J’ai envie de vous parler de ce jeu car je me rends compte qu’il est passé complètement inaperçu (je suis le seul à l’avoir évoqué dans un message de mes découvertes d’octobre 2025, et je ne trouve aucune occurrence non plus sous son nom original Flower Fields). Attention, ce n’est clairement pas un grand jeu, mais nous en avions reçu une copie au club pour notre festival et il a beaucoup de succès chez nous, et je pense qu’il pourrait également plaire à certains ici.
De quoi il s’agit
Bee Garden est un jeu italien pour 1 à 4 joueurs créé par 2 Luca : Bellini et Borsa. Il a été édité en 2024 par Horrible Guilds et localisé en français par l’éditeur belge Haumea Games dont je n’avais jamais entendu parler. Il est mignonnement illustré par Fabio Frencl.
En quoi ça consiste
Bee Garden est un jeu (très) familial de polyominos. Le but va être de placer des tuiles dans notre petit jardin, en essayant de créer les plus grandes zones adjacentes de fleurs identiques et de les peupler d’abeilles pour marquer des points en fin de partie. On marque également des points pour chaque ligne et colonne que l’on parvient à compléter.
Vous noterez les “beeples” trop mimi sans lesquelles le jeu perdrait la moitié de son intérêt.
Comment on joue
C’est assez classique. Les tuiles disponibles sont placées en cercle façon Patchwork. À son tour, le joueur actif peut prendre gratuitement la première tuile (celle qui se trouve après le soleil), ou une autre en plaçant une abeille sur chaque tuile sautée (et évidemment s’il y a déjà des abeilles sur une tuile, il les récupère ; classique, je disais).
Puis le joueur pose la tuile sur son plateau, en commençant par le bas, puis par la suite adjacente à une tuile déjà posée. L’adjacence des couleurs n’est pas obligatoire mais conseillée, puisque c’est seulement la région la plus étendue de chaque couleur qui rapportera des points en fin de partie.
Si la tuile affiche un emplacement pour une abeille, on peut immédiatement poser dessus une abeille de notre réserve. Mais il faut également payer une abeille par autre abeille déjà présente dans la région à ce moment-là.
D’autres actions sont possibles :
- Prendre une mini-tuile de taille 2 sur le mini-plateau central en payant 2 abeilles (ces tuiles contiennent toujours un emplacement pour une abeille)
- Récupérer 2 abeilles sur le plateau central
- Placer une abeille sur un emplacement que nous avions laissé vide précédemment (en respectant les coûts)
Quand tous les polyominos disponibles ont été récupérés, la manche se termine. À ce moment-là, les joueurs vont gagner un revenu : le nombre de ruches présentes dans leur jardin (pré-imprimées ou sur les tuiles récupérées) moins le nombre de toiles d’araignées pré-imprimées visibles.
On renouvelles les tuiles (ainsi que les mini-tuiles) et c’est reparti pour un tour.
Et comment on gagne
Après 3 tours, c’est la fin de partie.
Pour chacune des couleurs (bleu, rouge, jaune), chaque joueur marque le nombre de zones de la région multiplié par le nombre d’abeilles.
Cette notion de zone n’est pas très claire au début, une zone est en fait un rectangle fermé.

S’ils sont adjacents, les jardins préimprimés sur le plateau vont compter comme faisant partie de la région. Donc on va essayer de les intégrer à nos plus grandes régions. Mais ils peuvent tout aussi bien être écrasés par une tuile s’ils ne nous servent pas.
Pour la plus grande région blanche, c’est différent, on va simplement compter le nombre de zones dans la région. Elle rapporte généralement moins de points, mais les zones blanches contiennent parfois des ruches qui nous donnent des abeilles en revenu.
Et enfin, chaque ligne ou colonne complète (en tenant compte des zones pré-imprimées) nous rapporte 5 points.
Pourquoi j’en parle
J’aime bien les polyominos, mais je trouve en général que c’est un type de jeu qui se renouvelle assez peu d’une partie à l’autre, et je finis par me lasser après quelques parties. Ce qui fait qu’à ce jour, je n’en ai aucun de ma ludothèque. J’ai emprunté le jeu pour faire plaisir à ma partenaire (parce qu’elle le trouvait “@krrro mignon”), mais après quelques parties j’ai été étonné de constater qu’il sait conserver un certain intérêt.
D’une part parce qu’il y a plusieurs façons de jouer en fonction des tuiles disponibles : faire une grande zone d’une seule couleur et ignorer les autres (stratégie peut-être la plus lucratives mais qui coûte cher en abeilles et nous rend dépendant du tirage), favoriser la complétion de notre plateau pour marquer des points via les lignes et colonnes, ou suivre une approche équilibrée entre les différentes couleurs.
Ensuite (et surtout) parce que je me suis rendu compte de quelques subtilités qui m’ont agréablement surprises dans un jeu de cet acabit :
- prendre des abeilles au milieu est plutôt une action sous-optimale, mais parfois ça peut être une bonne manière pour temporiser (attendre que l’adversaire achète des tuiles pour nous rapprocher d’une tuile qui nous intéresse particulièrement) tout en préparant les tours suivants ;
- parfois il peut être intéressant d’ajouter des abeilles dans 2 zones différentes de même couleur car c’est moins cher, pour ensuite les relier ensemble plus tard dans la partie ;
- à première vue, les mini-tuiles sont un moyen facile pour ajouter une abeille dans une région, mais elles peuvent aussi simplement servir à compléter une ligne/colonne ou à relier 2 régions entre elles ;
- les mini-tuiles étant en nombre limité (4 de chaque couleur sauf blanc, et elles sortiront toutes au cours de la partie), il est conseillé de les compter si on pense avoir besoin d’une certaine couleur à un moment de la partie ; il devient aussi possible d’acheter volontairement celle dont un adversaire pourrait avoir besoin (par exemple si pour nous elle va juste servir à compléter une ligne/colonne).
Ce sont ces petites astuces qui m’ont fait me dire que malgré tout le jeu méritait qu’on parle un minimum de lui. Je pense qu’il pourra plaire aux amateurs de jeux plutôt familiaux avec une belle présence sur table (je songe à @antoinette @patishou @kibitzer). Mais ne vous attendez pas non plus à tomber de votre chaise devant tant d’originalité !




