Pour développer, il faut que la façon d’aborder le jdr évolue en même temps que la vie des joueurs.
Maintenant qu’on est adultes, certains mariés, certains avec des enfants, l’organisation a énormément changé.
Plus de one shots
Etant donné la difficulté à réunir des joueurs à cause de leur faible disponibilité, les campagnes de 100 000h genre Beyond The Mountains of Madness sont enterrées. Quand on a une séance de jeu par mois, pas la peine de prévoir un scénario pour lequel il faut 30 séances pour le finir, à moins de vouloir passer la moitié de la séance à répéter les épisodes précédents.
Des séances en semaine
Le WE est réservé à la famille, aux amis, et à ce qu’on n’a pas eu le temps de faire en semaine, justement. Rare est l’envie parmi les joueurs de gâcher un WE à rester enfermés dans une salle. Par contre, les soirs de semaine, il n’y a pas grand chose d’autre à faire que : jouer, se vautrer devant la télé, sortir. Donc consacrer un soir dans la semaine au jdr est de suite plus envisageable.
Des séances plus courtes
Jouer en semaine impose des contraintes : sortir du boulot, manger, ne pas se coucher trop tard. Pour mes parties, on utilise le format suivant : 20h-24h, repas sous forme de grignotage. J’ai deux joueuses dont une qui est un vrai cordon bleu. Plus nous autres, braves mâles attardés culinairement, qui apportons des bonbons, du fromage ou du pain, voire de la boisson.
Jouer à 20h laisse le temps de sortir du taf. Minuit permet de se coucher à une heure correcte (définie par l’arrêt des métros).
Ca fait une séance de 4h, parfaitement correcte pour jouer des scénarios courts en une ou deux séance.
Généralement, on arrive à une séance tous les 15 jours.
Jouer même s’il manque une personne
Facilement envisageable dans des jeux comme COPS où c’est relativement “built-in”, il faut parfois trouver des excuses ou accepter le concept de personnage “dans le vague” (il est là mais pas vraiment là). Cet artifice permet de gérer le fait qu’un joueur n’est pas là pour la séance donnée, et donc d’annuler beaucoup moins. Ainsi, au lieu d’une séance tous les deux mois, on peut augmenter la cadence. Je tourne à une partie tous les 15 jours, avec une séance sur 3 à 5 annulée (suivant de quel groupe on parle).
Préparer moins, jouer plus
Quelques prétirés, une capacité d’improvisation, et hop. Lire le scénar dans le métro avant d’aller au taf, ou en en partant (j’ai une heure aller, une heure retour). Plus question pour moi d’écrire un scénario, ou une campagne, de vieillir des feuilles au thé, de sortir les bougies. J’ai quelques CD de musique d’ambiance, mais moi et les joueurs faisons tout le boulot.
Il faut aussi accepter que lors d’une séance les joueurs aient besoin de relâcher la pression et que la partie parte un peu en vrille. Pourquoi pas ? C’est amusant aussi ! Moi qui aime pas chanter, j’ai très bon souvenir d’une de mes parties de INS qui s’est transformée en chorale sur la musique d’ambiance (Queen, Rocky Horror Show). On s’est bien amusé, et les joueurs ont compris le scénario sur la base du compte rendu ![]()
On a tous des fois où on a besoin de se défouler. Il faut l’accepter.
Ainsi, j’ai une campagne d’INS/MV avec une partie tous les 15 jours, avec quasiment aucune séance annulée et 6 joueurs+MJ. Mardi soir, avec de la bonne bouffe amenée par les joueurs…
J’ai aussi eu une campagne de COPS avec une partie tous les 15 joueurs, 4 joueurs+MJ, une séance sur 3 annulée. Le jeudi.
greuh.
Pas d’accord du tout avec Maldoror.
La réalité c’est que les grosses boîtes françaises ont coulé et on ne me fera pas croire qu’elles auront toutes commis les mêmes conneries qui auront précipité leur chute. Le standard des productions “Multisim”, par exemple, est resté excellent jusqu’au bout. COPS constitue par ailleurs une excellent gamme, pour autant Asmodée en finit avec le jdr alors qu’elle a débuté avec. Les vraies raisons c’est que cela demande beaucoup de boulot aux éditeurs pour finalement, en proportion, peu de clients. Le nombre d’acheteurs s’est réduit (pour toutes les raisons qu’on a évoquées depuis le début de cette discussion) voilà tout = moins de rentabilité à produire surtout à l’heure où le jeu de société/de plateau se porte si bien.
En ce qui concerne le contenu des suppléments publiés actuellement tu n’as sans doute pas ouvert tous les suppléments DD3 (moi non plus d’ailleurs), il y a pas mal de chose très limites là-dedans, comme on en trouvait d’ailleurs par le passé dans telle ou telle gamme ce qui ne signait pas pour autant leur arrêt de mort. Quoi qu’il en soit on ne peut effectivement que s’incliner devant la qualité éditoriale de Warhammer, mais cela demeure une exception, un choix pour lequel il faut payer le prix (de 20 à 45 euros les ouvrages !
vos reflexions sont vraiment intéressantes. En fait j’avais décroché du JdR depuis longtemps. Or récemment j’en parlais à mes neveux, dingues de Wii et de jeux en ligne, et grand fut mon étonnement en les voyant emballés à l’idée de faire un JdR (je leur en avais fait un vite fait, genre horreur à la Call of Cthullu, très improvisé avec des règles hyper basiques de mon cru, il y a qq mois). Comme quoi l’ordinateur ne les a pas du tout blasés, et ils seraient prêts à attaquer l’aventure. Bon, reste à voir si j’ai le courage de construire un scénar. Car l’impro c’est épuisant.
moonboots dit:Bon, reste à voir si j'ai le courage de construire un scénar. Car l'impro c'est épuisant.
Le tout fait, c'est très bien aussi. Sachant que la Tocteam traduit et met à disposition quelques tonnes de matos, gratuit, sur son site.
http://www.tentacules.net/
greuh.
moonboots dit:Comme quoi l'ordinateur ne les a pas du tout blasés,
avec un bon mj et des joueurs motivés, aucune expérience ludique ne s'approche du jdr (même une partie d'Antiquity ou de Junta,
moonboots dit:Bon, reste à voir si j'ai le courage de construire un scénar. Car l'impro c'est épuisant.
Il y a pas mal de ressources sur le net (genre la scémariothèque) avec parfois de bonnes surprises.
Sinon en peer to peer circule un fichier (un méga fichier, genre 3 Go), avec tous les Casus Belli, dépiautés par genre et jeu, scannés.
merci pour ces infos. En fait je préfère presque inventer moi-même, comme ça je maîtrise l’univers et puis ça fait travailler la créativité. L’impro c’est très sympa, j’avais oublié comme on rebondit sur ce que font les joueurs, en fait ils participent presque à la création du scénar et ça c’est trop drôle. Mais il me faut tout de même un socle sur lequel me rattraper au cas où, c’est tout de même moins éprouvant. Merci pour le lien. Les vieux Casus, je les ai !!
Voilà,
Cela faisait un moment que je n’avais pas joué au jdr. Comme en ce moment je suis un peu lassé de la déferlante des jeux de plateau a “l’allemand”, gestion, prise de tête etc…" j’ ai lancé un petit d&d dans le monde d’Eberon, et franchement c’était comme un vent frais dans ce monde ludique …en expension.
Impro, prises de risque , envolée imaginaire…convivialité…
Je pense que le jdr est à relancer, peut-être avec des kit prêt à jouer ou avec d’ autres produits pour satisfaire les joueurs dont le temps n’est pas extensible…
a+
en fait ce qui est assez rebutant avec le recul c’est la complexité des règles de ces vieux jeux, c’est décourageant à l’avance. Si j’en organise un, ce sera avec mes règles, et encore : je ferai semblant de tirer des dés derrière mon paravent tout en sachant très bien l’issue de l’action. Nièk nièk nièk.
moonboots dit:En fait je préfère presque inventer moi-même, comme ça je maîtrise l'univers et puis ça fait travailler la créativité.
Après, c'est un choix hein. J'ai fait une croix dessus pour jouer plus. Je consacre une part de mon temps au jdr. En supprimant la partie création, je consacre plus à la partie.
Nécessité fait loi.
greuh.
Caribou dit:De la même façon, je pense que cette histoire de téléchargements ne pèse pas bien lourd dans la balance. Le jdr demeure une activité de passionnés et rien ne remplace le contact rassurant d'un bel ouvrage en couleurs relié professionnellement. J'ai tendance à penser que ceux qui téléchargent sont aussi par ailleurs des acheteurs.
Oki doki, au temps pour moi ! Je crie au loup pour rien alors !
tom-le-termite dit:J'en connais pas mal qui comme moi, ont delaissé le JDR pour aller vers le JDS.
Pas que l'on est plus envie, mais plus un manque de temps.
Là je suis moins d'accord avec cet argument, car finalement tu accordes le temps que tu veux à ce qui te plaît le plus. Peut-être le jdr ne correspond-il plus à tes goûts actuels ?
Don Lopertuis
greuh dit:Après, c'est un choix hein. J'ai fait une croix dessus pour jouer plus. Je consacre une part de mon temps au jdr. En supprimant la partie création, je consacre plus à la partie.
Nécessité fait loi.
greuh.
oui tu as peut-être raison, as-tu par hasard souvenir d'un bon scénar issu de Casus ?
moonboots dit:Or récemment j'en parlais à mes neveux, dingues de Wii et de jeux en ligne, et grand fut mon étonnement en les voyant emballés à l'idée de faire un JdR (je leur en avais fait un vite fait, genre horreur à la Call of Cthullu, très improvisé avec des règles hyper basiques de mon cru, il y a qq mois). Comme quoi l'ordinateur ne les a pas du tout blasés, et ils seraient prêts à attaquer l'aventure.
Cela ne m'étonne guère et j'assiste au même phénomène à l'asso. Des jeunots qui ont taté du jdr sur pc en redemandent aux anciens. En effet, sur pc ils n'ont vécu qu'une histoire au final, assez cadrée au bout du compte et ils comprennent vite qu'avec un bon mj, le potentiel est nettement plus élevé, les possibilités plus étendues.
Malheureusement, parmi les vieux briscards, bien sont prêts à prendre le temps de les initier, de les canaliser (usant parfois). C'est dommage, car ils constituent la relève... En même temps, cela m'arrange de pouvoir les attirer du côté obscur du plateau !
Don Lopertuis
moonboots dit:en fait ce qui est assez rebutant avec le recul c'est la complexité des règles de ces vieux jeux, c'est décourageant à l'avance. Si j'en organise un, ce sera avec mes règles, et encore : je ferai semblant de tirer des dés derrière mon paravent tout en sachant très bien l'issue de l'action. Nièk nièk nièk.
Euuuuh.
Je crois que :
- tu as une mauvaise image des vieux jeux. Tu n'étais pas forcé de jouer à Rolemaster. A la même époque, y'avait Hurlements (aux règles simplissimes).
- tu devrais jeter un oeil à ce qui se produit à l'heure actuelle au lieu de toujours retourner vers les sempiternelles vieilleries toujours éditées (Donj, ouarhamère, ketulu et vempirh). La vague du jeu indie a su prouver qu'il était possible de faire des systèmes de jeux simples, innovants (vraiment innovants, je parle pas ici de choisir un d8 au lieu d'un d10) et qui font ressentir l'ambiance du jeu.
D&D et consors, au niveau du système, ça accuse son âge et sent le moisi. On peut apprécier de jouer avec (moi j'aime toujours jouer à ADD2). Mais venez pas vous plaindre que le jdr c'est des jeux aux systèmes compliqués parce que parmi la trouzaine de jeux qui existent, vous privilégiez les vieilleries aux systèmes complexe...
Des exemples de jeux aux règles simples ?
dK (pour vous offir la version simplifiée et améliorée de D&D3)
Final Frontier
Humanydyne
Dread
Qin
Unknown Armies
...
Tous ces jeux sont décrits sur http://www.roliste.com
Donc non, je ne suis pas d'accord, les jeux de rôles n'ont pas des systèmes complexes. Certains jeux ont des systèmes complexes : ceux conçus dans les années 70-80, qu'étrangement les gens achètent toujours.
greuh.
moonboots dit:greuh dit:Après, c'est un choix hein. J'ai fait une croix dessus pour jouer plus. Je consacre une part de mon temps au jdr. En supprimant la partie création, je consacre plus à la partie.
Nécessité fait loi.
greuh.
oui tu as peut-être raison, as-tu par hasard souvenir d'un bon scénar issu de Casus ?
Pour quel jeu ?
J'ai un bon souvenir de Promotion Canopy (pour Magna Veritas), d'un ou deux scénars Hurlements etc. Mais mes souvenirs sont flous. En sachant le jeu, je pourrais me rafraîchir la mémoire.
greuh.
greuh dit:
Pour quel jeu ?
Call of Cthullu
Ils sont venus, ils sont tous là :
http://bastion.free.fr/cbparjeu.htm#appel
Et en plus, y’a une note sur 10. ![]()
Moi je crois que c’est le maître des engoulevents qui m’avait marqué.
greuh.
ok merci je vais aller voir ça
119_ethor bedi zure erresuma_9
111_bon sang ne saurait mentir_9
65_le maître des engoûlevents_8
81_les enfants terribles_9
Ils sont tous téléchargeables sur le lien donné dans mon message d’avant. Mais hésite pas à fouiller ![]()
greuh.
Edit : étaient téléchargeables. Renseigne toi auprès de TOC (tentacules.net)
moonboots dit:...et encore : je ferai semblant de tirer des dés derrière mon paravent tout en sachant très bien l'issue de l'action. Nièk nièk nièk.
je ne sais pas vous, mais moi avec le temps je me tape de plus en plus des dés (dont je n'ai jamais été grand fan); je fais de plus en plus dans le diceless non-dit, au feeling du sens de l'histoire, du rythme. Mes dernières parties de Maléf', pas UN jet. Bon, mes dernières parties de Middle sauce maison, quelques-uns pour les bastons, et encore, beaucoup de descriptions liées à l'action...
Moi c’est l’inverse. Après avoir eu une période quasi-diceless, j’y reviens. Je lance de moins en moins les dés, mais quand je les lance, c’est devant les joueurs, qui en accepteront le résultat (qui reste mon interprétation). Ils peuvent savoir que je triche sur l’interprétation, je m’en tape : ils l’acceptent très bien. Quelque part, on n’est plus des enfants. Tous mes joueurs sont MJ à d’autres jeux, ils savent donc exactement ce que c’est, donc ils savent très bien qu’il m’arrive de tricher.
Mais pas tant que ça.
Comme j’utilise peu les dés, j’ai moins besoin de tricher, forcément. Quitte à me rattrapper aux branches par impro quand mon grand méchant à INS/MV tire le 666 ou le 111 qui l’achève*.
greuh.
* : “Ah merde ! Bon, son arme éclate. Vous trouvez des preuves qu’il n’était qu’un pantin, gnéhéhé”. ![]()