moi c’est pas pas trop le prix qui me gène, c’est plutôt la qualité généralement médiocre des produits chinois à bas cout (car certains produits chinois sont bons mais chers !!)
c’est le manque de contrôle qualité intrinsèque du à l’éloignement ce qui provoque des incompréhensions, des ratés, des retards, …
des méthodes de travail douteuses et je ne parle que des processus de fabrication
des délais de livraisons aléatoires
c’est bien ça que je ne comprends pas, c’est que j’ai l’impression que les inconvénients sont supérieurs aux avantages et que je suis surpris que seule la différence de prix suffise à faire pencher la balance.
sans parler des aspects sociaux et environnementaux pour lesquels nous n’avons pas de leçon à donner
Un sujet qui me tiens beaucoup à coeur,
bonne initiative,
j’y reviens quand j’ai un moment.
Jeremie dit:Je ne comprend pas l'argument du si ca coute 2 euros de plus par boite alors on doit augmenter le prix public de 10 euros.
Bah, c'est simple. Imaginons, je fabrique un jeu qui me coute 5 €, je décide tel un fou de gagner 2 € (40%) de marge dessus. Donc je le vends à mon distributeur 7 €. Mon distributeur le vend au magasin 10 € (30% de marge pour le distributeur) et le magasin le vend au consommateur 20 €. Si mon jeu coute 2 € de plus à fabriquer, soit il reste au même prix et je gagne zéro, la bonne affaire ou soit je garde la même marge de 40% et je le vends 9,8€. N'oublions pas que l'éditeur à beaucoup de frais d'édition sur un jeu, déplacements, illustrations, marketing etc..
Je le vends donc 9,8 € au lieu de 7€ pour avoir une marge de 2,80 € et dans ce cas-là le prix publique sera de 28 € (28/2=14 – 30% = 9,80). Ce qui fait une différence de 8€.
Bin c’est ce que je dis c’est à coefficient multiplicateur constant.
On peut aussi essayer de le vendre 22 euros au consommateur et ne n’augmenter ni ta marge ni celle du magasin car objectivement aucun travail supplémentaire ne justifie ces augmentations. Reste juste à rémunérer le capital immobilisé car les 2 euros représentent un besoin de tréso supplémentaire, disons à 4% ca fait 8 centimes pour le magasin et 5 pour toi. Donc un prix public à 22.13€
Mais on est d’accord qu’il faut que le consommateur final accorde de lui même une valeur au fait que le produit soit réalisé en France, sinon c’est une erreur commerciale d’utiliser ces 2 euros à cela.
Le sujet est intéressant mais je crois qu’hélas beaucoup sont utopistes.
Si on se tient à ce que dit Kong, on passe de 20 à 28 € ça fait presque 30% de plus, c’est colossale.
La réalité est que si l’on fait fabriquer en France et que le prix augmente, on se coupera d’une partie des clients qui n’ont pas les moyens de mettre plus d’argent dans un jeu.
Ou alors il va falloir faire des choix, au lieu d’acheter 10 jeux par an, on passera à 5 ou 6.
Ou alors il faut que l’éditeur se décide à rogner sur ses bénéfices, en communiquant sur le fait du “Fabriqué en France”, et ainsi, peut-être, récupérer en volume de vente ce qu’il perdra sur l’unité.
Mais bon, c’est un sacré casse tête, quoi qu’il en soit.
LaTomate dit:Le sujet est intéressant mais je crois qu'hélas beaucoup sont utopistes.
Si on se tient à ce que dit Kong, on passe de 20 à 28 € ça fait presque 30% de plus, c'est colossale.
La réalité est que si l'on fait fabriquer en France et que le prix augmente, on se coupera d'une partie des clients qui n'ont pas les moyens de mettre plus d'argent dans un jeu.
Ou alors il va falloir faire des choix, au lieu d'acheter 10 jeux par an, on passera à 5 ou 6.
EN même temps, si tu augmentes les volumes de production, tu professionnalise un peu plus ton entreprise, tu deviens plus compétitif et tu peux avoir des prix plus attractifs. Il faut lancer la machine à un moment.
Pour les figurines en plastique, on a des entreprises de plasturgie à Oyonnax entre autres et je pense que ça doit pouvoir se faire de bosser dans cette zone.
Jeremie dit:Bin c'est ce que je dis c'est à coefficient multiplicateur constant.
On peut aussi essayer de le vendre 22 euros au consommateur et ne n'augmenter ni ta marge ni celle du magasin car objectivement aucun travail supplémentaire ne justifie ces augmentations. Reste juste à rémunérer le capital immobilisé car les 2 euros représentent un besoin de tréso supplémentaire, disons à 4% ca fait 8 centimes pour le magasin et 5 pour toi. Donc un prix public à 22.13€
Impossible. En baissant cette marge de 40% (qui est déjà faible), le risque augmente énormément sur le tirage et le retour à zéro. Dans ce cas-là, Moonster Games aurait disparu il y a 2 ans avec les fours qu'on était « Cours de Tennis : Multiplication » et « Hattari ». À un moment, il faut prendre en compte la survie de l'entreprise. Le magasin, quant à lui, ne peux pas baisser sa marge non plus.
Si on regarde le top 10 France des meilleures ventes de Jeux de société, combien sont fabriqués en France ? Aucun. Le consommateur s'en fout.
Mais si demain, une grosse boîte sérieuse et compétitive s'ouvre en France, pourquoi pas. La preuve, Moonster Games ASIA fabrique ses jeux en Corée du Sud et non en Chine qui est pourtant juste à côté, mais là-bas le public est beaucoup plus réceptif à ça.
Concernant le prix, on a tous le même réflexe, on profite souvent de déstockage pour faire une grosse commande à prix réduit.
On peut faire le parallèle avec le monde de l’automobile ou du textile.
Lorsque l’on va dans des grandes enseignes et que le t-shirt est à 3€, la qualité est merdique mais on se dit que pour le prix on en rachètera l’année prochaine des neufs.
Pour produire en France, il faut aussi changer notre façon de consommer et là …
On a pas cet esprit patriotique que peut avoir un japonnais qui préfère consommer japonnais.
Kong dit:
Si on regarde le top 10 France des meilleures ventes de Jeux de société, combien sont fabriqués en France ? Aucun. Le consommateur s'en fout.
C'est ça. Mais d'un autre côté, c'est aussi légitime que de vouloir dépenser le moins possible (en tant que consommateur, c'est mon cas).
C'est l'histoire du serpent qui se mord la queue, en fait.
Horatio dit:Kong dit:
Si on regarde le top 10 France des meilleures ventes de Jeux de société, combien sont fabriqués en France ? Aucun. Le consommateur s'en fout.
C'est ça. Mais d'un autre côté, c'est aussi légitime que de vouloir dépenser le moins possible (en tant que consommateur, c'est mon cas).
C'est l'histoire du serpent qui se mord la queue, en fait.
Oui
Bah la vraie raison c’est que l’on a pas envie. “Produit en France” pour des jeux n’est pas une valeur ajoutée.
Pour du vin ou du fromage oui. Pour des jeux, sachant le coût de fabrication est plus élevé et que le savoir faire n’est pas présent c’est même plutôt un handicap.
Sujet très intéressant!
Mes propos vont peut être paraitre provocateurs mais je me demande si nous n’avons pas eu la mauvaise habitude, nous consommateurs/joueurs, d’avoir des jeux pas assez chers?
Le fait de nous avoir habitué à ce que le prix du jeu soit “abordable” nous a poussé à la boulimie ludique tout en cautionnant les problèmes environnementaux, droit de l’homme etc…
Est ce que le fait de produire des jeux en France ne permettrait pas de mieux faire connaitre le jeu moderne en France, toucher ainsi un plus large public en France et donc en vendre autant si ce n’est plus?
Je ne vois pas comment augmenter les prix augmentera les ventes du jeu de société… Il n’y a que dans l’industrie du luxe que cela marche.
Jeremie dit:Je ne vois pas comment augmenter les prix augmentera les ventes du jeu de société... Il n'y a que dans l'industrie du luxe que cela marche.
Depuis quand le jeu n'est pas un produit de luxe?
Doublon.
Jeux pas cher ?
@Modeste et génial : Je suis un grand fan de plusieurs gammes de jeux (EDGE par exemple) et je trouve que leurs prix sont déjà assez chers
. Et pourtant, ils ne sont pas fabriqués en France. Alors plus cher, gloups
.
Je ne pense pas qu’augmenter le PVTTC d’un jeu soit la bonne solution. Après, je ne suis pas éditeur de jeux et je n’ai donc pas tous les paramètres en main… Mais si c’est comme pour l’impression de livres (sujet que je connais un poil mieux), c’est très difficile de faire imprimer en France tant les tarifs sont prohibitifs.
Ou alors il faut rogner un max sur les marges et au moindre grain de sable dans le rouage, tout part en cacahuète et l’éditeur risque de se manger le mur en pleine poire !
Modeste et Génial dit:Sujet très intéressant!
Mes propos vont peut être paraitre provocateurs mais je me demande si nous n'avons pas eu la mauvaise habitude, nous consommateurs/joueurs, d'avoir des jeux pas assez chers?
Le fait de nous avoir habitué à ce que le prix du jeu soit "abordable" nous a poussé à la boulimie ludique tout en cautionnant les problèmes environnementaux, droit de l'homme etc...
Je suis tout à fait d'accord avec toi, et je pense que ce n'est pas limité au jeu. Si l'on doit payer le vrai coût social et environnemental des choses qu'on achète, ça va faire un sacré changement dans notre manière de consommer (ce qui ne veut pas forcément dire un niveau de vie moins élevé).
Les partisans du protectionnisme commercial pourraient se fédérer pour créer une entreprise française de fabrication de jeux.
Ainsi il existerait une offre locale à laquelle les éditeurs pourraient recourir.
En attendant, comme l’a rappelé Kong, il reste toujours la Belgique, l’Allemagne, et la Pologne, pour ceux qui ne veulent pas attendre 2 à 3 mois le réapprovisionnement d’un jeu en rupture, ou 6 mois que veuillent bien sécher leurs pièces de bois trempées par la pluie.
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