoxicomane, ou une oeuvre originale de grande qualité qui a demandé des heures d'écriture/composition.
stefou dit:
loic dit:[
C'est pourtant exactement ce que tu fais dans le jeu vidéo, la musique,...
Pourquoi pas dans le jeu de société ?

Je ne connais pas du tout l'industrie du jeu vidéo, je me suis arrêté à Gunship 2000 sur Amiga 500 8)
Mais pour ce qui est de la musique, tu paies le même prix un morceau d'une daube d'eurodance pondue en quinze minute par un DJ polytoxicomane, ou une oeuvre originale de grande qualité qui a demandé des heures d'écriture/composition.

Oui, mais niveau matos, ça coûte quelques centimes. Et tous les CD ne sont pas au même prix.
loic dit:[
Oui, mais niveau matos, ça coûte quelques centimes. Et tous les CD ne sont pas au même prix.

Oui quelques centimes, c'est bien le prix que la plupart des gens paient pour un morceau du musique actuellement (maintenant que le marché est normalisé). Quant aux différences de prix sur les cd, ce sont plus des facteurs de quantité de production qui interviennent à mon avis.
stefou dit:
Oui quelques centimes, c'est bien le prix que la plupart des gens paient pour un morceau du musique actuellement (maintenant que le marché est normalisé).

Oui, enfin, t'as pas grand-chose pour ce prix. Et pareil, il y a des variations.
Mais c'est vrai que c'est plus flagrant sur le jeu vidéo. Ou tu payes du développement (50€ le jeu développé pendant plusieurs années).

Cher Monsieur,
La musique, ce ne sont pas des CD, la musique ce sont des concerts… Et le prix des concerts n’est pas “unique”, il y a même de grosse disparité, et même parfois pour le même concert en fonction de la place, pourtant la musique est la même au même moment… :)
Bien à vous
Monsieur Phal

Je ne suis pas connaisseur mais le prix des concerts varient surtout de l’artiste ou du groupe qui se produit. Ce n’est presque qu’une question de célébrité, donc d’offre et de demande. Ce groupe est connu, il va y avoir beaucoup de demandes, donc on augmente le prix de l’offre (le concert). Ca dépend également de la capacité de la salle mais en général les gros artistes ne vont que dans de grandes salles.
Au contraire, les comédies musicales coûtent extrêmement chère à produire. Il y a toute une troupe à payer (artistes, maquilleurs…), de nombreux décors à fabriquer, installer et déplacer, et un spectacle à écrire (chansons, danses, scénario…) et pourtant j’ai toujours trouvé ça peu chère compte tenu de tout ce qu’il y avait. Tu trouves des places à 40 euros même si ça peut avoisiner 80-120 euros parfois.

Cher Monsieur hornak,
Il y a, en France, des salles subventionnées, des spectacles subventionnés… Ce qui fait baisser le tarifs, sinon peu de gens pourraient y aller.
Bien à vous
Monsieur Phal