Des romans numériques à 0,99€

Une opération sympa de Bragelonne ce WE.

http://librairie.immateriel.fr/fr/stati … ration300k

+ 1 Conan gratuit

100 livres par jours / pendant 3 jours
Et sans DRM

J’en ai déjà prix 18 + le gratuit ce matin ;-)

S’ils ont Malhorne et que vous ne l’avez pas lu, je vous le conseille très vivement.

super merci! je vais faire mon marché :-)

Personnellement, je ne sais pas ce qu’il faut penser de ce genre d’opération …

Alors certes c’est éphémère, mais en tant que libraire, je m’interroge quand a ce que pourrait cacher ce genre d’opération …

Une petite étude de marché déguisée sur l’opportunité de dématérialisé le livre a long terme et un moyen de ciblé le marché, d’étudier la rentabilité … ?

Alors que Virgin fait l’actu et que l’on pointe du doigt internet pour le piratage des CD DVD, mais aussi l’arrivée d’Amazon et du livre numérique, je me dis que si les editeurs si mettent aussi …

Quand on sait que l’on ne touche que 30% sur un livre milady, Bragelonne ou Castlemore, mais qu’a ceci il faut déduire les frais inhérent a l’entreprise, les frais de livraison de retour des invendus, comment voulez vous qu’un libraire puisse lutter face a cela ?
Déjà que les affaires ne vont pas fort avec la crise, la TVA a 7 qui aura une répercutions certaines sur le bilan 2012…

J’ajouterais aussi a ceci la mauvaise surprise de ce matin, lorsque mon chef a reçu une lettre de la municipalité qui nous a fait par de son accord de marché avec le Auchan du coin sur les dictionnaires scolaires des écoles des environs, là ou en début d’année ils ont préférés travailler avec une plate-forme a 200kms d’ici, pour les fournitures scolaires des administrations …

Municipalité de gauche qui plus est … Et qui vient de lancer il y’a prés d’un an un gros chantier de rénovation des circuit de distribution d’eau de gaz et d’assainissement suivi de la réfection des trottoirs et de la chaussée qui viennent encore aggraver notre rentabilité et chiffre d’affaire …

Une fois que les grands groupes nous auront tous bouffés, qu’ils se seront bien gavés et qu’ils en voudront plus en délocalisant, que nous restera t’il pour gagner nos vies … ?

Virgin n’etait que l’arbre qui cache la foret, la fnac tente de se diversifier, mais les petites librairies et maisons de la presse ferment dans la plus grande indifférence …

1 maison de la presse, une autre librairie ont fermés dans ma ville de 17000 habitant ces 5 dernières années …
Notre propre librairie faisait partie d’un groupe “madison nuggets” qui a fait faillite il y’a 4 ans entraînant dans sa chute sa vingtaine de magasins dans l’indifférence médiatique la plus totale …
Nous avons été repris par un petit groupe car a l’époque nous faisions parti des magasins les plus rentables, mais aujourd’hui l’avenir est plus qu’incertain …

De mon coté, 14 livres achetés pour ce dimanche.

Lors de l’édition précédente (les 200.000), j’en avais pris 2 (zombie thérapy et zombie business - très fun :)) ils sont encore dispos cette fois-ci).

Le grand avantage de cette formule, c’est que j’achète des livres que sans cela je n’aurai pas acheté & lu => ça permet à bragelonne des gains marginaux et de la visibilité (je pense que c’est ce qui compte le plus)

L’autre intérêt pour eux est de faire des produits d’appel pour des éditions de plus d’un an en donnant les débuts de série à 0,99 et ensuite si tu veux la suite, il faut payer plus cher. (c’est pas le cas pour tous les cycles mais la plupart oui).

L’alternative du livre numérique à 0,99 par rapport au numérique piraté, c’est pas cher payé et permet de soutenir une bonne initiative pour cet éditeur. Pas contre effectivement pour les librairies en dur, je ne sais pas comment Bragelonne “vend” cette opération marketing.

Je pense que Fyah soulève une vraie question : les libraires risquent de disparaitre.

Ecrire un livre prend disons un an (1600h), si on considère un payement de 50€/h en super brut. On tombe sur 80k€, c’est finalement assez peu en regard des chiffres circulant sur le web (pour des vidéos par exemple). Même si on compte seulement 1€ par personne et que 10% seulement des utilisateurs sont d’accord pour régler ce montant. Bien sur à ces niveau on ne créé par de super riche mais personnellement je suis pour.

Par contre, le libraire en “dur” ne peut pas s’aligner.

J’envisage déjà sérieusement de jeter mes livres (hors BD) pour les remplacer par leur version numérique de la dernière tablette de chez Amazon. le jour ou la couleur fera son apparition en encre numérique grand public, je risque même de vouloir jeter mes BD qui prennent franchement trop de place.

On pourrait aussi parler du “prêt” d’oeuvres numériques (en bibliothèque par exemple). C’est un vrai soucis sachant que les DRM actuels peuvent être contournés par un enfant de 10 ans.

Jeremie dit:
J'envisage déjà sérieusement de jeter mes livres (hors BD) pour les remplacer par leur version numérique de la dernière tablette de chez Amazon. le jour ou la couleur fera son apparition en encre numérique grand public, je risque même de vouloir jeter mes BD qui prennent franchement trop de place.


Non ? Sérieusement, tu pense vraiment faire ça ?

Bon, ce n'est pas la première fois que je constate ce genre de réaction avec l'arrivée du livre numérique mais ça me fait toujours quelque chose. Perso, même à moins d'un euro le bouquin, j'ai vraiment du mal avec les liseuses et autres tablettes. J'ai besoin de tenir un livre, de tourner les pages, de le ranger sur une étagère, bref d'avoir l'objet et pas un rectangle plastique de 10x15 cm, même s'il peut contenir le quart de ma bibliothèque. Et comment passer outre le fait que ça risque à plus ou moins long terme de faire disparaitre les libraires (boutiques que je fréquente le plus) et les imprimeurs (mon métier).

Si on regarde ce qui se passe aux US, le livre numérique va clairement chambouler la donne, même s’il démarre tout doucement en France.

A terme il y aura sans aucun doute moins de librairies, mais ce n’est pas pour autant que l’édition papier va disparaître.
Maintenant il faut être honnête, des ebooks à 0.99€, il y en a un paquet, et dans le lot certains sont de très bonne qualité. Il faut voir ça aussi comme une chance pour les auteurs.
A 15€ personne n’achètera le bouquin d’un inconnu.
Perso je trouve que c’est une véritable chance de pouvoir accéder légalement à un si grand panel d’auteurs pour trois fois rien.
Je pense que c’est une vraie petite révolution qui se profile avec les ebooks. Ça ouvre également les portes au contenu enrichi, encore largement sous-exploité.
La librairie papier demeurera, notamment pour les beaux ouvrages, les éditions spéciales, et bien entendu la BD. Mais le modèle de la librairie telle qu’on l’a connu ne me paraît plus très rationnel à l’heure actuelle. Quelques auteurs trustent 90% des ventes (je ne parle pas des livres de cuisine hein). Plus de sept euros pour un poche, quinze à vingt euros pour un bouquin type roman banal au salon du livre… Mais j’ai conscience que pour certains libraires, ça va être pareil que pour les homevideos il y a quelques années…

Même à se prix là, j’achète pas. J’ai besoin d’avoir le livre papier, d’en tourner les pages et d’en sentir l’odeur. C’est assez paradoxal car je joue à pas mal de jdp sur tablette…

Dod dit:Même à se prix là, j'achète pas. J'ai besoin d'avoir le livre papier, d'en tourner les pages et d'en sentir l'odeur. C'est assez paradoxal car je joue à pas mal de jdp sur tablette..

C'est marrant moi c'est exactement l'inverse. Jouer sur tablette ne m'intéresse absolument pas alors que je rechigne maintenant à lire un livre papier tellement je trouve l'ebook plus pratique.
D'ailleurs ça m'étonne toujours d'entendre parler de l'odeur du papier. Les rares livres dont j'ai souvenir de l'avoir remarqué étaient des vieilleries à l'odeur pas très agréable. Je dois manquer d'odorat ;-)

Il est clair que l’arrivée du numérique, pourtant bien freinée par les éditeurs, ne va pas se faire sans casse. Aux librairies de s’adapter pour suivre les évolutions technologiques et les habitudes d’achat : elle ne sont pas les premières et encore moins les dernières à devoir faire face à ce genre de défi.

J’imagine que pour survivre il va falloir se concentrer sur l’édition papier de luxe et sur les services…

Dod dit:Même à se prix là, j'achète pas. J'ai besoin d'avoir le livre papier, d'en tourner les pages et d'en sentir l'odeur. C'est assez paradoxal car je joue à pas mal de jdp sur tablette..


oui mais moi je suis devenu adepte du livre numérique par obligation c'est très pratique lorsque tu vis à l'étranger, puis dans une zone très humide où tout pourris même les bouquins et les jeux sniff :-(. Je pense qu'ils conviennent pour des cas particuliers : mais de là à jeter toute sa collection de bouquins pour du numérique : NIET! J'ai lu en numérique des bouquins que j'ai en papier mais que je n'avais pas pu emmener (plus de place dans les bagages) ou voulu "abimer" à Mayotte. Je vis à la campagne en France, et je ne peux pas me permettre d'aller à la petite librairie du coin toutes les semaines et elle n'aura pas le livre au bon moment, il faut le commander, l'essence est cher etc...
Je penser que le livre numérique s'adresse surtout à une clientèle comme moi, de là à "tuer" le livre je ne sais pas. Les prix sont peu attractifs et je pense que le piratage est marginal même si je reconnais qu'il existe, me trompe-je? L'avenir me le dira. Mais il est clair que je ne souhaite pas la mort du petit commerce de proximité et notamment les libraires car dans une autre vie plus citadine j'aimais beaucoup flâner dans ces boutiques et acheter sur un coup de cœur, voir d'occasion. Il faut un mélange des deux...

Le numérique ne tuera pas le papier. C’est juste une autre façon de lire. Cependant il est clair que le numérique va bouffer des parts de marché au papier.

fbruntz dit:Il est clair que l'arrivée du numérique, pourtant bien freinée par les éditeurs, ne va pas se faire sans casse. Aux librairies de s'adapter pour suivre les évolutions technologiques et les habitudes d'achat : elle ne sont pas les premières et encore moins les dernières à devoir faire face à ce genre de défi.
J'imagine que pour survivre il va falloir se concentrer sur l'édition papier de luxe et sur les services...

Ca me fait doucement sourire ce genre de discours sur "l'adaptabilité" ... On parle de centaines de milliers voir de million d'emploi en France qui vont de l''imprimerie a la revente en passant par les transporteur, représentants, etc ...
Les grands patrons s'adapteront en mettant la clefs sous la porte et en préservant le maximum de billes pour éventuellement rebondir par la suite, mais du simple ouvrier aux cadres l'adaptation se fera sûrement sans vaseline ...
En plus de 10 ans de boites, j'ai vu le disque et le DVD s'effondrer, des fournisseurs mettre la clef sous la porte et je ne suis pas certain qu'en dehors des quelques révélations qui auront eu quelques opportunités de percer, que beaucoup de jeunes ont l'occasion de se faire éditer comme cela pouvait l'être il y'a quelques années ...
D'ailleurs même les pointures ne sortent plus autant de nouveaux albums que cela et on voit fleurir des best of des versions "duets" pour capitaliser sur l'existant....
C'est bien de parler d'adaptabilité, mais quand un grand groupe comme Renault ou Peugeot, Virgin licencie et n'arrive pas a se relancer, on se dit que c'est tellement facile avec des mots mais que même avec les moyens et certainement des pros du brainstorming des ingenieurs, une team marketing et stratégie, ils n'arrivent pas a relancer leur vente et image, alors facile d'attendre de petits libraires indépendants, de petits groupes de réinventer leur métier ...
Et il aussi utile de rappeler que les conventions collectives, les fraudes et concurrences ne permettent pas tout non plus ...
Le numérique a du bon, mais même si on avait déjà eu un aperçu des dégâts que cela pouvait avoir dans l'industrie et l'automatisation des taches, il est en train d'asphyxier le monde du disque et bientôt du livre ...

fbruntz dit:Le numérique ne tuera pas le papier. C'est juste une autre façon de lire. Cependant il est clair que le numérique va bouffer des parts de marché au papier.


Comme il n'a pas tué le disque peut être ? Le disque ne se vend plus !
Là ou il y'a une dizaine d'année on vendait environ 500 a 600€ par jour (hors periode de fêtes et week ends), on ne vend même pas 60 € par jour en ce moment ... DVDs et disques confondus ...

Il ne va pas bouffer que des parts de marchés, il va bouffer des emplois, créer de la précarité et il fera les beaux jours des boss de Samsung, google, apple, qui ne payent aucun impôt en France ...
Et une fois que la version numérique se sera démocratisée, les fichiers s’échangeront sous le manteau comme avec le disque et les auteurs et editeurs seront eux aussi pénalisés, contrairement aux vendeurs de tablettes qui continueront a s'en foutre plein les poches ...
Et c'est a ce moment là, que les éditeurs, les auteurs regretteront le bon vieux temps des librairies ou le librairie te faisait découvrir de bons petits romans méconnus et ou ils se mettaient 20 a 30 % de 15 a 20€ sur l quasi totalité des œuvres lues ...

Et le jour où tout ce petit monde du livre va se retrouver sur le marché du travail, que des employés de PSA, Arcelor Mittal, Alcatel auront eux aussi étaient virés au profit des délocalisations et autres sous traitance via des entreprises étrangères, faudra s'adapter et revenir au bon vieux temps des révolutions sanglantes et des réquisitions citoyennes ...
Sacrée avancée en effet ...
:mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
Fyah dit:
Et le jour où tout ce petit monde du livre va se retrouver sur le marché du travail, que des employés de PSA, Arcelor Mittal, Alcatel auront eux aussi étaient virés au profit des délocalisations et autres sous traitance via des entreprises étrangères, faudra s'adapter et revenir au bon vieux temps des révolutions sanglantes et des réquisitions citoyennes ...
Sacrée avancée en effet ...
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là tu mélanges un peu tout, quand même... Ce n'est pas là le problème c'est mettre en concurrence des modèles sociaux différents le vrai problème, des peuples différents, des traditions différentes et prétendre que l'on n'a pas le choix, que l 'on n'est pas compétitif, et blablabla... Oui c'est un problème tout est lié...
Sthorm dit:Perso, même à moins d'un euro le bouquin, j'ai vraiment du mal avec les liseuses et autres tablettes. J'ai besoin de tenir un livre, de tourner les pages, de le ranger sur une étagère, bref d'avoir l'objet et pas un rectangle plastique de 10x15 cm, même s'il peut contenir le quart de ma bibliothèque.

Dod dit:Même à se prix là, j'achète pas. J'ai besoin d'avoir le livre papier, d'en tourner les pages et d'en sentir l'odeur. C'est assez paradoxal car je joue à pas mal de jdp sur tablette..


On a dit ça des vinyls, des cassettes, puis des CD. Perso je n'achète plus de musique sur support.
Et je fait pareil avec les livres, le contenu m'important plus que le contenant.

fyah: je comprends ton discours mais la comparaison avec l’automobile n’est pas la bonne du tout.
La musique change de support, le livre change de support, c’est “normal”, ce faisant, que certains métiers disparaissent. Je ne dis pas que c’est bien. Mais je ne pense pas qu’il y ait forcément une volonté malfaisante derrière.
Les grosses boîtes ont beaucoup à perdre là-dedans.
Quand on est passé du cheval à la voiture, tout un tas de métiers ont disparus, même si la bagnole a généré un max d’emplois. Mais à l’heure actuelle on ne ferme pas des usines parce que nos moyens de locomotions ont changé.
Autant je pense qu’il est légitime de gueuler contre la désindustrialisation au profit de pays toujours moins chers, autant dans le cadre de l’ebook comme du CD, ce ne sont pas des emplois qui partent ailleurs, mais qui disparaissent au profit, parfois, de nouveaux.

C’est un changement de monde et c’est dur. J’imagine que les personnes tenant des relais de diligence ont du pester contre l’invention de la voiture et du train.

Il est de plus en plus difficile d’apporter une véritable plus value à ce qui existe.
Les “recommandations” du vendeur ont moins de valeur que l’information trouvée sur internet.

Dans le cas ou l’on rejette la mondialisation totale (tendant à uniformiser le niveau de vie moyen dans tous les pays) alors c’est effectivement un très gros problème que les multi-nationales aient tant de moyen d’optimiser leur imposition.

La concentration actuelle des richesses en est un autre…

Bref, on travaille encore trop, les ordinateurs et robots doivent continuer à nous remplacer au travail sans baisse de rémunération. (sur ce chemin les questions de propriété intellectuelle sont un véritable obstacle).

et là c’est même gratuit

http://www.noslivres.net/