De l'impact du foisonnement de l'offre de jeux...

Dans sa brève de ce jour sur le concours Héros.IK, Monsieur Phal a soulevé une question intéressante sur le cycle de vie des jeux, qui serait de plus en plus court en raison de l’afflux permanent de nouveautés sur les étals.

Qu’en pensez-vous? Ce foisonnement est-il bénéfique ou néfaste (par l’apparition d’effets pervers?), ou tout simplement nécessaire à la survie et/ou développement de ce microcosme qu’est le jeu de société “spécialisé”?

Ca mériterait un petit sondage : aujourd’hui avez-vous l’impression de jouer moins longtemps à vos jeux par rapport à il y a quelques années ?

Ben ça va faire un an que j’ai pas sorti un jdp…

greuh, qui a fait pas mal de jdr, mais 0 jdp ou presque

Pour moi, c’est globalement néfaste. Même si cela crée des ludopathes (comme je tiens à le devenir) qui cherchent à acheter toujours plus de jeux, certains bons jeux ont une durée de vie limité (par les joueurs) ou n’arrivent pas à faire leur trou en raison du trop grand nombre de sorties ludiques. Si de vieux jeux ont toujours la côte aujourd’hui qu’en sera-t-il dans quelques années de ceux qui sortent aujourd’hui. Ils seront à mon avis totalement oubliés. Ce qui m’effraie aussi c’est de voir de bons jeux (Himalaya) totalement bradés dans des magasins de destockage. Mais peut-être que le problème est encore ailleurs.

plus de jeux = plus de choix de mon point de vu, ce qui permet de calibrer pile poil le ou les jeux qu’on envie de jouer.
Par contre, pour les collectioneur ou les accrocs , c’est peut etre plus difficile de suivre la cadence… mais pour moi, ça me permet de trouver mon bonheur, même s’il faut apr contre prendre plus de temps avant l’achat pour lire les règles, les descriptif, les avis, etc… pour faire le bon choix

flo31 dit:Pour moi, c'est globalement néfaste. Même si cela crée des ludopathes (comme je tiens à le devenir) qui cherchent à acheter toujours plus de jeux, certains bons jeux ont une durée de vie limité (par les joueurs) ou n'arrivent pas à faire leur trou en raison du trop grand nombre de sorties ludiques. Si de vieux jeux ont toujours la côte aujourd'hui qu'en sera-t-il dans quelques années de ceux qui sortent aujourd'hui. Ils seront à mon avis totalement oubliés. Ce qui m'effraie aussi c'est de voir de bons jeux (Himalaya) totalement bradés dans des magasins de destockage. Mais peut-être que le problème est encore ailleurs.


La question de la durée de vie d'un jeu est complexe. S'il est trop simple, durée de vie courte, logique, on en fera vite le tour. S'il est trop compliqué, les gens ne vont pas perséverer pour en tirer toute la substantifique moëlle, donc résultat pareil: durée de vie courte. :?

Par ailleurs, la question est déjà soulevée ICI.

A mes yeux, cela n’a pas changé. La quantité de jeux a peut-être augmenté, mais la quantité de grands jeux n’a pas augmenté. Chaque année, je peine toujours à trouver les quatre ou cinq jeux qui vont retenir mon attention. Autant de bons jeux = autant de temps pour jouer à chaque.

perso j’oublie pas de jeux, sinon ça veux dire qu’il ne sont pas si intérressant que ça.

j’ai même un systeme d’empilement qui permet de savoir quel est le jeu auquel nous n’avons pas joué depuis longtemps (comme des strates en géologie)

tout ça pour dire que si la durée de vie des nouveau jeux parait plus courte c’est peut être parce que vous en achetez tellement que vous n’avez plus le temps de tous y rejouer,en comparaison avec le moment ou vous n’aviez qu’un ou deux jeux dans la ludothèque et que l’on joue toujours au même.

J’aurais plutôt en tendance à penser que si on ne joue pas assez aux jeux qu’on achète, c’est à cause de nous. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont les joueurs qui achètent leurs jeux, les éditeurs ne viennent pas chez nous pour nous mettre un couteau sous la gorge pour acheter les jeux. Nous avons encore un libre arbitre.

Du côté des éditeurs, eh bien, ils éditent. Et bien évidemment, plus ils éditent, plus on a de choix. Moi, je trouve ça pas mal. Après c’est au joueur de gérer son temps, son porte-monnaie et ses achats. Mais ce n’est pas le nombre de jeux édités qui nuit au faible nombre des parties, c’est le joueur parce que le joueur est faible…

@Moz: bonne idée merci, j’ai rajouté le sondage (même si ma formulation est pour le coup pas hypra précise… j’espère que c’est compréhensible…)


Pour ma part j’ai tendance à penser que ce foisonnement a effectivement des effets pervers (pas le temps de s’attarder en profondeur sur un jeu, besoin d’accrocher dès les 10 premières minutes à un jeu sous peine de passer directement à autre chose puisque des jeux y’en a des “milliers” de toute façon…)

A côté de ça, j’ai un peu l’impression (ça reste à nuancer bien-sûr) que les bienfaits supposés de ce phénomène (davantage de choix, contexte concurrentiel élevé appelant hausse de qualité,…) se diluent un peu dans une espèce de cercle vicieux: contexte de + en + concurrentiel donc pas le droit de se planter donc prise de risque limitée sur le thème ou les mécaniques, besoin d’ouverture à un public plus large (globalement pas un mal mais pas pour tous les jeux!)

En tout cas, dans ce foisonnement de l’offre, je trouve un peu dommage que les quelques thèmes les plus vendeurs concentrent la majorité de la production (“pseudo historico-géographique”, Héroïc Fantasy, Space Opéra par exemple)

J’ai l’impression de retrouver par certains aspects un phénomène qui touche de plein fouet les jeux vidéo (je trouve la production vidéoludique de plus en plus fade alors qu’il n’y a jamais eu autant d’offre et des budgets de développement aussi élevés)

Pour moi, un jeu est investissement à long terme. Même si je ne joue pas à un jeu donné en ce moment, je sais qu’il ressortira dans quelques mois ou quelques années. Ce sera toujours une alternative.

Le problème est lorsqu’un donne exactement les mêmes sensations qu’un autre, mais en moins bien. Celui-là risque de moisir sur l’étagère.

Alors par rapport au grand nombre de jeux qui sortent ces dernières années, c’est vrai que ça dilue, mais on reviendra sur un ancien jeu plus tard. Il suffit d’avoir les joueurs et le temps.

Et pour la durée de vie d’un jeu, ça dépend des habitudes de chacun. Perso, je n’aime pas jouer au même jeu plusieurs fois de suite, enchainer 10 parties de Dominion ou RFTG :pouicvomi: , et pourtant j’aime ces jeux. Du coup je n’ai jamais l’impression de faire le tour du jeu et je m’amuse beaucoup à chaque fois que je le ressors.

Donc pour répondre à la question, le foisonnement des jeux est peut être nécessaire à la survie de l’industrie du jeu (là je ne suis pas le mieux placé pour répondre), en tout cas il est bénéfique pour mon appréciation des jeux de société à savoir pour avoir un bon choix lorsque je regarde l’étagère et savoir quel jeu prendre suivant le contexte.

maester dit:J'aurais plutôt en tendance à penser que si on ne joue pas assez aux jeux qu'on achète, c'est à cause de nous. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les joueurs qui achètent leurs jeux, les éditeurs ne viennent pas chez nous pour nous mettre un couteau sous la gorge pour acheter les jeux. Nous avons encore un libre arbitre.
Du côté des éditeurs, eh bien, ils éditent. Et bien évidemment, plus ils éditent, plus on a de choix. Moi, je trouve ça pas mal. Après c'est au joueur de gérer son temps, son porte-monnaie et ses achats. Mais ce n'est pas le nombre de jeux édités qui nuit au faible nombre des parties, c'est le joueur parce que le joueur est faible...


Oui mais désormais c'est ce type de comportement qui soutient le microcosme des jeux. Si les joueurs ne consomment plus qu'un jeu par an pour avoir le temps d'en faire pleinement le tour, alors pas mal d'éditeurs vont avoir des problèmes vu l'étroitesse du marché, non?
chinois27 dit:
maester dit:J'aurais plutôt en tendance à penser que si on ne joue pas assez aux jeux qu'on achète, c'est à cause de nous. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les joueurs qui achètent leurs jeux, les éditeurs ne viennent pas chez nous pour nous mettre un couteau sous la gorge pour acheter les jeux. Nous avons encore un libre arbitre.
Du côté des éditeurs, eh bien, ils éditent. Et bien évidemment, plus ils éditent, plus on a de choix. Moi, je trouve ça pas mal. Après c'est au joueur de gérer son temps, son porte-monnaie et ses achats. Mais ce n'est pas le nombre de jeux édités qui nuit au faible nombre des parties, c'est le joueur parce que le joueur est faible...

Oui mais désormais c'est ce type de comportement qui soutient le microcosme des jeux. Si les joueurs ne consomment plus qu'un jeu par an pour avoir le temps d'en faire pleinement le tour, alors pas mal d'éditeurs vont avoir des problèmes vu l'étroitesse du marché, non?


Oui, enfin ça c'est le problème des éditeurs, pas des joueurs. Je ne vais pas acheter des yaourts à la fraise sous prétexte que les gens en mangent moins et qu'une usine risque de fermer. Pour les jeux c'est pareil. Si j'achète un jeu, c'est pour y jouer, pas pour soutenir l'économie d'un éditeur. Chacun son job.

Je joue moins souvent -nettement- qu’avant mais j’achète aussi moins souvent.

Je n’ai pas l’impression que mes jeux s’épuisent plus vite non au contraire je reviens sur des jeux auxquels je n’ai plus joué depuis longtemps.

Mes enfants grandissant, je sors aussi des jeux que je n’avais encore jamais sorti faute de joueurs adhoc.

Donc l’augmentation de l’offre me touche peu voire pas. Plus il y en a, plus je suis sélectif.

Il y a toujours eu pas mal de jeux édités me semble t-il et si nous avons l’impression aujourd’hui d’un foisonnement, c’est parce que le tri n’a pas encore été fait alors qu’il a été fait pour les jeux “d’il y a quelques années”.

En bref, on dira certainement la même chose dans 10 ans, “on avait quelques grands jeux en 2009, aujourd’hui on a plein de jeux, ça foisonne”…

Du coup, pour ceux qui n’étaient pas des joueurs avertis il y a dix ans (dont je fais partie), découvrir la crème de la crème aujourd’hui est un réel plaisir.
C’est comme découvrir une grande série de BD lorsque tous les tomes sont déjà sortis et qu’on peut tout se faire d’un coup (genre Rork).

Et observer le foisonnement actuel accroît le désir de consommer (posséder). Le fait de passer beaucoup de temps sur tric trac aussi, hein.

Mais ça peut pousser à être plus exigent aussi. Pour le moment, je n’ai pas encore regretté l’achat d’un jeu de 2008-2009. On en reparle dans deux ans.

maester dit:
chinois27 dit:
maester dit:J'aurais plutôt en tendance à penser que si on ne joue pas assez aux jeux qu'on achète, c'est à cause de nous. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les joueurs qui achètent leurs jeux, les éditeurs ne viennent pas chez nous pour nous mettre un couteau sous la gorge pour acheter les jeux. Nous avons encore un libre arbitre.
Du côté des éditeurs, eh bien, ils éditent. Et bien évidemment, plus ils éditent, plus on a de choix. Moi, je trouve ça pas mal. Après c'est au joueur de gérer son temps, son porte-monnaie et ses achats. Mais ce n'est pas le nombre de jeux édités qui nuit au faible nombre des parties, c'est le joueur parce que le joueur est faible...

Oui mais désormais c'est ce type de comportement qui soutient le microcosme des jeux. Si les joueurs ne consomment plus qu'un jeu par an pour avoir le temps d'en faire pleinement le tour, alors pas mal d'éditeurs vont avoir des problèmes vu l'étroitesse du marché, non?

Oui, enfin ça c'est le problème des éditeurs, pas des joueurs. Je ne vais pas acheter des yaourts à la fraise sous prétexte que les gens en mangent moins et qu'une usine risque de fermer. Pour les jeux c'est pareil. Si j'achète un jeu, c'est pour y jouer, pas pour soutenir l'économie d'un éditeur. Chacun son job.



Je suis d'accord avec toi que ce n'est pas a priori le problème du joueur, mais si le joueur n'est pas "faible" comme tu dis, alors les perspectives de vente s'amincissent et donc moins de jeux sortent, et peut-être calibrés sur d'autres critères, donc ça devient quand même aussi le problème des joueurs tout à coup. Est-ce que dans ce contexte, s'il devait n'en sortir qu'un ou deux, ce serait forcément le critère de qualité et richesse ludique qui serait prépondérant pour choisir quel jeu sort?

Après forcément c'est un raisonnement poussé à l'extrême, j'en conviens

Bah moi j’ai pas connu de progression lente de ma ludothèque.
Juste trois stades : Je suis un ado acnéique et il y a Monopoly et Cluedo à la maison (je fais du jdr avec les copains) - Je suis un jeune adulte et je joue pas - Je suis vieux et j’ai une ludothèque importante*.

Alors moi bah, je joue plus longtemps aux jeux depuis que l’offre est large**. Je veux dire que quand je n’avais que quelques jeux, à un moment ils me lassaient et restaient au placard. Alors le jdp sortait de ma vie pour un temps. Là, quand un jeu me lasse, un autre prend sa place. Comme il y a de fortes chances pour que le dernier jeu testé soit différent de ceux d’avant, bah au bout d’un moment, on revient à ses premières amours, pour changer, pour redécouvrir, et parce qu’on est resté dans une “dynamique ludique” grâce à l’afflux de nouveauté.

* pas à l’échelle des forumistes TT, par rapport aux gens je veux dire.
** Bah alors pourquoi j’ai répondu l’inverse au sondage, moi? J’te jure, les idées reçues.

Les jeux que j’achète n’ont pas le même “cycle” de vie, ce qui en modifie la durée…
Bon je ne remonte pas très loin mais il y a deux ans, mon Arkham ou mon roma (début de ma collectionnite aigue, avec sortie de la phase “je joue avec ce que j’ai et avec ce qu’ont mes amis en attendant que quelqu’un m’offre quelque chose de nouveau”) ont eu une durée de vie plutôt courte : 25 parties dans le mois puis l’impression non pas d’en avoir fait le tour mais d’en avoir une petite indigestion. Ils sortent encore de temps en temps (c du bon quand même) mais très très rarement.

Aujourd’hui je suis un peu lachée, j’achète un peu plus de jeux (jusqu’à 4 gros jeux par an… et dire que ça passe pour de la boulimie auprès de certains…) donc aucun jeu ne fait 25 parties d’affilée ou 25 parties dans le mois… Faut dire aussi que je vis avec le schtroumpf raisonnable qui a beaucoup de pouvoir étant mon principal partenaire de jeu… En gros :
“Moi : on joue à X ?
Lui : Ah non, on y a déjà joué les deux dernières fois, après tu vas te lasser !
Moi : Mê euh ???
Lui : Non, pas X, trouve autre chose pour varier un peu !
Moi : Faut en acheter un nouveau alors !
Lui : …”

Bon tout ça pour dire que si foisonnement il y a (j’étais pas là il y a 5 ans pour comparer) il ne touche pas mes pratiques d’achat ni de jeu à domicile. Au pire, il me rend folle en pensant à tous ces jeux que je n’aurais jamais. Au mieux, il me fait courir chez mon dealer préféré chez qui on peut parfois tester les nouveautés de tout poil…
Mais ptet qu’on en reparlera quand une activité salariée aura améliorée mon budget (d’où une question subsidiaire d’un point de vue estudiantin : peut on avoir à la fois le temps pour jouer et l’argent pour jouer à de nouvelles choses ?)

sephrenia dit:
Mais ptet qu'on en reparlera quand une activité salariée aura améliorée mon budget (d'où une question subsidiaire d'un point de vue estudiantin : peut on avoir à la fois le temps pour jouer et l'argent pour jouer à de nouvelles choses ?)


C'est souvent le problème des loisirs en règle général, pas que du JdP... bosser comme un dingue pour gagner beaucoup, ne pas avoir le temps d'en profiter ou ne pas bosser, stagner en pouvoir d'achat, avoir du temps, mais pas toujours les moyens...