On joue à plus de jeux … mais moins …

Une question, qui en fait s’adresse aux pros : éditeurs, concepteurs de jeux… je réalise que je joue beaucoup plus qu’avant à mais à plein de jeux différents… en conséquence, c’est une lapalissade : je ne fais que quelques parties de mes jeux, même ceux que j’aime beaucoup.

Moralité : une dizaine de Caylus, Antike, et consorts…

Est-ce que les éditeurs en tiennent compte ? Car j’ai parfois l’impression qu’ils surestiment le facteur « Ce Jeu S’apprécie Sur La Longueur » ou « Il Faut Y Avoir Beaucoup Joué Pour Comprendre Que… »

Ces éléments sont logiques du côté des concepteurs, car eux, les testant, ont forcément beaucoup joué à leur jeux… Mais les futurs joueurs?

Je pense par exemple à Cyclades, où il faut un certain temps pour maitriser le rôle et l’opportunité de toutes les créatures mythologiques. Où à Sylla, où l’enchevêtrement de règles est déroutant au premier abord, et mérite plusieurs parties avant de vraiment « jouer », ou à Nostra City où il faut plusieurs parties pour « comprendre »…

Qu’en pensez vous ?

Je te rejoins complètement, et j’écris une nouvelle fois cette phrase toute bête qui m’est venue un jour en tête :“plus on a de jeux, et moins on y joue…”
Sachant que notre vie est pleine de paramètres et que nous ne sommes pas tous égaux devant le temps de loisirs, je constate qu’il m’arrive de jouer que 2 ou 3 fois à un nouveau jeu et pas plus, mais que je continue à en acheter encore régulièrement, tout en étant désormais beaucoup plus vigilant dans mes choix (je fais des impasses, fatalement arbitraires, la plus spectaculaire étant Small World, le tout récent TT d’or).

Pour ce qui est des éditeurs, il ne me semble pas que ce soit un critère dont ils tiennent compte en sortant une nouveauté, et au fond pourquoi le feraient-ils ? L’usage des uns n’étant pas celui des autres, les éditeurs proposent et les joueurs disposent.
C’est un peu comme si on fixait un quota annuel de nouveaux jeux, ça paraitrait vraiment absurde (pareil pour les libres ou les films).

Mais la question que tu soulèves globalement n’a pas fini d’être posée et je me dis souvent en regardant mes boites empilées : “tiens, quand rejouerais-je à ça ?”
Au fond, c’est comme un bouquin, on sait qu’on l’a sur une étagère et qu’on peut l’ouvrir quand on veut… C’est potentiellement toujours bon à savoir !

Justement je me demandais comment faisait les joueurs qui, dans le topic [Hier] j’ai rajouté à ma ludothèque… faisait pour s’en “sortir” quand ils déclaraient avoir acheté mettons une dizaine de jeu. Est-ce avant tout un acte de collectionneur, ou comme le dit Giludo pour avoir les jeux sous la main, ou est ce que ces personnes on vraiment le temps de jouer à tous ces jeux et de vraiment en profiter (j’entends par là faire suffisamment de partie pour développer des stratégies, des approches, etc. )
Pour ma part, j’aime bien n’acheter que quelques jeux et en profiter, entrer en profondeur, et en exploiter les moindres parcelles avant de me pencher vers autre chose… Même si des fois, l’envie (voir la compulsion) d’achat est très forte (héhé).
Est ce aussi parfois la crainte qu’un jeu cesse d’être édité et qu’il deviennent difficile à trouver ?

Bonjour,

Je suis assez d’accord avec ce constat, mais il y a un paramètre important qui n’est pas évoqué ici : la durée des parties. Il est plus facile d’approfondir un jeu comme Jaipur ou Pandémie en testant différentes stratégies, que de la faire avec Caylus ou 1960 : Kennedy contre Nixon, simplement parce que les premiers sont des jeux beaucoup plus faciles à sortir si on n’a pas une après-midi devant soi.

Dernier point : beaucoup de jeux différents permet également de s’adapter aux profils différents des joueurs qui nous entourent (je ne joue pas aux mêmes jeux avec tous les membres de ma famille, ou mes amis).

Je pense que sur Tric-Trac, il y a beaucoup de “collectionneurs”. Ils achétent des jeux par dizaine, et finalement la moitié ne seront jamais joués et beaucoup d’autres ne seront joués qu’une ou deux fois.

J’ai fait partie de ces gens là et maintenant je me suis calmé, mais il est vrai que cela peu sembler aberrant mais personnellement, je me suis calmé.

Je trouve que tu poses une bonne question. Je faisais aussi le constat que parfois j’achetais des jeux sans avoir l’assurance d’y jouer tout de suite. Le plus souvent, c’est parce que j’achète d’occasion et que cela me ferait mal au coeur de laisser passer certains lots. Mais, outre le plaisir du collectionneur et du lecteur de règle, je me dis qu’une ludothèque, peut-être plus encore qu’une discothèque, c’est pour la vie, donc que j’ai le temps d’y jouer. De la même manière, les volumes de A la recherche du temps perdu et des frères Karamazov achetés il y a dix ans et jamais lus peuvent attendre, pendant que dans le train je lis plus facilement Denis Lehane, cela ne me fait pas (trop) de souci.

soze dit:Mais, outre le plaisir du collectionneur et du lecteur de règle, je me dis qu'une ludothèque, peut-être plus encore qu'une discothèque, c'est pour la vie, donc que j'ai le temps d'y jouer.


+1

Pour moi un jeu acheté ne sera jamais perdu. Je rejouerai à tous mes jeux à un moment ou à un autre c'est une certitude.

Et comme en plus, après avoir joué à un jeu, je n'aime pas trop y rejouer tout de suite dans la foulée (sauf pour les nouveautés), je me rends compte que j'ai besoin d'un répertoire fourni pour calmer mes envies :lol:

Je ne suis pas du genre à "étudier" un jeu en profondeur donc la diversité est une bonne chose, pour moi en tout cas.

Pour ma part, j’ai également un potentiel certain pour accumuler les jeux. Mais avant que ma ludothèque ne devienne ingérable, tant en terme financier qu’en terme de temps pour y jouer, je me suis fixé moi-même deux règles que j’essaie de suivre (et pour l’instant, j’arrive à m’y tenir) :

1. Je ne prends que des jeux qui peuvent être joués à partir de 2 (cette règle peut être soumise à exception comme Battlestar par exemple),

2. Je n’achète que des jeux auxquels j’ai pu faire au moins une partie. Ca évite les achats impulsifs et je suis au moins certain que ça plaira à mon groupe de joueurs habituel. Et puis ça permet également de me motiver suffisamment pour participer à des rencontres ludiques (à l’Ancora notamment).

De toute façon il n’y a rien de plus utile/inutile dans le fait de collectionner les jeux de société, que les timbres, les boites de camembert, les etiquettes, les bouteilles de whisky, les mangas, …

Toute collection est l’expression d’une passion, si le but premier d’un jeu est d’être joué, ce n’est pas le seul aspect de ce hobby.

Il y a encore 1 an je ne comprenait pas non plus les “collectionneurs” de jeu, pour moi ils étaient fais pour être joués. Apres 1 an de forum tric trac j’entrevoit un peu mieux la personnalité de ces collectionneurs, et je vois que c’est ni plus ni moins que ce que je fais avec les mangas. (la seule différence se jouant sur des aspects d’encombrements ^^)

Pour revenir à la question de départ :

On peut vouloir opposer les jeux accessibles/agréables de suite, et les jeux dotés d’une grande rejouabilité (pas forcément de la profondeur stratégique, même si ça aide). Je ne pense pas que ce soit franchement incompatible, mais les jeux alliant les deux se comptent sur les doigts d’une seule main, et sont presque systématiquement d’immenses hits (je pense à Funkenschlag, Dominion, Puerto Rico, Agricola, Tikal, voire même des jeux comme Colons de Catane, Carcassonne et autre Aventuriers du Rail) Ce sont clairement des cas idéaux, et pour moi tout à fait le genre de jeux qui devrait systématiquement être récompensés par les prix publics comme le SdJ.

Le plus souvent, on a soit des jeux agréables dès la première partie, mais dont on a fait le tour avant la dixième, soit des jeux incompréhensibles au début, et qui se révèlent petit à petit. Et bien moi, quitte à choisir entre les deux, je vote clairement pour la seconde catégorie. Je n’achète pas un jeu ni ne m’embête à en apprendre les règles ou les arcanes pour en faire seulement trois parties. Je ne m’attends jamais à apprécier la première partie d’un jeu (premiers coups joués totalement au hasard dans le brouillards, des dizaines de minutes le nez plongé dans les règles, etc.), et j’essaie maintenant de limiter le plus possible ces expériences (un nouveau jeu par mois, c’est déjà pas mal).

Bon les réponses s’éloignent un peu de la question initial mais vu que l’on est pas éditeur…
Déjà je pense que comme pour tout site internet spécialisé, les membres de la communauté ne sont pas représentatif du grand public, c’est sur ici c’est bourré de collectionneurs, de joueurs passionnés, de dirigeants ou membre de club et même d’auteur de jeu, mais dans les faits des joueurs y’en a pas beaucoup et pas mal restent cantonné au trivial poursuit ou pictionnary…
Allez dans un gros supermarché et regardez le rayon jeu, j’ai été halluciné de voir dans les étales des jeux comme monopoly, cluedo et même docteur maboul !
Même moi qui fait office de passionné et super connaisseur auprès de mes amis, je n’ai que 9 jeux chez moi…
Mai je dois avouer que fréquenter trictrac ça donne envie de posséder des jeux et ma mentalité est en train de changer.
Jusqu’à présent j’étais plutôt du genre à acheter au max un jeu par an, essayant de mettre au point une ludothèque éclectique afin de parer a toute éventualité .
Et puis là PAF, je me suis acheter un jeu il y’a un mois j’en ai fait acheter un autre a un de mes potes et je sens que je vais recraquer dans quelques semaines
Oui le risque c’est que sur les 3 jeux achetés 2 passent a la trappe, mais bon finalement le but de tout ça c’est de se faire plaisir et c’est vrai que niveau durée de vie, les jeux résiste bien au temps.
Je comprend tout a fait que l’envie de posséder un jeu pousse certain a accumuler des boites sans forcément les user jusqu’à la corde
Quand a savoir si les éditeurs tiennent compte du fait que les gens ne prendront peut être pas le temps d’approfondir comme il se doit un jeu, je pense que tout jeu est conçu dans le but d’être joué, si les mécanismes prennent du temps avant de révéler leur subtantifiques moelle je pense que oui le concepteur en tient compte en essayant de rendre son jeu le plus accrocheur possible, après c’est raté ou réussi, ça fait un grand jeu ou un incompris…
Je ne pense pas que cela est quoi que ce soit a voir avec la mentalité des joueurs ou leur façon de jouer, un jeu difficile et long a prendre en main a tout intérêt à être vite captivant sous peine de se voir bouder par tous le monde…

tolstoi dit:
Dernier point : beaucoup de jeux différents permet également de s'adapter aux profils différents des joueurs qui nous entourent (je ne joue pas aux mêmes jeux avec tous les membres de ma famille, ou mes amis).


C'est tout à fait juste également. Ca reste un critère important dans mes choix.
tolstoi dit:Bonjour,
Je suis assez d'accord avec ce constat, mais il y a un paramètre important qui n'est pas évoqué ici : la durée des parties. Il est plus facile d'approfondir un jeu comme Jaipur ou Pandémie en testant différentes stratégies, que de la faire avec Caylus ou 1960 : Kennedy contre Nixon, simplement parce que les premiers sont des jeux beaucoup plus faciles à sortir si on n'a pas une après-midi devant soi.
.


Deux précisions :

1.je ne parlais que de gros jeux (2h et plus)
2.ce n’est nullement une critique de la collectionite (et je sais de quoi je parle)
:holdpouic:
paul moud ubid dit:Est-ce que les éditeurs en tiennent compte ? Car j’ai parfois l’impression qu’ils surestiment le facteur « Ce Jeu S’apprécie Sur La Longueur » ou « Il Faut Y Avoir Beaucoup Joué Pour Comprendre Que… »

Je pense qu'il y a 2 sortes de "bons" jeux pour des geek comme nous :mrgreen: Il ya les bons jeux qu'on essaye une fois, desquels on crie sur tous les toits "WAOUH c'est un bon jeu ça !!!" et qu'on ne ressort plus jamais. Et il y a les Bons jeux (avec un B majuscule :mrgreen: ). Un Bon jeu est un jeu qu'on ressort souvent. Ces Bons jeux s'apprécient toute suite et en plus ont une marge de progression qui nous donnent envie de les découvrir plus profondément. Ils demandent souvent un investissement en compréhension plus important, ils sont souvent plus immersifs...
Grumly dit:De toute façon il n'y a rien de plus utile/inutile dans le fait de collectionner les jeux de société, que les timbres, les boites de camembert, les etiquettes, les bouteilles de whisky, les mangas, ...
Toute collection est l'expression d'une passion, si le but premier d'un jeu est d'être joué, ce n'est pas le seul aspect de ce hobby.


En fait, la collection est une perversion : on détourne l'objet de sa finalité initiale pour faire de sa possession une fin en soi. Le collectionneur ultime ne joue pas, il prend plaisir a voir les boites sous cello sur ses étagères, non ouvertes.

Cela a évidemment un aspect pathologique :mrgreen:
paul moud ubid dit:Est-ce que les éditeurs en tiennent compte ? Car j’ai parfois l’impression qu’ils surestiment le facteur « Ce Jeu S’apprécie Sur La Longueur » ou « Il Faut Y Avoir Beaucoup Joué Pour Comprendre Que… »



C'est comme pour les chasseurs, il y a deux types d'éditeurs : Le bon éditeur, on lui propose un bon jeu, il l'édite. le mauvais, on lui propose un bon jeu, il l'édite. Mais c'est un mauvais éditeur, tu vois la nuance ? :mrgreen:

Blague à part :
certains éditeurs tiennent compte de ce facteur et s'orientent résolument vers des jeux plus courts et plus familiaux, mais dont on aura plus vite 'fait le tour'. D'autres préfèrent garder une gamme vaste et continuer a sortir de tout, d'autres enfin privilégient les jeux 'de joueur'.

A mon sens les premiers laissent des impératifs commerciaux prendre le pas : ils visent le court terme, quitte a alimenter continuellement les rayons de nouveautés au détriment de la substance. Je ne pense pas que ce soit viable a long terme et je suis convaincu que c'est rendre un mauvais service a notre hobby.

En fait, tu tiens une partie de la solution, puisque ta question traduit ta perception d'un problème. C'est a toi de prendre un peu de recul sur ta pratique du jeu, celle de ton groupe de joueurs, et a te demander s'il es nécessaire de poursuivre les nouveautés au quotidien ou s'il n'est pas préférable d'attendre d'avoir mieux exploré un jeu avant d'en acquérir un autre.

Un de mes amis avait fait le même constat au sujet des jeux PC il y a quelques années, et je me rappelle des regards étonnés de ceux qui insistaient pour qu'il essaye diablo II et a qui il répondait "je suis sur la série des X-Com ufo et j'attends de les avoir finis avant de me lancer dans un autre jeu."
Quand il a eu fini, d'autres jeux étaient sortis, et il a finalement zappé diablo II. Au final il ne s'en porte pas plus mal :mrgreen:

Bref, je préfère pour ma part voir les éditeurs sortir des jeux complexes et avec une longue durée de vie que de des jeux qui seront vite oubliés.
Et quand je ressors un puerto rico ou un twilight imperium III, malgré leur âge relativement vénérable, je 'nai pas trop de mal a remplir une table :^:
paul moud ubid dit:Une question, qui en fait s’adresse aux pros : éditeurs, concepteurs de jeux… je réalise que je joue beaucoup plus qu’avant à mais à plein de jeux différents… en conséquence, c'est une lapalissade : je ne fais que quelques parties de mes jeux, même ceux que j’aime beaucoup.
Moralité : une dizaine de Caylus, Antike, et consorts…
Est-ce que les éditeurs en tiennent compte ? Car j’ai parfois l’impression qu’ils surestiment le facteur « Ce Jeu S’apprécie Sur La Longueur » ou « Il Faut Y Avoir Beaucoup Joué Pour Comprendre Que… »
Ces éléments sont logiques du côté des concepteurs, car eux, les testant, ont forcément beaucoup joué à leur jeux.. Mais les futurs joueurs?
Je pense par exemple à Cyclades, où il faut un certain temps pour maitriser le rôle et l’opportunité de toutes les créatures mythologiques. Où à Sylla, où l’enchevêtrement de règles est déroutant au premier abord, et mérite plusieurs parties avant de vraiment « jouer », ou à Nostra City où il faut plusieurs parties pour « comprendre »…
Qu'en pensez vous ?


Difficile de répondre à ta question.

La vérité est qu'on ne peut satisfaire tout le monde à la fois. Certains veulent des jeux plus directs, d'autres plus profonds. Chez Ystari, on ne cherche pas vraiment à orienter les jeux suivant ce critère, mais plutôt à suivre une idée directrice forte qui oriente le jeu dans une certaine direction. Après cela peut écentuellement donner des jeux dont on cerne la problématique facilement (Assyria est un bon exemple) ou plus difficilement (Amyitis ou Sylla par exemple). Mais dans les deux cas, notre but n'est pas de vendre du "jetable", même si l'on sait que très peu de joueurs iront creuser jusqu'au bout. Creuser n'est pas une obligation, surtout que le temps manque de plus en plus mais ce n'est à mon avis pas une raison qui justifie de vendre des jeux qui ont tout donné à leur première partie.

Personnellement quand je rejoue à un jeu, j'aime bien y trouver de nouvelles choses et pas strictement la même chose. Quand je refais la même partie deux ou trois fois de suite, je ne vois pas spécialement l'intérêt. Par ailleurs, je ne crois pas qu'il faille encourager la tendance "moins de contenu" car elle ne va pas du tout dans le sens de la qualité. Si l'on compare avec les jeux vidéo, on voit que la "durée de vie" de ceux ci est de plus en plus courte, ou alors artificiellement prolongée par des quêtes secondaires ou autres. Est ce que c'est un gain pour l'acheteur ? Je ne crois pas...

Bref, je crois qu'il vaut bien mieux vendre des jeux à creuser, quitte à ce que les joueurs n'aient pas tout bien fait à la première partie, mais voient déjà des pistes pour la seconde. Après comme je l'ai dit, nul n'est obligé d'en arriver à la maitrise totale. Le but est de s'amuser, mais rien ne coûte de le faire sur une base riche. Après tout personne ne peut dire qu'il a fait le tour d'un Puerto Rico après une partie, mais la plupart des gens auront envie d'aller plus loin. Ce genre de jeu est pour moi bien supérieur à un produit censé survivre jusqu'au prochain buzz du prochain salon...
Karis dit:Bref, je crois qu'il vaut bien mieux vendre des jeux à creuser, quitte à ce que les joueurs n'aient pas tout bien fait à la première partie, mais voient déjà des pistes pour la seconde. (...)

J'adore cette analyse, d'autant plus que je m'y reconnais.
Père de famille, avec un travail qui me prend du temps le soir et le week-end (enfin, on s'organise), je n'ai pas le temps ni les copains joueurs nécessaires pour approfondir la plupart de mes jeux. Caylus en est un bon exemple. Découvert tardivement, j'adore ce jeu et j'aimerais y jouer tous les jours, regarder des joueurs confirmés jouer pour apprendre, les affronter ensuite... mais quand ? Pareil, avec Gygès, en jouant en ligne, j'avais atteint un certain niveau et puis plus le temps...

Alors du coup, je remercie aussi les autres éditeurs qui font des jeux "jetables", qui ne demandent pas de maîtrise mais qui permettent de bien s'amuser (mais pas connement). Genre pickomino, jaipur, pocket rockets...

(y a pas longtemps, j'avais encore des jeux sous cello dans ma ludothèque, je les ai ouverts, lu les règles, joués et ils sortent régulièrement, mais j'ai encore quelques jeux auxquels je n'ai pas joué, je suis donc une sorte de petit collectionneur)

J’ai toujours été collectionneur de jeux, certains sur mes étagères datent de plus de 25 ans :holdpouic: , je ne me lasse ni de les voir ni d’en ouvrir la boîte pour y jouer.
Certains évoquent pour moi d’inénarrables souvenirs de rigolades avec des gens que la vie m’a fait hélas perdre de vue, d’autres me font peur avec leurs centaines de cartes et de pages de règles à traduire, mais tous ont une personnalité, une anecdote à raconter.
Bref, même si la collection réévaluée approche maintenant le millier, je ne cèderai jamais aucun d’eux et je ne me plains pas de la variété et de la qualité proposée depuis ces dix dernières années.
Et puis ne pas jouer très souvent à un jeu c’est le redécouvrir un peu à chaque fois, comme un ami qu’on n’aurait pas vu depuis longtemps et avec qui on a plein de choses à se dire! :wink:
Oscar

Il y a aussi d’autres aspects qui expliquent tout cela.

D’abord, tout acheteur est un retraité qui s’ignore. En collectionnant aujourd’hui, il investit pour l’avenir. Ainsi, il ne laisse pas Madame (constatation qu’il y a plus de TTriciens que de TTriciennes) paniquer quant à savoir comment elle gérera Monsieur et tout son nouveau temps libre. Il lui donne aimablement des indices et lui laisse ainsi le temps de se préparer. Il pousse la prévenance jusqu’à multiplier le message…d’où un nombre accru de jeux.

Ensuite, il y a un aspect spéculatif car les jeux achetés aujourd’hui vaudront sans doute beaucoup plus chers dans dix ou vingt ans. Il suffit de les choisir judicieusement. Certains TTriciens peuvent se féliciter de leur JCC 1ière édition et autres merveilles.
Le collectionneur investit pour l’avenir. Soit sa ludothèque compensera des retraites peut être trop faibles, soit elle représentera le capital qu’il lèguera à ses petits enfants. Ne pas trop y jouer, c’est un peu protéger son investissement tout en en vérifiant sa valeur.

Enfin, multiplier les jeux, c’est aussi soutenir la consommation et les emplois qui vont avec. (D’ailleurs, vous avez sans doute aussi remarqué que le JDS est l’un des rares secteurs ou le consommateur préfère acheter français dés qu’il en a la possibilité). Sous cet angle, multiplier les jeux est avant tout un acte citoyen.

Alors si tout joueur peut potentiellement approfondir un jeu, ce n’est pas forcément sa première préoccupation…