Jusqu'où défendre un jeu...

Je découvre ce topic grâce à Sebduj…

Je vais vous donner un avis d’éditeur, mais bon il ne vaut que ce qu’il vaut…

D’abord, nous n’éditons que rarement sur un nom, car un nom n’est gage de rien, et surement pas de ventes améliorées en France (attention, Tric Trac laisse souvent à penser qu’il y a des “vedettes” et que ces vedettes font des best seller. C’est une idée largement fausse).

Bref, j’ai déjà refusé du Knizia ou consorts, et édité un parfait inconnu pour le public (William Attia, Nicolas Oury, Sebastien Pauchon et évidemment Cyril Demaegd ;) )

Le plus important reste donc à mon avis que le jeu ait une idée forte, et que cette idée forte soit si possible originale, de manière à se démarquer de la foule des protos reçus par l’éditeur. Il se trouve que la plupart des protos que nous recevons sont souvent bien léchés, mais manque du “petit plus” qui fait que le jeu me donne envie de l’éditer. Or ce “petit plus” est quelque chose qui est présent dès le départ, ou ne sera jamais là (ça ne se rajoute pas, ce serait comme un pansement sur une jambe de bois).

Donc pour l’auteur voulant être édité par nous (mais ça reste valable chez la plupart des éditeurs), toute la question reste de savoir objectivement si le jeu à quelque chose qui le différencie de la prod actuelle ou pas. C’est important, et même tellement important que ça passe bien avant le réglage ou quoi que ce soit d’autre. Je m’engagerais à fond sur un jeu contenant une idée forte qui me plait, même si ce jeu n’est pas réglé (c’est mon boulot) ou embryonnaire. Par contre, si on m’amène un bon jeu de gestion bien réglé et même bien présenté, mais qu’il ne présente rien de nouveau, je ne serai pas séduit…

Voilà, c’était juste mon grain de sel et bonne chance à tous dans vos projets !

Jopajulu dit:Je me sens très prétentieux/imposteur/gonflé lorsqu'il faut demander à quelqu'un de jouer à mon proto.

ben je ne vois plus qu'une solution : faut qu'on se les fasse tester... :pouicboulet: :clownpouic:

ouaip, j’ai rien à ajouter à ce qui a déjà été écrit mais j’ajoute qd même…


Pas encore fait de concours, des protonights et des contacts avec des editeurs par contre (merci à ceux qui donnent réponse, qui renvoient les protos).

De mon côté, c’est pas un boulot un temps plein (comme la grande majorité) de créer des jeux; alors quand un jeu me semble fini, après des tas de tests, que les editeurs à la lecture de la règle me demandent un proto, le testent et le refusent… j’ai vraiment pas eu le courage de reprendre le proto…

J’ai un tas de protos, des finis, des sans interet, des géniaux ( :mrgreen: ), des au stade d’idée et suivant l’air du temps, la motivation, je poursuis l un ou l’autre. Avec la seule règle, que cela doit rester un plaisir et non une contrainte (“il faut que je…” :pouicvomi: )

Je remarque que mes protos sont de plus en plus jolis, et du coup on y joue avec les amis et c’est déjà un objectif.

Ensuite, il y a parfois des opportunités :
Cocktail Games recemment,
Edition Dagda et son appel à auteurs
Jeu de rôle magazine également,
et enfin le concours Tarn et Garonne qui pour le 1er prix propose éventuellement une édition !

Je pense aussi que la bonne rencontre au bon moment peut tout changer ! Je pense à Speecy qui a édité deux jeux, et bientot un troisième qui racontait qu’il avait eu des précontrats signés qui n’ont jamais abouti… le facteur chance est bien réel.

Pour ma part, je ne saurais pas m’épuiser pour un unique proto. C’est d’ailleurs les exercices de style que j’apprécie !
Ensuite, si tu penses que ton proto a des acheteurs potentiels, que le coût est supportable, reste la micro édition. Mais si le risque te paraît grand, tu comprends alors les éditeurs :wink: .
A tous ceux qui se lancent dans la micro-édition (comme Groddur); je dis chapeau, perso j’ai pas le temps, ni l’argent de fond, mais surtout j’ai pas le courage pour démarcher, pour vendre et gérer une telle “micro entreprise”.

Et puis à tous ceux qui se lancent dans la “vraie” édition… pfff :pouicbravo:

MrF; créateur non édité (pour le moment :mrgreen: ) qui apporte sa petite patte.

Karis dit:
Le plus important reste donc à mon avis que le jeu ait une idée forte, et que cette idée forte soit si possible originale, de manière à se démarquer de la foule des protos reçus par l'éditeur. Il se trouve que la plupart des protos que nous recevons sont souvent bien léchés, mais manque du "petit plus" qui fait que le jeu me donne envie de l'éditer. Or ce "petit plus" est quelque chose qui est présent dès le départ, ou ne sera jamais là (ça ne se rajoute pas, ce serait comme un pansement sur une jambe de bois).
Donc pour l'auteur voulant être édité par nous (mais ça reste valable chez la plupart des éditeurs), toute la question reste de savoir objectivement si le jeu à quelque chose qui le différencie de la prod actuelle ou pas. C'est important, et même tellement important que ça passe bien avant le réglage ou quoi que ce soit d'autre. Je m'engagerais à fond sur un jeu contenant une idée forte qui me plait, même si ce jeu n'est pas réglé (c'est mon boulot) ou embryonnaire. Par contre, si on m'amène un bon jeu de gestion bien réglé et même bien présenté, mais qu'il ne présente rien de nouveau, je ne serai pas séduit...


Entièrement d'accord avec ça... le coup de coeur ou le petit plus qui donnera envie d'éditer le jeu au delà du reste. Ce qui est même assez drôle en fait quand on commence à passer aussi de l'autre côté de la barrière s'est qu'on s'applique cette règle à soi-même, et je vois maintenant d'un autre oeil certains de mes protos, voir certains ont même complétement été abandonné car justement ils le manquaient ce petit plus...

Maintenant je pense quand même que certains nom sont gage de réussite commerciale au délà de l'intérêt du jeu, même si je ne dis pas que tous les éditeurs réagissent comme ça. Et je pense que ça doit être dur de dire non à Knizia ou autre gabarit de ce genre :wink:
alainE dit:
Maintenant je pense quand même que certains nom sont gage de réussite commerciale au délà de l'intérêt du jeu, même si je ne dis pas que tous les éditeurs réagissent comme ça. Et je pense que ça doit être dur de dire non à Knizia ou autre gabarit de ce genre :wink:


Ca dépend de ce qu'on te propose. Knizia prend parfois certains éditeurs pour sa poubelle ;)
Plus sérieusement, moi je regarde le jeu et pas l'auteur. Mais dertains auteurs ont du style et on les remarque quand même ;)

C'est bien d'avoir du style !

@Karis : Rassures-nous que l’on aille pas brûler de suite tous nos protos, ce petit supplément d’âme auquel tu fais référence est une notion relativement subjective. Donc ou peut espèrer que ce qui est vrai pour un éditeur ne le sera pas pour un autre… Par ailleurs, j’ai lu dans “Ecriture” de Stephen King que dans littérature il y avait aussi un phénomen de mode et qu’un manuscrit refusé à un instant T par un éditeur pouvait très bien être accepté par le même éditeur à x années aprés. A ton avis, est-ce que cela s’applique aussi au jeu?


@tous les auteurs auto-édités ou qui souhaite le devenir, je pense qu’il y aurait un certain bénéfice à tirer de l’énergie que chacun met individuellement pour s’auto-éditer si elle était mise en commun. Si les compétences étaient partagées. A partir de là il faudrait trouver le moyen de tirer le meilleur parti de tout cela. A ce propos avez vous lu l’article de JSP sur Cloudberry Games? Vous en pensez quoi?

Karis dit:
alainE dit:
Maintenant je pense quand même que certains nom sont gage de réussite commerciale au délà de l'intérêt du jeu, même si je ne dis pas que tous les éditeurs réagissent comme ça. Et je pense que ça doit être dur de dire non à Knizia ou autre gabarit de ce genre :wink:

Ca dépend de ce qu'on te propose. Knizia prend parfois certains éditeurs pour sa poubelle ;)
Plus sérieusement, moi je regarde le jeu et pas l'auteur. Mais dertains auteurs ont du style et on les remarque quand même ;)
C'est bien d'avoir du style !


Ca se trouve où ca, du style???? :mrgreen:
Karis dit:
Le plus important reste donc à mon avis que le jeu ait une idée forte, et que cette idée forte soit si possible originale, de manière à se démarquer de la foule des protos reçus par l'éditeur.
(...)
toute la question reste de savoir objectivement si le jeu à quelque chose qui le différencie de la prod actuelle ou pas.


Va falloir que je me refasse un Bombay moi, tiens :pouicboulet:
FOX62 dit:A ce propos avez vous lu l'article de JSP sur Cloudberry Games? Vous en pensez quoi?

:shock:
Mais c'est la boîte que j'avais signalé sur TT (cf. lien plus haut) !
C'est cool qu'il y ait aussi une info dans JSP.
Mitsoukos dit:
Karis dit:
Le plus important reste donc à mon avis que le jeu ait une idée forte, et que cette idée forte soit si possible originale, de manière à se démarquer de la foule des protos reçus par l'éditeur.
(...)
toute la question reste de savoir objectivement si le jeu à quelque chose qui le différencie de la prod actuelle ou pas.

Va falloir que je me refasse un Bombay moi, tiens :pouicboulet:


Petit coup de pied dans le tibia :lol: mais je profite de la remarque pour demander à Karis là où il voit le petit plus de Bombay par rapport aux autres PickUp&Delivery

non mais là je crois clairement qu’il y a une histoire de favoritisme entre lauteur et l’éditeur. :wink:
Remarquez cela amène une question intéressante : Est-il aisé pour un éditeur d’avoir le même regard critique sur un jeu lorsqu’il en est lui même l’auteur?..

FOX62 dit:Par ailleurs, j'ai lu dans "Ecriture" de Stephen King que dans littérature il y avait aussi un phénomen de mode et qu'un manuscrit refusé à un instant T par un éditeur pouvait très bien être accepté par le même éditeur à x années aprés. A ton avis, est-ce que cela s'applique aussi au jeu?


Je réponds à la place de Karis. Je pense que oui en fonction des sorties du moment. Si tu as trop de jeu du même type ou du même thème, cela lasse à force les potentiels acheteurs et donc même si le jeu est bien, il est surement préférable pour l'éditeur comme pour l'auteur d'attendre un peu avant de le sortir. A l'inverse, quand tu regardes les sorties, tu peux y aperçevoir aussi est léger effet de mode dans certains cas (thèmetique par exemple). Mais point trop n'en faut sinon tu repasses dans la première partie de ma réponse.
GregyFun dit:
Mitsoukos dit:
Karis dit:
Le plus important reste donc à mon avis que le jeu ait une idée forte, et que cette idée forte soit si possible originale, de manière à se démarquer de la foule des protos reçus par l'éditeur.
(...)
toute la question reste de savoir objectivement si le jeu à quelque chose qui le différencie de la prod actuelle ou pas.

Va falloir que je me refasse un Bombay moi, tiens :pouicboulet:

Petit coup de pied dans le tibia :lol: mais je profite de la remarque pour demander à Karis là où il voit le petit plus de Bombay par rapport aux autres PickUp&Delivery


le petit plus, ce serait pas l'auteur par hasard ?

Pour le moment, y plutot pas mal de passionnés qui se lancent dans l edition, donc avec leurs propres créations.

Normal, qu'ils sortent des jeux à eux, à leurs "amis" passionnés. Et ce quel que soit la santé de leur boîte.

Sur le topic d'à côté, AlainE se lance dans l'édition, il va sortir ces jeux... on lui fait un procès de favoritisme ?

MrF; qui n'a jamais joué à Bombay...
FOX62 dit:Par ailleurs, j'ai lu dans "Ecriture" de Stephen King que dans littérature il y avait aussi un phénomen de mode et qu'un manuscrit refusé à un instant T par un éditeur pouvait très bien être accepté par le même éditeur à x années aprés.

Tu sais, ils ont renvoyé il y a quelques années un manuscrit de Proust aux éditeurs de la place parisinienne, et personne n'en a voulu... :wink:

Pour répondre au “petit tacle” je dirai que, primo j’ai assez de jeux à éditer et parrallèlement suffisament peu d’ego pour me passer d’être auteur.

Secundo, mes jeux sont traités aussi durement que les autres, voire plus.

A part cela, l’idée motrice qui a fait de Bombay ce qu’il est est bien entendu le système de “bourse dynamique” des villes. Entendons nous bien: je ne crie pas au génie, et ne prétends pas que tout le monde verra l’intérêt de la démarche, mais c’est le genre d’idée qui me séduit personnellement et que j’ai envie de creuser si on m’amène.

Après je vous laisse en penser ce que vous souhaitez ! Je pense que dans ce genre de conversation l’avis d’un éditeur peut être utile, mais je ne déyiens aucune vérité…

Je me retrouve parfaitement dans ce topic et je peux crier haut et fort que j’ai le record de gestation jusqu’à l’édition : 18 ans. Je rejoins de très nombreux avis.

A côté de cela, pour ma part, j’aurai abandonné le projet il y a belle lurette, mais il y a toujours eu un “con fanatique” (à prendre au second degré) de joueur pour me relancer.

Alors forcément après avoir été abandonné par trois éditeurs différents, je pourrai me dire que j’aurai mieux fait d’arrêter. Mais quand le travail est fait à 75%, quand ce jeu devient un loisir/passion et qu’après tout pourquoi ne pas aller jusqu’au bout quand on en a les moyens…

Du coup, si cela te bile, si après tout tu penses qu’il vaut le coup, fait toi un autre plaisir : l’auto-édition.

Après, bourlinguer dans les conventions à travers la France aide énormément à connaître le monde du jeu (qui n’est pas si grand que cela en France) et les personnes importantes et à se faire connaître.

Il n’empêche que la chance joue aussi beaucoup. Après si ton jeu n’est pas éditable car pas assez rentable, là aussi cela vaut le coup de tenter l’auto-édition en petites quantités juste pour le plaisir de sortir quelque chose jusqu’au bout. Alors bien sur tu ne te feras pas des c**** en or, mais au moins tu pourras dire : Je l’ai fait.

Beaucoup de gens ont fait des tonnes de trucs dans leur coin, et je trouve dommage que cela disparaisse alors qu’il ya parfois des petits bijoux.

Aujourd’hui on me traite de taré car je suis allé jusqu’au bout, mais je vois aussi plein de gens émerveillés qui viennent vers moi en me demandant comment tu as fait ? A cette question, je réponds toujours : la chance (ou la malchance, et affaire de circonstances).

Je repense à l’histoire des mecs du Trivial Poursuite (je crois que se sont eux), qui sont passés par la micro-édition car personne ne croyait en eux…

Karis dit:Pour répondre au "petit tacle" je dirai que, primo j'ai assez de jeux à éditer et parrallèlement suffisament peu d'ego pour me passer d'être auteur.
Secundo, mes jeux sont traités aussi durement que les autres, voire plus.
A part cela, l'idée motrice qui a fait de Bombay ce qu'il est est bien entendu le système de "bourse dynamique" des villes. Entendons nous bien: je ne crie pas au génie, et ne prétends pas que tout le monde verra l'intérêt de la démarche, mais c'est le genre d'idée qui me séduit personnellement et que j'ai envie de creuser si on m'amène.
Après je vous laisse en penser ce que vous souhaitez ! Je pense que dans ce genre de conversation l'avis d'un éditeur peut être utile, mais je ne déyiens aucune vérité...


Perso, ce n'était pas une attaque méchante et ma question était sincère.
Par ailleurs je reconnais que tu es l'un des éditeurs qui intervient le plus sur des sujet annexe à ce qui traite des jeux que tu crée, que tu édite ou de ta boite d'édition et je te respecte pour ça et invite les autres participant à en faire autant.
On n'est pas ici pour faire la critique de Bombay. Et si j'étais moi même éciteur, je pense que je me ferai plaisir de temps en temps en éditant un de mes jeu surtout si je considère qu'il correspond à mes exigeances en tant qu'éditeur (qui en tout état de cause, à moins de souffrir d'un dédoublement de personnalité, devraient être les mêmes que mes exigences en tant qu'auteur.)
Mais c'est vrai que le cas Bombay peut être intéressant aussi au sens où si l'un d'entre nous, s'était présenté avec le même projet l'aurais tu considéré avec la même attention où te serais tu arrêté à un ha... Un Nième jeu de VRP.. En fait ce que sous entends ma question c'est est-ce qu'il ne faut pas, our un auteur, avoir un démarche professionnelle et apprendre à argumenter sur ce que contient ses jeux.
FOX62 dit:Remarquez cela amène une question intéressante : Est-il aisé pour un éditeur d'avoir le même regard critique sur un jeu lorsqu'il en est lui même l'auteur?...


Je pense que la réponse est oui et même beaucoup plus critique et ce serait une grave erreur que de faire l'inverse. De la même façon, ce serait une grave erreur, voir suicidaire en tant qu'auteur/éditeur de sortir un jeu qui n'aurait pas été testé et retesté avant par des joueurs extérieurs sous pretexte qu'on en est l'auteur.
alainE dit:
FOX62 dit:Remarquez cela amène une question intéressante : Est-il aisé pour un éditeur d'avoir le même regard critique sur un jeu lorsqu'il en est lui même l'auteur?...

Je pense que la réponse est oui et même beaucoup plus critique et ce serait une grave erreur que de faire l'inverse. De la même façon, ce serait une grave erreur, voir suicidaire en tant qu'auteur/éditeur de sortir un jeu qui n'aurait pas été testé et retesté avant par des joueurs extérieurs sous pretexte qu'on en est l'auteur.


Je sais Alain que nous n'avons pas le même point de vue mais pour moi, il est incroyablement plus dur d'avoir un regard critique sur ses propres jeu. C'est bien pour cela que je n'éditerai jamais un des mes jeux pour commencer... Mais tout cela est question de ressenti personnel.
sebduj dit:Je sais Alain que nous n'avons pas le même point de vue mais pour moi, il est incroyablement plus dur d'avoir un regard critique sur ses porpres jeu. C'est bien pour cela que je n'éditerai jamais un des mes jeux pour commencer... Mais tout cela est question de ressenti personnel.


Je n'ai pas dit que c'était facile mais c'est nécessaire... après le choix d'éditer en premier son propre jeu tiens plus de la facilité que de l'égo. Cela permet aussi de réduire certains coûts et donc de pouvoir dégager du capital pour la suite et surtout de la trésorerie car l'édition demande beaucoup de trésorerie.