Tu isoles mon propos de la suite de mon raisonnement.
Le volcan est un outil ajouté par le scénario, extérieur au cœur du système. Dans le jeu de base, je te bloque parce que j’occupe l’espace. Dans le scénario volcan, je te bloque parce qu’une mécanique additionnelle m’autorise à placer une coulée de lave. Mais limitée par tellement de facteurs, qu’on est pas loin de l’aléatoire !
Car il ne suffit pas de pouvoir choisir l’emplacement du volcan pour dire qu’on maîtrise réellement l’événement. Il faut, le timing, la bonne case bloquée, au bon endroit, adjacent au volcan, ça fait beaucoup de conditions…
La vrais question c’est, quelle est la marge de manœuvre dont on dispose pour provoquer cet événement et au moment exact où on le souhaite ?
Et ton mot “maîtrise” me gêne un peu. J’ai plutôt l’impression qu’on exploite une opportunité lorsqu’elle se présente que l’on ne provoque réellement l’événement au moment exact où on le souhaite.
Du coup, pour moi, cela reste assez différent d’un levier tactique entièrement sous le contrôle du joueur. On peut optimiser sa pose, certes, mais on ne décide pas librement de l’apparition de la contrainte elle-même, localisée autour du… volcan.
C’est probablement aussi pour cela que je ressens davantage ces scénarios comme une couche de “variabilité” que comme un enrichissement tactique majeur. Le gain tactique que tu annonces par le biais des scénarios me paraît inférieur à la perte de contrôle introduite par la variabilité des scénarios. Mais ce n’est que mon point de vue…
Je crois que tu continues à répondre à une position que je ne défends pas. Je n’ai jamais dit que l’exploitation d’une opportunité n’était pas tactique. Et je suis d’accord avec toi.
Ce que je dis, c’est qu’il existe selon moi une différence entre un “levier tactique” que je peux provoquer, planifier ou contrôler et une opportunité que j’exploite uniquement si une série de conditions favorables se présente.
Et dans le cas du volcan, mon interrogation n’est pas de savoir si “sa pose peut être exploitée tactiquement”. Car il est évident que oui ! Je me répète, mon interrogation porte sur le “degré réel” de contrôle que le joueur possède sur son apparition, son timing et sa pertinence stratégique.
Autrement dit, je distingue un levier tactique dont l’apparition dépend principalement des décisions des joueurs, d’une opportunité dont l’apparition dépend en partie de circonstances favorables qui ne sont pas maîtrisées par le joueur. (Ou d’une manière très limitée).
C’est d’ailleurs pour cela que depuis le début, je parles d’arbitrages et de contrôle, alors que tu sembles surtout parler d’adaptation et d’exploitation d’opportunités. Ce ne sont pas exactement les mêmes choses. L’argument “les scénarios rendent le jeu plus tactique” n’est pas correct selon moi, car ils introduisent aussi des situations où les options sont réduites sans qu’un arbitrage intéressant apparaisse. Ils introduisent aussi et implacablement des situations de faible intérêt tactique qui n’existaient pas dans le jeu de base.
Et je me trompe peut être ! Mais j’essaie de réfléchir à ce qui me gêne exactement dans ces scénarios et de mettre des mots dessus. Cela pousse la réflexion. (Attention, j’aime jouer avec les scénarios, mais pas pour les mêmes raisons ;))