Un peu de discrétion sinon ça va jaser.
Hades dit :Einherjer dit :A combien est la TVA sur les jeux en France ? 21% à peu près ?Hades dit :Par "se fait grand max 15 €" tu entends quoi ? Prix d'achat - prix de vente - frais (taxes,..) ? Moi je suis juste sur la marge brute, avant TVA. Prix d'achat moins prix de vente. Ma source est un ami qui s'est lancé dans la vente de jeux (boutique + en ligne), et j'ai pu le vérifier à Essen 2015 pendant lequel on achetait des jeux qui sortaient (pas des vieilleries hein) en PV conseillé de 40 eur à 20 eur.
Ayant travaillé dans une boutique de jeu, je me permets d'intervenir:
La marge d'une boutique est en effet de 40% du prix de vente Hors Taxe, sur la base du prix de vente conseillé par l'éditeur.
Si je reprends l'exemple d'un jeu vendu au prix éditeur de 40€ (par exemple Abyss), la boutique l’achètera donc bien 20€.
Maintenant il faut tempérer un peu: elle devra quand même reverser à l'État sa TVA (soit 6,66€ pour poursuivre l'exemple).
La boutique "se met dans la poche" 13,34€ sur une boite à 40€ si elle vend son jeu au prix conseillé par l'éditeur.
Et c'est avec cette somme qu'elle devra payer toutes ses charges (la liste est longue cf post précédent).
Quand une boutique achète un jeu, c'est 20 eur TVAC, soit environ 16,5 HTVA. Etant donné qu'elle récupère la TVA, si elle le vend 40 (soit 8,4 de TVA) elle touche réellement une marge nette de 31,6-16,5 = 15,1 eur.
Bonjour
Petites précisions.
La TVA en France est de 20%
Quand une boutique achète un jeu 20e c'est 20e hors taxe (24 ttc).
Le hors taxe d'un jeu à 40e est de 33,33 e.
Donc la marge brute pour une boutique sur un jeu de 40e est de 13,33e.
Sans prendre en compte le coût du transport/facturation/frais annexes qui rognent la marge.
Maintenant ce calcul est théorique et sans grand intérêt. La vrai question c'est à partir de quel chiffre d'affaire une boutique devient rentable ?
Cas imaginaire : pour payer le loyer, les charges, le/les salaire(s), électricité, taxes, impôts, Emprunts, stock ... une boutique à besoin de 1600e par jour. Cela fait 40 boîtes à 40e par jour. Cette boutique commence à gagner de l'argent à la 41 ème.
Sujet vaste et “chaud” au vu des réactions. J’aimerai juste ajouter un peu ma pierre à l’édifice car je trouve qu’on parle beaucoup de l’aspect financier et qu’on oublie dimension fondamentale des boutiques : le conseil et plus globalement tout ce qui touche de près ou de loin la vente physique et donc la dimension humaine (du gros évènement au plus petit truc ex : le papier cadeau des boutiques). J’ai la sensation que de plus en plus, et dans pas mal de commerces en général, on oublie cette dimension humaine car on regarde strictement la dimension prix (“je veux ce jeu, pourquoi je paierai 4€ de plus pour le même ???”). Oui ce jeu coute 4€ (c’est un exemple) parce que un vendeur, ben c’est peut-être complètement fou, mais ça doit manger … Mais c’est ce vendeur qui vous conseille, aiguille, connait vos attentes … (bon se pose le problème de ces vendeurs et de leur comportement qui peut-être des fois à la limite du détestable … étant en région parisienne je sais de quoi je parle…).
En résumé : comment demander à une boutique physique de s’aligner en prix à une boutique en ligne alors qu’elles n’ont pas les mêmes contraintes et services ???
Enfin je rebondirai sur le post très juste qui évoquait les consommateurs. Je partage complètement que c’est le client qui a le “pouvoir” là dedans. Si nous voulons que les boutiques continuent à exister, c’est à nous à continuer de les faire vivre :
Si nous voulons acheter uniquement en ligne au prix le plus bas, ben la sélection naturelle se fera et les boutiques disparaitront au fur et à mesure.
Dans tout ça, je pense qu’aujourd’hui KS est un peu une niche et ne plombe pas directement les boutiques pour de multiples raisons : : délais avant réception / avance d’argent / souvent en VO ce qui rebute pas mal de monde …
Voilà désolé pour le pavé et merci de m’avoir lu jusqu’au bout.
Nota : je pense que les éléments évoqués peuvent concerner pas mal de types de commerce (technologie, livres / musique …)
Bonjour.
Le débat a au moins le mérite d’être posé.
Le volume en CA de KS dans le segment Jeux de Société est approximativement de 50M$. Soit quasiment équivalent au marché hyper-spécialisé français mesuré en sortie caisse (le CA global de l’hyper-spé français doit être de 60M€).
Il s’agit donc d’un nouveau marché, aujourd’hui presque aussi gros que le marché français et demain sans doute plus gros qui a émergé en quelques années.
Il semble difficile d’imaginer que l apparition quasi spontanée d’un tel phénomène ne ponctionne pas une partie de l’épargne des joueurs français (KS JDS doit avoir une croissance de 20% par an depuis 5 ans).
Mais dans le même temps (5 ans) le CA agloméré des boutiques Hyper-Spé a crû de 4% par an. Ce qui est loin d’être négligeable dans un pays qui peine à flirter avec le 1% de croissance.
On assiste donc probablement plutôt à une restructuration de la typologie des publiques hyper spé. Le publique des boutiques est EN MOYENNE beaucoup plus casual que par le passé. Et il est clair qu’une partie très Core du publique historique des boutiques voit une partie de son épargne redirigée vers crowdfunding (essentiellement KS).
Si on s’en réfère à ce que vient de nous dire Fred Henry qui, nous en conviendrons, est bien informé, il y a donc une “dérive des continents ludiques” faisant s’éloigner les core gamers des boutiques au profit du crowdfunding. Pendant ce temps, le public des boutiques devient casual. Or c’est ce segment qui risque d’être happé par la grande distribution lorsque celle-ci se sera vraiment emparée du créneau, ce qui ne saurait tarder…
Difficile dans ce cas de dire que le CF n’aura aucun effet sur les boutiques…
En meme temps, une partie des core gamers deviennent des casuals par la force des choses (temps, enfants, boulot…)
Ma ludotheque il y a 5 ans faisait de moi un core, aujourd’hui je pense être relégué au statut de casuals…alors que j’ai toujours les mêmes jeux…
ca rééquilibre peut etre…
Aujourd’ hui les GSS sont une menace beaucoup plus importante pour les boutiques que ne l’est KS.
Il suffit de jeter un oeil à l’offre actuelle de la Fnac, des Espaces Culturels Leclerc ou de la Grande Récrée pour constater qu’on assiste à une convergence des catalogues.
Par ailleurs il y a beaucoup d’indices de la casualisation de l’offre ludique en boutique :
- Baisse tendancielle de la durée moyenne des parties.
- Mouvement global de simplification des règles.
- Developpement d’une esthétique de grande qualité et très consensuelle (des traits ronds et des couleurs très vives).
Il est donc clair que KS est délétère pour les boutiques, mais sans doute beaucoup moins qu’on ne l’imagine.
La boutique la plus proche de chez moi est à 100km/plus d’une heure de route.
Du coup… Ma petite ludothèque ne s’est construite que sur internet.
Désolé pour cette intervention peu utile
ceci dit, que les pourfendeurs du net n’oublient pas que sans le net, ce serait dur pour les joueurs du monde rural !
Acathla dit :En meme temps, une partie des core gamers deviennent des casuals par la force des choses (temps, enfants, boulot...)
Ma ludotheque il y a 5 ans faisait de moi un core, aujourd'hui je pense être relégué au statut de casuals...alors que j'ai toujours les mêmes jeux...
ca rééquilibre peut etre...
J'enfonce le clou par rapport à ce témoignage. Il y a 5 ans, j'étais plutôt un core gamer (en tout cas un gros cubipousseur). Les enfants grandissant, la qualité des jeux de 20 à 1h grandissant et mes goûts changeant et ma femme n'étant jamais devenue une core gameuse, je suis devenu plus casual. J'ai backé 3 jeux sur KS (dont Conan et 7ème continent). Mais ce sont sans doute les derniers. Ils n'ont pas amputé mon budget jeu, car ce sont des achats "exceptionnels". J'ai la chance d'avoir une boutique dans ma ville. Donc, pour mes jeux casual, je vais les acheter en boutique, pour qu'elle perdure le plus longtemps possible.
Je pense également que KS restera assez marginal comme concurrence envers les boutiques (même s'il y a forcément un impact) et je crains bp plus l'élargissement des catalogues des Fnacs, Toys etc pour nos petites boutiques spé ...
Cette tendance est aussi en train de se produire aux US, avec Target (grande enseigne du jeu) qui achète des grands volumes de jeux tels que nous les aimons, et parfois en exclusivité (par exemple Les aventuriers du rail Kids, est sorti uniquement chez Target).
Pour autant, est-ce que ces enseignes ne vont pas non plus amener plus de joueurs vers notre secteur ? Qui iront chercher des jeux un peu plus pointus dans les boutiques spé ? Difficile de prédire l'avenir.
Honnêtement ce qui me fait plutôt espérer par rapport à vos craintes sur la gss c’est que son mode de fonctionnement n’est pas prêt de changer et tant que les vendeurs ne connaîtront pas les jeux…
En outre, nous sommes dans un loisir relativement élitiste quoi qu’on en dise. Lorsque je faisais de la formation pro plus régulière et que je formais entre autre à la transmission de la règle de jeu, j’ai été effaré de voir l’aspect rédhibitoire et bloquant qu’elle pouvait avoir sur les gens. Deux exemples en vrac :
- je laisse les stagiaires lire la règle de water Lily, faire une partie puis l’expliquer à leur collegue pour observer comment ils s’y sont pris, les erreurs, ce qui pourrait être améliore etc. Au cas où vous ne l’auriez jamais eu en main, je précise que la règle de water Lily est présentée sous forme d’une bd de 8 bulles, on peut difficilement faire plus simple et plus intuitif. Eh bien au bout de 10 minutes je vois que le groupe est completement ferme et bougon et lorsque je m’approche. une vraie réaction de rejet du jeu : il est nul ce truc etc. Il s’est avéré qu’ils n,m’avais,t rien pané à la règle et qu’une fois que je leur ai expliqué… miracle le jeu était devenu super.
- autre exemple, on devait réaliser une formation pour 80 animateurs d’une grande enseigne de ce,tres de vacances. On nous avait donné l’aide de 8 formateurs de la boîte pour nous aider sur les ateliers en petits groupes. On fait une aprem midi de boulot avec eux pour les faire jouer et leur expliquer les règles de jeux simplissimes : du genre bazar bizarre. En repartant on leur dit bien qu’il faudra qu’il relise les règles avant la formation (2 semaines plus tard) et on leur file les règles papier,p et video pour qu’ils se remettent dans le bain. Eh ben le jour meme, je vous jure que c’est vrai j’ai découvert 8 manières différentes de jouer à bazar bizarre et aucune n’était la bonne.
Tout ça pour dire que pour moi la règle est un vrai frein et que pour le tres casual c’est encore une étape importante et difficile à à passer. Du coup, le rôle d’une petite boutique est encore et probablement bien plus indispensable dans l’accompagnement et la découverte auprès de ce public. tant que les mentalités n’évolueront pas en gss je ne me fais pas de soucis, surtout que nous avons la chance d’avoir des distributeurs qui nous protègent et maintiennent les prix à un niveau similaire (prix conseillé le plus souvent en gss egalement).
Apres charge aux petites boutiques de ne pas se contenter de rester sur le schéma d’il y a 20 ans, de créer des lieux accueillant, avec une vraie identité, où les gens se sentent bien et ont envie de rester et pas des repères à geeks.
Enfin, il y a je pense encore une vraie différence de public et de comportement. Le fera,t d’une autre boutique me racontait que dans son second magasin (dans un centre commercial), l’attitude des clients n’avaient absolument rien à voir avec celle de ses clients de sa boutique traditionnelle du centre ville. Dans le premier cas, les gens faisais,t la gueule, ne disaient pas bonjour et étaient dédaigneux… dans l’autre tout le contraire. Du coup, les gss peuvent faire peur peut être, mais est-ce que de toute manière c’est la même clientèle ? est-ce qu’il y a une fuite de la clientèle vers ces enseignes ou est-ce que de toute manière les petites boutiques ne les toucheront jamais vraiment ?
pardon pour le roman (et les coquilles, tablette oblige)
@ Sten. Tu as tout à fait raison. Seulement le nombre astronomique de sorties à aussi pour conséquence que les boutiques connaissent de moins en moins bien ce qu’elles vendent et donc peu à peu se rapprochent de la situation des GSS. La solution qu’est en train de mettre en place une partie d’entre elles est de sélectionner drastiquement leur offre et en finir avec la volonté de tout avoir, pour au contraire ne proposer que des références qu’elles connaissent.
fred henry dit :@ Sten. Tu as tout à fait raison. Seulement le nombre astronomique de sorties à aussi pour conséquence que les boutiques connaissent de moins en moins bien ce qu'elles vendent et donc peu à peu se rapprochent de la situation des GSS. La solution qu'est en train de mettre en place une partie d'entre elles est de sélectionner drastiquement leur offre et en finir avec la volonté de tout avoir, pour au contraire ne proposer que des références qu'elles connaissent.
maîtriser ce qu'on vends c'est un minimum effectivement et il vaut mieux vendre moins de reference mais que ce qui est bien et qu'on connait + coups de cœurs hors des sentiers battus.
sinon hier j'ai assisté à une réunion entre un très gros distributeur et une enseigne de distribution connue surtout pour l'alimentaire et qui n'avait pas de rayon jeu et il y avait pas que du party mais aussi du casual+/avancé ;) (d'ailleurs la volonté de cette enseigne c'étais 7/7/7 7 pour enfant 7 pour famillial 7 pour joueurs
Est-ce qu'on doit s'en plaindre ? ouvrir le secteur à plus de monde n'est il pas censé être notre objectif ?
Idem : pour moi, on se trompe “d’ennemi”. KS est très loin de toucher tous les joueurs, même core, et souvent, les joueurs pledgent 2 ou 3 jeux, pas des dizaines par an. Les GS ou GSS, c’est pareil : on n’y trouve pas tout (et ce ne sera jamais le cas) et le client est seul face aux références, de toute façon à des prix pas compétitifs. Les joueurs initiés n’iront jamais acheter là-bas, les néophytes vont le faire une ou deux fois, mais probablement pas plus, en l’absence de conseil d’achat/d’initiation à la prise à la main. Pour moi, la vraie concurrence que les boutiques doivent craindre (et je pense que c’est déjà le cas), c’est le net : les prix serrés et les programmes de fidélité sur certains sites spécialisés (où le déficit de conseil à l’achat est gommé par les infos et avis trouvables sur les sites ludiques, car nos générations ont généralement acquis ce réflexe de recherche personnelle) et un acteur qui finira bien (qui finit toujours) par se réveiller sur le sujet : la guerrière monosein tentaculaire. Quand tu inities des néophytes ou tu leur fais découvrir des jeux qu’ils ont envie d’acheter dans la foulée, tu peux être sûr que le premier réflexe, c’est d’aller voir si c’est vendu chez l’archère. Quand la guerrière comprendra son intérêt à investir et à casser les prix dans ce secteur-là, là, les boutiques risquent de fermer à la chaîne.
sten dit :
Tout ça pour dire que pour moi la règle est un vrai frein et que pour le tres casual c'est encore une étape importante et difficile à à passer.
En même temps, cet écueil peut aisément être contourné.
Sans vouloir m'attirer les foudres du Grand Barbu en menaçant son gagne-pain
, je suis étonné que les éditeurs de jeu n'adoptent pas une stratégie évidente (à moins que ne ce soit le cas et que je ne soit jamais tombé dessus) : intégrer dans le livre de règle un lien vers un une video explicative du jeu, à la manière de ce qui peut se voir sur notre site de jeu favori...
Dweller on the Threshold dit :sten dit :
Tout ça pour dire que pour moi la règle est un vrai frein et que pour le tres casual c'est encore une étape importante et difficile à à passer.En même temps, cet écueil peut aisément être contourné.
Sans vouloir m'attirer les foudres du Grand Barbu en menaçant son game-pain, je suis étonné que les éditeurs de jeu n'adoptent pas une stratégie évidente (à moins que ne ce soit le cas et que je ne soit jamais tombé dessus) : intégrer dans le livre de règle un lien vers un une video explicative du jeu, à la manière de ce qui peut se voir sur notre site de jeu favori...
Gigamic a fait cela sur clochemerle. Un lien vers leur site qui renvoie vers la tttv.
C'est une aide interessante la "videoregle" mais rien ne remplace la lecture et l'appropriation de la règle. Regarder une videoregle bien faite et s'assoir pour jouer est la plupart du temps compliqué (impossible). Cependant une boutique va t'expliquer comment le jeu fonctionne mais cela ne remplace pas la lecture de la règle. Donc la plus value boutique de ce point est discutable.
