Sujet très intéressant.
http://gusandco.net/2015/04/08/lemotion … ujourdhui/
Je partage le lien vers cet article de Gus à propos de l’émotion qui manque dans les jeux.
C’est une réflexion que je me fais aussi depuis un petit moment.
Bon il semble que tous ne définisse pas de la même façon certains terme.
Afin de plus facilement échanger voici certains éléments, au moins si l’on à des repères différents cela sera plus simple de ce comprendre.
Bon certains me diront que l’on a le droit de définir comme bon nous semble un mot. Certes, mais sans accord sur une référence commune, la communication va vite devenir impossible.
Source Larousse:
jeu
nom masculin
(latin jocus, plaisanterie)
Activité d’ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir.
Activité de loisir soumise à des règles conventionnelles, comportant gagnant(s) et perdant(s) et où interviennent, de façon variable, les qualités physiques ou intellectuelles, l’adresse, l’habileté et le hasard.
Aujourd’hui beaucoup de jeux n’ont plus obligatoirement de gagnants et perdants.
Autre définition trouvé ici:http://alderan.association.perso.neuf.fr/Files/pourquoi_les_hommes_jouent_ils.pdf
On peut appeler “jeu” toute activité dont le seul objectif est le plaisir.
Je vous invite aussi à revoir la phrase du docteur qui associe loisir, détente et diminution du stress.
Donc si le coté mécanique est si important, est-ce qu’un jeu qui comporterait les meilleurs mécanismes serait forcément un bon jeu?
Si gagner est si primordiale, l’activité est-elle encore “sans fin utilitaire”? Se détend t-on vraiment lorsque l’on a peur de perdre?
C’est pour cela que je me pose la question, notre approche est-elle trop sèche, mécanique? Sans chaleur, sans joie ?
Vouloir gagner à un jeu n’est pas une fin utilitaire. Que l’on soit gagnant ou perdant, on rentre chez soi le soir, et la vie continue.
Sauf si cela en devient une obsession. Dans ce cas, on rentre dans tout ce qui est troubles psychologiques…
Dans les définitions que tu donnes, je vois les notions de divertir et plaisir, mais aucunement de détente. Si ce qui me fait plaisir, c’est un jeu avec de bonnes mécaniques, peu m’importe s’il est froid ou s’il me stresse : j’aurais eu ma dose de plaisir. Je crois que c’est Bruno Cathala (honte à moi si ce n’est pas lui) qui dit que le moteur d’un bon jeu, c’est la frustration (ou quelque chose d’approchant). Frustration et détente sont quand même deux concepts difficiles à lier.
Je distinguerais le but du jeu et le but du joueur, ainsi que le propos du jeu.
But du jeu: gagner. Si on ne joue pas pour gagner, on trahit le jeu et les adversaires. Le jeu attend des joueurs qu’ils utilisent toutes les armes proposées par les règles pour atteindre le but annoncé.
But du joueur: dépendant du joueur. Le plaisir et la détente pour toi, l’amusement et le challenge pour moi, le dépaysement, passer le temps pour d’autres, tester une mécanique pour d’autres encore, satisfaire une curiosité…
Propos du jeu: offrir une émotion ou un challenge particulier qui le rende unique. C’est un peu ce que l’auteur cherche à faire vivre aux joueurs lorsqu’il crée la jeu.
toftof dit:Sujet très intéressant.
http://gusandco.net/2015/04/08/lemotion ... ujourdhui/
Je partage le lien vers cet article de Gus à propos de l'émotion qui manque dans les jeux.
C'est une réflexion que je me fais aussi depuis un petit moment.
Par rapport à cette réflexion de Gus, j'ai une impression générale identique à la sienne, dans le sens où j'accroche plus avec des jeux qui datent des années 2000 que 201X.
Cela étant dit, l'âme d'un jeu et le travail fourni par l'auteur sont très importants, mais au final, c'est l'assemblage du jeu avec le joueur qui va faire tilt... ou pas. Et ça, cela dépend de beaucoup de choses : du joueur avec son état d'esprit du moment, son bagage culturel, ses goûts/préférences, son expérience de vie, et du jeu, avec son thème, son univers, sa légèreté/gravité, ses références, illustrations, mécaniques.
Pour moi, dire qu'un jeu n'a pas d'âme, c'est juste dire qu'il ne m'a pas plus. Mais serait-ce le cas pour le joueur d'à côté qui va adorer un de ses aspects et établir ce jeu dans son top 10?
Un jeu qui serait très représentatif de ma pensée : Splendor. Pour être honnête, durant mes parties, j'ai eu l'impression que chaque joueur autour de la table prenait des jetons/achetaient des cartes, et passaient la main au suivant. C'était très difficile pour moi de m'immerger un tant soit peu dans le thème. Je ne comprends pas comment ce jeu a eu autant de succès.
Coucou
La problèmatique du témoignage de monsieur prince (et du bel article de gus) c’est qu’il(s) est(sont) (involontairement peut-être) ultra subjectif(s).
Parce que personne n’a la “vraie” définition de “l’essentiel” et pas davantage de la “détente” (il n’est d’ailleurs pas tout à fait impossible que les deux aillent de pair)
Chacun a la sienne, parce qu’on recherche tous quelque chose de spécifique (=qui est bon pour soi) dans le jeu.
Pour la plupart je crois, le jeu est un “refuge hors du réel”, loin des contraintes et des frustrations inhérentes au quotidien, voire en opposition.
Mais rien que ça, personne ne s’accordera sur un contenu commun - et heureusement !
Par le jeu, par l’évasion qu’il procure, on peut chercher à guérir des petites blessures qui viennent de loin, ou des écorchures de la vie de tous les jours.
Dans mon quotidien tout pesant des gens qui m’entourent, il me manque des sourires, des yeux qui brillent, de la passion, de la malice ingénue, des émotions vraies, de la spontanéité, de la curiosité, du partage, de l’échange… alors, “forcément”, qu’est-ce que je recherche (et je trouve) dans le jeu ? De la pétillance, et rien que ça. Gagner ou perdre est une sorte d’enjeu très très mineur à mes yeux, juste là pour le théâtre et (à la rigueur) guider l’action. Et je ne le vois pas comme une vertu morale. La mécanique ? Elle est recuite comme une vieille confiture ? Tant qu’elle permet ce que je cherche, ça me va !
Il se trouve que je connais quelques personnes pour qui le quotidien est très lassant, très routinier, et qui ne parvient pas à satisfaire des intellects que (vu de ma petite fenêtre) je juge brillants. Je comprends tout à fait que ceux-là recherchent des occasions de s’évader à leur manière, le défi intellectuel, la performance, qui n’est clairement pas la mienne. C’est leur “détente” à eux, leur “essentiel” à eux. Leur exutoire si tu préfères. Ni meilleur ni pire que le mien.
Il y a aussi des profils de collectionneurs, d’encyclopédistes (ceux que j’appelle les entomologistes). Eux, ils veulent maîtriser leur sujet - à mon avis ça va devenir de plus en plus dur, mais limite c’est un autre sujet. Pour ceux que je connais au moins, j’ai une petite idée des raisons pour lesquelles ils sont comme ça mais, au fond, peu importe. C’est leur truc. Comme les deux premiers.
Leur détente, leur essentiel. Leur vision du jeu.
La seule chose, c’est qu’on soit conscient de ce qu’on cherche, et qu’on ne s’illusionne pas.
Mais c’est assez valable pour beaucoup de choses dans la vie…
Gnothi seauton, c’est vieux…
“Cela étant dit, l’âme d’un jeu et le travail fourni par l’auteur sont très importants, mais au final, c’est l’assemblage du jeu avec le joueur qui va faire tilt… ou pas. Et ça, cela dépend de beaucoup de choses : du joueur avec son état d’esprit du moment, son bagage culturel, ses goûts/préférences, son expérience de vie, et du jeu, avec son thème, son univers, sa légèreté/gravité, ses références, illustrations, mécaniques.”
Bien dit.
Ce sont les joueurs qui font le jeu.
Un peu comme avec un livre.
Le livre une fois écrit “n’appartient” plus à l’écrivain mais au lecteur qui va à sa façon ré-écrire le livre.
Alors on pourrait dire que les joueurs aussi en jouant vont faire vivre ce jeu mais à leurs manières tout en respectant les règles.
Quant à Splendor.
C’est un jeu sans thème, sans “âme” mais qui fonctionne à merveille chez nous en mode duel.
Allez savoir pourquoi ?
Là aussi ce qui reste primordial c’est que nous soyons là, tous les deux, à jouer à ce jeu et passer un bon moment.
What else ?
Je connais des jeux superbes (matériel, mécanique, thème) qui ne sont pas passés chez nous et d’autres pas terribles qui ont eu beaucoup de succès.
Je ne suis pas sûr que le plaisir s’analyse ou alors chez un psy
Je suis un joueur d’échecs et selon mon adversaire (sympa, pas sympa, hautain,etc.) il m’est arrivé de détester ce jeu ou de l’adorer.
La notion de plaisir est très personnelle.
En résumé moi quand je joue c’est pour partager un bon moment avec ceux que j’aime. Point barre.
Et peu importe le flacon.
Et puis l’essentiel c’est quoi pour toi, pour vous ?
Ben moi, je crois savoir ce qui est essentiel pour moi, et encore suis pas sûr, mais pour les autres je ne vais pas me prononcer et je me garderais bien de leur dicter-imposer un essentiel ou alors ça s’appelle de la dictature, du bourrage de crâne, de la manipulation…
Mister Nico dit:[...]
Cela étant dit, l'âme d'un jeu et le travail fourni par l'auteur sont très importants, mais au final, c'est l'assemblage du jeu avec le joueur qui va faire tilt... ou pas. Et ça, cela dépend de beaucoup de choses : du joueur avec son état d'esprit du moment, son bagage culturel, ses goûts/préférences, son expérience de vie, et du jeu, avec son thème, son univers, sa légèreté/gravité, ses références, illustrations, mécaniques.
[...]
C'est bien parce qu'il y a tous ces éléments et aspect que je me pose la question lorsque je vois des discutions qui résume un jeu à ces mécanismes ou au besoin obsessionnel de contrôle ou de victoire.
Cripure dit:[...]
Là aussi ce qui reste primordial c'est que nous soyons là, tous les deux, à jouer à ce jeu et passer un bon moment.
What else ?
[...]
Je suis un joueur d'échecs et selon mon adversaire (sympa, pas sympa, hautain,etc.) il m'est arrivé de détester ce jeu ou de l'adorer.
La notion de plaisir est très personnelle.
En résumé moi quand je joue c'est pour partager un bon moment avec ceux que j'aime. Point barre.
Et peu importe le flacon.
Et puis l'essentiel c'est quoi pour toi, pour vous ?
[...]
Cela correspond bien, mais peut être mieux exprimé, au fond de ma question.
lucia dit:[...]personne ne s'accordera sur un contenu commun - et heureusement !
[...]
Là je suis pas sur de comprendre. Comment tu vis en société et en groupe si personne ne s'accorde sur des choses communes? Même si c'est fait inconsciemment?
J'avoue, mais je ne dit pas que c'est ce que tu exprimes, avoir beaucoup de mal avec la croyance très répandu que chacun peut et doit avoir sa propre définition et ne jamais se mettre d'accord sur un sens commun à la majorité.
Pour moi c'est plutôt un malheur que l'être humain n'arrive pas à s'accorder sur un contenu commun. Et commun ne veux pas forcement dire autoritaire ou étriqué. Mais c'est un autre débat...
Comment peux-tu faire la différence entre une obsession et une passion? Même les spécialistes en psychologie ne sont pas sûrs à 100% de connaître la limite entre les deux.
La vie en société est bien basé sur un fond commun rationnel : les règles de vie et de fonctionnement en groupe. Tout comme les joueurs se mettent d’accord sur un fond commun durant une partie d’un jeu de société : suivre les règles du jeu. Mais pour tout le reste…
J’aime bien ce débat, même si effectivement on a du mal à en poser les termes…
J’ai bien aimé l’analogie avec la course à pied. J’avoue que la course à pied est pour moi l’anti-sport, parce que j’ai besoin qu’il y ait la notion de jeu dans un sport, et je préfère les activités de groupe de ce point de vue. Par contre, je conçois que certains y prennent du plaisir au point de courir tous les jours pendant plusieurs heures. Je ne partage pas, mais je conçois
Là où je rejoins Prince-Baron, c’est qu’effectivement la grande majorité des gens sur Tric-Trac parlent de mécanique avant tout. Et j’avoue que ça me gêne un peu. Je grimace toujours quand Monsieur Phal, dans les TTTV, prononce (quasi systématiquement) la phrase : “bon c’est un prototype, le matériel n’est pas définitif, mais ce qui intéresse les joueurs que nous sommes, c’est la mécanique. Monsieur Bruno, comment cela fonctionne-t-il donc donc, s’il te plaît ?”
Et moi désolé, mais ce qui m’intéresse, ce sont les “sensations de jeu” et non pas la pure mécanique. Les illustrations d’un jeu, sa direction artistique, contribuent aux sensations de jeu au même titre que la mécanique, et plein de petites autres choses un peu insaisissables. Certains jeux, avec une mécanique d’horlogerie suisse réglée aux petits oignons, et une profondeur stratégique inégalée, peuvent me laisser complètement froids. Parce qu’au fond, la profondeur stratégique d’un jeu peut être un critère complètement secondaire pour certains d’entre nous. Elle est où la profondeur stratégique d’un Dixit ? D’un Tales of the Arabian Nights ? Qui sont parmi deux de mes jeux préférés.
Tiens, puisque je parle de Tales…
Voilà un jeu qui mécaniquement fait pousser de grands cris à n’importe quel tacticien : je lance un dé, je pioche une carte et je lis ce qui se passe. Zéro choix. Graphiquement, ce n’est pas désagréable à l’oeil mais ce n’est pas non plus une splendeur. Et pourtant, il se passe un truc indéfinissable lors de ce jeu, une expérience entre joueurs, comme une soirée au coin du feu à se raconter des histoires. C’est très subjectif, très personnel, et en même temps c’est quelque chose qu’on partage.
S’intéresser uniquement à la mécanique d’un jeu, ça me fait le même effet que parfois quand je lis des “critiques” cinéma amateurs qui te mettent : scénario 6/10, effets spéciaux 8/10, jeu d’acteur 9/10, musique 2/10…
Vous croyez sérieusement qu’on peut réduire un film à la moyenne pondérée de ses composants ? Est-ce qu’un film n’est pas plutôt une “expérience” ? Qui peut s’analyser, certes, mais je crois qu’il faut partir de ce qu’on a éprouvé lors du film / du jeu.
C’est pour ça que je vomis les avis “objectifs” sur un jeu, ce que je veux c’est de la subjectivité, c’est ça qui va me permettre de voir si un jeu peut me plaire ou pas. Et la subjectivité est quelque chose de partagé, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Si je repars sur l’analogie avec le cinéma, un cinéaste compose son film de manière à provoquer des émotions chez le spectateur. Il sait que tel plan, tel effet de montage, va produire telle impression sur l’audience. C’est donc bien qu’il y a un socle commun, des émotions partagées par le commun des mortels. Bien entendu ça ne marche pas avec 100% des gens (tout film a ses adorateurs et ses détracteurs), mais tout de même ça n’est pas si individuel que ça.
Bon je m’embrouille un peu dans mon propos, mais pour résumer : oui j’aimerais que les gens parlent davantage des jeux comme un tout, comme une expérience, plutôt que de le réduire à une mécanique, une règle.
C’est un débat effectivement trop subjonctif, sauf si on prend une base commune.
Baron tu as mis la définition du mot jeu comme base commune:
Source Larousse:
jeu
nom masculin
(latin jocus, plaisanterie)
Activité d’ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir.
Une bonne définition qui se contredit toute seul selon moi, ah la magie des langues.
On a: “ne visant à aucune fin utilitaire” et juste après “à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir.”
Donc de base il y a une fin utilitaire puisque selon cette définition on joue pour ce divertir et en tirer du plaisir.
Après sur la question de est ce que les mécaniques sont trop pris en compte dans le monde du jeu?
ça dépend de quel jeu. Pour du jeux de rôle ou du JdP narratif l’univers est super important au moins autant que la mécanique, un jeux de cube en bois c’est vraiment les mécaniques qui sont importantes.
Mais encore une fois c’est un débat où il faudrait qu’on est des bases communes pour avancer mais je ne pense pas qu’elles existent.
Ben je ne vais pas m’enliser dans ce débat, promis, mais je réponds quand même à monsieur prince.
Je constate que les joueurs autour de moi ne mettent pas dans le jeu les mêmes affects que moi, et que sur le fond ils ne sont pas d’accord non plus entre eux… parce que leurs vraies motivations sont différentes.
Cela crée des petits conflits (gentils) entre eux, qui se cristallisent sur le choix des jeux, sur la durée de réflexion des uns, l’agressivité (dans les stratégies) des autres… mais sur le fond, je persiste.
Croire que tout est réglé par une définition du dictionnaire, c’est se méprendre fondamentalement.
A mon avis bien sûr.
Bref, promis, je m’en tiens là. Ce n’est qu’un témoignage.
lucia dit:Ben je ne vais pas m'enliser dans ce débat, promis, mais je réponds quand même à monsieur prince.
Je constate que les joueurs autour de moi ne mettent pas dans le jeu les mêmes affects que moi, et que sur le fond ils ne sont pas d'accord non plus entre eux... parce que leurs vraies motivations sont différentes.
Cela crée des petits conflits (gentils) entre eux, qui se cristallisent sur le choix des jeux, sur la durée de réflexion des uns, l'agressivité (dans les stratégies) des autres... mais sur le fond, je persiste.
Croire que tout est réglé par une définition du dictionnaire, c'est se méprendre fondamentalement.
A mon avis bien sûr.
Bref, promis, je m'en tiens là. Ce n'est qu'un témoignage.
Il y a peut-être une différence entre motivation pour pratiquer et définition d'un mot ou d'une activité, non?
Mister Nico dit:Comment peux-tu faire la différence entre une obsession et une passion? Même les spécialistes en psychologie ne sont pas sûrs à 100% de connaître la limite entre les deux.
[...]
Est-ce que cela reviens à dire que tous les passionnés sont des obsédés?
Je pense qu'il y a une différence importante entre être passionné de jeux et obsédé par la victoire. Non?
zagrout dit:C'est un débat effectivement trop subjonctif, sauf si on prend une base commune.
Baron tu as mis la définition du mot jeu comme base commune:Source Larousse:
[...]
Une bonne définition qui se contredit toute seul selon moi, ah la magie des langues.
On a: "ne visant à aucune fin utilitaire" et juste après "à laquelle on s'adonne pour se divertir, en tirer un plaisir."
Donc de base il y a une fin utilitaire puisque selon cette définition on joue pour ce divertir et en tirer du plaisir.
[...]
Non cela ne se contredit pas c'est juste que tu n'as pas compris ce que recouvre le terme fin utilitaire.
Cela se rapporte à la définition de Roger Caillois sur la caractéristique: improductive du jeu : qui ne produit ni biens, ni richesses (même les jeux d'argent ne sont qu'un transfert de richesse).
prince-baron dit:Mister Nico dit:prince-baron dit:C'est bien parce qu'il y a tous ces éléments et aspect que je me pose la question lorsque je vois des discutions qui résume un jeu à ces mécanismes ou au besoin obsessionnel de contrôle ou de victoire.
Comment peux-tu faire la différence entre une obsession et une passion? Même les spécialistes en psychologie ne sont pas sûrs à 100% de connaître la limite entre les deux.
[...]
Est-ce que cela reviens à dire que tous les passionnés sont des obsédés?
Je pense qu'il y a une différence importante entre être passionné de jeux et obsédé par la victoire. Non?
Non, je dis qu'une personne passionnée faisant quelques partages sur un forum ne peut pas être jugée et étiquetée comme ayant un problème d'obsession. Les professionnels de la santé y vont avec des pincettes dans ce domaine, alors si en plus on leur demandait de faire un diagnostic juste avec des extraits de message sur internet...
Aux gens de se faire eux-mêmes leur propre remise en question vis à vis d'une éventuelle obsession envers les jeux de société, et surtout pas à nous, inconnus sur internet, de se permettre de faire ce genre de jugement.
Coucou,
je m’inscruste dans la discussion. ![]()
prince-baron dit:C’est bien parce qu’il y a tous ces éléments et aspect que je me pose la question lorsque je vois des discutions qui résume un jeu à ces mécanismes ou au besoin obsessionnel de contrôle ou de victoire.
Résumer un jeu à ces mécanismes, c’est parce que justement avant d’y avoir joué, tu ne peux pas savoir quel plaisir tu vas en tirer. Et quand tu commences à avoir une petite culture ludique, tu vas rapidement comprendre que telle ou telle mécanique ne te convient pas. C’est important quand il faut débourser 30-50€.
Ensuite, tu parles de plaisir. Certains le prennent en ayant du contrôle sur ce qu’ils font et n’apprécient pas de tout faire louper sur des simples coups de dés et d’autres prennent du plaisir en gagnant.
Je prends beaucoup de plaisir à construire ma ferme dans Agricola par exemple ou à développer ma plantation dans Puerto Rico. j’en prends aussi pas mal à détruire des immeubles dans Rampage.
Je joue pour jouer. Effectivement, je joue aussi pour gagner mais si je perds, c’est pas bien grave (je peux faire ma pleureuse quand les dés n’ont pas été avec moi). Et plus important que l’ambiance du jeu, c’est effectivement les joueurs qui sont autour de la table. Quand on partage des choses, c’est beaucoup mieux que de jouer avec des étrangers qui ne voient pas le jeu de la même façon que toi.
‘prendre du plaisir’, ‘se détendre’ : cela me paraît bien une fin utilitaire, à moi.
Pour qu’une activité me procure du plaisir, il faut qu’elle me ‘remplisse’. Quand je joue avec mes amis, je contribue à écrire mon histoire avec eux, si nous avons tous la même jubilation à écouter tourner de la belle mécanique, alors le plaisir sera là, et partagé.
Un jeu (si la partie n’est pas intéressée), même quand on joue la gagne, est toujours sans enjeux dans le sens envisagé dans le premier post : à la fin de la partie, tu es aussi riche ou pauvre qu’avant, tu as toujours ta maison si tu en avais une, et tes ennuis t’attendent à la sortie. S’il y a un peu d’ego en jeu pour certain, c’est probablement parce que l’histoire individuelle de chacun n’est que l’histoire des modulations de sa façon de regarder son propre nombril. On expérimente des situations sociales ‘à blanc’ si j’ose dire. Et pour les jeux calculatoires : quel grand éclat de rire à la face du réel que de lâcher autant les chevaux au plan intellectuel pour en faire… rien. Que gagner. Ou perdre moins. A part trois blagounettes éventuelles, vous avez déjà vu une fin de partie où le gagnant est fêté au champagne et se tape tous les canons de la soirée? Non. On débriefe. On en fait une autre. On passe à autre chose. Le calcul des scores est un point, une anecdote.
Le seul fait d’accepter les règles du jeu ensemble et de les mettre, arbitrairement, au niveau des autres conventions sociales fait du jeu ce qui se rapproche le plus d’un acte gratuit. Rien que ça c’est potentiellement détendant : la liberté de choisir, sur un caprice, un champ de contraintes.
prince-baron dit:
Est-ce que cela reviens à dire que tous les passionnés sont des obsédés?
Je pense qu'il y a une différence importante entre être passionné de jeux et obsédé par la victoire. Non?
On peut totalement être passionné par les moyens de la victoire sans être obsédé par elle. Je pense que le plaisir le plus raffiné, dans un jeu un poil sophistiqué, vient lorsque tous les tenants et aboutissants sont intégrés, qu'on a dépassé le simple 'je calcule méthodiquement mes possibilités et j'en choisis une à la louche'. Comme une soirée œnologique VS une soirée pinard : De grands moments potentiels, mais pas la même famille de plaisir. Dénigrer les premiers, c'est juste ne pas les comprendre et se rabattre sur le bon vieil argument du 'ils sont snobs et blasé, ils comprennent rien à la vraie vie et aux joies simples' pour les nier, nier le chemin qu'ils ont parcouru, et se dire que c'est nous qu'on a raison de pas l'avoir fait de le chemin d'il existe même pas.
peu m’importe le moyen tant qu’il y a l’évasion…
mais j’avoue avoir un faible pour le kubenbois !
L’élément clé, c’est le plaisir. Le souci c’est quand il n’est pas partagé. Il y a de nombreuses façons de trouver du plaisir personnel au jeu : manipuler les pions, admirer les éléments et le travail de l’artiste, aimer ce qu’il y a sous le capot : les mécaniques, moteurs, ressorts…, avoir pimpé son jeu et présenter le résultat, savoir qu’on l’a chiné pour 2 sous alors qu’il coute une blinde sur ebay, le plaisir de collectionner, etc…
Mais le jeu n’est qu’une partie de ce qui se joue, il y a l’interaction sociale. Les gens autour de la table sont une partie des plus importantes de tout jeu de société. Même un jeu pourri peut devenir un bon moment avec les bonnes personnes. Mais vous le savez déjà et le souci, c’est que ces bonnes personnes peuvent ne pas être assez souvent disponible.
Disons que l’on joue avec des inconnus/des connaissances de club. Le risque de ne pas réussir à partager le plaisir vient surtout des attentes et des capacités de chacun.
des attentes du jeu :
1) Jouer pour le fun (on s’en fiche de qui gagne, ce qui compte c’est l’expérience d’un bon moment !)
2) Jouer pour la win (donner son maximum, faire de son mieux pour gagner. Attention n’aime pas le kingmaking)
3) Jouer pour l’émulation (relever un défi dans le but de s’améliorer par la confrontation. Ne pas confondre avec la compétition. La compétition (sauf purement amicale = émulation) n’est plus dans le cadre du jeu de société car il “FAUT” gagner, pas juste faire de son mieux, c’est gagner qui compte)
4) Jouer pour la découverte (le plaisir des surprises, d’apprendre)
5) Jouer pour l’interaction entre les joueurs, le partage, le temps social.
Pour les compétences, quelques exemples. Certains jeux demandent un apprentissage pour exprimer leur plein potentiel. Certains joueurs accèdent à la maîtrise dès leur première partie, d’autres auront besoin de plusieurs essais. Ce n’est pas drôle de toujours perdre parce que le jeu favorise les joueurs expérimentés.
Des fois il ne s’agit même pas d’expérience, mais de temps passé tout simplement, des jeux de cartes où seuls ceux qui achètent dès le début ont tous les éléments pour créer leur jeu.
Nous ne sommes pas égaux physiquement et intellectuellement. Cela peut créer des freins, voir des fractures.
Ne pas détecter/communiquer ces attente(s), c’est risquer l’incompatibilité (ex: 1) et 2) font rarement bon ménage).
Alors pourquoi ne voit-on pas ces critères sur les fiches trictrac ? Parce que c’est complètement subjectif. Je me rappelle avoir voulu faire une partie de loup garou à un club d’échec. Le premier vote a duré plus d’une heure, tout le monde essayait de susciter et lire les réactions des autres. Je suis parti au tour d’après prétextant l’heure. Qui aurait pu dire que des gens allait prendre un party game et en faire un jeu de réflexion et d’analyse, sans changer les règles ? Pareil pour les inégalités de compétences, il existe des groupes très disparates et qui fonctionnent très bien.