Connaissez-vous l'ANR Rhétolud?

Alors voilà, je suis, malgré mon âge, un tout jeunot dans le domaine des jeux de sociétés modernes et je mesure au fil de mes promenades sur ce forum ô combien je suis ignare et béotien des codes utilisés pour définir tel ou tel jeu, un vocabulaire que je ne maîtrise absolument pas et malheureusement je n’ai pas trouvé de glossaire adapté pour faire la lumière dans tout ça.

Et donc je suis parti à la recherche d’informations pour comprendre et aussi apprendre. Vous me direz sans doute que ce n’est pas bien sorcier de différencier un eurogame marronasse d’un ameritrash, je veux bien vous croire. Mais je ne suis pas doué.

Aussi, je suis tombé sur un site qui s’appelle ludoscope.hypotheses.org sur lequel s’étale le savoir universitaire d’une unité de recherche basée à Montpellier, d’après ce que j’ai pu comprendre.

Sur ce site, le jeu, c’est du sérieux. Je me suis dit: chouette, creusons plus loin. Et j’arrive sur un séminaire en vidéo sur le sujet suivant : Mécaniques de jeu pour représenter les socio ecosystèmes et en sous titre : Des clefs pour concevoir des jeux sérieux. Bigre.

Honnêtement, je n’ai pas du tout le niveau pour suivre ces discutions mais il y a un ouvrage éponyme au titre du séminaire, d’environ 300 pages en ligne que j’ai commencé à lire, disons dans les grandes lignes. Et à partir de la page 220, environ s’en suit une longue liste de jeux de société cités en exemple avec classification et une sorte de glissaire pour identifier les catégories pour y classer les jeux.

Ma question est la suivante : connaissez-vous l’ANR Rhétholud ? Quel est son degré de pertinence dans le domaine du jeu de société et des professionnels du secteur y sont-ils investi ?

Ce serait en fait juste pour savoir si je n’ai pas pardu mon temps :wink:

Merci :slight_smile:

Jamais entendu parler pour ma part. Je vais jeter un œil.

Y a un h de trop :grin:

Le projet lui-même tente de poser une transposition de la rhétorique procédurale des jeux vidéos au média des jeux de société en partant sur les aspects sociaux et des interactions des jeux de société (donc pas les solos). Donc, ils tentent de créer un vocable commun entre les pans de la recherche, du professionnel et du grand public, donc il n’y a pas encore ni de degré de pertinence, puisque c’est en cours d’élaboration, ni d’investissement du secteur professionnel.

Tu ne perds pas ton temps, mais tu es possiblement en avance. Mais sur un aspect délicat du jeu de société, à savoir les messages qu’il porterait au travers de ses mécaniques (donc un peu comme le sujet d’il y a quelque temps sur le caractère politique du jeu de société, mais ici confiné au système/mécanismes (donc pas au thème directement par exemple, mais à la mécanique appliquée dans un thème (quelle récompense à faire ci ou ça)).

C’est intéressant pour la curiosité, mais ça ne fait pas référence pour l’heure. Et même si ça atteint un statut de référence, il est très rare qu’une ontologie puisse être manipulée par des groupes distincts aux préoccupations et priorités distinctes : un éditeur veut (souvent) un jeu qui se vendra et pas un jeu qui change/éduque la société.

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Merci beaucoup. Désolé pour les fautes, je suis dyslexique et je fais de mon mieux.

Je crois comprendre la démarche. Cependant, il existe des jeux qui répondent au moins en partie aux mécanismes qui labélisent un jeu sérieux et qui ont du succès : je pense surtout à Ark Nova et son double système de “scorage” qui récompense celui qui a le plus maintenu l’équilibre entre l’expansion de son zoo et les investissements en recherche et en protection de la faune.

Ca tombe bien, Ark Nova est un jeu qui m’a impressionné justement par sa richesse. Mais qu’est ce qu’il est cher !

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Oui, c’est la limite de l’étude.

Cette recherche du sens, du message transmis de l’auteur au joueur est peut être une chasse au Dahu.

Les réactions au pamphlet déjà oublié sur « le jeu c’est politique », quand il y en avait, sont assez significatives. Je n’ai vu aucun auteur important prendre fait et cause pour lui. Il ne concerne qu’une minorité.

Un jeu, dans son processus de développement, est une base de mécanique dont l’éditeur se réserve le droit de modifier des éléments, de modifier le thème, défini la direction artistique et le matériel… sont seul « message » est un ensemble de choix de gestion et de marketing.
Quand on interroge un auteur, neuf fois sur dix il va dire : « moi, je fait les jeux auxquels j’ai envie de jouer ».

S’il y a un message là dedans, il est celui d’un hypothétique « inconscient collectif » de tout les acteurs ou, plus probablement, d’une interprétation de la société.
Le message de la créatrice du Monopoly était de dénoncer le système de la propriété privée, le jeu est devenu le chantre de ce système.

Je ne crois pas aux messages dans un jeu. Pas plus qu’a la « psychologie des personnages romanesque » dont on m’a bassiné toute la scolarité (Merci Joan Sfar « les personnages n’ont pas de psychologie, ils sont là pour faire avancer l’histoire »).
On peut éventuellement s’interroger sur le sens qu’on donne aux jeux (pour autant qu’on en donne), que la société leur donne (si elle en donne), mais présupposer que l’auteur, dans sa démarche, cherche à passer un message, inconsciemment qui plus est, cela me semble un peu tiré par les cheveux.

Oui, je sais, certains jeux… Limit par exemple… mais c’est comme les poissons volants, ça ne définit pas le genre.

Pour Ark nova, le fait qu’il y a un double scoring, ben… c’est la mécanique… le fait que cela soit un mixte de « zoo et nature », c’est un mixte de thématique et de recherche du politiquement correct (on ne fait pas que mettre des animaux en cage, on participe à des programmes de protection de la vie sauvage !).

Quand on parle dans ces papiers de « jeu sérieux » on parle de jeux à utilité pédagogique dans le monde professionnel. Rien que l’idée est douteuse. Le détournement d’un jeu tel que ceux que nous pratiquons dans un but « pédagogique professionnel » est un détournement qu’il est peu crédible d’imaginer dans le « message de l’auteur ».

Le gloubiboulga « serious game », jeu de société est à mon avis une récupération douteuse. La mise au même niveau du réel et de la parenthèse dans le réel qu’est le jeu me semble être une erreur dans l’axiomatique (non dite) du raisonnement.
Par exemple, je ne vois pas ce qui permet d’affirmer que « négocier dans un jeu » et « négocier dans la vrai vie »soient des activités comparables, la complexité des enjeux, l’ampleur du risque, l’espace des échanges possibles, l’investissement émotionnel, l’analyse des intérêts et des motivations de l’interlocuteur, les non-dits, n’ont pas grand chose en commun.

Bref, je trouve qu’il y a beaucoup de non-dits qui me laissent plein d’interrogations quand je lis ces études.

Effectivement. C’est très intéressant, ton point de vue et ça pose la question de l’essence du jeu et du sens qu’on pourrait lui donner, éventuellement.

Mais est ce que le jeu sérieux de l’étude est du même ordre que les “serious games” du monde professionnel ?

Je pense que l’intention première du joueur, au moins la mienne déjà, c’est de jouer pour passer du bon temps. Si je dois apprendre quelque chose pendant une cession, c’est surtout prendre de l’expérience pour mieux maîtriser les rouages du jeu, devenir un peu plus compétitif.

Mais ça n’empêche pas qu’un jeu soit plus ambitieux et pas seulement pour faire du politiquement correct.

Après, là, je vais sur le FIJ pour découvrir les nouveautés et les curiosités, comme tant d’autres. Mais je vois dans le programme des éditeurs qui tentent l’aventure du sens. Pourquoi pas :slight_smile:

Ma vie professionnelle a fait que je n’ai vraiment pas pu jouer avant qu’un burn out ne m’ouvre les yeux sur ce que je perdais tous les jours : me poser, découvrir, partager, jouer, passer du temps autrement que dans le stress existenciel.

Alors pourquoi le jeu de société et pas la pêche ou la construction de maquettes ? En fait, je n’en sais rien.

Mais je crois aussi comprendre ton point de vue, celui de quelqu’un qui a beaucoup plus d’experience et de vécu dans ce domaine que moi.