De l'illettrisme de nos futures générations...

J’ai ressenti un profond malaise à la lecture de cet article (qualifié d’interessant) du Monde:
:arrow: Flaubert et Proust faisaient aussi des fautes…

Je sais pas, je me dis que l’auteur de l’article ne passe pas beaucoup de temps sur les forums et qu’il n’a pas dans sa liste de contacts MSN de personnes agées de moins de 20 (25?) ans. :cry:

De là à dédramatiser le faible niveau orthographique, ca me fait mal au ventre…

Je dois vieillir mais en passant hier sur allociné.fr et en lisant un post entièrement en langage SMS, je suis devenu fou… la dictée est peut-être pas forcément bien choisie mais il me semble que ça reste un réel problême…

Je le trouve pas mal cet article. Franchement les seules fautes d’orthographe qui me gênent sont les miennes.
Par contre, je n’aime pas du tout le style sms. (Je ne supporte pas non plus de taper un sms sur mon portable, ça me gave au plus haut point)

Selon moi, le gros problème c’est le style SMS. Les fautes d’orthographes, tout le monde en fait, c’est pas nouveau.
Et puis franchement, le français c’est quand même bien le bordel comme langue.
Déjà, pourquoi j’entends le “e accent grave” plus aigu que le “e accent aigu” ?

Entre écrire en SMS et ne laisser passer aucune faute (dans sa propre prose ou dans celle des autres), il y a de la marge.

De plus, pour vous, “sol rocailleux”, “écueils” et “écume” appartiennent au vocabulaire de l’ancien temps ? :shock: Si vous répondez oui, je crois que je vais prendre un gros coup de vieux, moi ! :(

Le style sms n’est qu’une conséquence du problème… Certainement pas la faute !

On paye le coup des changements de méthodes récurent sur les méthodes d’apprentisage de lecture (Les instits devaient faire une méthode globale, c’est à dire apprendre les mots, et pas la logique de la lecture). Ensuite, les profs doivent faire de moins en moins d’heure pour le même programme, c’est forcément au détriment de quelquechose…
Je ne suis pas spécialiste de l’enseignement, il y a certainement plein d’autres raisons (je pense par exemple à la télé, les jeux vidéo, qui ont pris le pas sur la lecture)

C’est sûr que le gens qui vivent dans les cités ou les villes, ils doivent pas utiliser souvent le mot écume et sol rocailleux…
Les écueils, c’est un mot qu’on n’utilise pas tous les jours non plus…


Mais de là à dire qu’ils sont de l’ancien temps, y’a de la marge…
De toutes façon, maintenant, pour la plupart des gens, tout ce qui ne touche pas aux nouvelles technologies, c’est de l’ancien temps…

Et, comme ça a été dit, c’est vrai qu’il faut un peu revoir les méthodes d’enseignement…

Quand au langague SMS, on en voit de plus en plus, dans des endroits où ça n’a pas lieu d’être : à la base, le langage SMS, c’est pour écnonomiser des caractères et pouvoir dire plus de trucs dans un message de téléphone portable. Quand j’en vois dans les copis des élèves, ça me fait hurler (“le générateur electrik, c cui ki donne le jus”)

arthemix dit:De plus, pour vous, "sol rocailleux", "écueils" et "écume" appartiennent au vocabulaire de l'ancien temps ? :shock: Si vous répondez oui, je crois que je vais prendre un gros coup de vieux, moi ! :(
Non, bien sûre que non. Mais l'auteur de l'article le dit : 'Ce sera une chronique de mauvaise foi'.

Oui, mais “être de mauvaise foi”, c’est pas synonyme de “écrire des conneries”. :evil:

Blue dit:Le style sms n'est qu'une conséquence du problème... Certainement pas la faute !


J'en suis absolument pas persuadé. Dans l'article, il est écrit que la même dictée faite 4 ou 5 ans auparavant n'a généré "que" 28 % de zéro contre 56 % de nos jours. Je pense pas que l'école ait à ce point évolué pendant cette période que l'on puisse justifier ces écarts uniquement par cette évolution. Par contre, ça correspond bien à la démocratisation des portables et des SMS.

Je ne suis pas tellement effrayé par le style SMS, ni par les fautes d’orthographe (ma nullité en ce domaine me pousse a une coupable mansuetude )…

Ce qui m’inquiéte c’est plutot l’appauvrissement du vocabulaire que je ressens… C’est une notion tout a fait subjective mais j’ai l’impression que dans le metro, dans les journaux, et a la télévision le vocabulaire employé est de plus en plus étroit et qu’on perd peu a peu de la finesse…

Cet appauvrissement nous rapproche d’une novlangue plutot terrifiante ou les choses ne peuvent plus que s’exprimer sans nuances… out ne se definit plus que selon quelques mots clés (fonctions de l’epoque) : grave, respect, cool…
Notez qu’il ya de l’espoir; sur TT on se bagarre sur les equivalents et subtilités auour du concept d’addiction :-) T

PS : Regardez, meme un Dieu vivant va utiliser le mot “chiadé” dans une revue de prestige sur le jeu :-)

le journaliste du Monde dit:La dictée, c'est comme du sirop. Il faut en ingurgiter beaucoup pour que cela soit efficace. C'est un exercice pour adultes. Laissons respirer les élèves, laissons-les se passionner pour des choses de leur âge et laissons tranquillement leurs professeurs commettre leurs fautes d'orthographe en marge des copies. A chacun son quota.
Soyons réalistes. Il y a les surdoués qui ont l'œil photographique. Ils mémorisent chaque mot, chaque lettre, chaque accent. Il y a les structurés : la grammaire leur offre des voluptés, des jouissances inédites. Pour les autres, il faut patienter. La vie est longue et l'apprentissage des pièges de la langue française prend bien toute une vie. Que l'on songe aux membres de l'Académie française qui se réunissent tous les jeudis après-midi, à l'Institut, et qui s'étonnent encore de leurs manques...
Du texte dans son ensemble, ces deux paragraphes constituent une certaine approche de l'état des lieux de la dictée. Il y a du bon et du mauvais dans ces 2 paragraphes.

Il parle de la mémoire photographique... apprendre par coeur, il y a quand même mieux pour maîtriser une langue, il ne faut pas les louer.

Les "structurés" semblent être ceux qui maîtrisent le mieux le Français. Pourquoi eux ? Touchés par la grâce ? Ou issus d'un milieu favorisé ?

Il avoue qu'il faut beaucoup pratiquer la dictée pour être bon.
Mais en amont, ne serait-ce pas préférable de mieux "enseigner" la langue française, ses fondations si on veut ensuite vérifier par la dictée (qui est une évaluation) le niveau de l'élève ?
Sinon, on évalue quelque chose qui n'a pas été enseigné.

Ca ne fait tiquer personne, une évaluation sur quelque chose qui n'a pas été enseigné avant ?
Le contrôle de maths sur les sinus et cosinus, c'est après les avoir étudiés, non ?
"écueils" est ici cité. On pourrait citer "joug", "piédestal" et encore plein d'autres "pièges" de la langue française. Avec quelle logique va-t-on évaluer un élève sur quelque chose qu'il n'aura pas appris avant ??

Qui plus est, la dictée ne fait que pénaliser. On part de 20 et on enlève des points à chaque faute. Si dans une dictée qui a eu "5/20", l'élève a correctement su orthographier "écueil", "labyrinthe" ou "pamphlet", il n'aura pas de points en plus pour autant.
En maths, on part de zéro et on valorise ce qui est su.

Certains pédaguogues sont en train de repenser la dictée (exple : la dictée préparée), et ce n'est pas une mauvaise idée.

Néanmoins, un fait reste : le niveau en français a l'air de baisser.

(attendons l'avis de Petit Vampire et de Rémy-lee)
le journaliste du Monde dit:La dictée, c'est comme du sirop. Il faut en ingurgiter beaucoup pour que cela soit efficace. C'est un exercice pour adultes. Laissons respirer les élèves, laissons-les se passionner pour des choses de leur âge et laissons tranquillement leurs professeurs commettre leurs fautes d'orthographe en marge des copies. A chacun son quota.
Soyons réalistes. Il y a les surdoués qui ont l'œil photographique. Ils mémorisent chaque mot, chaque lettre, chaque accent. Il y a les structurés : la grammaire leur offre des voluptés, des jouissances inédites. Pour les autres, il faut patienter. La vie est longue et l'apprentissage des pièges de la langue française prend bien toute une vie. Que l'on songe aux membres de l'Académie française qui se réunissent tous les jeudis après-midi, à l'Institut, et qui s'étonnent encore de leurs manques...

Ce qui m'étonne, c'est de croire que le français s'apprend tout au long de sa vie. Pour ma part, je l'ai appris à l'école et depuis, mon niveau baisse progressivement. Vous avez l'impression de vous améliorer avec l'âge vous ?

Pareil que toi. Je ne faisais jamais de fautes en dictée et aujourd’hui je me pose des questions sur chaque verbe que je conjugue…

O_cedar dit:Pareil que toi. Je ne faisais jamais de fautes en dictée et aujourd'hui je me pose des questions sur chaque verbe que je conjugue...


l'idée c'est que si tu lis et que tu as un minimum de mémoire visuelle , tu apprends des nouveaux mots tous les jours ( au pire tu revois l'orthographe correct)

le probleme c’est qu’en lisant les forum de plus en plus, je visualise des mots mal orthograpfiés… donc ca s’empire en fait…

mais cela est inevitable… le niveau de la generation qui arrive va etre catastrophique… :(

Oulalalalal
Bon
Voila j’enseigne en CE1 cette année … année donc où j esui scensé leur apprendre définitivement à apprendre à lire…
Mais déjà qu’est-ce qu eça veut dire apprendre à lire?
Il y a deux choses distinctes dans l’apprentissage de la lecture : déchiffrer les mots, et donner du sens à ce qu’on lit.
J’ai dan sma classe un dyslexique fort, eh bien il se débrouille parfois mieux lors des questions su rl etexte que d’autre squi déchiffre mieux, car mêem s’il lui manque des mots il comble ce manque en réfléchissant au sens que cela doit avoir.
Ensuite la méthode globale n’a JAMAIS existé en tant que telle. Il y avait avant les méthode syllabique : le B.ABA en quelque sorte. Et puis un jour les chercheurs se sont aperçus que si on apprenait certains mots par coeurs il devenait plus facile de lire. Or qu eveut dire “savoir des mots par coeur”? Eh bien il s’agit de reconnaissance visuelle. Vous voyez le mot “dans”? eh bien combien d’entre vous se sont dit : “D +an qui donne “en” +s que je ne prononce pas donc je dois dire “den””
Eh bien les enfants qui apprenne tà lire c’est comme ça qu’il lisent au début… Alors on s’est rendu compte que cette étape obligatoire était un frein à la compréhension … car imaginez une phrase un peu longue… et l’enfant arrive au bout de la phrase il ne se rappelle déjà plus du début tant le déchiffrage prend du temps.
Actuellement on utilise ce qu’on appelle de sméthode interactives qui fon tintervenir la syllabique et le sens de manière conjointe. Les enfants apprennet aussi des mots par coeur, ce qu’on appelle les mots-outils comme “dans, parce que si, mais, que , qui quoi, le, la, les, des, un, une, des” etc… De plus on apprend aux enfants à reconnaitre le type de texte : est-ce un documentaire? (et donc “que peut-on s’attendre à trouver dans un documentaire”?) est-ce un récit? une recette? Savoir reconnaitre un type de texte permet de mobiliser à l’avance les connaissances dont on pourrait avoir besoin pour lire… Par exempel si je vous donne un documentaire sur les kangourous avec une image de kangourou, avant même que vous ne commenciez à lire il y a de smots qu evous vous attendez à voir …
Et ce n’est asp tout mais j’arrête là car vosu aure compris que la lecture est en fait une chose bien plus complexe qu’on ne l’imagine. Et faire des fautes d’orthographe ne dénote pas d’un affaiblissement du niveau des élèves mais plutôt du fait que l’écrit n’est plus un moyen de communication privilégié. Les sigles, logos, sympboles ont envahis notre vie de tous les jours et le sens ne s’atteint pas toujorus unquement grâce aux mots et c’est en cela qu’il est difficile d’apprendre à lire : car savoir lire c’est comprendre ce que raconte un texte sans avoir rien d’autre que le smots pour véhiculer le sens… Mais aujourd’hui… où trouvez vous du texte seul?? Uniquement dans les livres. Même dans un compte rendu d’entreprise ou de stage il y aura force graphiques et autre…
Bref les moyens de communication ayant été diversifié, il est devenu plus difficile de faire apprendre à lire parce que les enfants doivent comprendre que seuls les mots véhiculent du sens.
En classe je travaille ça avec des textes dont le sillustration sne correspondent pas exxactement avec le texte et quadn j epose une question et qu’on pourrait répondre de deux manières différents soit en regardant l’image soit en lisant le texte, j’insiste toujorus su rl efait que seuls les mots comptent.
Le jour où les enfants ou adolescent comprennent cela leurs progrès en grammaire et orthographe sont imédiats car ils en voient l’utilité …

Voila j’espère avoir un peu fait avancer le débat :)

Vieux chat dit:Oulalalalal
Bon
Voila j'enseigne en CE1 cette année .. année donc où j esui scensé leur apprendre définitivement à apprendre à lire..
du sens.


En ce1 quand j y étais on se moquait de ceux qui ne savaient pas lire. Et encore plus de ceux qui lisaient avec le doigt. Le niveau a vraiment baissé :?

:D merci Vieux Chat !!

comme l’écrit Toftof un peu plus haut : la dictée comme on l’entendait il y a encore une dizaine d’années est passée de mode… Avec les enfants, dans le but de toujours donner plus de sens aux productions écrites, on prépare les dictées. C’est uniquement dans cette préparation que la dictée prend du sens.

Mais bon plutôt que de m’étendre sur le sujet (car bcp de choses intéressantes ont été dites sur le sujet : hein Msieur Vieux Chat
:wink: ), je vous ajoute un petit lien sur le sujet… pour celles et ceux qui seraient intéressés !!!

http://www.bienlire.education.fr/01-actualite/a-interview23.asp

Bien écoludiquement, Rémy-lee


ps : voici un extrait du lien ci-dessus…

Il faut que les élèves saisissent précisément ce qu’est ce système d’écriture avant de pouvoir l’assimiler. C’est pourquoi nous développons le travail sur la compréhension avant le travail d’assimilation mécanique. Éveiller la curiosité, l’intérêt pour ce médium fabuleux qu’est l’écriture, faire accepter son mode de fonctionnement pour l’exercer ensuite. Nous agissons par quatre côtés à la fois : les ateliers de négociation graphique, qui permettent aux élèves de s’approprier à leur rythme les raisonnements orthographiques et d’éveiller leur intérêt pour l’orthographe en général, les activités de systématisation qui, comme leur nom l’indique, résolvent et systématisent de façon intelligente les problèmes ou les acquis des ateliers, les classements d’erreurs qui permettent d’aider l’élève en cours de production, et enfin les présentations de différents systèmes d’écriture qui donnent aux élèves une prise sur le fonctionnement de l’écrit en général et qui enracinent leur intérêt pour ce domaine. Si je devais résumer : susciter l’intérêt d’abord, faire appel à l’intelligence des élèves et automatiser ensuite.