Classes Prépas - droits d'inscription

Tan nimac dit:
le nombre de candidat coïncidait avec les places dispos, donc pas de réelle sélection

Effectivement, ça règle le problème de la sélection...


En tous cas, à Valenciennes, une ville de province pas particulièrement favorisée dans son ensemble (quoique comme toute grande ville du Nord, il y a toujours un noyau dur bourgeois assez solide), les prépas peinent à remplir leurs classes et ferment les unes après les autres. Après, il y a aussi des raisons démographiques et un désamour général pour les matières scientifiques (c'est vrai pour toutes les filières scientifiques, DUT, Facs et écoles en 5 ans comprises).

Juste quelques mots émanant d’un prof de prépa (j’avais loupé ce sujet).

Sur la réforme elle-même, elle est clairement symbolique : les sommes en jeu sont ridicules. Elle contribuera juste à freiner un peu plus les vocations à aller en prépa par rapport aux BTS et aux IUT (autres excellentes formations, je le précise).



Pour le reste…

* Les étudiants en prépa payent déjà plusieurs centaines d’euros de frais d’inscription aux concours. Dans cette mesure, il est faux de dire que la prépa, c’était gratuit avant.

* Dans le même ordre d’idée, la grosse majorité des étudiants de prépa ont une inscription parallèle à la fac pour pouvoir poursuivre leurs études en cas d’échec. Pour eux, ce sera double tarif.

* La prépa, formation d’élite… pour penser cela, il faut n’avoir en tête que les grands bahuts parisiens et leurs cousins dans les grandes villes de province. Venez dans ma classe, vous verrez les vrais étudiants de prépa, et vous verrez que ce sont les mêmes que dans toutes les autres filières du supérieur. À ce jour, la prépa est déjà un enseignement de masse, et les directives ministérielles sont très claires : remplir au maximum les classes pour amplifier ce phénomène. D’ailleurs, en sciences dures, il y a déjà plus d’étudiants en prépa qu’en fac.

* Le recrutement : dans mon bahut, les étudiants rentrent avec 10-11 de moyenne en maths et physique, et hormis quelques gros bahuts, c’est la norme. Pour avoir participé maintes fois aux sélections de dossiers, le lycée d’origine n’intervient pas dans les critères de sélection : on tient compte quasi exclusivement des appréciations des collègues de terminale. Pour finir sur cette question, le vrai problème est que des jeunes gens issus de milieux sociaux et/ou culturels pauvres n’osent même pas tenter leur chance en envoyant leurs dossiers. Je vais quelquefois (et j’envisage d’aller de plus en plus régulièrement) dans des établissements de banlieue pas reluisants pour rencontrer ces jeunes et leur dire que leur place est dans ma classe autant que n’importe qui du moment qu’ils sont motivés (et pas complètement largués en maths-physique, évidemment, mais 10-11, c’est pas demander la lune).

* À l’arrivée, il y a plus de places proposées en écoles que de candidats, donc tout le monde trouve sa place. Là encore, penser que le système des concours est hyper sélectif, c’est ne voir les grandes écoles qu’à travers le trio X - Centrale - Mines et quelques autres de cet acabit. Exemple type : le post de Krka qui se fonde sur les taux d’intégration à Polytechnique pour recenser les meilleures prépas de France, c’est-à-dire en gros sur ce qui se fait de moins représentatif.

* La prépa comme facteur de discrimination sociale : complètement absurde. Ces inégalités se jouent très largement avant. La prépa ne les crée pas, elle en hérite, et fait même plutôt mieux que le lycée dans ce domaine. J’ai accumulé suffisamment d’exemples pour dire que la prépa comme ascenseur social, ce n’est pas un mythe. Même si on voudrait tous qu’il fonctionne mieux, c’est en ce sens un système qui fonctionne déjà pas si mal.

* Les prépas, ça coûte cher à l’état ? Si on ne regarde que le prix déboursé par étudiant, certainement. Si on rapporte cela au taux de réussite, c’est complètement faux. La prépa fonctionne grâce à un encadrement très fort des étudiants : l’argent ne part pas en fumée, il sert à la réussite des études de jeunes gens qui paieront leurs impôts en France.

* À ce sujet, la fuite des élites, c’est encore le tout petit bout de la lorgnette. Ça ne concerne que les diplômés des très très grandes écoles. Et surtout, ça n’a rien à voir avec le système des prépas…



N’hésitez pas à me poser des questions si vous en avez.

Tiens, moi j’enseigne en IUT, qui propose aussi un fort encadrement (plus de cours/td/tp en 2 ans de DUT info qu’en 3 ans de licence), et je fais à peu près le même diagnostic que Grolapinos. Dans notre IUT, il n’y a plus de sélection à proprement parler. On élimine juste des dossiers pour lesquels on a une quasi-certitude (délicate à forger) que l’étudiant n’a pas les bases ou la motivation pour réussir ses études (c’est peut être moins vrai pour les grandes villes étudiantes attractives, mais sans doute pas de beaucoup). Arbitrairement, un élève avec 10 de moyenne générale en terminale et 10 de moyenne et maths est sûr de pouvoir venir chez nous.

Après, je suis peut-être un peu utopiste concernant l’encadrement, j’ai tendance à penser qu’un étudiant sérieux, motivé et mature ne devrait pas en avoir besoin, et aurait alors plus l’occasion de s’épanouir avec un encadrement plus faible, plutôt que de se laisser porter par les profs et les examens. Enfin, c’est HS, ça.

Pour la discrimination sociale… Nous on se base sur les notes et les appréciations de terminale. Si les élèves défavorisés ont de moins bons résultats au lycée que les autres, autres, ça ne vient pas des établissements d’enseignement supérieur.

scand1sk dit:un étudiant sérieux, motivé et mature


Ça existe ces choses-là ??? :shock:

Plus sérieusement, c'est justement parce qu'un jeune de 18-19 ans n'est, sauf accident, jamais suffisamment mature, qu'il est beaucoup plus facile de se casser la gueule à la fac (où si tu ne te prends pas en main, personne n'est là pour te rappeler que tu prépares ton avenir) qu'en prépa (ou en IUT, effectivement).

Revers de la médaille : on infantilise un peu tous ces jeunes gens. Mais en général, je les vois passer de l'adolescence à l'âge adulte entre septembre et janvier de leur deuxième année.
grolapinos dit:Revers de la médaille : on infantilise un peu tous ces jeunes gens. Mais en général, je les vois passer de l'adolescence à l'âge adulte entre septembre et janvier de leur deuxième année.


Oui voilà, c'est ce que je disais en fin de paragraphe. Ce qui est triste c'est que chez nous, janvier de la deuxième année, c'est pratiquement terminé (avec un 4e semestre composé uniquement de matières optionnelles, projets et stages), du coup j'ai rarement l'impression d'enseigner à des adultes :'(

Ce qui est plus gênant, c'est que j'ai l'impression que les lycées et plus généralement les politiques éducatives dans le secondaire encouragent cette infantilisation en déresponsabilisant de plus en plus les élèves, en les guidant littéralement par la main vers un Bac dont ils ne savent que faire. Pour reparler des admissions, ici on convoque en entretien chaque candidat qui s'inscrit chez nous sur Post-Bac. Je suis atterré par le nombre de jeunes qui viennent nous voir sur un simple mot du conseiller d'orientation, sur la simple base d'une proximité géographique, sans même s'être renseignés sur les débouchés et les programmes de la formation… Qui se figurent que l'objectif est d'entrer dans l'IUT et non pas d'en sortir… Ici, on a une majorité dans ce cas de figure !
scand1sk dit:...


Totalement exact. C'est pareil en prépa.

@Grolapinos & scand1sk : merci de vos éclairages fort interessant

A mes yeux, c’est un peu le bordel :

- Les étudiants en classe prépas qui “ratent” finissent en petite école d’ingénieur (voire école privée) avec des enseignants pas toujours au top. Ces élèves manquent cruellement en fac aujourd’hui. La situation est est de plus en plus compliqué dans les masters scientifiques “normaux” (baisse des effectifs, baisse du niveau d’exigence).

- En revanche, les meilleurs (X/ENS) sont de plus en plus forts à 23 ans. À tel point que c’est de plus en plus la bataille pour les avoir (grosses boites, thèses diverses en France ou non). Pour la petite histoire, Stanford a annoncé non officiellement être prêt à accepter sans limitation de nombre tout étudiant venant de l’X et lance officiellement un programme dédié en Septembre 2013 (au sein du programme Stanford Ignite).

Au milieu, je ne sais pas… les classes prépas sont une formation d’élite sélectionnant ses étudiants. La majeure partie de son succès repose sur cette sélection. Pour la fac il reste et les autres… et là même en encadrant bien (ce qui n’est pas le cas) des personnes ayant moins de 12 au bac en sciences, il ne faut pas rêver cela ne va pas bien loin (en moyenne).

Les écoles de second rang (Mines, Telecom, Centrale, Supélec…) ont une très forte culture industrielle (et d’excellents réseaux). Les jeunes vont souvent directement dans le privé. En caricaturant, je dirais après 3 ans de fêtes et autres beuveries ils se rangent avec un niveau de savoir sensiblement identique à celui d’entrée à l’école. Le système LMD tend cependant à faire un peu évoluer les choses. Le terme “second rang” est mal choisi dans la mesure ou certain éléments de ces écoles ont d’excellentes aptitudes à la recherche mais n’y sont souvent que peu encouragés.


En première et seconde année à la fac, c’est devenu l’horreur. Choix par défaut du plus grand nombre des étudiants présents… en gros ils ont été refusés partout ailleurs. Malheur pour eux il s’agit de la voie offrant le moins d’encadrement et ou les profs n’ont que peu à faire de leur réussite. En effet, un enseignant de fac est évalué très majoritairement sur ses résultats en recherche et non en enseignement. Curieusement (ou pas) le taux d’échec de ces filières est élevé.

Le bonus : pas de RMI avant 25 ans ce qui fait qu’un certain nombre de personnes sont inscrites en fac juste pour toucher une “bourse d’études”. Evidemment on les voit pas beaucoup sauf aux exams… et encore s’ils savaient que la commission n’annule quasiment jamais la bourse même en cas d’absence… Par contre pour les statistiques leurs résultats font tâche.

Bref, je n’ai pas de solution. Fondamentalement je suis pour une certaine forme de sélection. Celle opérée par la prépa est peut-être un peu trop brutale et concentrée (dans le temps et les méthodes). Cela reste néanmoins une excellente formation pour qui est capable de suivre. Que cela soit rapproché des université me semble une bonne chose, mais il y a tant d’obstacles que je ne suis pas certain de voir cela avant mon éventuelle retraite. En tout cas c’est quasi unique dans le monde.

Alors le coup des frais d’inscription, cela me parait que telle goutte d’eau dans ce boxon que cela me navre…

Encore une fois, la sélection à l’entrée en prépa, c’est restreint à un très petit nombre de bahuts. Toute personne présentant son dossier dans ma prépa avec un niveau tout juste passable est admis. Il faut vraiment que les dossiers soient indigents pour être refusés. Ce sont en général des dossiers de gens qui n’auront pas le bac (d’ailleurs, tous les ans, on accepte en prépa des gens qui finalement ne viennent pas parce qu’ils n’ont pas le bac).

Les petites écoles, c’est très variable. Pas mal se spécialisent et sont choisies pour ça, et les gens qui en sortent ont un bon niveau dans leur domaine. Ça ne fait pas des ingénieurs aussi polyvalents que ceux qui sortent des plus prestigieuses, mais ils ne sont pas à la rue. Ceux qui se retrouvent mal formés sont souvent des étudiants qui, en plus de ne rien foutre en prépa, ont également bâclé leur fiche de voeux et ont passé leurs années d’école à picoler. C’est hélas assez fréquent malgré tout.

Quant à classer les Mines, Telecom ou Centrale dans la catégorie “école de seconde zone”, je suis carrément sidéré :shock: Une école comme les Ponts est réputée pour être une des meilleures formations en finance du monde, par exemple, Telecom ou Supelec pour leur formation en informatique théorique, les Mines pour ses débouchés dans la recherche… Aujourd’hui, il n’y a pas tant d’écoles que ça ayant une “très forte culture industrielle”, l’archétype d’une telle école étant les Arts et Métiers (qui produit aussi de nombreux chercheurs en sciences appliquées). Bref, désolé, mais ta vision des choses est assez fausse, du moins en ce qui concerne les prépas. Pour la fac, ton point de vue me paraît en revanche tout à fait fondé.

J’enseigne dans une petite école publique d’ingénieurs (une de celles dont les profs ne sont pas toujours au top ;) ) avec deux canaux de recrutement équivalents en terme de places :
- sur concours, donc des étudiants de prépas
- sur dossier : des IUT très majoritairement et quelques licence 2 (ou 3)

Pour être honnête, la problématique d’une école comme la mienne n’est pas la sélection des meilleurs candidats, mais l’attractivité parce qu’il nous faut des effectifs pour survivre aussi bien au niveau national (rapports avec le ministère, nombre de places au concours, réputation…) que local (rapports avec notre université de rattachement).
On descend assez bas dans le concours et un élève admis à l’entretien de recrutement est déjà de fait admis tout court. Ces oraux ne sont là que pour éviter quelques rares cas pathologiques et convaincre les candidats de venir chez nous plutôt qu’ailleurs.
On est plus sélectif sur les IUT (parce que dès que ça devient théorique, ils morflent…) sachant qu’on recrute surtout dans les IUTs proches, avec qui on entretient de bons rapports : les profs nous connaissent et voire même nous recommandent des élèves, les étudiants ont leur petit réseau d’une année sur l’autre et ils savent que pour les bons, c’est la possibilité d’une poursuite à BAC+5.

Ce que décrit grolapinos sur les élèves recrutés avec un dossier passable est une catastrophe parce qu’on fait la même chose quand on recrute à la sortie de prépas, puis pour permettre les passages d’une année sur l’autre.
Je l’avoue, il y a une toute petite proportion d’élèves dont le diplôme me fait encore littéralement honte des années après.


De mon point de vue, probablement biaisé par mon propre cursus, mon expérience d’enseignant et le fait que j’enseigne une matière appliquée, je trouve que les classes prépas (scientifiques) telles qu’elles sont, sont une aberration.

Le système fait croire qu’il est bâti autour des très grandes écoles (ENS, Ponts, X, etc.), alors que dans la réalité, il s’agit de l’accès à des petites écoles moins prestigieuses pour des dizaines de milliers d’'étudiants par an.

Le système devrait être bâtis autour de ceux qui veulent une bonne formation professionnalisante à BAC+5, et pour ceux là l’IUT devraient être la voie royale.
“Mes” IUT ont vraiment un profil que j’adore : l’esprit pratique, capables de mettre la main dans le cambouis et de travailler en groupe, conscient du milieu industriel, déjà spécialisés… Et ce sont les “bons”, ceux qui ont su faire la différence en IUT en étant un peu plus motivés, un peu plus bosseurs et un peu plus rapides à la comprenette que leurs condisciples.

Les prépas, c’est un peu l’inverse surtout qu’ils ont tendance à penser (à raison…) que l’entrée dans une école était l’objectif à atteindre et qu’il seront diplômés même en faisant 3 ans en roue libre ou presque.

(fumble)

Roswell dit:...
De mon point de vue, probablement biaisé par mon propre cursus, mon expérience d'enseignant et le fait que j'enseigne une matière appliquée, je trouve que les classes prépas (scientifiques) telles qu'elles sont, sont une aberration.
....


Oui, parce qu'excessif, non, parce que quand on recrute un ingénieur, on recrute quelqu'un capable d'apprendre et de comprendre vite, ayant une culture scientifique, des capacités de raisonnement fiable etc... Les maths et la physique sont de bonnes écoles.
Le contenu des matières appliquées seront obsolète rapidement, alors que la capacité à apprendre, à se remettre en cause, cela sera toujours nécessaire. Les matieres pratiques sont utiles dans le cursus d'un igné, pour lui mettre le pied a l'étrier lors de ses 5 à 10 premieres années, mais ce n'est pas suffisant pour former un ingénieur.

Il y a aussi d'excellentes écoles d ingénieurs qui ne recrute pas principalement en classe prépa, mais qui ont des prépas intégrées (Insa lyon par exemple) qui ne sont pas des sinécures.

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Depuis que j'ai été formé, le nombre d'ingénieurs diplômés qui sort tout les ans a été au moins multiplié par plus de 3, peut etre 10. A mon époque, avec 10 ou 11 au bac, tu n'étais pas forcément pris... Non pas en prépa, mais en iut !

Je suis maintenant amené a recruter.
Contre vents et marées, même si ce n'est pas forcément à la mode, quand je peux prendre un débutant, je prend.

Mais c'est de plus en plus catastrophique, risqué !
Il y a 15, / 20 ans et avant, le seul risque avec un ingénieur débutant et sauf exception, c'était de savoir s'il allait mettre un mois ou deux avant d'apporter sa pierre a l'édifice. L'enjeu du recrutement était de savoir non pas s'il avait un minimum d'intelligence technique et scientifique, mais s'il allait bien s'intégrer. Maintenant, le minimum d'intelligence technique et scientifique, le minimum de culture, de sens critique, de curiosité n'est plus acquis.

Maintenant, je me retrouve avec des gens que je ne peux pas garder parce qu'au bout de 6 mois ils n'ont pas acquis un savoir faire relativement simple. Quelque chose qu'une maitrise apprenait en 2 mois au plus il y a une quinzaine d'années.

Avec des stagiaires ingénieur, j'ai eu des expériences attristante, un manque de curiosité, d'imagination... Le type est en école d'ingé et bâcle un sujet de veille techno pour aller bosser comme magasinier parce que ses potes de lycée y sont ! Et bien qu'il y aille... Et ne revienne plus me voir.

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Bref, donner un diplome d'ingé à plus en plus de monde, cela ne forme pas de plus en plus d'ingés, cela forme de plus en plus mal de de plus en plus mauvais techniciens. Cela complique le role du recruteur.

Cela n'empeche bien sur que, de temps en temps, on tombe sur sur des mecs bien... Ils sont toujours là.

Mais, d'apres mon expérience, je recrute depuis 1988, le diplome d'ingé est de moins en moins significatif d'une tête bien faite.

Quand je lit qu'on entre en prépa avec 10 ou 11 en matière scientifique et qu'il y a de la place pour tous en école d'ingés, c'est normal.


C'est une escroquerie.
Pour ceux qui pense que les jeunes sont mieux formés, pour les recruteurs, pour ceux qui sont vraiment bons et se retrouvent avec un diplôme au rabais parce qu'il a fallu 'remplir les bancs de l'école".

:evil: :(

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On en arrive en tout cas a un constat simple, à mon avis : ce n'est pas la formation qui fait que quelqu'un a les capacités qu'on attend d'un ingé. C'est l'individu lui même, ou tout ce qui c'est passé avant.

La plus importante des valeurs ajoutées qu'avaient les écoles d'ingés, c'était leur savoir faire en recrutement, et elles l'ont perdu.
jmguiche dit:
C'est une escroquerie.
Pour ceux qui pense que les jeunes sont mieux formés, pour les recruteurs, pour ceux qui sont vraiment bons et se retrouvent avec un diplôme au rabais parce qu'il a fallu 'remplir les bancs de l'école".

Oui et non.

Bien sûr, la situation n'a rien de vertueuse. Mais elle est entretenue par le fait que chacun y trouve son intérêt.

Les élèves moyens bien sûr, qui à titre individuel préfèrent avoir la chance d’accéder à un diplôme d'ingénieur, même si il a perdu de son prestige. C'est toujours mieux que de se voir fermer la porte.

Les très bons élèves se distinguent avec des cursus d'exception : très grandes écoles et/ou poursuite en thèse. Depuis 2-3 ans, on voit aussi de plus en plus d'élèves qui tentent un changement d'école en cours de cursus.

Les écoles, je l'ai déjà dit, parce qu'en augmentant leurs propres effectifs, elles se renforcent vis à vis des autres formations, peuvent recruter du personnel, augmenter la masse critique des labos, permettre des évolution de carrière.. (enfin c'est beaucoup moins vrai aujourd'hui)

Les recruteurs, enfin, ce sont eux qui forment le gros des extérieurs de la très honorable et très redoutée CTI, commission des titres d'ingénieurs qui audite et accrédite les écoles à intervalle régulier.
Je crois que quelque part, ils s’accommodent bien d'un diplôme à deux vitesses qui ne dit pas son nom : les ingénieurs des grandes écoles (excellence, réseau, salaire..) et les ingénieurs ordinaires (bons techniciens, sur qui on peut faire jouer la pression de l’emploi).


Attention, je ne défends pas ce qui est probablement une dérive. Mais je comprends pourquoi pas grand monde ne s'en émeut.
Roswell dit:...
Attention, je ne défends pas ce qui est probablement une dérive. Mais je comprends pourquoi pas grand monde ne s'en émeut.


Cela ne concerne pas grand monde en fait.

Mais c'est la fin d'une "exception française" qui avait une certaine qualité.

Personnellement, je pense que "pousser un maximum ceux qui ont une chance d'apporter un max à l'avenir", ca fait sens. Les reconnaitre aussi.

Bon, maintenant qu'un bon tiers (au pif) des ingés de bonnes écoles va faire de la finance ça vaut plus le cout en effet.
Auri sacra fames. Virgiles... Déjà.
(attention, sacra est un faux ami)

Même si je suis passé par là, je suis un peu critique sur les formations d’ingénieur. J’ai l’impression qu’elles sont plus efficaces pour sélectionner leurs étudiants que pour les former, même si elles proposent une formation généraliste qui peut être intéressante pour un métier d’encadrement. Elles ont un bon taux d’embauche qui vient au moins autant de leurs réseaux que des compétences des étudiants formés. Je ne trouve pas ça très sain au final : on a de bons cadres, et à côté de ça des techno/scientifiques moyens (parce que vont en Master essentiellement ceux qui n’ont pas été sélectionnés par les écoles d’ingénieurs)… Je me demande si le retard qu’a la France dans le domaine du high-tech n’est pas lié à ça.

Pour caricaturer, il n’y a que l’ENS qui est parvenue à allier la sélection des écoles avec une qualité de formation scientifique vraiment pointue, mais là c’est vraiment trop théorique pour avoir des retombées économiques à court terme, et à ce moment là les connaissances ont largement eu le temps de se répandre à l’international.

scand1sk dit:Même si je suis passé par là, je suis un peu critique sur les formations d'ingénieur. J'ai l'impression qu'elles sont plus efficaces pour sélectionner leurs étudiants que pour les former, même si elles proposent une formation généraliste qui peut être intéressante pour un métier d'encadrement. Elles ont un bon taux d'embauche qui vient au moins autant de leurs réseaux que des compétences des étudiants formés. Je ne trouve pas ça très sain au final : on a de bons cadres, et à côté de ça des techno/scientifiques moyens (parce que vont en Master essentiellement ceux qui n'ont pas été sélectionnés par les écoles d'ingénieurs)… Je me demande si le retard qu'a la France dans le domaine du high-tech n'est pas lié à ça.
Pour caricaturer, il n'y a que l'ENS qui est parvenue à allier la sélection des écoles avec une qualité de formation scientifique vraiment pointue, mais là c'est vraiment trop théorique pour avoir des retombées économiques à court terme, et à ce moment là les connaissances ont largement eu le temps de se répandre à l'international.

Le phénomène des réseaux pour trouver un job, ce n'est pas la majorité.
La formation d'ingénieur prépare à bien des choses, mais pas a l'encadrement. Même que ça manque. Mais est il vraiment possible de former à ça ?
S'il y a retard de la high tech en France c'est a mon avis plus lié au fait qu'on gagne mieux sa vie en faisant un boulot de "commercial" ou de "manager" ou de "financier" plutôt qu'un travail "d'ingénieur".

Et en effet, c'est le recrutement qui fait tout ou presque : l'enseignement, la formation, apporte le savoir, mais faire quelque chose de ce savoir, faire preuve d'imagination et de créativité ne s'enseigne pas. C'est l'individu qui l'apporte.
jmguiche dit:
Roswell dit:...
Attention, je ne défends pas ce qui est probablement une dérive. Mais je comprends pourquoi pas grand monde ne s'en émeut.

Cela ne concerne pas grand monde en fait.
Mais c'est la fin d'une "exception française" qui avait une certaine qualité.
Personnellement, je pense que "pousser un maximum ceux qui ont une chance d'apporter un max à l'avenir", ca fait sens. Les reconnaitre aussi.
Bon, maintenant qu'un bon tiers (au pif) des ingés de bonnes écoles va faire de la finance ça vaut plus le cout en effet.
Auri sacra fames. Virgiles... Déjà.
(attention, sacra est un faux ami)


enfin juste pour dire
les pays de l'est certain dont la bulgarie ont un systeme de selection qui commence tôt qui a parmis a des millier de personne de l'est de partir dès le bac faire des études dans un pays etranger en étant totalement bilingue , et de revenir ou pas avec un bac plus 5 de lettre d'economie , ou autre chose , le tout sans selection par l'argent

, depuis la France fiere de son succès a echangé de l'argent contre l'abondon de ses pratiques, certainement une tentative de l'état de remonter son classement mondial en terme d'éducation, ou d'éliminer la concurence , raté on ne fait que regresser

quand a empècher la plebe de sortir de sa caste , c'est assez logique au vu de certaine personne présente ici, et de nos élu.

J’ai un pote qui a fait une école d’ingé. Ce n’est pas un très bon élève à la base, il vient d’un bac techno, mais il est bosseur et a une tête bien faite.
J’ai un autre pote qui a juste fait un BTS, lui venait d’un bac S avec 18 en maths au bac.
Les deux ont fait un cursus en informatique.
Le premier est développeur, le second architecte.
Le second gagne aujourd’hui 5k€ de plus par an que le premier.

Les recruteurs s’adaptent à la nouvelle donne.

jmguiche dit:
Le phénomène des réseaux pour trouver un job, ce n'est pas la majorité.
La formation d'ingénieur prépare à bien des choses, mais pas a l'encadrement. Même que ça manque. Mais est il vraiment possible de former à ça ?


Ca me semble possible (enfin je l'espère parce que je me dirige gentiment vers ce domaine là).
Plus sérieusement, il me semble difficile d'avoir une formation théorique d'encadrement/management en amont du poste de cadre (quelque soit le domaine d'encadrement).
Par contre, mettre en place des accompagnements formatifs continus des cadres pour justement les aider à comprendre les enjeux liés à la dynamique des groupes notamment, ça ne me semble ni impossible ni farfelu. (ca existe déjà un peu mais pas vraiment, à ma connaissance de manière institutionnalisé dans les entreprises, fonction publique...).