ehanuise dit:Pour l'auto-edition un bon exemple de ce que BDC évoque c'est cheapass games : le gars a fait quelques bons jeux mais l'ensemble est très moyen.
Après y'en a eu d'autre comme ça et qui pourtant ne faisait pas d'auto-édition. ET tout n'est pas merveille non plus chez Wallace ou chez Friedman, comme d'ailleurs chez tout éditeur. Alors pourquoi cela serait'il plus gênant venant d'un auto-éditeur ? moi pas comprendre.
A mon sens, s'auto-éditer c'est perdre le bénéfice du regard critique apporté sur sa création par un tiers (l'éditeur). Ca demande donc un très gros travail d'objectivation qui n'est pas facile à faire. Wallace et Friese semblent s'en sortir très honorablement à cet égard, tandis que Ernst donne l'impression de ne s'être même jamais posé la question. C'est pour cela qu'ils font un bon exemple, mais comme tout exemple il n'est pas absolu, évidemment.
Bref, il n'y a pas de règles absolue ou de garantie d'échec/réussite, juste je dis que à mon sens, il est plus sain de se faire éditer que de s'autoéditer.
ehanuise dit: A mon sens, s'auto-éditer c'est perdre le bénéfice du regard critique apporté sur sa création par un tiers (l'éditeur). Ca demande donc un très gros travail d'objectivation qui n'est pas facile à faire. Wallace et Friese semblent s'en sortir très honorablement à cet égard, tandis que Ernst donne l'impression de ne s'être même jamais posé la question. C'est pour cela qu'ils font un bon exemple, mais comme tout exemple il n'est pas absolu, évidemment. Bref, il n'y a pas de règles absolue ou de garantie d'échec/réussite, juste je dis que à mon sens, il est plus sain de se faire éditer que de s'autoéditer.
enfin y'a pas que les éditeur qui peuvent apporter des critiques, de nombreux joueurs le peuvent également non ? en quoi un éditeur est-il plus critique qu'une autre personne ? Qu'il ait une vision plus expérimentée/économique/rentable ok, qu'il fasse des choix encore ok, mais dans ce cas je peux aussi dire qu'un éditeur se doit d'avoir une vision objective pour éviter de faire les mauvais choix, bref avoir l'esprit critique n'est pas l'exclusivité de personnes issue d'un seul métier quand mm ! et encore heureux...
tu utilise le mot "sain" ... tu peux être plus précis ?? (on parle de commerce là pas de médecine)
Je pense qu’en employant le mot sain, ehanuise voulait dire: Une démarche plus objective, moins soumise à l’émotionnel et donc plus viable. Et j’ai tendance à le rejoindre là dessus même si ce n’est pas une vérité absolue et qu’il y a de très beau contre-exemple.
EDIT: et hop ça m’apprendra à parler pour les autres Réponse d’ehanuise en dessous
Maczy, tu m’as mal compris, ce qui est important ce n’est pas qu’un autre EDITEUR fasse le jeu, c’est qu’une AUTRE PERSONNE QUE L’AUTEUR fasse le jeu. Et quand je dis ‘sain’ c’est dans un sens ‘business practice’ et ‘qualité*’. J’estime (et je peux naturellement me fourrer le dogt dans l’oeil jusqu’au coude) que c’est prendre un risque inutile de s’autoediter, et que à jeu égal, le résultat sera toujours meilleur s’il est édité par un tiers que s’il est autoédité.
* qualité, c’est le gameplay, le design/look, les matérieux utilisés, la structure des règles, etc.
Ceci étant dit, quelqu’un qui a une expérience d’éditeur, et du ‘métier’ aura probablement plus d’apport qu’un joueur, même passionné, qui ne verra que les aspects jeu/matériel/règles alors qu’un éditeur verra aussi les aspects marché et produit.
Je pense que dans l’auto-édition (on n’est plus sur le sujet de la rem là) il y a une part d’affectif qui fait qu’on devient éditeur pour satisfaire un besoin personnel. Ca peut fonctionner à merveille, ou pas…
je n’arrive pas à avoir une vision aussi catégorique et pour le coup je vous trouve peu objectifs ^^ J’veux dire je ne connais pas beaucoup de joueurs (surtout peu de hardcore gamers) mais je connais des gens qui aiment jouer (raisonnablement) et qui ont d’autres qualités, en général un métier et qui savent avoir l’esprit critique et merci bien (remarque sinon je pense que je ne les connaîtrais pas).
Ce que tu veux dire, si je le comprends bien, c’est qu’un auteur (comme beaucoup de créateurs cela dit) doit faire attention à ne pas s’isoler du monde extérieur et doit essayer de prendre du recul sur ses créations. Je suis d’accord qu’il n’est pas évident de prendre du recul sur son travail mais il est facile de le montrer aux autres et d’écouter (enfin je dis ça, mais je constate bien que beaucoup ont du mal à écouter quand c une critique), c’est juste une démarche. Pour moi le plus difficile c’est d’avoir assez d’éléments factuels (ou non) pour prendre des décisions et là faut plus que l’esprit critique, faut savoir analyser le monde extérieur, savoir définir des indicateurs ou peut être avoir simplement du feeling… là je sais pas.
Bref si on parle d’avoir l’esprit critique je suis d’accord, si on dit, les éditeurs sont les seuls à l’avoir, là ça me semble très erroné (surtout quand tu vois les jeux qui sortent hein :p).
ehanuise dit:Maczy, tu m'as mal compris, ce qui est important ce n'est pas qu'un autre EDITEUR fasse le jeu, c'est qu'une AUTRE PERSONNE QUE L'AUTEUR fasse le jeu. Et quand je dis 'sain' c'est dans un sens 'business practice' et 'qualité*'. J'estime (et je peux naturellement me fourrer le dogt dans l'oeil jusqu'au coude) que c'est prendre un risque inutile de s'autoediter, et que à jeu égal, le résultat sera toujours meilleur s'il est édité par un tiers que s'il est autoédité. * qualité, c'est le gameplay, le design/look, les matérieux utilisés, la structure des règles, etc. Ceci étant dit, quelqu'un qui a une expérience d'éditeur, et du 'métier' aura probablement plus d'apport qu'un joueur, même passionné, qui ne verra que les aspects jeu/matériel/règles alors qu'un éditeur verra aussi les aspects marché et produit.
Pas d'accord C'est sûr, l'éditeur a surtout des contacts avec un ou plusieurs distributeurs, des magasins, qu'on n'a pas en tant qu'auto-éditeur. En même temps, on peut fournir du matériel haut de gamme, se faire relire ses règles, bénéficier de l'art d'un vrai illustrateur, etc, ce n'est pas le monopole des éditeurs ! Pour illustrer mes arguments, tu peux ouvrir une boîte de Tilsit sur la fin...
Pour illustrer mes arguments, tu peux ouvrir une boîte de Tilsit sur la fin...
Et pour illustrer encore plus j'aurais rajouté: ...et compare le à Kairn Pour le coup aussi je ne pense pas que les éditeurs aient le monopole du "bien-faire" en terme de matos.
Bref si on parle d'avoir l'esprit critique je suis d'accord, si on dit, les éditeurs sont les seuls à l'avoir, là ça me semble très erroné (surtout quand tu vois les jeux qui sortent hein :p).
Ils ne sont certainement pas les seuls à l'avoir mais par contre ils ont le pouvoir de faire entendre raison l'auteur lorsqu'il reste enfermé dans sa bulle émotionnelle (parce que c'est son jeu-chéri-à-lui) là où les testeurs ne peuvent que émettre des critiques (certes constructives) que l'auteur ne prendra pas en compte si il n'a pas le recul nécessaire.
Les exemples d'auto édition réussies sont donc, comme l'ont déjà dit d'autres avant moi, le cas de personnes ayant un recul nécessaire sur leurs jeux pour écouter, assimiler, interpréter les critiques des testeurs.
Je crois qu’on peut rêver de deux mondes sans qu’ils s’opposent.
Le monde de la micro-édition qui débute souvent par de l’auto-édition, ouvre beaucoup de possibilités pour des auteurs qui ne parviendraient peut-être pas à se faire éditer par le système traditionnel. ca créé de la richesse, mais aussi de la fausse richesse et parfois une overdose pour les acheteurs, il suffit de voir les centaines de jeux produits pour Essen, je me demande si le marché actuel peut éponger tout ça…
Et puis le monde difficile de l’édition “institutionnelle”, “professionnelle” (je ne sais pas comment l’appeler), beaucoup de candidats et peu d’élus avec en contrepartie une “garantie” de qualité (pas toujours au rdv).
A titre personnel, si un éditeur que je considère compétent me dit ton jeu est bon ou ton jeu est mauvais, en me fournissant des arguments pertinents, ca me rassure.
Le juste milieu idéal pour moi, c’est matthieu, grand professionnel capable de rééditer des classiques mais aussi des coups de coeur d’auteurs inconnus. Toujours à l’affut, toujours disponible. Pro mais pas élitiste, le top.
A titre personnel, si un éditeur que je considère compétent me dit ton jeu est bon ou ton jeu est mauvais, en me fournissant des arguments pertinents, ca me rassure.
Clairement, ca fait même énormément avancer dans certains cas.
Le juste milieu idéal pour moi, c'est matthieu, grand professionnel capable de rééditer des classiques mais aussi des coups de coeur d'auteurs inconnus. Toujours à l'affut, toujours disponible. Pro mais pas élitiste, le top.
Là encore c'est une question d'écoute (pas seulement entendre ce qu'on te dit, mais l'écouter et l'assimiler) et pour cela Matthieu c'est la crème. Il sait prendre en compte les avis, conseil des "testeurs, auteurs, etc etc" et trier le bon du moins bon. Bien sur il n'y a pas que ça, il a aussi un charme naturel dévastateur
Un des apports d’un éditeur ‘établi’ est son expérience, ca va plus loin qu’un simple regard critique à mon sens. Quand on a l’occasion de discuter un peu du ‘métier’ avec un éditeur établi (Mathieu CIP, Croc, Thomas de repos prod, …) on se rend immédiatement compte que leur point de vue est fort différent de celui qu’on peut avoir de la plupart (y’a des tonnes d’exceptions) des détaillants/joueurs/auteurs/micro-éditeurs/… Cette différence de point de vue c’est justement leur apport. Pour prendre une métaphore foireuse, on pourrait dire que l’auteur voit son jeu au téléobjectif, que les joueurs et autres le voient avec un objectif normal, et qu’un éditeur confirmé le verra au grand-angle, voire au fish-eye : ils voient plus de choses dans l’image, le sujet et tout ce qu’il y a autour.
Maintenant je tiens à être très clair ca ne veut pas dire qu’ils ont la science infuse ou qu’ils sont infaillibles ; ni que d’autres ne peuvent avoir une telle vision ‘large’ et critique. C’est juste moins courant.
Ensuite, dans le cas spécifique de l’auto-édition et de la micro-édition, la pierre d’achoppement n’est pas tant de faire un jeu conenable, bien édité et bien produit que de le rendre disponible sur le marché. C’est par les canaux de distribution choisis que vivent ou périssent les nouveaux acteurs du marché.
bon aller, moi aussi j’y vais de mon apport de petite pierre. En fait j’imagine que ce qui fait débat c’est essentiellement la question de la motivation initiale du choix de l’autoédition. 1) je m’autoédite pcq aucun éditeur en place n’a voulu de mon jeu. Là ce peut être problématique. Le risque est qu’effectivement on ait manqué de discernement (cf l’article de D. Herrard : le créateur et sa créature). Malgré tout il y a quelques très beaux modeles de réussite (avec Dixit par exemple =). 2) je m’autoédite pcq je veux contrôler toute la chaîne afin d’obtenir exactement le produit que j’ai en tête. Cette approche me semble plus “saine”.
Ce que je veux dire c’est que j’imagine qu’il est très dangereux de s’autoéditer “par défaut”. Mais que ce n’est pas systématique. Et que dans tous les cas ce n’est pas l’auteur qui doit aimer son jeu, mais les joueurs (et surtout pas les “copains” qui sont toujours prêts à faire plaisir).
fred henry dit:bon aller, moi aussi j'y vais de mon apport de petite pierre. En fait j'imagine que ce qui fait débat c'est essentiellement la question de la motivation initiale du choix de l'autoédition. 1) je m'autoédite pcq aucun éditeur en place n'a voulu de mon jeu. Là ce peut être problématique. Le risque est qu'effectivement on ait manqué de discernement (cf l'article de D. Herrard : le créateur et sa créature). Malgré tout il y a quelques très beaux modeles de réussite (avec Dixit par exemple =). 2) je m'autoédite pcq je veux contrôler toute la chaîne afin d'obtenir exactement le produit que j'ai en tête. Cette approche me semble plus "saine". Ce que je veux dire c'est que j'imagine qu'il est très dangereux de s'autoéditer "par défaut". Mais que ce n'est pas systématique. Et que dans tous les cas ce n'est pas l'auteur qui doit aimer son jeu, mais les joueurs (et surtout pas les "copains" qui sont toujours prêts à faire plaisir).
ou 3) je m'auto-édite parce que je veux diffuser mon jeu sous un mode différent et/ou avec des intervenants différents et/ou en le finançant différemment... bref en éditant différemment et pas seulement pour une question de qualité
pour ta dernière remarque c évident, j'veux dire plus personne n'a besoin d'en parler tellement on sait tous que faire tester quelque chose par ses copains est complètement erroné, déjà parce que si c tes copains y'a de fortes chances qu'ils aient les mm goûts que toi, bref j'veux dire c mm plus un conseil ça, tout le monde le sait.
Maintenant il serait intéressant d'avoir de vrais conseils sur le reste de l'édition, des chiffres, les directions du marché, les attentes, les stats, les erreurs industrielles ... mais là je rêve debout, c'est leur business, on va pas le savoir ^^
maczy dit:Maintenant il serait intéressant d'avoir de vrais conseils sur le reste de l'édition, des chiffres, les directions du marché, les attentes, les stats, les erreurs industrielles ... mais là je rêve debout, c'est leur business, on va pas le savoir ^^
Tu peux aussi vouloir t'auto-éditer pour justement sortir de la logique de marché aka faire le produit que tu veux plutôt que celui qui est censé marcher...
Ce qui me fait nuancer le 1) de fred henry : "je m'auto-édite parce qu'aucun éditeur n'a voulu de mon jeu"
a-aucun éditeur n'a voulu de mon jeu car il est mauvais. --> ne s'auto-éditer sous aucun prétexte. b-aucun éditeur n'a voulu de mon jeu car il ne "colle" pas au marché. --> s'auto-éditer si on est très motivé et qu'on a conscience de "d" c-aucun éditeur n'a voulu de mon jeu car il est mauvais et ne "colle" pas au marché. --> absolument s'auto-éditer, si possible en empruntant un maximum d'argent pour ce faire. d-aucun éditeur n'a voulu de mon jeu car il est mauvais mais on m'a poliment répondu qu'il ne collait pas au marché histoire de ne pas me vexer. --> obiwan kenoby
Pour le C je conseillerais plutôt de ne s’aventurer que sur des fonds propres qu’on peut se permettre de perdre. Parce que si ca ne se vend pas, bonjour les pâtes et le haché pendant 5 ans (voire la rue pour certains insensés)
cernunnos dit: b-aucun éditeur n'a voulu de mon jeu car il ne "colle" pas au marché. --> s'auto-éditer si on est très motivé et qu'on a conscience de "d"
Oui tout à fait d'accord, j'ai écrit ça un peu dans la précipitation. Je pense qu'en effet il y a beaucoup de raisons pertinentes de s'autoéditer. Et que finalement, la seule véritable mauvaise raison c'est de le faire entièrement par défaut.