Déjà merci à tous les contributeurs de ce sujet, vos retours donnent vraiment envie de lire !
J’ai donc lu les deux trilogies de la Tour de garde (Capitale du sud et Capitale du nord).
Et j’ai été un peu déçu, j’ai bien senti les limites de l’exercice (deux histoires qui s’entrecroisent par deux auteurs différents).
Déjà, il n’y a quasiment aucune interaction entre les deux protagonistes dans les deux premiers tomes de chaque trilogie.
Et dans les derniers tomes, qui devaient enfin les voir réunis, ça m’a presque donné l’impression qu’ils cherchaient à s’éviter .
Je comprends que les scènes qu’ils ont en commun ont dû demander beaucoup de travail pour les auteurs mais pour moi ça tombe un peu à plat.
Ensuite, la contrainte d’avoir deux fins indépendantes pouvant être lues dans n’importe quel ordre empêche d’avoir une vraie fin épique, que l’histoire aurait méritée. A la place, j’ai eu l’impression de lire deux “demies fins”.
Peut être que mon ressenti aurait été différent si j’avais suivi le conseil de @bobby :
De mon côté, j’ai préféré l’écriture de la Capitale du Nord, qui m’a semblé avoir moins de “remplissage” (que quand on suit un commis d’épicerie dans ses commissions ) et moins manichéen que dans le Sud.
En tous cas, c’est cool que des auteurs tentent ce genre d’expérience, même si mes attentes étaient peut-être trop haute !
Je n’ai toujours pas vu Mars express, au moins je saurai que le livre est à éviter…
Deux (très) bonnes lectures la semaine dernière :
Les mains vides d’Elio Possoz, un voyage à vélo dans une France vers 2040-50. Un petit roman (moins de 300 pages) qui permet de découvrir ce que pourrait donner l’archipélisation des communautés de vie et la juxtaposition de multiples façons de faire société. Une vraie bouffée d’air frais de mon côté face à la multiplication des dystopies asphyxiantes (et des nouvelles quotidiennes…) de ces dernières années. La langue employée fait partie intégrante de la proposition. C’est à la fois riche et simple, une sorte d’évolution politique du langage qui l’amène à résonner avec le fonctionnement de la société dont fait partie le personnage.
Billion dollar baby d’Audrey Vernon. Il s’agit du texte de son spectacle du même nom, qui met en lumière le cul-de-sac écologique dans lequel on se trouve et l’absurdité du chemin pris pour y arriver sous forme de message à son enfant à naître. C’est concis, complet et drôle. Le plus intéressant reste à mon avis le grand nombre d’extraits, citations et articles qui occupent la suite de l’ouvrage (les 3/4 du bouquin) et permettent d’allonger la réflexion.
Je découvre à l’occasion qu’Audrey Vernon avait créé un podcast, Bigbooks, pour partager ses lectures suite à son spectacle. 40 épisodes d’environ 30 minutes, juste au moment où je suis presque à jour dans ce que j’écoute ? Je sens que ça occuper les prochaines semaines…
Excellent et très beau film d’animation, avec foison de références aux classiques de la SF populaire moderne. Pour l’anecdote, le film a notamment été co-produit par Plume Finance, la société de Marc Nunès, qui possédait en partie l’endroit où nous nous trouvons.
J’ai moi aussi lu Gagner La Guerre après les nombreux avis favorables ici. Comme disent les anglo-saxons l’auteur a su créer un “tourneur de page” (page turner) et je l’ai avalé en peu de temps. Le monde et les personnages créés sont prégnant et on quitte cette lecture en espérant qu’il y ait plus de livres dans cet univers. Si j’ai bien compris le recueil de nouvelles Janua Vera est une sorte de préquel à Gagner la Guerre, donc à voir, mais je ne suis pas fan de nouvelles…
Un truc: moi j’ai été gêné par la scène dans le jardin. J’espère qu’on n’est pas dans le fantasme de l’auteur, parce que là on est carrément dans l’actualité sordide. Bref, à part ça le méchant est très haut en couleur, et l’auteur s’amuse à nous mettre nous lecteur dans la peau des “méchants” et de voir les pauvres “gentils” se faire rouler dessus…
bonjour
j’en suis au tome 2 du livre 1 d’Olangar, et j’accroche bien. C’est bien écrit, l’intrigue tient la route pour le moment, le mélange elfe/nain/orc avec les trains/pistolet à poudre et dirigeable passe bien, c’est même rafraichissant des heroic fantasy classique. Bref, pour l’instant, une bonne surprise.
J’ai fini cette trilogie (mal rangé dans cette image, le petit jeu est de les replacer dans l’ordre… )
Et j’ai bien aimé, l’ensemble se lit bien et vite, avec pas mal de dialogue et de rythme. J’ai pas aimé l’aspect culture américaine, loin de la mienne notamment quand ça commence a parler d’arme à feu (glups…), là j’ai pas de réf… Mais bon, bonne lecture SF/thriller.
Le Sillon de Valérie Manteau, dans la collection Le Tripode.
Difficile à vous le présenter car je ne sais pas bien définir quel est le thème central… L’autrice vit à Istanbul et cherche à écrire un livre sur Hrant Dink, un militant de la cause arménienne. Elle narre ses péripéties et les événements qui se déroulent en parallèle, jusqu’à la tentative de coup d’Etat de 2016.
Beaucoup de personnages, mais peu développés, donc je n’arrivais jamais trop à savoir avec qui elle était ou qui elle évoquait, si on les avait déjà rencontrés ou si ce sont des nouveaux venus dans l’histoire.
Je viens de le terminer hier soir mais déjà là je n’en ai pas retenu grand-chose !
Bref ma première déception chez cet éditeur, pourtant le roman a gagné le prix Renaudot.
Je ne conseille donc pas (sauf si vraiment vous avez des affinités avec la Turquie).
J’ai écouté le livre audio du Sillon, et j’avais trouvé globalement agréable, j’ai la mémoire d’une jolie écriture et d’une belle voix ( ). Par contre il est vrai qu’il m’en reste pas beaucoup.
Je conseille le journal inquiet d’Istanbul (C’est de la BD) sur la même thématique de la Turquie actuelle.
Je tiens juste à signaler avec quelques mois de retard qu’“une permission de minuit” est une traduction franchement réussie. Il s’agit d’un terme argotique désignant une canne ou un bâton de marche, susceptible d’être utilisé pour s’octroyer par la force un droit que d’aucuns pourraient souhaiter nous refuser. Bref : d’une arme portentielle. On retrouve donc le même imaginaire que celui de “justice de Penang” (parallèle permission/justice dans des imaginaires proches) et l’idée que ce bâton est certes raffiné, mais également une menace.
Merci pour cette éclairage. Et moi qui croyait que cette expression désignait une escapade coquine ! Je saurai donc que je ferais mieux de me dispenser d’une permission de minuit pendant de longues années.
De mon côté, j’ai fini de lire l’intégrale Conan Doyle dans la collection Litera (Gallmeister). L’habitude chez cet éditeur est de rester au plus près du texte d’origine tout en modernisant le style, donc je comprends que la « permission de minuit » disparaisse si seule une poignée d’érudits en comprend encore la signification. J’ai vraiment passé un très bon moment avec cette édition. Cela dit, il ne faut pas s’attendre à de la grande littérature, et les textes de la fin ne valent pas ceux du début. En ce qui concerne le style, j’ai trouvé ça bien meilleur que les œuvres de Wells, son contemporain, même éditeur, même traducteur.
Au passage, (des fois que la sortie du film avec Barbie et la créature de Frankenstein soit pour vous l’occasion de lire ce classique), Gallmeister publie la seule traduction récente (2024) des Hauts de Hurlevent disponible en poche dans sa collection Totem. C’est une traduction de François Happe, un monsieur avec deux doctorats en littérature américaine (je vais supposer que ça aide aussi pour un roman anglais).
Je viens de finir Narcose de christianna Brand.
C’est du fair-play whodunnit à l’ancienne (et c’est ancien 1944) , dans le milieu médical.
Très bonne pioche.
Le pitch : Rubens arrive sur la planète Fark afin de faire une livraison. Afin de se faire escorter, il embauche des autochtones. La livraison ne sera pas de tout repos…
Il s’agit d’un sorte de western spatial où les blasters remplacent les colts. Il s’agit d’un premier roman, édité par le site internet 404 éditions qui récompense un texte en ligne en l’imprimant. Ce n’est pas désagréable à lire mais c’est aussi vite lu qu’oublié. Il n’y a rien de très marquant ni d’originale et c’est rempli de clichés geek, un peu comme Ready player one, mais en beaucoup plus plat.
Bref, tout comme il y a des ok games, il y a des ok books (je ne sais pas si ça se dit, mais je pense que l’image est suffisamment claire), et ce livre est donc très dispensable.
Après le prenant Le gang des rêves, j’ai continué ma promenade aux Etats-Unis avec la lecture d’un roman que j’avais vu suggéré ici-même il y a quelques années déjà, et dont le court compte-rendu disait ceci :
Il s’agit de Nous rêvions juste de liberté (p’tain quel titre !) de Henri Loevenbrück.
Il y a du Easy Rider en effet dans cette traversée déglinguée des USA, avec un zeste de Stand by me pour le voyage initiatique d’une bande de jeune avant leur entrée dans l’âge adulte, le tout saupoudré d’une pincée de L’équipée sauvage pour la violence et la critique sous-jacente du conformisme made in america.
Oui, je ne cite que des films, mais cette lecture m’a collé tellement d’images plein la tête que j’avais l’impression d’être rivé à un écran.
Et si beaucoup de beignes s’échangent dans ce texte, aucune n’aura été aussi puissante que l’uppercut que je me suis mangé à la lecture des dernières pages.
Je confirme, excellent mais attention. Les 60 premières pages autour de la préparation des bateaux… Un peu long, heureusement après cette mise en place c’est excellent jusqu’au bout, naufragés avec eux. Et puis c’est bien étayé historiquement, assez incroyable le nombre d’anecdotes par page !