J’ai eu envie de relire le Trône de Fer. J’avais été victime il y a 20 ans de l’abominable découpage de la première version française et je gardais le souvenir d’une histoire difficile à suivre. Maintenant que je ne suis plus soumis au rythme des sorties, l’idée m’a pris de m’y replonger pour les vacances. Je précise que j’ai vu la saison 1 de la série mais c’est tout la concernant.
Il est inutile de revenir sur toutes les qualités de cette saga, il est juste dommage qu’elle reste inachevée et que Martin, désormais dépossédé de son oeuvre par la série, a probablement perdu toute motivation d’aller au bout du récit.
J’ai pour l’instant relu le tome 1 et il y a quand même quelques détails qui m’ont fait hausser un sourcil, à tel point que je me suis demandé si le bouquin pourrait sortir tel quel aujourd’hui sans créer la polémique. Bref, je ne suis pas sûr que je pourrais être très copain avec Martin, mais ça reste une saga très impressionnante.
J’ai enchaîné avec un roman qui n’a rien à voir, Mes vrais enfants de Jo Walton dont j’avais déjà lu et apprécié Morwenna. C’est l’histoire d’une petite vieille devenue sénile et dont les souvenirs se mélangent, à tel point qu’elle semble se rappeler deux vies complètement différentes. Et le roman raconte ses deux vies, selon si elle a dit oui ou non à une demande en mariage. En trame de fond, les événements du XXè siècle, qui eux aussi diffèrent, comme si ses choix intimes avaient eu des répercussions historiques impossible à prévoir.
J’ai déjà lu un certain nombre d’uchronies, j’ai trouvé celle-ci très originale. L’autrice a à coeur de célébrer la diversité et la tolérance, et j’ai trouvé ça très bien après un Trône de Fer qui célébrait l’inceste et la décapitation. Je recommande donc cette lecture !
C’est fini les rois du monde ? Mince. J’ai laissé de côté la lecture des deux derniers tomes car je voulais tout lire d’une traite ayant trouvé difficile de m’y replonger à chaque sortie…
@ymokal je partage le point de vue de mes camarades : en littérature de l’imaginaire alliant épique et ambitions littéraires, je recommande très chaudement Jaworski (tout). Exercices de style dans les recueils de nouvelles (sentiment du fer / Juana vera très chouette quand on a compris le principe), épique dans gagner la guerre, métamitteraire dans le chevalier aux épines. Pour moi il réussi à faire une oeuvre là où Damasio reste sur l’ambition annoncée.
Toujours dans genre “littérature de genre avec ambitions artistiques” : Latium (en sf) et La nuit du Faune (les idées de dizaines de romans condensées en une courte fable) sont aussi très (trop ?) littéraires. Consulter internet pour réviser ses classiques est parfois presque nécessaire. Heureusement la plupart des références sont transparentes.
Du même auteur, j’ai lu les Contes Ordinaires, des petites histoires souvent critiques de la vie en Turquie. Parfois c’est limpide (le poids des traditions dans celle où tout le monde reçoit une pierre à sa naissance et doit toujours la porter avec soi), parfois c’est plus obscur (celle où un pénis pousse au plafond ?). C’est plutôt amusant, même si parfois cracra. Le trait peu changer d’une histoire à l’autre.
De mon côté mes dernières lectures :
Le 1er tome des Rois Maudits de Maurice Druon. Pour les 2/3 du fond qui ne connaissent pas, ça raconte “à peu près” l’histoire romancée des rois de France, à commencer par Philippe IV Le Bel dans le premier tome. Cette saga aurait inspirée Georges R. R. Martin pour son Trône de Fer, tout de même.
J’avais peur d’un côté vieilli, mais il n’en est rien, ça se lit tout seul. On avait ce tome qui traînait dans la bibliothèque je ne sais pas trop d’où, mais grande envie d’acquérir et de lire la suite. Druon a pris quelques libertés avec la réalité, donc ma seule crainte serait que ça s’impose en moi comme une réalité de cette période que je connais assez peu (car jamais réussi à retenir mes cours d’histoire ).
Bleus, Blancs, Rouges de Benjamin Dierstein. Un polar qui se déroule à l’issue des événements de mai 68, on suit plusieurs policiers qui enquêtent sur les organisations terroristes gauchistes, et notamment un certain Geronimo sur lequel ils n’arrivent pas à mettre la main. On y retrouve des personnages récurrents ayant bien existé tels que Valéry Giscard d’Estaing dit Le Monarque, qui aime les parties de chasse en Afrique et les diamants ; Mesrine, sa trac constituant une sous-histoire ; et autres figures du banditisme de l’époque comme les frères Zemour, Pierre Goldman ou Tany Zampa (j’ai parfois dû chercher s’ils ont existé ou pas).
On peut dire que l’auteur donne une vision assez sombre de nos forces de l’ordre : on nous présente différents services qui ne coopèrent pas entre eux et ne partagent pas les informations, ce qui les amène à mener leurs enquêtes en parallèle en se gênant les uns les autres ; des services et agents qui sont en concurrence pour être les premiers sur un coup (il semblerait qu’à l’époque les super-flics faisaient la une des journaux) ; la plupart des policiers sont présentés comme adeptes de la violence, et ce sont souvent des ripoux qui rackettent pour obtenir leur part du gâteau, notamment dans le monde de la nuit, de la drogue et de la prostitution…
Du coup les personnages principaux sont à l’avenant.
Il y a les 2 jeunes officiers fraîchement diplômés. Jacquie doit se faire une place dans le milieu masculin et misogyne des RG, c’est peut-être le personnage le plus sympathique. Le deuxième est Marco de l’antigang qui cherche avant tout la gloire et qui profite du SAC (Service d’Action Civique) pour se défouler (tabassage de grévistes…). Il y a ensuite Gourv qui aime plus que tout coucher à droite à gauche et qui infiltre un groupe d’action gauchiste pour Jacquie. Enfin il y a Vauthier, celui que j’ai personnellement trouvé le plus détestable, un ancien mercenaire qui a servi plusieurs présidents (Giscard, Omar Bongo, Bokassa) et qui quitte l’Afrique pour revenir à Paris et se faire une place dans le monde de la nuit par la force.
Ça chamboule un peu nos habitudes : ici on n’attend pas de happy ending, au contraire on espère que nos anti-héros vont se prendre un retour de bâton et espère qu’ils vont se prendre une tuile.
C’est un peu dur de se mettre dans l’histoire, on a du mal à s’attacher aux personnages, les sigles utilisés pour les différents services, organisations… ont tendance à nous noyer (heureusement il y a un glossaire en fin d’ouvrage), on ne sait pas ce qui tient de l’histoire ou de la fiction. Mais une fois qu’on est dedans on a envie de savoir comment ça va se terminer.
Et arrive la fin… J’ai rien compris ! Mince, aurais-je raté quelque chose ? Et là je lis le 4ème de couverture : “1er tome d’une trilogie”… dont la suite n’est pas encore sortie. Zut.
Mais finalement, malgré (ou grâce à ?) ces personnages détestables, j’ai bien envie de lire la suite quand elle sera sortie. Car j’ai trouvé cela plutôt bien écrit, et malgré la violence ambiante il y a quelque passage plutôt léger et amusant que j’ai bien apprécié et qui permettent de respirer un peu (notamment les transcriptions des coups de fils entre la pègre).
Excellente lecture. Javais enchaîné les 5 premiers tomes. Il sont de valeurs inégales je dirais mais ca reste une chouette lecture. Il m’en reste deux cependant.
+1 à part rois du monde le fait de ne pas pouvoir enchaîner les tomes ont fait que j’ai fini par lâcher.
Dans les lectures de Fantasy réputée pour être un peu compliqué, il y a Le Livre des Martyrs, une série de 10 livres écrit par Steven Erikson qui se déroule dans l’univers Malazan.
J’en suis au tome 6, et sincèrement j’ai jamais rien lu d’aussi compliqué, aucune scène d’exposition, on découvre les choses au fur et à mesure (et parfois on ne les découvre même pas, car rien n’est expliqué) c est très déroutant et parfois assez désagréable.
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Dans l’une des préfaces l’auteur dit en avoir marre de la fantasy sans ambition, mais je ne vois pas ce que cela apporte au récit qui aurait pu être tout aussi intéressant sans toute cette complexité.
J’ai fait une razzia de BD à la médiathèque, rien de bien intéressant pour l’instant, mais celle-ci m’a interloqué :
Il s’agit d’une BD autobiographique, l’auteur explique son choix de ne plus s’impliquer dans une relation amoureuse et d’avoir recours à des prostituées pour satisfaire ses besoins.
On peut s’attendre à quelque chose de crado, mais pas du tout, le livre est très policé, il montre étonnement beaucoup de respect entre le client et ses prostituées. Il y a quelques scènes explicites, mais jamais vraiment vulgaires. J’ai apprécié la démarche de l’auteur qui se met à nu (littéralement). Il arrive à nous faire réfléchir, pas uniquement sur la prostitution, mais sur nos relations amoureuses et sexuelles en général.
L’auteur termine par un manifeste en faveur de la décriminalisation de la prostitution. S’il est vrai que certains arguments se tiennent, il faut reconnaître que d’autres sont plus discutables (il élude malheureusement quand même pas mal la question des réseaux de proxénétisme). Je pense qu’il aurait pu s’abstenir.
J’avais lu il y a longtemps et le sujet qui m’interesse est rare! Il y a une bd actuellement “recommandée” qui touche le sujet de la prostitution : Sibylline, chronique d’une escort girl Je ne l’ai pas encore lu.
On a remonté si jamais le sujet des Lecture de BD…
Oui, je l’ai lue il y a quelques années, c’est un comics alternatif.
Ça pose question, mais il y a quand même le fond qui me gêne : le commerce de son corps n’est pas un un produit (“commodity”).
Ça me fait penser à Chris Ware (“Jimmy Corrigan”), que j’avais lu à la même époque : je n’avais pas accroché, parce que le personnage principal était trop pathétique, il faudrait que je réessaye…
Je viens de terminer Battle royale de Koshun Takami.
Le pitch : chaque année, une classe de 3ème de chaque région de la République de Grande Asie (le Japon actuel dans une république national-socialiste) est tirée au sort pour participer à un programme gouvernemental dont le but est de s’entretuer jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant. Nous y suivons une classe de 42 élèves…
Le livre est très bien écrit et on est plongé dans l’aventure. Le fait de suivre 42 personnages, avec des noms qui ne sont pas communs pour moi ne facilite pourtant pas la lecture. Par contre, la psychologie d’élèves de 3ème ne me semble quand même pas en adéquation avec la réalité. On retrouve aussi des relations entres élèves très exacerbées. Des élèves qui vont se suicider ou mourir pour protéger la fille/le garçon dont ils sont amoureux (sans que l’autre ne l’ai jamais su). Les histoires d’amours sont beaucoup trop nombreuses (ils sont tous amoureux d’un/une élève!) et peu crédibles (ou alors j’ai un cœur de pierre…). En fait, ça fait très manga avec des sentiments exacerbés.
Ce livre est à l’origine des différents battle royales existants, que ce soit en livre (Hunger Games qui au final n’a pas inventé grand-chose) ou en jeu vidéo (Fortnite par exemple).
En résumé, j’ai beaucoup apprécié cette lecture et je la conseillerai avec plaisir.
Je viens de reposer Les guerriers de l’hiver de NOREK, qui à l’inverse de ses polars habituels, est un récit historique sur la guerre d’invasion de la Finlande par la Russie en 1940. La focalisation suit un sniper légendaire dans son unité et c’est passionnant à lire.
Récit historique à peine croyable de combattants à 1 contre 10, manipulations diplomatiques côtés Russe et Français , étrange écho avec l’invasion de l’Ukraine…
Fini hier soir, j’ai vraiment bien aimé, merci d’avoir fait remonter ça en haut de ma PAL. Effectivement, ça a un parfum de Jaworski, avec une trame plus fantastique peut-être, même si elle reste essentiellement à l’état de promesse dans ce tome. En tous cas, de la très bonne fantasy urbaine, avec des personnages sympas et de la manigance à chaque coin de rue. J’ai bien aimé l’accent qui est mis sur la gastronomie, on a vraiment l’impression d’expérimenter cette lecture avec tous nos sens, c’est assez intéressant. Le final est énorme et donne envie d’enchaîner avec le tome 2. Pour autant, je me suis réfréné et ai commencé le tome 1 de Capitale du Nord. J’ai l’impression que l’intention des auteurs est de nous faire alterner les tomes des deux trilogies. En tous cas, c’est clair que je vais aller au bout des 6 tomes !
Intuitio - Laurent Gounelle (en audio)
Policier, pour résoudre un cas complexe le FBI utilise des intuitifs, un écrivain se trouve embarqué dans l’enquête… C’est un livre qui mélange des réflexions philo/bien être, à la résolution de l’énigme et l’utilisation de l’intuition comme outil de recherche. J’ai été curieux mais pas complètement embarqué dans cette écoute.
Il y a tout de même la belle citation de Einstein sur l’intuition : “Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don.”