Dsl, Hadès, mais je t’assure : sur ton jeu à 40 euros, une boutique se fait grand max 15 €, et encore je vois large. Après, je ne suis plus derrière le comptoir depuis un bout de temps, et des professionnels du moment pourraient sans doute préciser.
Aucun constat défaitiste là-dedans, et je n’ai jamais jeté la pierre aux hardcore gamers, dont la passion leur permet au final de court-circuiter l’attrait principal de la boutique : le conseil. Des gens qui comme nous passent du temps sur tric-trac, se tiennent au courant des sorties, des actus, des KS savent très bien ce qu’ils cherchent, ce qu’ils veulent, où le trouver et pour quel prix. Du coup, il est très difficile pour une boutique de concurrencer le net sur ce terrain-là. Mais il en reste plein d’autres, heureusement !
Pour le reste de ton exposé ultra-libéral (et je dis ça sans sarcasme, hein), ça me paraît compliqué. Premièrement parce que les “règles du marché qui évoluent”, bah, personne ne les connaît vraiment. On prédisait la mort du livre papier et des librairies il y a dix ans déjà, et l’avènement du tout-numérique à l’horizon 2020… Loupé, le livre numérique peine à se hisser à 7% des ventes totales (ce qui reste énorme, hein, on est d’accord). Pour rester dans le domaine du jeu, qui aurait parié il y a, allez, 7 ans sur la montée en flèche de KS dans le monde ludique ? Le marché “n’évolue” pas, il stagne, puis mute de façon incontrôlable subitement, re-stagne, implose, se redresse, stagne… Bref, l’économie obéit rarement à une logique évolutive simple (sauf dans le cas de grandes transitions technologiques, qui laissent beaucoup de monde sur le carreau… mais rarement les commerçants !)
Deuxièmement, parce qu’un modèle valable sur un secteur ne s’applique pas forcément à un autre. Vendre des jeux en boutique, ce n’est pas vendre des téléphones, ni des bouquins, ni des couche-culottes. Ça demande un positionnement particulier par rapport à son public, ce qui implique pour une grande part que si les hardcore gamers ont déserté les boutiques, c’est que les boutiques l’ont aussi bien voulu (ou du moins ont vu venir l’hémorragie et ont fait avec). Ce que je veux dire, pour faire simple, c’est que les boutiques s’adaptent déjà. C’est juste qu’elles ont compris que si elles ne pouvaient pas concurrencer le net sur le prix, il fallait le concurrencer sur autre chose. Et beaucoup y parviennent très bien.
L’arrivée de KS là-dedans fout un gros bordel, et c’est tant mieux. Tout le monde est en train de revoir ses priorités et ça promet des choses intéressantes, à mon avis.
@ Dweller : ça fait une paye que le public familial est le cœur de cible de la plupart des éditeurs, ça n’empêche pas l’offre ludique velue d’être plus riche que jamais ! Des petits jeux novateurs et innovants, il en sort par tombereaux… À tel point que je n’arrive plus à suivre, perso, et que je me replie sur ma ludothèque déjà bien fournie. L’effet KS, selon moi, c’est surtout que ça rendu une énorme visibilité et une plateforme d’édition efficace à l’ameritrash, qui avait pas mal disparu au profit du kubenboi. Avec tout ce que l’ameritrash peut avoir de foutraque, hénaurme et démesuré, que ce soit dans la mécanique, la profusion de figouzes ou… les tarifs pratiqués
!