Je ne mens pas (c’est fort de dire ça quand même …), c’est le sentiment qui m’est resté de ma lecture quand j’avais 13-14 ans. L’anneau détruit, tout est terminé et des pages et des pages de descriptions pour raconter comment les troupes rentrent. Ça m’avait fortement ennuyée. Mais ça reste un vieux souvenir, peut être altéré.
Je ne suis pas un expert de Tolkien ni même un amateur éclairé, mais il y a une note moderne dans une intrigue splité entre plusieurs groupes qu’on suit en //. C’est hyper moderne et ça à été repris plusieurs fois…
Mais par contre il y a de la longueur et de la longueur… Ca pour le coup c’est moins moderne. Mzelle me fait rappeler qu’on la fin du tome 3 il y a des pages et des pages sans rien de bien concret (réunion des vainqueurs avec le seigneur truc, le fils machin…) je crois que j’ai sauté des chapitres là! ![]()
Je ne conseillerai pas à mes fils de lire le seigneur des anneaux. ![]()
Pouchkine termine sa nouvelle « La Demoiselle paysanne » avec la phrase :
« Les lecteurs me feront grâce de la vaine obligation de leur décrire le dénouement de l’histoire. »
Ah, si seulement Tolkien avait lu Pouchkine, on aurait gagné 200 pages ! ![]()
Il faut dire que toute l’œuvre en prose achevée de Pouchkine tient en 300 pages.
C’était une blague bien évidemment, désolé si ce n’était pas clair ! La fin n’est pas un feu d’artifice d’action, tes souvenirs sont parfaitement vrais. Il reste vrai qu’il y a une bataille qui n’est pas dans le film mais quand on sait de quoi il s’agit, on voit bien que mon argument est fallacieux !
Ahhh désolée j’avais pris ça au premier degré
, et comme mon souvenir remonte à vraiment très longtemps (jamais eu le courage de le relire depuis), je pouvais m’être trompée.
Quelle traduction ? La toute vieille en bon vieux françois de Francis Ledoux (Frodon Saquet) ou la plus récente (2014) et bien plus moderne de François Lauzon (Frodo Bessac) ?
Je dirais qu’aujourd’hui il faut plutôt lire la 2ème, même si bon nombre de puristes préfèrent rester sur le texte découvert dans leur jeunesse, ou d’autres préférant avoir “les noms traduits comme dans les films”.

C’est marrant cette histoire de lenteur et de sensation de superflu dans la lecture de Tolkien.
Du coup j’ai regardé, je les ai lu en 1993 (depuis l’adolescence je note tous mes livres lus dans des carnets, chacun ses tocs). Et je ne me rappelle pas avoir trouvé ça trop long.
Mais attention, en regardant les livres lus cette année, je retrouve Mauriac, Montherland, Dostoievski, Dumas….
du classique, très littéraire.
Et voilà où je voulais en venir.
Ici vous lisez beaucoup et surtout de la SF, un genre que je connais très mal, je ne m’y suis mis qu’un peu et dernièrement. De ce que j’en sais, mais c’est sans doute faux, dans la SF, l’action est plus immédiate, moins de digression, moins littéraire.
Du coup, peut-être, que Tolkien surprend, parce déjà daté? Et que vous n’avez plus la patience, habitué à un style + direct ?
Pour mon cas, non, car j’ai lu Le Seigneur des anneaux quand j’étais jeune ado et à cette époque là, j’ai lu aussi tous les zola (la Pleiade), le rouge et le noir, et j’adorait Dumas aussi ![]()
Oui mais. Est-ce que en 2026, quelqu’un qui ne lirait que de la SF ou de la fantasy moderne aurait un effet whaouu en lisant Tolkien?
Ce que je vais écrire ne concerne que moi, et il ne faut donc pas généraliser.
Je lis en très grande majorité de la SF, mais j’ai aussi lu du Zola, du Maupassant, ou autre classique. Et en SF, j’ai aussi lu du Jules Verne, du Mary Shelley, et d’autres de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème.
Il en ressort qu’au delà du type de lecture, c’est avant tout la date d’écriture qui prévaut. Plus c’est ancien, moins il y a d’action et plus il y a de descriptions.
D’ailleurs, les écrivains qui pourraient être les pendants actuels des écrivains classiques “anciens” ont un style beaucoup plus rythmé. Et ce n’est pas une question de digressions, je pense, mais surtout de rythme.
Bref, je suis curieux d’avoir l’avis d’autres lecteurs.
Et donc en 2026, quelqu’un qui lirait Tolkien ou de la “vieille” SF trouverait sans doute qu’il y a de bonnes idées, que c’est intéressant à lire car cela a été précurseur, mais que le plaisir de lecture est quand même un cran en dessous des canons actuels.
Évidement, il y a toujours des exceptions.
Je pense en effet qu’ils trouveraient ça très lent. J’ai moi-même tenté de lire plusieurs fois Edgar Allan Poe et j’ai trouvé que c’était une purge. J’ai pourtant essayé d’aimer, après quelques nouvelles qui ne m’ont pas plu, j’ai tenté son seul roman Les Aventures d’Arthur Gordon Pym mais quelle torture. j’en ressors avec une connaissance pointue de la navigation (des pages et des pages d’explication) mais sans aucun plaisir
. Le manque d’action à proprement parler ne me dérange pas, mais les pages entières de description soporifiques si. Quoique, je me souviens avoir lu un bouquin de Stephen King où il y a 3 pages juste de noms de médicaments, et je les ai tous lus avec plaisir ![]()
Il nous reste encore un peu de patience mais ce n’est pas le cas des jeunes génération (je le sais, j’ai 2 génération Z), ils ont besoin que leur cerveau soit sollicité en permanence, pas d’ennui, pas de pause.
Edit : j’ai retrouvé mon commentaire sur le livre
, j’étais remontée :
Franchement ça n’est pas un roman, mais un traité de la navigation et de l’histoire des découvertes. Que c’est long!! L’auteur nous explique pendant des dizaines de pages l’utilité des voiles, les découvertes historiques des îles, des navigateurs, il donne énormément de détails sur le voyage, latitude, longitude, les espèces rencontrées, jour après jour.
Trop trop trop de digressions qui sont rasantes et qui font perdre le fil du récit, récit qui, si l’on en ôtait toutes ces pages, tiendrait à peine sur 10 feuillets … Si encore la fin était à la hauteur… mais même pas. Tenez, voici ma fin, démerdez-vous avec.
Mzelle, si un jour tu veux te suicider, Moby Dick constitue une arme de choix. Tu ne peux pas te rater avec ça.
Tout est une affaire d’éducation littéraire.
Quand j’ai lu Tolkien, jeune adolescent, j’avais trouvé ça super parce que ça faisait écho à mes parties de jeux de rôles, loisir que je découvrais à la même époque. Avant, j’avais aussi lu pas mal de Jule Verne, qui n’a pas la narration la plus dynamique.
Quand je relis des passages de Tolkien aujourd’hui, il n’y a pas du tout le même rythme que des livres contemporains. Ca reste marqué par la culture de l’auteur, spécialiste des sagas et des récits médiévaux.
Avec l’évolution des goûts et les tendances récentes, je ne sais pas si Tolkien séduirait autant. Mon jeune fils a aimé, mais il n’est pas forcément représentatif. De mon côté, quand je lis des choses de notre époque, je trouve généralement ça assez plat et mal écrit. Mais j’ai sans doute trop l’habitude de lire des romanciers du XIXe siècle, qui avaient une approche bien plus rigoureuse de l’écrit. Sans parler de leur connaissance du sujet.
Pyjam parle de Moby Dick. J’en ai un souvenir mitigé. Déjà, le fait de connaître l’histoire et son dénouement gâche un peu le plaisir de découvrir l’histoire et il y a des digressions assez longues sur la pêche à la baleine qui font documentaire plus que roman. Ca reste un roman qui vaut le coup de s’y intéresser, avec beaucoup de symbolisme et plus de sens qu’on ne lui en prête à la première lecture.
Ca dépend de la SF. Ce que tu décris est, et cela n’engage que moi, le genre de SF ou fantasy qui existe mais qui cause beaucoup de tort au genre et contribue à cataloguer les amateurs dans la catégorie geek sans culture.
Tout à fait d’accord!
Ce débat me fait un peu penser aux jeunes qui regardent leurs films et séries en vitesse 1,25x voire 1,5x.
Pas que les jeunes, je plaide coupable, j’ai regardé la dernière saison de Flash en accéléré. C’était ça où j’abandonnais et je ne connaissais jamais la fin tellement c’était d’un ennui total.
J’étais un peu passé à côté de ta remarque. Je suis un peu étonné qu’elle vienne de toi vu ce que tu lis et apprécies donc j’ai peut-être mal compris. La manière dont tu l’exprimes sous-entend que Tolkien ou la vieille SF sont dépassés en terme de qualité par des romans plus récents et plus punchy (ou en tous cas, c’est comme ça que je le comprends dans le contexte de la discussion). Lesquels ? La vieille SF qui pourrait selon moi être considérée comme dépassée est justement celle qui n’accordait pas trop d’importance au côté littéraire. Je pense à Vance par exemple. A mon avis, on se rappellera encore Tolkien, Bradbury ou Le Guin quand le Trône de Fer ou the Expanse auront été oubliés.