Bon, forcèment, ça va encore faire jaser, mais cette impression que le “pur” jeu allemand revient en force cette année me semble très forte.
Parce que franchement, on a beau dire, des Puerto, Funkenschlag ou Goa, pour moi, ce n’est pas du “pur” jeu allemand.
Primo, certains d’entre eux dépassent facilement les deux heures. Quand j’ai commencé à jouer à la fin des années 90, un “pur” jeu allemand ne dépassait pas les 90 minutes.
Deuxio, la mécanique est dite “de gestion”. C’est, à mon avis, beaucoup trop concret pour être allemand. C’est un pas un jeu “d’enchères”, de “placement”, de “tuiles”, de “majorité”. Niveau implication, la liste des jeux cités est bien plus immersive qu’un E&T, un El Grande, ou autre Kardinal und König, de véritable représentant du jeu allemand que j’appelle “pur” : un thème vraiment plaqué (même si 2-3 idées le soutiennnent, c’est quand même pas super présent), une durée de partie de 60-90 minutes, des mécanismes épurés à l’extrême. Or, ces dernières années, ce type de jeu a disparu. Certes, il existait toujours, mais il n’y avait pas d’âme (on peut être sans thème et avoir une âme, certains jeux abstrait en font régulièrement la démonstration), des jeux fades. Et on s’est mis à dire que PR était l’archétype du jeu allemand ou presque, ce qui me semblait une aberration, face à des merveilles mécaniques pures, tels les jeux cités ou encore Ra ou Don/Serengeti ou Tadsch Mahal.
Les jeux allemands qui ont mis fin à l’ére des jeux “sans thème” sont, à mes yeux, La Città et Les princes de Florence. Personnellement, j’avais attribué mon désintérêt pour ce type de jeu au fait que j’avais évolué, que je m’étais tourné vers des jeux plus longs, plus thématiques tel Age of Steam ou Antiquity. Certes allemand, mais incontestablement différent des ces jeux d’il y a 5 ans.
Et puis, boum, 2006/2007, une pléthore de jeux “purement” allemand, comme à l’époque, mais bon, très bon, auquel on a envie de revenir. J’ai dépassé les 20 parties de Vegas Showdown, Yspahan, Notre Dame. Khronos est un bon représentant aussi de ce type de jeu (même si le thème est plus présent). Dernièrement, L’année du dragon que je trouve exceptionnel en son genre, Tribun que je croyais long et qui s’avère rapide et bien foutu, à la limite Container, très épuré ou King of Siam.
En gros, des jeux vraiment allemands me redonnent du plaisir à jouer et à rejouer, ce qui, de mémoire, ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps.
Avez-vous remarqué ça ? Suis-je passé à coté de quelques grosses perles ?
oui je suis d’accord.
Il y a depuis cette année - et cela se constate encore plus fort en cette fin d’année - une forte condensation des gros jeux dans un format moyen (45 minutes/1 heure) plus accessible, plus facile mais pas nécessairement moins riche.
Par contre les jeux allemands style El Grande, Ra, Kardinal and König, etc me paraissent plus épurés - dans le sens où ils concentrent sur une mécanique centrale et la développe dans les moindre recoin - alors que les jeux plus récents auraient plus tendance à collusionner plusieurs types de mécanismes entre eux.
du moins il me semble …
Et de part votre expérience, considérez vous Amyitis comme un vrai jeu à l’allemande ![]()
C’est pas faux, mais malgré tout, L’année du dragon reste assez épuré, avec des mécanismes assez nouveaux, Container est très épuré et exploite très bien sa mécanique, Tribun reste aussi assez pur de même que King of Siam. C’est sûr que Notre Dame, Amyitis ou Yspahan exploite plus divers mécanisme, mais Khronos avait aussi très bien exploité sa mécanique.
yvon de tarwac dit:Et de part votre expérience, considérez vous Amyitis comme un vrai jeu à l'allemande
On est à la limite, comme je le dis juste au-dessus. Mais malgré tout, le thème est léger (même si plusieurs mécanisme lui sont propres), le jeu dure moins de 90 min et est riche. Il est juste moins épuré que l'archétype absolu, mais on est quand même très proche de l'allemand "pur".
Je te rejoins tout à fait dans ton analyse, particulièrement dans la comparaison que tu fais entre Puerto Rico et Notre-Dame. De ma maigre expérience, je ressens la même chose que toi.
[edit: vu la rapidité des autres posteurs, je précise que je répondais à Loïc]
En tout cas, il est clair que par delà leur thème, des jeux comme Prince de Florence ou Amytis vous font clairement sentir la différence avec des jeux comme Puerto Rico. C’est difficilement explicable mais on ressent réellement la présence du thème dans ces jeux dit à l’allemende mêmem si je suis loin d’être un spécialiste en la matière!
Mais dans tous els cas, que ce soit Puerto ou Les Princes de Florence, je me régale de la même façon car ils sont tout simplement différents. ![]()
loic dit:C'est pas faux, mais malgré tout, L'année du dragon reste assez épuré, avec des mécanismes assez nouveaux, Container est très épuré et exploite très bien sa mécanique, Tribun reste aussi assez pur de même que King of Siam. C'est sûr que Notre Dame, Amyitis ou Yspahan exploite plus divers mécanisme, mais Khronos avait aussi très bien exploité sa mécanique.
Bizarement, bien que ces jeux soient très apurés, ils me semblent moins une variaiton d'une mécanique que d'un thème - au contraire de leurs illustres ancêtres qui étaient des mécaniques avant d'être des thèmes.
Peut-être parce que les thèmes sont moins plaqués. Les auteurs de King of siam avouent par exemple être partis du thème, Container possède un thème très fort qui colle aux règles.
C'est peut-être moins évident pour Tribun c'est vrai.
Quant à l'année du Dragon, on sent bien que Stefan Feld a voulu avant tout pousser plus loin les mécanismes de son Notre Dame. En ce sens, c'est sans doute le meilleur représentant de l'école allemande.
Ce que je voulais dire c'est que l'une des grandes caractéristiques des auteurs de jeux allemands est de construire leur jeux autour d'une mécanique; ce qui me semble être de moins en moins le cas.
Si j’osais (!), je dirais que les deux grandes écoles de jeux, américaines et allemandes, se sont influencées dans les dernières années.
Vous remarquez justement que plusieurs jeux “dits” allemands ou européens des dernières années combinent plusieurs mécanismes au lieu de n’en fouiller qu’une seule.
Caylus représente sans doute le meilleur exemple. On a l’impression d’un jeu allemand (thème plus difficile à sentir, quoique présent, aucun combat, construction, interaction relativement limitée), mais on sent un petit quelque chose d’américain: plusieurs règles au final, une durée dépassant les 90 minutes, etc.
C’est peut-être une influence américaine.
D’autre part, même les auteurs des “monstres” américains reconnaissent que les jeux allemands les ont influencés. Rendez sur le site de FFG, puis téléchargez les règles de Twilight Imperium. Regardez dans les dernières pages. L’auteur y explique comment Puerto Rico, Vinci et Citadelles ont influencé son oeuvre, pourtant dite très américaine.
Je crois que c’est bien, si les deux écoles peuvent s’améliorer en s’inspirant des cultures étrangères (tiens, me semble qu’on pourrait dire la même chose ailleurs…!).
Je ne connais malheureusement pas les jeux nouveaux de cette année.
Comet
Je me trompe peut-être, mais j’ai bien l’impression que l’univers du jeu se mondialise. A partir de là, il est normal qu’il y ait échange d’influences!
Est-ce que les auteurs se présentent comme des auteurs de jeux à l’allemande ou à l’américaine?
Je crois qu’aujourd’hui un auteur cherche à se faire plaisir en créant un jeu qui lui ressemble, peut-être plus souvent en partant du thème qu’avant, tout en n’oubliant pas la demande du marché.
Pour moi le renouveau évoqué n’en est pas un. Le croisement des genres va faire oublier la dichotomie. ![]()
Comet dit:Si j'osais (!), je dirais que les deux grandes écoles de jeux, américaines et allemandes, se sont influencées dans les dernières années.
Vous remarquez justement que plusieurs jeux "dits" allemands ou européens des dernières années combinent plusieurs mécanismes au lieu de n'en fouiller qu'une seule.
Caylus représente sans doute le meilleur exemple. On a l'impression d'un jeu allemand (thème plus difficile à sentir, quoique présent, aucun combat, construction, interaction relativement limitée), mais on sent un petit quelque chose d'américain: plusieurs règles au final, une durée dépassant les 90 minutes, etc.
C'est peut-être une influence américaine.
D'autre part, même les auteurs des "monstres" américains reconnaissent que les jeux allemands les ont influencés. Rendez sur le site de FFG, puis téléchargez les règles de Twilight Imperium. Regardez dans les dernières pages. L'auteur y explique comment Puerto Rico, Vinci et Citadelles ont influencé son oeuvre, pourtant dite très américaine.
Je crois que c'est bien, si les deux écoles peuvent s'améliorer en s'inspirant des cultures étrangères (tiens, me semble qu'on pourrait dire la même chose ailleurs...!).
Je ne connais malheureusement pas les jeux nouveaux de cette année.
Comet
Effectivement mais ce que Loic fait remarquer ce serait justement une tendance des jeux allemands à faire marche arrière pour revenir à qqch de plus "pur"; plus éloigné des influences de l'école américaines justement. Des parties plus courtes, des règles dont on ne garde que le strict minimum, une mécanique qui roule parfaitement sans dimension accessoire.
Je suis d'accord avec lui sur le fait que le jeu allemand tend vers un format différent, plus compact, plus condensé, avec moins de fioriture. La mode est au format Notre-dame, Yspahan, Vor dem wind - des gros jeux condensé dans des petites boîtes. Mais par contre, je ne pense pas que ce soit un retour en arrière plutôt une évolution vers un format de jeu qui s'apprend, se maitrise plus rapidement rapidement pour répondre à la folle rapidité d'évolution du milieu, au besoin constant de changement chez les joueurs et aussi au fait qu'ils ont de moins en moins de temps à consacrer au jeu.
Je ne suis pas tout a fait convaincu par ce qu’expose Loïc, car son analyse se base sur une perception du “pur” jeu allemand un peu surprenante, ou pour être plus précis, trop restrictive . Par exemple, dire que les jeux de gestion n’en sont pas, et que ceux qu’il cite ne sont pas représentatifs de l’Ecole allemande, c’est un peu osé. Avant même de parler de mécanique, rien que le thème fait d’ailleurs “jeu allemand”…surtout pour faire un jeu au thème si peu sexy que Funckenschlag (
). Pour reprendre les deux autres exemples que Loïc donne, Puerto et Goa…la gestion d’un domaine coloniale, je ne vois qu’un auteur allemand pour se lancer la dedans.
Plus sérieusement, “le pur jeu allemand” ne reviens pas en force pour la bonne et simple raison qu’il n’était pas parti…ou alors je n’ai pas vu cette rupture à un moment donné qui permettrait de parler de retour.
Certains auteurs allemands, même si ce n’est pas toujours flagrants, ont évolué, ce qui explique parfois des jeux aux thèmes plus présents, et effectivement, La Citta (qui est presque un “one-shot” à ma connaissance pour son auteur) et les Princes de Florences sont assez représentatifs…mais peu nombreux. Cela dit, pour n’importe quel joueur adepte des jeux américains, cela reste encore un peu léger niveau “présence” du thème.
Soit-dit-en passant, question immersion, Die Macher, bien avant la Citta et les Princes, c’est quand même pas mal.
A la limite, si l’idée de Loïc est bonne, alors nous serions peut-être en train d’assister à une stagnation, voir une regression de la créativité des auteurs allemands, incapables de faire (refaire ?) des jeux un minimum immersifs, ou toujours de la même veine, et ce serait un peu inquiétant pour eux, car je crois que l’on va aller vers une plus grande exigence des joueurs sur la plongée dans un thème. Certes je ne suis pas exactement dans cette catégorie là. Je suis un fan de jeu comme Amun-re, T&E, Puerto ou Goa (ou le thème n’est pas si absent que cela). J’ai aussi un gros penchant pour les jeux de Martin Wallace (SoE, Brass, etc…) qui sait marier mécanique allemande avec une touche anglo-saxonne.
Mais je note aussi que dernièrement, Cuba et Les Piliers de la terre ne m’ont pas convaincu par leur originalité (thème et mécanique…deux jeux qui souffrent de l’existence de Puerto ou Caylus) même si le plaisir ludique fut plutôt au rendez-vous (et ils sont beau en plus)…mais pour combien de temps ? Un jeu comme Notre-Dame m’a emballé au début, mais m’a vite lassé…trop répétitif pour moi, sans réelle surprise, avec des parties qui se ressemblaient.
Soit dit en passant, les joueurs sont censés être quoi exactement dans ce jeu ?
Un jeu sans thème peut avoir une âme, c’est certain, mais cela ne se gagne pas du jour au lendemain…c’est quelque chose qui s’inscrit dans la durée.
Pour l’an dernier, j’ai vu surtout des jeux qui lorgnaient un peu sur les deux tableaux. Je pense par exemple à Age of Empire III, à la mécanique allemande, mais au matériel digne d’un jeu américain, et 1960 the making of the president, jeu ou finalement on pose des cubes mais avec une mécanique de Card driven (avec des évènements dessus quoi)…ou bien encore Imperial, au thème economico-militaire, pas si fréquent chez nos amis allemands, avec une mécanique assez originale pour le coup.
Beaucoup de choses intéressantes sur ce thread. Tant mieux.
Le message de Le Zeptien me semblant le plus précis, je vais régair à partir de celui-ci.
Le Zeptien dit:
Je ne suis pas tout a fait convaincu par ce qu’expose Loïc, car son analyse se base sur une perception du “pur” jeu allemand un peu surprenante, ou pour être plus précis, trop restrictive .
Comme le dit Papa ours, je ne pense pas. Mon argumentaire est clair à ce sujet et, lorsque j’ai commencé, il n’y avait aucun jeu de gestion qui sortait de l’école allemande.
Le Zeptien dit:
Par exemple, dire que les jeux de gestion n’en sont pas, et que ceux qu’il cite ne sont pas représentatifs de l’Ecole allemande, c’est un peu osé. Avant même de parler de mécanique, rien que le thème fait d’ailleurs “jeu allemand”…surtout pour faire un jeu au thème si peu sexy que Funckenschlag (). Pour reprendre les deux autres exemples que Loïc donne, Puerto et Goa…la gestion d’un domaine coloniale, je ne vois qu’un auteur allemand pour se lancer la dedans.
La gestion, comme je l’ai expliqué, est un concept éminemment concret, à mille lieux de l’abstraction de l’enchère sous ses 1001 formes, du placement ou de la majorité. S’il est indéniable que PR ou Funk sont des jeux allemands, il est aussi indéniable qu’ils sont très différents des classiques que sont E&T ou KuK. Je ne nie pas le fait qu’il soit allemand, je nie le fait qu’on puisse les classer aussi simplement au coté d’autres jeux aux mécaniques épurés, au thème absent, à la durée courte.
Le Zeptien dit:
Plus sérieusement, “le pur jeu allemand” ne reviens pas en force pour la simple et bonne raison qu’il n’était pas parti…ou alors je n’ai pas vu cette rupture à un moment donné qui permettrait de parler de retour.
C’est toute la problèmatique que je pose et le pourquoi de ce topic. J’ai bien parlé d’une impression et je voulais confronté cette impression à vos avis.
Le Zeptien dit:
Certains auteurs allemands, même si ce n’est pas toujours flagrants, ont évolué, ce qui explique des jeux aux thèmes plus présents, et effectivement, La Citta (aux avis curieusement très contrastés : certains adorent, d’autres détestent) et les Princes de Florences sont assez représentatif…mais peu nombreux.
Là, on entre dans un problème de définition, toujours problèmatique dans ce genre de débat. Pour moi, PR et Funk sont infiniment plus proches des Princes ou de La Città que de E&T ou KuK, car le thème est très clairement identifiable et la mécanique n’a pas le niveau d’épure des prédécesseurs.
Le Zeptien dit:
Cela dit, pour n’importe quel joueur adepte des jeux américains, cela reste encore un peu léger niveau “présence” du thème.
On est 100% d’accord, je parle, dans tous les cas de jeux allemands, et, si différenciation il y a, elle n’est clairement pas à faire vers un coté vraiment “américain”.
Le Zeptien dit:
Soit-dit-en passant, question immersion, Die Macher, bien avant la Citta et les Princes, c’est quand même pas mal.
C’est vrai, on touche quasiment à l’exception qui confirme la règle.
Le Zeptien dit:
A la limite, si l’idée de Loïc est bonne, alors nous serions en train d’assister à une stagnation, voir une regression de la créativité des auteurs allemands, incapables de faire (refaire ?) des jeux immersifs, et ce serait un peu inquiétant pour eux, car je crois que l’on va aller vers une plus grande exigence des joueurs sur la plongée dans un thème.
Avis 100% subjectif. Je rappelle que l’une des raisons qui m’ont fait lancer ce topic, c’est que, en cette fin d’année, j’ai l’impression de rejouer à du vrai jeu allemand qui donne envie. Donc, au contraire, que le créateur à su retrouver son génie, capable de lui faire créer un jeu simple, rapide, mais riche. A savoir un type de jeu que j’avais l’impression de ne plus vraiment voir ces derniers, après un age sur la fin des années 90. Avoir comme exigence un jeu d’environ 75 minutes mais qui soit “fort”, ce n’est pas une preuve d’incapacité, mais au contraire de grand génie créateur, dont peu d’auteurs sont capables. A mon avis, Stefan Feld est un génie, capable de sortir 2 jeux de cet acabit en 1 ans à peine
Le Zeptien dit:
Certes je ne suis pas exactement dans cette catégorie là. Je suis un fan de jeu comme Amun-re, T&E, Puerto ou Goa. J’ai aussi un gros penchant pour les jeux de Martin Wallace (SoE, Brass, etc…) qui sait marier mécanique allemande avec une touche anglo-saxonne.
On semble au moins avoir des goûts proches
Le Zeptien dit:
Mais je note aussi que dernièrement, Cuba et Les Piliers de la terre ne m’ont pas convaincu par leur originalité (thème et mécanique…deux jeux qui souffrent de l’existence de Puerto ou Caylus) même si le plaisir ludique est au rendez-vous (et ils sont beau en plus).
Prendre deux jeux des mêmes auteurs ayant des systèmes ressemblant à des classiques du genre n’est pas tout à fait ce que je recherche. De plus, ces deux jeux sont à des kilomètres et de kilomètres du pur jeu allemand à mécanique huilée jouable en 75 minutes et sans thème.
Le Zeptien dit:
Une jeu comme Notre-Dame m’a emballé au début, mais m’a vite lassé…trop répétitif pour moi, sans réelle surprise, avec des parties qui se ressemblaient (soit dit en passant, les joueurs sont censés être quoi exactement dans ce jeu ?)
Notre Dame, avec L’année du dragon, est l’un des délcencheurs de cet article. J’y ai joué 20 fois, je ne m’en suis toujours pas lassé, et j’en referais avec plaisir. Pour moi, ce type de jeux avait quasiment déserté nos tables dernièrement. Et on assiste pas à un retour en arrière, mais à un retour aux sources, à l’essentiel.
Le Zeptien dit:
Un jeu sans thème peut avoir une âme, c’est certain, mais cela ne se gagne pas du jour au lendemain…c’est quelque chose qui s’inscrit dans la durée.
10 ans après, E&T connait réédition sur réédition, KuK a été réédité en China, Ra est toujours présent, réédité en Razzia, Modern Art est loin d’être considéré comme sans âme. Certes, on n’a pas le recul pour dire si ceux de cette année resteront, mais déjà, ceux des années précédentes ne m’avaient pas vraiment marqué à leur sortie alors que là, j’y joue et j’y rejoue, au point de ne plus faire trop de gros jeux en ce moment.
Le Zeptien dit:
Pour l’an dernier, j’ai vu surtout des jeux qui lorgnaient un peu sur les deux tableaux. Je pense par exemple à Age of Empire III, à la mécanique allemande, mais au matériel digne d’un jeu américain, et 1960 the making of the president, jeu ou finalement on pose des cubes mais avec une mécanique de Card driven (avec des évènements dessus quoi)…ou bien encore Imperial, au thème economico-militaire, pas si fréquent chez nos amis allemands, avec une mécanique assez originale pour le coup.
Vision personnelle, je n’ai joué à aucun des deux. Certes, si j’en ai l’occasion, j’essayerais sûrement. Pour Imperial, il est complètement dans la veine allemande+, avec un thème plus présent, une durée longue. Et c’est un jeu allemand sans équivoque possible.
Ce qui me manque dans ta réflexion, c’est que tu dis que le jeu allemand “pur et dur” n’a jamais quitté la scène, mais tu n’as pas cité de noms. Bon, tu en trouveras, je suis d’accord, mais je suis presque sûr que j’arriverais, pour chacun de tes titres, à en trouver un sorti ces 18 derniers mois qui sera encore plus allemands. Ma réflexion porte vraiment là-dessus. Ce retour aux sources est-il dû à mon imagination ou est-il une réalité ?
Bon, il est super tard, j’espère que j’ai été clair.
loic dit:
Bon, il est super tard, j'espère que j'ai été clair.
Oui, tu as été clair, mais effectivement, il est tard et j'ai les yeux qui semblent enfin vouloir se fermer
Si je le peux, je poursuivrai cet échange dés demain.
loic dit:Ce retour aux sources est-il dû à mon imagination ou est-il une réalité ?
Je ne pense plus avoir le recul nécessaire pour être sûr à 100% de ma réponse. Mais au vu de la production de certains auteurs réputés il y a 5-10 ans pour leur production bien "allemande", j'ai l'impression que certains s'y remettent un peu (de manière plue ou moins heureuse, soit) : je pense à Knizia et Schacht. Colovini est un des seuls à n'avoir presque jamais dérivé.
Sinon, ce sont ces jeux "à l'allemande", épurés et à l'algorithmique bien huilée, qui m'ont fait basculer dans le jeux et c'est leur mise en retrait de la scène ludique depuis quelques années qui m'en a fait m'en détacher petit à petit concernant les nouveautés.
Quelque jeux comme Blue Moon City, Wikinger, l'annonce d'un jeu de cartes dérivé de Samurai, me laissent m'y intéresser encore.
Rody dit:loic dit:Ce retour aux sources est-il dû à mon imagination ou est-il une réalité ?
Je ne pense plus avoir le recul nécessaire pour être sûr à 100% de ma réponse. Mais au vu de la production de certains auteurs réputés il y a 5-10 ans pour leur production bien "allemande", j'ai l'impression que certains s'y remettent un peu (de manière plue ou moins heureuse, soit) : je pense à Knizia et Schacht. Colovini est un des seuls à n'avoir presque jamais dérivé.
Sinon, ce sont ces jeux "à l'allemande", épurés et à l'algorithmique bien huilée, qui m'ont fait basculer dans le jeux et c'est leur mise en retrait de la scène ludique depuis quelques années qui m'en a fait m'en détacher petit à petit concernant les nouveautés.
Quelque jeux comme Blue Moon City, Wikinger, l'annonce d'un jeu de cartes dérivé de Samurai, me laissent m'y intéresser encore.
HS ... WAW !!! l'annonce d'un jeu de carte dérivé de Samurai ???
Tu sais en dire plus ? une source pour cette info ?
Héhé, coucou
(et là Loïc, il a les boules
).
Comme tu pouvais t’y attendre, je ne suis pas d’accord. MAIS je ne suis pas d’accord d’une manière moins prévisible que d’habitude je pense.
Je m’explique :
Je pense que chacun voit le monde par le bout de la lorgnette qui lui va le mieux. Tu dis que le jeu allemand revient en force Loïc, et moi j’ai l’impression que c’est le jeu U.S. qui revient en force. J’en tire la conclusion suivante : le marché du jeu est très riche (en volume de sorties), et il n’est pas le même ici qu’outre-Atlantique. Là où tu vois l’arrivée de perles allemandes, je vois le retour de gros jeux (des fois hybrides comme Shogun et consort). Je pense que tu es très certainement un spécialiste dans tout ce qui touche au “jeu à mécanique”, mais que tu t’intéresses tout simplement moins aux purs jeux US.
L’année dernière on aura vu BGG montrer longtemps en page d’accueil des jeux comme Tide of Iron ou Starcraft. La série des Axis & Allies continue, on a vu l’année dernière arriver Battle of the Bulge puis Guadalcanal. Si la série ne faisait plus recette, elle se serait arrêtée, surtout que ce sont des jeux qui doivent être chers à produire avec tout ce matériel, figurines etc. La fin de l’année : Dust. Prévus : plein (Age of Conan etc…), le collectionnable, y en a partout, des jeux de figurines non-peints comme Hell Dorado trouvent encore un créneau, des jeux à l’apparence de wargame (majorité en fait) comme Twilight Struggle ont même pu faire (légèrement, ok) découvrir ce que proposait des boites comme GMT et ainsi refaire sortir de l’ombre le wargame (je pense à des titres comme la série Lock’n Load, la série Combat Commander, des rééditions en précommandes comme il y a eu avec Hannibal ou futures comme Titan). (Ce n’est donc pas unique ment GMT).
Je sais bien sûr que c’est sans commune mesure avec les jeux de plateau US mais c’est un petit signe.
Sur le fait que pour toi certains jeux ne relèvent pas de l’école allemande :
Ca relève plus de la bagarre de spécialiste selon moi car d’après mes critères de classification ils rentrent tous bel et bien dans la catégorie “jeux à l’allemande”.
Sur les jeux hybrides : Je ne pense pas que le jeu va se “mondialiser” ou que la dichotomie va disparaitre comme le dit Ts Léodogan (que je salue au passage
). Je reste toujours avec une impression d’avoir “le cul entre deux chaises” avec ce genre de jeu. J’ai vu beaucoup de gens en dire beaucoup de bien et ils ont leurs qualités, c’est certain, mais je pense tout de même que les améritrashers et les eurogamers restent sur leur faim. Les uns vont regretter le côté gestion trop lourd qui nuit aux combats en faisant qu’il est impossible de gagner seulement en se battant, les autres parcequ’il y a du combat et que c’est dommage parce q’uils y trouvaient certains mécanismes judicieux mais que c’est gâché parce que les autres peuvent tout détruire.
Attention je n’ai pas dit qu’on ne pouvait aimer les deux, je remarque simplement que les joueurs ont souvent des préférences et que ça se ressent dans leurs choix. Ces jeux ont du succès pour l’instant, mais les joueurs vont ils se lasser ? Les 2 écoles au contraire sont maintenant enracinées très profondément et auront toujours leurs fans.
Voilà je voulais simplement te faire remarquer (j’ai fait un peu de HS, désolé) que pour moi c’est plutôt le retour du jeu US, donc que finalement on voit ce qu’on veut bien voir, et que finalement, il n’y a aucun mal à ça. ![]()
Papa_ours21 dit:HS ... WAW !!! l'annonce d'un jeu de carte dérivé de Samurai ???
Tu sais en dire plus ? une source pour cette info ?
Source : newsletter de Rio Grande.
Avec entre autres, une nouvelle version de Stephenson's Rocket dans l'Est des Etats-Unis (The Great America Railroad Game), et un jeu de dés dérivé de Ra (Ra Dice Game).
Les abonnés à la Newsletter de Jeux sur un Plateau savent déjà tout ça depuis quelques jours
Je ne suis pas persuadé de ce que tu avances BananeDC …
Les jeux que tu cites fonctionne sans doute très bien en amérique mais j’ai un doute sur leur succès commercial en Europe. Ces gros jeux à l’américaine restent encore le loisir de quelque uns et ne touchent pas le public de plus en plus important des “Eurogamers”. Difficile d’avancer qu’ils reviennent en force sur le devant de la scène ou qu’ils marquent une réelle influence sur les sorties actuelles. Je n’ai pas cette impression en tous cas.
De plus, Loic n’avance pas que le jeu allemand revient en force mais plutôt qu’une certaine conception du jeu allemand revient en force dans les jeux allemands … un retour des auteurs allemands vers leur propre passé.
Je ressens fort bien un retour des productions allemandes vers des concepts plus purs, des mécanismes simples mais plus travaillés. Il n’y a pas eu de nouveau E&T, Ra, El grande, Tadsch Mahal, Samurai , KUK ces deux dernières années alors que coup sur coup on se retrouve à nouveau avec des jeux avec une mécanique très forte - comme Notre Dame, l’Année du dragon (bien que ce soit deux jeux du même auteur), Container …
Papa_ours21 dit:
Les jeux que tu cites fonctionne sans doute très bien en amérique mais j'ai un doute sur leur succès commercial en Europe. Ces gros jeux à l'américaine restent encore le loisir de quelque uns et ne touchent pas le public de plus en plus important des "Eurogamers". Difficile d'avancer qu'ils reviennent en force sur le devant de la scène ou qu'ils marquent une réelle influence sur les sorties actuelles. Je n'ai pas cette impression en tous cas.
Quid dans ce cas des sorties appuyées par des boites fr comme Ubik Asmodée comme Dust, ou encore Frontières ?
Papa_ours21 dit:De plus, Loic n'avance pas que le jeu allemand revient en force mais plutôt qu'une certaine conception du jeu allemand revient en force dans les jeux allemands ... un retour des auteurs allemands vers leur propre passé.
C'est pas faux.
Papa_ours21 dit:Je ressens fort bien un retour des productions allemandes vers des concepts plus purs, des mécanismes simples mais plus travaillés. Il n'y a pas eu de nouveau E&T, Ra, El grande, Tadsch Mahal, Samurai , KUK ces deux dernières années alors que coup sur coup on se retrouve à nouveau avec des jeux avec une mécanique très forte - comme Notre Dame, l'Année du dragon (bien que ce soit deux jeux du même auteur), Container ...
C'est possible, je ne suis pas spécialiste. Mais tu as sans doute raison, je pense avoir été HS. Rhââ, la passion...