Je pense qu’au contraire, plus le jeu de société aura un public large, plus il y aura de place pour des projets plus expérimentaux.
C’est ce qui se passe aujourd’hui avec le jeu video. Des jeux comme “this war of mine”, “papers, please”, “prison architect”, “her story” pour n’en citer que quelques-uns placent le joueur dans des contextes qui l’interpellent et le touchent, tout en étant de “vrais jeux” (gameplay, contenu, etc).
D’autres sont plus experimentaux et reflechissent sur le media lui-même (“the Stanley parable”).
Le jeu video touche un public suffisamment large et mature pour que ces jeux aient un vrai public. Paper’s Please, c’est 500.000 exemplaires vendus. C’est évidemment très faible par rapport aux blockbusters mais largement suffisant pour pérenniser la démarche.
Pour le scénario Kennedy, nous avons tout simplement consulté nos collègues américains qui, effectivement, nous l’ont cité comme l’un des sujets très clivants aux Etats-Unis. L’idée, c’est que TIME Stories ne manque pas de thèmes possibles, alors en prendre un qui peut poser problème, c’est un peu dommage.
D’ailleurs, nous avons eu un certain nombre de critiques vis-à-vis d’Asylum, justement sous l’angle du trash, et pas seulement aux Etats-Unis.
Heureusement, ça ne va pas nous brider, comme vous pourrez le constater assez prochainement (on parle de Time Stories, donc pas tout de suite, mais…).
Sandrine et Richard dit :
Dans le JDS je pense que c'est pareil, les premiers jeux qui sortaient ou l'on jouait du mauvais côté de la barrière étaient traités avec beaucoup d'humour: supergang, plus tard cash&gun.
Tes deux exemples touchent à l'univers du polar/des gangsters à l'ancienne, autrement dit à quelque chose qui est entré dans les lieux communs culturels, comme aujourd'hui les zombies, et qui a donc perdu de sa force, qui n'est plus aussi subversif/dérangeant. Le contenu est certes "trash" quand on y pense, mais complètement désamorcé aujourd'hui, notamment avec les parodies qu'on en a fait entre temps (genre Tontons Flingueurs, Shaun of the Dead, etc.). Et il faut bien le reconnaître aussi, le jds est friand des univers balisés, auquel on adhère facilement parce qu'on en connaît naturellement les codes (ça permet de se concentrer sur les règles, sûrement) : Egypte antique, fantasy, etc.
Quelqu’un la déjà dit, mais la différence entre le JV et le JDS, c’est que le JV, on peut y jouer seul, et si on y joue a plusieurs, c’est avec des gens qu’on connait pas forcément, mais qui de toute façon viennent pour jouer à ce jeu.
Dans le JDS, on a tous plus ou moins des groupes de joueurs, et il suffit qu’un des joueurs du dit groupe soit plutot rebuté par le thème trash, pour lui preférer un autre jeu qui passera mieux auprès de tous.
Pour avoir éditer Gangs City et Police City, ou il était question de trafics en tout genre (drogue, arme, prostitution), tu le vois clairement en salon (déjà, tu filtre bien les salons ou tu vas présenter ton jeu), quand tu commence a le pitcher, régulièrement tu vois une petite moue d’un des joueurs qui fait du coude a son collegue pour aller essayer un autre jeu.
Du coup, rien d’étonnant a voir de l’auto censure de la part des éditeurs qui veulent toucher le plus large possible dans des créneaux déjà limiter par d’autres critères.
Tasslehoff157 dit :Quelqu'un la déjà dit, mais la différence entre le JV et le JDS, c'est que le JV, on peut y jouer seul, et si on y joue a plusieurs, c'est avec des gens qu'on connait pas forcément, mais qui de toute façon viennent pour jouer à ce jeu.
Dans le JDS, on a tous plus ou moins des groupes de joueurs, et il suffit qu'un des joueurs du dit groupe soit plutot rebuté par le thème trash, pour lui preférer un autre jeu qui passera mieux auprès de tous.
L'exploitation de thématiques fortes et clivantes se fait pourtant dans le Jeu de Rôle (papier-crayon), et depuis des années. En groupe. Evidemment que on ne peut pas jouer à Vampire, à COPS ou à Kult avec n'importe qui. Mais le succès de ces jeux (les premiers exemples qui me sont venus à l'esprit) démontre depuis des années qu'on peut faire du jeu de société autour de thématiques fortes et clivantes, et qu'il y a un public qui est d'accord pour y jouer.
[...]Et il faut bien le reconnaître aussi, le jds est friand des univers balisés, auquel on adhère facilement parce qu'on en connaît naturellement les codes (ça permet de se concentrer sur les règles, sûrement) : Egypte antique, fantasy, etc.Ce n'est pas le jds, mais la société et le marketing qui sont friand d'univers balisé, facile à comprendre. L'être humain est toujours partagé entre confort et inconnu. Mais l'inconnu (le non balisé) nous gene plus.Après faudrait ce mettre d'accord sur ce que l'on entend par trash. Est-ce des univers décalés? surprenants? des points de vue différents mais respectable? Ou juste un truc amoral ou immoral juste pour le plaisir de choquer ou pire de faire l'apologie de comportements toxiques pour l'entourage?Sortir du cadre de pensée mainstream est une bonne chose mais cela n'est pas forcement obligatoirement trash et choquant dans les actes. Il y a un coté animal et violent dans chacun de nous, mais a quoi sert de le mettre en valeur, voir de le glorifier et de le banaliser au travers de jeu?Des jeux trashs, dans le sens point de vue différent, il y en a plein avec au début les jdr. Des jeux qui font l'apologie de comportements déviants et dangereux juste pour être différent il y en a moins et c'est heureux!
khaali dit :L'exploitation de thématiques fortes et clivantes se fait pourtant dans le Jeu de Rôle (papier-crayon), et depuis des années. En groupe. Evidemment que on ne peut pas jouer à Vampire, à COPS ou à Kult avec n'importe qui. Mais le succès de ces jeux (les premiers exemples qui me sont venus à l'esprit) démontre depuis des années qu'on peut faire du jeu de société autour de thématiques fortes et clivantes, et qu'il y a un public qui est d'accord pour y jouer.
Déjà, je pense que pour un même thème dit trash, on aurait un % bien moins élevé du coté des rolistes qui serait géné, que du coté des joueurs de JDS, car le public du JDS est plus large, du coup, ce qui peut passer sur du JDR ne passera pas sur du JDS.
Ensuite, le nombre de sortie par an entre JDR et JDS n'est pas la même, donc, ton jeu avec un thème plus sujet à caution qui sera donc nettement moins mis en avant aura beaucoup plus de mal de trouver son public. Enfin, le cout pour imprimer ton JDS et ton JDR n'est pas le même non plus, du coup, tu vas plutot chercher un thème plus fédérateur.
Avant de sortir Gangs City, j'étais dans cette optique de me dire que oui, un thème plus marqué aurait son public, et même que ça pourrait faire la différence avec ceux qui justement aimerait un peu des thèmes plus politiquement incorrect, mais j'avais plutot tord (après, je dis pas que c'est le seul raison de l'échec).
Les jeux trash se trouvent, ils ont simplement des sorties plus confidentielles et sont plus présents sur des marchés importants,comme simplement le marché américain où l’on peut trouver des jeux comme Leaping Lemmings ou The Suicide Bomberman Card Games par exemple, mais il y a des contre exemple comme en Italie où l’on trouve le très trash Squilo.
La France est un marché en pleine explosion depuis bientôt 10 ans mais reste un petit marché, ce qui m’attriste car les éditeurs font trop de prudence sur les thèmes, aussi Mysterium c’est vu lightifié : on passe du fantôme d’un français guillotiné pour un crime qu’il n’a pas commis (sujet de la peine de mort encore controversé dans notre pays, avec pas mal de partisans sic) au fantôme vengeur écossais d’un classicisme triste.
On peut comprendre ce genre de choix mais sont-ils vraiment nécessaires? Ne sont-ils pas un excès de prudence vis à vis des consommateurs?
Barbarossa a essuyé les foudre de la critique en France et aux USA, pourtant sa suite sera publié aux USA, Japanime Games souhaitant même faire un troisième opus sur le débarquement (où je suppose que nous jouerons cette fois les alliés, vu la mécanique de base du jeu).
Cela étant, je ne désespère pas, le financement participatif permettra peut être de lancer des projets français ou francisé de jeux trash qui permettra plus facilement à ce genre de thème de se frayer un chemin sur le marché francophone.
Vous aimez TricTrac ?
Vous aimez la TricTrac-TV ?
Vous aimez le trash ?
Ceci est fait pour vous:
http://www.trictrac.net/actus/fist-them-all-le-comment-ca-marche
le jeu le plus TRASH ! MONOPOLY !