Ca peut se faire dans ton garage avec ton pote Roger, ou dans un club en “interne”, mais vu la politique de GW, pas sur que la “diffusion” d’un jeu d’affrontement concurrent dans leur univers passe, même en amateur. Ou alors 'faudra vraiment limer tous les numéros de série (“Alors, c’est l’Empire terrien contre les Elfes de l’espace et les Cultes diaboliques…”), ce qui retire tout l’intérêt d’un univers de référence autour duquel s’est bâti un imaginaire.
Je veux dire, ils s’en prennent même à des initiatives pour faire survivre certains de leurs vieux jeux, alors une exploitation directe de leur licence la plus profitable…
Cthulu et Conan c’est de la littérature. Conan a profité du « revival » de l’héroïque fantasy liée à la redécouverte du seigneur des anneaux, lui même lié à l’arrivée de D&D. Et c’est aussi le jeu de rôle qui a sorti Cthulu de sa torpeur : pas grand monde pour lire du lovecraft à l’époque. Ca n’avait pas le côté main stream qu’a Star Wars.
Comparer le succès de Conan ou de Cthulu dans les années 80 (un phénomène de niche, à part le semi échec sans véritable suite de Conan, deux film tournés alors que toute une franchise etait prévue) au ras de marée que représente le retour de star war et 1999, ça ne le fait pas. Et maintenant, ils font partie du paysage, de l’imaginaire commun, grâce à une autre forme de création, le jeu de rôle. S’il n’y avait pas le jeu de rôle, il n’y aurait pas de jeux Conan ou Cthulu aujourd’hui.
Superman et Batman, ce sont des héros de BD dont la production ne s’est pas arrêtée depuis leur création et une évolution : les superman et Batman de 1940 n’ont pas grand chose en commun avec ceux de 1985 et encore moins à ceux d’aujourd’hui. Il n’y a pas eu de « revival » de Batman et de Superman. Ils ont toujours été là et ont évolué avec leur temps.
Autant je vois bien le lien entre le retour de popularité de Lovecraft et le JdR l’Appel de Cthulhu, autant je pense que le revival majeur de Conan, ce sont plutôt les Comics dans les années 70. Au point que cl’un des persdonnages les plus célèbres de la licence est directement issu du comic : Red Sonja n’existe pas dans l’oeuvre de Howard (Le personnage de Red Sonia apparait dans une nouvelle de Howard, mais c’est une mercenaire hongroise du 16° siècle qui déboite du Turc, pas une Conanette Hyperboréenne en slip de mailles qui déboite de l’Hyrkanien)
Et on a aussi eu des auteurs contemporains de Howard, comme L Sprague de Camp, qui ont entretenu la flamme pendant quelques décennies après son suicide et l’ont évité de basculer totalement dans l’anonymat.
Bref, Conan, c’est une licence qui a vivoté quelques temps grace à quelques passionnés, avant d’avoir un revival majeur grace à une nouvelle série 40 ans plus tard. C’est moins “big business” que Star Wars, certes, mais ça y ressemble un peu quand même dans l’enchainement.
Ton hypothèse de base, c’était que “sortir un truc en 1980 sur un film de 1935 aurait été un bide” et que la culture geek évoluait par conséquent moins vite. Tu parlais de succès, pas de millards de turbobrouzoufs (ce qui n’a aucun sens, d’ailleurs. Les budgets du cinéma et du divertissement ont explosé ces dernières décennies, donc des “succès à plusieurs milliards” ça n’existait juste pas dans les années 80)
Alors oui, plus on doit remonter dans le temps, moins on peut faire référence au cinéma, pour ça qu’on a sorti les comics et les livres du chapeau. Mais des revivals de trucs anciens qui rencontrent un beau succès, ça arrivait déja dans les années 70-80. Les comics Conan étaient populaires chez les gamins, et pas seulement chez un public “geek” (qui n’existait pas)
Autre revival, Dracula. Un roman de 1897 qui a fixé l’image du vampire dans l’imaginaire collectif, mais qui n’a pas eu trop de suite jusqu’à ce que le cinéma le ressorte d’abord dans les années 20-30 (Nosfératu, toute la série des “Monster Movie” de Universal avec Bela Lugosi…), puis de façon relativement régulière depuis les années 50 (depuis le film avec Christopher Lee jusqu’aux adaptations les plus récentes)
Et là aussi, les versions récentes ont fini par avoir plus de succès/reconnaissance publique que l’oeuvre d’origine, au point de supplanter le mythe originel : Toute la partie “monstre romantique, cherchant la réincarnation de son Grand Amour” que nous associons à Dracula est une invention du cinéma (Universal ou la Hammer, je ne me rappelle plus). Le Dracula de 1897 est un salopard meurtrier sans aucun romantisme, qui cherche à vampiriser Mina juste parce qu’il veut posséder toutes les jolies filles qu’il croise.
Je recommande la lecture du roman, d’ailleurs. Le style est étonnamment moderne pour un roman du 19° siècle, et Mina Harker est un personnage extrèmement badass ^^
EDIT : pour correction, j’avais mélangé la Hammer et Universal
Et j’essaye de dire qu’il est vain de reprocher à des revivals des années 80 de ne pas avoir rapporté des milliards, parce que les budgets et les gains ont explosé. L’audience a explosé, aussi, avec les diffusions mondiales. Les blockbusters ne sont juste plus du tout sur la même échelle que les films d’il y a 50 ans
John Carter a bidé avec “seulement” 284 millions au box office qui a à peine rentabilisé le film. Le premier Indiana Jones a fait à peu près le même score en 1981, alors que c’était un carton, mais il avait couté 20 millions. Les échelles des budgets et du box office sont juste différentes.
Et je reconnais que Star Wars est un phénomène à part en raison de son ampleur et de son conté “transmédia” extème. Mais justement parce que c’est un phénomène à part, il me semble casse gueule de l’utiliser pour tirer une règle générale sur la “culture geek”
Mais oui, moi aussi je trouve cette conversation super désagréable. Je vais en rester là, et parler du jeu, plutôt.
Mon propos à la base portait sur le fait qu’une création “ancienne” (notez les guillemets) d’un monde imaginaire (avec pour support livre-nouvelle, bd, film ou même un jeu vidéo) serve de base à un succès bien plus tard n’a rien d’étonnant.
Rien d’étonnant non plus que chacun de ces mondes, à son échelle et à son rythme, ait traversé les âges en étant exploité commercialement et en évoluant.
Pas de quoi se prendre la tête
Je me tâte…
Pour la seconde fois sur un command & Colors.
La première fois c’était pour red alert… le thème pour le système c&c me semble absurde, ce que j’en ai lu ne m’a pas convaincu.
La seconde c’est pour star war, j’ai un peu de mal avec la vision des combat dans star war : ça mélange du cap et d’épée tout droit sorti des 3 mousquetaires, des combat terrestre à la mode 1914 et des combat dans l’espace à la mode bataille d’Angleterre à laquelle on ajoute des tourelles de B17…
En terme d’imaginaire c’est du futur antérieur !
Mais c’est peut être un bon jeu quand même.
Ça tombe bien, c’est ce que je dis, entre autres.
(Mais le transmedia, ce n’est pas nouveau. Le transmedia et le merchandising « extrême » c’est le métier de Disney depuis les années 50 au moins. Disney était multimédia, dessin animé et « strip bd » dès les années 30)
Ben si tu veux , mais la culture geekn’est pas mon propos, c’est toi qui l’a amené sur le sujet.