A propos de la conquète de l’Ouest et du massacre des Indiens, il y a une très émouvante évocation dans “Dalva” de Jim Harrison.
Concernant la colonisation en Afrique au début du XXe siècle, je conseille les mémoires de Amadou Hampaté Ba (“Amkoullel, enfant peul” et “Oui, mon commandant”).
Un récit de la Révolution d’Octobre par un témoin direct : “Dix jours qui ébranlèrent le monde” de John Reed.
Sur la guerre d’Espagne : George Orwell, “Hommage à la Catalogne”. Très beau et assez déprimant.
Un autre témoignage, peu connu mais étonnant de lucidité, de la montée du nazisme : “Histoire d’un Allemand”. de Sebastian Haffner. Haffner est né en 1907 et raconte son enfance, sa perception de la Première Guerre mondiale en tant qu’enfant, les crises qui ont suivi jusqu’à l’avènement des nazis.
Du très costaud sur la Seconde Guerre mondiale vue de l’Est : “Vie et Destin” de Vassili Grossman. Un chef-d’oeuvre de la littérature du XXe siècle. En complément : “Carnets de guerre”, du même auteur. Grossman a participé à la guerre en tant que correspondant de guerre pour un journal soviétique. Il a été de toutes les batailles depuis la retraite de 1941 jusqu’à la prise de Berlin, en passant par Stalingrad et Treblinka. Pour un historien c’est une mine, pour un amateur de littérature, une merveille.
Pour finir avec la Seconde Guerre mondiale : “L’Etrange défaite” de Marc Bloch sur la déroute française de 1940 vécue par un grand historien français.
Enfin, un dernier : “Journal de Bolivie” de Ernesto “Che” Guevara. S’il y en a un qui a perdu, c’est bien lui.
Jer dit:Concernant la colonisation en Afrique au début du XXe siècle, je conseille les mémoires de Amadou Hampaté Ba ("Amkoullel, enfant peul" et "Oui, mon commandant").
Ca c'est à lire absolument!
Et d'abord pour sa valeur littéraire, Amadou Hampaté Bâ était un géant de la littérature ! (A croire qu'il n'a pas eu le nobel par hasard
Jer dit:plein de bonne références
...Mais pour quelqu'un de 14 ans?
bertrand dit:Jer dit:plein de bonne références
...Mais pour quelqu'un de 14 ans?
Je ne connais pas ton fils, je ne sais pas s'il lit souvent, s'il aime ça. La sensibilité, la maturité et l'intérêt pour l'histoire jouent beaucoup.
Hampaté Ba est le plus abordable : c'est très bien écrit, sans besoin de trop de connaissances. Il raconte son enfance, ses apprentissages, ses rencontres et permet de découvrir une culture africaine méconnue.
Harrison est un peu plus exigeant comme auteur. Ses récits sont plus adultes, plus durs aussi. Mais c'est un des meilleurs écrivains américains contemporains.
John Reed et Marc Bloch c'est plutôt pour les historiens, ou au moins ceux qui connaissent la période. Reed c'est bourré de textes d'époque, de compte-rendus de réunions des bolchéviks, c'est un reportage épatant qu'il vaut mieux lire quand on étudie la période. Bloch c'est un peu différent, on sent qu'on a affaire à un historien professionnel.
Haffner peut aussi coller. Très bien écrit, clair et vivant. Pour un adolescent, ça donne aussi une idée de ce que ressentaient les jeunes Allemands au sortir de la Première Guerre mondiale.
Grossman c'est, je l'ai dit, costaud : il faut connaître un minimum l'histoire de l'URSS et celle de la Seconde Guerre mondiale pour apprécier les subtilités du récit ou les notes des carnets (encore que les carnets sont bien commentés). Niveau style c'est limpide, mais très travaillé : les personnages sont dépeints dans toute leur complexité, on a affaire à un écrivain russe format Dostoïevski. C'est peut-être plus intéressant à lire quand on a un peu de bouteille.
Merci!
Je retiens Histoire d’un Allemand et Amkoullel, enfant peul ou Oui, mon commandant
Cela faisait longtemps que je voulais lire Grossman: tu m’aides à franchir le pas!
Jer dit:Harrison est un peu plus exigeant comme auteur. Ses récits sont plus adultes, plus durs aussi. Mais c'est un des meilleurs écrivains américains contemporains.
la 7ème compagnie, chef d’oeuvre impérissable sur la défaite française de 1940
de toute façon ce ne sont pas les films français sur les défaites françaises qui manquent (pour les victoires, c’est + dur à trouver), week-end à Zuydcoote est d’ailleurs très bien dans le genre.
Ben je peux rajouter dans le style point de vue des perdants pour la seconde guerre mondiale : j’aime bien les livres de august von kageneck lieutenant de panzer, ou la guerre à l’est, il y en a un autre de mémoire de pilotes: oublié sniff…
Du très très lourd mais passionnant :
Hitler de Ian Kershaw deux tomes très long mais c’est quasi du jour après jour édifiant! (pleins de réponses : comment cela a-t-il pu arriver en allemagne?)
Combats aériens sur la première guerre mondiale : le crépuscule des aigles (très très bon film de combat aérien : le meilleur film de monsieur agence tout risque sisisisi). Tu peux enchainer avec l’ambition qui mène à sa perte, l’honneur dans la défaite, les restes de chevaleries dans le combat aérien durant la première guerre, et pourquoi pas : une partie de wings of war
Je ne sais pas si cela a été proposé : la grande illusion (jean gabin, pierre fresnay …)
Bon c’est au déboté je ne me souviens plus d’un bouquin sur Waterloo ou les Cents Jours de aragon je crois (voir abel gance en film)
studieusement,
Jer dit:Un autre témoignage, peu connu mais étonnant de lucidité, de la montée du nazisme : "Histoire d'un Allemand". de Sebastian Haffner. Haffner est né en 1907 et raconte son enfance, sa perception de la Première Guerre mondiale en tant qu'enfant, les crises qui ont suivi jusqu'à l'avènement des nazis.
Je ne connaissais pas du tout ! Merci pour l'info, je vais m'emresser d'aller voir cela de plus près !
Enfin, un dernier : "Journal de Bolivie" de Ernesto "Che" Guevara. S'il y en a un qui a perdu, c'est bien lui.
Ah ça, dans la catégorie trahi jusqu'au trognon, on ne trouve guère mieux au cours de ces dernières années. Je n'ai pas d'affection particulière pour lui, mais se retrouver poignardé ainsi...
Don Lopertuis
Honte à moi!!!
Bien sur le journal du che ou la bio du che par pierre kalfon
hasta siempre commandante,
pour la peine je refais mon avatar!!
Don Lopertuis dit:Enfin, un dernier : "Journal de Bolivie" de Ernesto "Che" Guevara. S'il y en a un qui a perdu, c'est bien lui.
Ah ça, dans la catégorie trahi jusqu'au trognon, on ne trouve guère mieux au cours de ces dernières années. Je n'ai pas d'affection particulière pour lui, mais se retrouver poignardé ainsi...
Don Lopertuis
mouais enfin il s'est bien planté tout seul le gars Ernesto. Sûr qu'il n'a pas été aidé, mais il a quand même accumulé les conneries...
Jer dit:Sur la guerre d'Espagne : George Orwell, "Hommage à la Catalogne". Très beau et assez déprimant.
Je l'ai lu juste après L'Espoir de Malraux, ça fait un très beau duo de bouquins sur la guerre d'espagne. J'en garde, moi aussi, un très bon souvenir. Et pour du Orwell, ça change des classiques.
En tout cas, très bon sujet, plein de références et de lectures en perspectives
Je signale aussi deux romans caractéristiques du drame de l’Afrique et du b****l qu’on laissé (qui a dit sciemment entretenu?) les puissances coloniales en partant
“Allah n’est pas obligé” d’Amadou Kourouma se présente comme les mémoires d’un enfant soldat. On y voit le gachis Africain, la corruption, les petits ou grand chefs de guerre qui se taillent des fiefs, tout cela autour de la dérive d’un gamin qui finit par se retrouver avec une Kalach’ dans les mains au sein d’une des nombreuses milices du pays.
Autant dire que c’est dur! Mais si tu envisages “A l’ouest rien de nouveau”, celui-ci donne un tableau pas tellement plus gai mais hélas contemporain.
Du même auteur, sans doute un peu moins directement abordable du fait de ses allusions plus où moins transparentes à tous les dictateurs “amis de France” qui étaient restés en poste avec la bénédiction de Paris et de Washington car il “nous protégeaient contre le communisme” :“En attendant le vote des bêtes sauvages”.
Un dictateur qui a chuté après que la France l’ait laché se réfugie dans la jungle et organise une cérémonie qui doit lui rendre sa force.
Pour cela, un griot va lui chanter l’histoire de sa vie depuis Tirailleur-Sergent un peu brutal jusqu’à président-à-vie-chef-de-parti-unique. On y voit la tournée qu’il a dû faire des grands présidents-à-vie-chefs-de-parti-unique, ses ainés, comme une sorte de voyage initiatique où lui sont révélés les secrets des présidents-à-vie-chefs-de-parti-unique, et comment se maintenir au pouvoir en opressant le peuple avec la bénédiction des Français et des Américains.
El comandante dit:mouais enfin il s'est bien planté tout seul le gars Ernesto. Sûr qu'il n'a pas été aidé, mais il a quand même accumulé les conneries...
J'ai l'impression qu'il s'est un peu monté la tête : la prise de Cuba ne repose qu'en partie sur Castro, Che et leurs compagnons. Les citadins cubains ont largement contribué à chasser leur ancien dirigeant.
Mais leur épopée a été transformée en légende et peut-être que l'on finit par croire aux histoires dont on est le sujet....
Don Lopertuis
Don Lopertuis dit:El comandante dit:mouais enfin il s'est bien planté tout seul le gars Ernesto. Sûr qu'il n'a pas été aidé, mais il a quand même accumulé les conneries...
J'ai l'impression qu'il s'est un peu monté la tête : la prise de Cuba ne repose qu'en partie sur Castro, Che et leurs compagnons. Les citadins cubains ont largement contribué à chasser leur ancien dirigeant.
Mais leur épopée a été transformée en légende et peut-être que l'on finit par croire aux histoires dont on est le sujet....
Don Lopertuis
La différence entre le Che et Castro, c'est celle entre le héros et l'invalide : le héros est mort.
El comandante dit:La différence entre le Che et Castro, c'est celle entre le héros et l'invalide : le héros est mort.
Mais les véritables héros meurent toujours... L'héroïsme est-il vraiment rentable ?
Don Lopertuis