Espinha de Bacalhau dit:Je te rejoins sur le reproche de personnalisation du pouvoir.
Encore que des hommes politique de cette trempe, il vaut mieux les avoir aux manettes pendant 18 ans - à la condition que le mandat soit reconduit par le peuple - que de s'en passer pour une succession de dirigeants sans envergure au prétexte d'une observance stricte de non cumul.
C'est un très bon sujet de débat.
Moi, plus que le non-cumul des mandats, je suis très attaché à la limitation du nombre de mandats, qui n'existe pas en France. Parce que parfois, des élus compétents et au départ globalement soucieux des intérêts de leurs administrés finissent par devenir déconnectés de la réalité au bout de 10 ou 12 ans de pouvoir, où ils ne sont plus dans la "vraie vie", forcément, de par leur fonction.
Pour moi, l'exercice du pouvoir doit être un engagement provisoire dans une vie, certes rétribué parce que c'est du boulot et on ne fait pas de bénévolat à la tête d'une agglomération ou d'une région, mais ce ne doit pas être une fin en soi. On doit accéder au pouvoir par la volonté du peuple puis le rendre au bout d'une période limitée, pas faire carrière en politique.
Jean-Marc Ayrault est un cas typique. La plupart des Nantais étaient contents de son bilan, la preuve il l'ont reconduit, mais à force il est devenu une sorte de notable régional omnipotent qui n'écoute plus l'opposition. Son projet mégalo de Notre-Dame-des-Landes, il n'aurait sans doute pas pu le mener à bien s'il n'était resté maire que 12 ans.
Alors c'est vrai, si Chavez n'avait pas pu se représenter, peut-être que son successeur n'aurait pas été si efficace ni si charismatique que lui. Mais le rôle d'un dirigeant n'est-il pas aussi de favoriser l'émergence d'une équipe, de gens capables de le seconder et de prendre sa suite le moment venu, de favoriser son parti et ses idées plutôt que sa personne ?
Mais j'ai bien conscience que le contexte d'Amérique latine n'est pas celui de la France. Les démocraties sont plus récentes, plus fragiles, moins installées, et les dirigeants élus doivent faire face à des menaces qui les obligent parfois à faire preuve d'autorité.
Mais pour discuter de Chavez, un autre sujet vient d'être ouvert.