[Les Pax] Pourquoi Pax Viking n'est pas un Pax et autres considérations sur la série

J’ai peu joué à Emancipation, mais j’avais eu un sentiment mitigé sur l’équilibre des factions. On avait trouvé qu’une faction avait un objectif intermédiaire vraiment plus dur que les autres. Je m’étais dit que j’essaierai en coop pour voir, mais je n’ai pas eu l’occasion.
Pour les règles, les versions “simplifiées” sont toujours assez mauvaises, dans tous les jeu Sierra. Ce sont des versions qui, certes, allègent le jeu, mais en en retirant la substancielle moëlle, ce qui est quand même dommage. Perso, je ne les utilise plus.

Clairement, c’est bien un bout de partie en solo pour comprendre l’essentiel, mais il manque une bonne partie de l’intérêt.
Sur les factions, j’ai joué Anglais (rouge) et Marchands (vert). Ces derniers m’ont semblé avoir des difficulté à scorer. En tout cas, à la fin de cette partie de découverte en solo, les Anglais étaient gavés d’Anarchie et bien déployés sur leurs bateaux. Ce n’était pas trop le cas des Marchands.

Je vais maintenant essayer de le faire jouer aux copains (pas gagné). Je ferai pê avant une partie complète en solo.

Crédité oui, mentionné, quasi jamais.
Les Pax sont des jeux de cartes donc l’ergonomie (à part pour fermer la boîte correctement surtout une fois sleevé)… et la première édition « Deluxe » de Porf contenait un plateau destiné à Pamir en face B. Face B remplacée par Transhumanity dans le dernier reprint de Porf.
Quant à Viking, il n’a clairement pas l’ADN d’un Pax, nous sommes d’accord. Mais le jeu est très sympa :slight_smile:

Je déterre ce topic après pas mal de parties de PaxRen. J’ai écrit un long truc sur le sujet sur Cwowd pour ceux que çq intéresse.

Et un préquel vient d’être lancé. En y jettant un regard très rapide, ça ressemble fort à Pax Viking.

Merci flugubluk pour ses éclaircissements :wink:
j’ai la première édition de pax renaissance avec son extension, jamais joué, jamais réussi à y jouer (disons plutôt à décrypter les règles). Je pense clairement que c’est le type de jeu à te faire expliquer pour bien comprendre les tenants et aboutissants du monstre, et ainsi réussir à remettre le nez dans les règles, l’esprit plus clair.
j’ai pax pamir V2, du pur bonheur … pareil un ami (y ayant joué) m’a aidé à décortiquer deux-trois points nébuleux …
j’attend pax renaissance en Fr, sachons être patient, je suis persuadé que le résultat en vaut le coup :wink:
je vais de suite lire ton lien sur le prequel dont tu parles !

Flugubluk dit :Je déterre ce topic après pas mal de parties de PaxRen. J'ai écrit un long truc sur le sujet sur Cwowd pour ceux que çq intéresse.

Jolie intervention, effectivement, merci. Et je suis d'accord avec tout ce que tu y expliques longuement. Pax renaissance est un excellent jeu, aussi à deux joueurs. Mais il se mérite après long labeur et je défie tout comme toi quiconque, après une simple lecture des règles, de considérer maîtriser chacune des actions exposées.

Et pour revenir (une dernière fois) aux polémiques concernant l'auteur, je ne connais pas ses opinions politiques, même si j'ai lu ici ou là des prises de position. Je ne peux que "juger" ce jeu et considère qu'il propose des choses sensées, relativement représentatives d'éléments historiques avérés. On n'y distingue pas de message ambigu ni de revendication scabreuse. Bon jeu !

Et pour regrouper les choses au même endroit, qq remarques après deux parties de Pax Transhumanity mise sur “hier, j’ai joué”. Je devrais en referai dans pas long.
 

Pax Transhumanity dont nous n’avions fait qu’une demi-partie, il y a au moins un an. On se relance dans l’aventure en ayant lu les règles tous les deux et avec la variante qui adapte le marché et le deck au nombre de joueurs. On enchaine deux parties, à la fois pour s’approprier les règles et aussi par curiosité. 

Premier bon point, on retrouve des sensations des autres Pax et en particulier les coups méchants que l’on peut faire. Second bon point, les règles ne sont pas aussi compliquées qu’elles en ont l’air et elles permettent plein de coups subtiles. La mécanique économique avec les levées de fonds est géniale (elle est reprise de Pax Emancipation, il me semble). Il est aussi franchement court. 

En revanche, là où les autres Pax nous embarquent dans leur thème, celui-là est très abstrait. Le thème y est pour pas mal (un futur radieux grâce à la technologie), mais aussi son traitement (ce que représentent les quatre disciplines du jeu n’est pas du tout mis en avant). Il est assez tordu dans ses conditions de victoire et le déclenchement de fin de partie. Dans Pamir ou Renaissance, la manière dont se finit la partie est simple (achat d’une carte) et il y a juste une “condition de rattrapage” si le paquet arrive au bout (doublement des PV à Pamir pour le dernier décompte, décompte sur les “patrons” à Renaissance). Ici, il y a plusieurs “conditions de rattrapage” : si fin de paquet, si trop d’une même couleur dans le splay, si 5 compagnies créées. Tout ça couplé à l’abstraction des concepts, rend pas facile de garder en tête les enjeux. Et ça se ressent dans les coups qui sont à notre portée : on a du mal à voir ce qu’ils “valent”.

Enfin, la mécanique du splay (série des couleurs de cartes commercialisées qui rend viable les autres couleurs par les pairs de couleurs successives formées au sein de cette série) qui représente “l’ADN” des idées est top. Mais, il ne nous a pas semblé du tout évident de manipuler cette succession de couleurs. D’autant qu’il y a une mécanique qui rend certaines paires disponibles qu’à un seul joueur.

Bref, tout ça lui donne un certain manque d’élégance par rapport aux autres. J’ai envie de m’y remettre pour dompter le truc, mais il ne nous racontera jamais l’histoire des autres et restera donc certainement en deça (à moins que la mécanique se révèle à nous).

Et deux parties de plus avec un autre adversaire à qui je fais aussi découvrir. Connaissant le jeu, l’explication est bien plus fluide et surtout plus thématique, permettant de mieux s’approprier les mécaniques. mais, ça reste bien velu !

Deux parties très intéressantes et disputées. Mon adversaire a parfois été très dépensier à se mettant fortement en dette. Ca m’a semblé lui coûter cher en actions. On se laisse assez tranquille sur la première et je gagne au Tycoon (5 entreprises construites). Sur la seconde, on se tire bien dans les pattes en se piquant des cartes à coût de recherche. Je peux finir en singularité bleue alors qu’il n’a pas de futur shock et que j’en ai deux, mais il commercialise au bon moment en mettant une carte orange dans le splay. Le bleu reste la discipline dominante et je réussis à quand même acheter un Tipping point pour mettre fin à la partie et gagner assez largement (7 à 1 : 4 pour la compagnie et le problème bleu et 3 pour ma hidden sphere ; 1 pour sa hidden sphere).
Dans les deux parties, on a été dans toutes les sphères alors que lors des deux précédentes, on était resté cantonné aux deux premières. C’est très lié aux compagnies que l’on créé et aussi aux opportunités de recherche offerte aux début, mais aussi au fait que l’on n’a pas hésité à aller dans des uitlity qui réduisent sensiblement le coût des actions. Ca donne une bonne représentation du fait que c’est la recherche “subventionnée” par la puissance publique qui peut se permettre de faire des découvertes dans de nouveaux domaines et que la la recherche privé est très coûteuse dans ce cas (aspect étonnant dans la philosophie des Eklund, mais pourquoi pas). 

Après ces deux parties supplémentaires, le jeu me parait toujours relativement abstrait, mais j’arrive mieux à voir le “sens” de mes actions et la présence du thème. Le splay à une saveur bien particulière et l’action de recherche a été bien mieux utilisée que ce soit pour mettre dans le think thank ou pour couper l’herbe sous le pied à l’adversaire. Je trouve à cet égard qu’on a bien les sensations d’un Pax où il faut se rendre coup pour coup. J’ai aussi eu la très agréable sensation de pouvoir influencer sur les conditions de victoire, c’est un des aspects très plaisants de la série que je craignais de ne pas retrouver. Cela demande cependant de bien s’approprier les mécaniques (ce que l’abstraction du thème ne rend pas facile malgré ce que je disais au-dessus). J’ai enfin trouvé qu’on avait bien cette question de la gestion du tempo et du nombre d’actions. La possibilité d’embaucher dans ses entreprises sans dépenser d’actions est super fort. Reste qu’il n’est pas facile du tout de compter le nombre d’actions optimum avec la mécanique du “fundraiser”.  Enfin dernier point qui le distingue vraiment des autres : le marché est figé. Ce n’est pas du tout une mauvaise chose et ça apporte une saveur sympa (on révèle quand même à plusieurs reprises deux ou trois cartes d’un coup).




Rien à voir, mais si Loic ou un modo passe dans le coin, ca me paraitrait cool de changer un peu le titre pour ne pas laisser penser qu’on ne parle que de Pax Viking. Un truc du genre “[Les Pax] Pourquoi Pax Viking n’est pas un Pax et autres considérations sur la série” (oui, bon, c’est long, mais l’idée est là).

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L’idée du nouveau titre est bonne, je me suis dévoué. 
Et j’ai évité un jeu de mot pourri genre “Paxpax le oinj’”

Merci (pour la modif et pour avoir lu mon message, ce qui me fait sentir moins seul).


Je continue mon soliloque avec une nouvelle partie aujourd’hui et qui a été encore très rapide (1h).
Je confirme la dimension très violente du jeu avec non seulement la recherche (dont je parlais précédemment), mais aussi le  splay. J’ai quasiment tué le game en me débrouillant pour intercaler parmi les 4 premières cartes de ce splay deux cartes avec futurs shock empêchant les paires d’être viables pour mon adversaire. Il mettra du temps à s’en remettre. Même si je devrais faire le dos rond un temps avant l’arrivée d’un tipping point, je clos la partie à mon avantage (15-0) avec une sphère dominante correspond à ma sphère cachée (soit trois points pour les compagnies et problèmes de la couleur). Une partie très sympa, bien sûr dans laquelle on a encore découvert des subtilités. Le jeu se révèle vraiment avec la pratique (d’autant que j’en suis à 5 en moins de 5 jours !). 

S’agissant du thème, je pense que le jeu induit un peu en erreur : il n’est pas tant question d’un jeu sur le devenir de l’humanité, mais sur la création de nouvelles entreprises (financement, recherche de nouvelles idées etc.). En le prenant comme ça, ses actions ont bien plus de sens et sont mieux évaluées. Comme je le disais au-dessus, la bonne utilisation des utility est vraiment importante. 

Bon, il semble que Pax Viking n’est pas un Pax.

Mais que penser que Pax Viking Junior ?

Avant :




Après :


()

Heu … C’est une blague?

Moins par moins, ça fait plus ?!
Blagues à part, j’avais failli le prendre su KS, mais je m’étais ravisé en me disant qu’il valait mieux attendre les retours ! Donc, non, @pièce, ce n’est pas une blague !

Pour ceux qui sont intéressés je suis tombé là dessus :

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Ca à l’air super bien fait, merci beaucoup pour le lien ! Les titres des vidéos sont excellents :

  • Règles et conseils, le guide ultime 1/2 (20min)
  • Règles et conseils, le guide ultime 2/3 (30min)
  • Règles et conseils, le guide ultime 3/4 (40min)

:joy:

Une petite anecdote de la folie que cette série peut générer, que je ne peux m’empêcher de vous partager.

Hier pèlerinage à Philibert à l’occasion d’un séjour à Strasbourg.

Au moment de sortir (après passage en caisse, mais ce n’est pas la question), je tombe sur un joueur qui se précipite littéralement sur une boîte jeu comme la peste sur le bas clergé. Quel n’est pas mon étonnement de me rendre compte qu’il s’agit d’une boîte de Pax Renaissance.

Je l’encourage donc spontanément dans son enthousiasme, en lui lançant un simple mais efficace : - “Meilleur jeu de monde”.
Ce que à quoi, il me répond : -"Vous connaissez Pax Pamir ? ".
Un peu surpris, presque piqué dans mon pédantisme ludique: -“Heu oui, c’est encore mieux. Une version améliorée et plus thématique.”
-“J’y joue en solo, il est bien en solo ?”
Tout à fait décontenancé et en tentant de me garder de tout condescendance, -“Je n’ai pas essayé”.
On vérifie sur la boîte, c’est effectivement indiqué de 1 à 4 joueurs.
Je tente alors de le raisonner : -“Vous savez c’est merveilleux à deux”.
-“Je vais y jouer en solo”.

Je n’insiste pas, mais me sens obligé de le mettre en garde : -“En termes de règles, c’est un bon cran au-dessus”.
Alors qu’il se rue vers la caisse : “J’ai lu celles d’Anachrony, pas de problème”.
Pour moi-même, -“deux bons crans au-dessus, en fait”.

Aussi, je profite de ce message pour lancer un appel :

Cher joueur qui a dû pleurer des larmes de sang, maudire les dieux de tous les panthéons, regretter amèrement les 70€ précipitamment investis, sache que nous sommes là et qu’on peut aider si tu as besoin d’être guidé. Nous aussi nous sommes passés par là.
Et stp, joue à ce bordel de jeu à deux, c’est un milliard de fois mieux qu’en solo. Et je le sais bien, je n’ai même pas lu ces fichues règles solo

@krrro y prend visiblement beaucoup de plaisir en jouant à deux… mais tout seul! Je pense que c’est la meilleure alternative pour attaquer et dégrossir la bête (à moins d’avoir un.e comparse qui a également lu les règles). Après la lecture des règles, j’ai également tenté de jouer une partie en soluo, je ne m’imaginais vraiment pas enchaîner sur les règles du mode solo avant de pouvoir jouer.

Si on évite de lire les notes de bas de page en même temps, les règles de la dernière version ne sont pas si indigestes, mais il y a beaucoup d’éléments et de points de détails, il faut prendre le temps de digérer. Une première partie en prenant bien son temps avec de fréquents retours aux règles permet de bien intégrer les choses, et les vidéos de ZE incredibles sont également très bien faites.

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Pour préciser : pour moi c’est bien meilleur en multi mais ça fonctionne aussi bizarrement bien en “mode schyzo” parce qu’en fait à ce jeu il se passe toujours plein de trucs et si on a juste envie de comprendre les possibilités et de s’amuser avec ça marche aussi bien comme ça ! ^^ (j’avais pondu quelques CR ici)

En plus comme c’est un jeu qui ne plaira (vraiment) pas à tout le monde ça permet de le sortir quand même :sweat_smile: (de mon côté j’ai réussi à en faire 2 parties en multi mais mes camarades de jeu préfère Pax Pamir dans le genre et je ne peux (vraiment) pas leur en vouloir parce que c’est quand même très particulier et (vraiment) pas évident à prendre en main même quand on est habitués aux gros jeux et surtout pour le sortir juste une fois de temps en temps…)

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Je me suis lancé un défi idiot l’année dernière que je n’avais pas réussi à terminer pourtant bien proche du but. Je ne sais pourquoi, j’ai fini par le terminer.

Voici donc ce qui se veut être un

Guide stratégique de Pax Transhumanity

Je pense qu’il sera plus destiné aux joueurs débutants qui connaissent le jeu qu’aux acharnés. Mais, je vous laisse me dire. En outre, c’est issu de mon expérience du jeu et même si les formulations peuvent sembler affirmatives, je ne prétends pas détenir la vérité sur le jeu. Je vous laisse donc corriger ce qui peut vous sembler inexacte.

Mises en garde liminaires

Je pars du principe que les règles et les concepts du jeu sont connus. Si vous ne savez pas du pas du tout de quoi il est question, 1/je me demande déjà bien ce que vous faites ici et 2/je vous renvoie à l’excellente explication de John Mike Fatgame aka Jean-Michel Grosjeux. Je vous invite également à consulter ce topic TT dans lequel on en parle pas mal.

En outre, puisque je n’ai jamais joué autrement, ce guide ne traite que du jeu à deux dans sa variante des living rules (c’est-à-dire avec des tailles de marché et de decks adaptés au nombre de joueur).
Enfin, et même si ce n’est pas l’objet de ce guide, je ne peux m’empêcher de souligner à quel point ce jeu est une merveille qui mérite d’être découverte ! Attendez-vous à de la méchanceté et de la brutalité.

Je vais commencer par vous présenter les concepts généraux : thème, victoire et splay. Si vous n’avez jamais joué au jeu, ça devrait être une bonne introduction (mais, je me demande quand même ce que vous faites là). Ensuite, pour les courageux (ou ceux définitivement perdus), je ferai un focus sur chaque action.


Concepts principaux

Le thème

[comment donner un sens à ce bordel]

Les Pax se caractérisent par l’omniprésence du thème et son intrication dans les mécaniques. Il revêt une importance particulière dans la série puisqu’il permet de mieux comprendre la logique de jeux semblant cruellement en manquer.

PaxTh ne déroge pas à la règle à condition de ne pas s’arrêter à ce que la boite veut nous faire croire ! Il ne s’agit pas tant de sauver l’Humanité grâce à la science, que de simplement développer sa start-up pour faire prospérer son business. Tout le reste est du lavis, certes cohérent et intrigant, mais décorrélé des mécaniques. Les technologies que nous développerons permettront de nous attaquer à certains problèmes sociétaux, mais cela aurait pu être tout autre chose sans ne rien changer aux mécaniques.

Vous verrez dans la suite que nous utiliserons des termes liés au monde du financement de projet et pas du tout du transhumanisme.

Il s’agit ainsi d’un jeu de compétition économique dans lequel il faudra s’évertuer à être dans le bon timing pour commercialiser ses idées avant les autres avec toute la férocité que cela implique. C’est à mon avis en abordant le jeu ainsi que les objectifs du jeu prennent tout leur sens.

Fin de parties

[comprendre le but du jeu]

Comme tout jeu de la série, la victoire à PaxTh dépend du scoring déclenché. La particularité de cet opus est qu’il existe également plusieurs manières de mettre fin à la partie. Savoir quel décompte privilégier selon les fins possibles est d’autant plus compliqué que tout semble lié à la lecture des règles.

Tipping points

Pour autant, une des fins de partie est bien plus fréquente que les autres : la commercialisation des tipping points [thématiquement, l’émergence d’une rupture technologique majeure]. Les autres conditions sont plus anecdotiques et ne doivent pas être surveillées de la même manière que celle-ci qui dicte quasiment toutes vos actions. Et les choses étant moins compliquée qu’il n’y parait, dans ce cas, c’est le régime en place qui détermine la manière de scorer. Or, à une exception près, tous les régimes valorisent la couleur qui leur est associée ainsi que votre sphère secrète via les entreprises que vous détenez et les problèmes résolus. La victoire passera donc la plupart du temps par l’obtention de ces éléments dans des couleurs qui vont bien (celle de la sphère dominante en fin de partie et celle de votre sphère secrète). C’est le premier objectif que vous devez vous fixez dans le jeu.

La manière de s’assurer une source de PV fiable est en premier lieu de concentrer vos efforts sur les éléments de votre sphère secrète. Ils rapporteront moins que les points liés à la sphère dominante (1PV vs. 2PV), mais seront forcément pris en compte dans les décomptes au tipping point (sauf cas du paradigm shift, soit trois cartes de couleur identique dans le cutting edge). La stratégie la plus immédiate du jeu consiste à maximiser ces points en manipulant le splay pour instaurer un régime aligné sur votre sphère secrète, chaque élément rapportant alors 3 PV. Le choix de la sphère secrète n’est pas anodin en début de partie puisque cela vous donnera un axe de scoring fort. J’ai tendance à privilégier celle dont les compagnies ou les problèmes sont présents sur plusieurs cartes. Le Vert est souvent un choix de prudence (bcp de problèmes et de compagnies parmi les cartes).

S’agissant des points rapportés par la sphère dominante, la subtilité est qu’il est difficile d’anticiper celle qui le sera en fin de partie ! Quand le choix se présente pour une entreprise ou la résolution d’un problème, il est nécessaire de choisir une couleur qui nous semble en bonne position pour être celle de la sphère dominante, en fin de partie. Ainsi, sauf à ce que ce soit notre sphère secrète, il vaut mieux éviter une couleur absente du cutting edge. En début de partie, résoudre un problème n’est jamais une mauvaise chose puisqu’ils peuvent potentiellement tous être scorés. Une fois la partie avancée, la direction que prend le splay nous permet de faire des choix plus éclairés et certains problèmes peuvent se révéler assez peu intéressants : nous ne sommes pas des altruistes, nous sommes là pour avoir un business rentable ! Enfin, notons que celui qui met fin à la partie gagne le droit de résoudre le problème de son choix (soit 2 PV offerts puisque le choix se portera sur un problème de la sphère dominante). Se mettre en position de finir à la partie est donc un avantage.

Fins alternatives

Concernant les autres fins de partie, il faut les appréhender comme des fins alternatives à surveiller bien que peu probables, des sortes de variables de contrôle pour éviter la dérive du jeu.

Pluralité

Elle représente l’impossibilité de réaliser une rupture technologique suffisante et se déclenche en vidant le deck. Son mode de scoring est similaire à une fin au tipping point. Outre les 4 nukes, elle ne demande pas d’adaptation particulière dans la manière de jouer. Elle est, par ailleurs, très rare et ne doit intervenir que dans des parties particulièrement bloquées.

Tycoon

Cette hégémonies économiques est obtenue dès 5 entreprises posées. C’est celle des fins alternatives à le plus surveiller : les compagnies peuvent faire boule de neige et la fin de partie s’emballer. Une fois qu’un joueur en a posé trois, le danger d’une victoire au tycoon devient réel. Il est donc nécessaire de ne pas laisser un adversaire les obtenir trop facilement. C’est un conseil qui va au-delà de la prosaïque question de la victoire : les entreprises offrent un avantage certain dans le cours du jeu qu’il ne faut pas négliger.
Je trouve que l’Espace se prête bien à cette victoire. Les compagnies orange sont les plus fréquentes sur les cartes. De plus, il est très couteux pour l’adversaire d’y venir sans qu’il y ait lui-même une compagnie. Dans cette configuration, vous pouvez alors faire des cycles de recherche assez librement en renflouant de cartes qui ne pourront que difficilement être convoitées par l’adversaire. Attention à l’import tout de même.

Singularity

Cett fin déclenchée par une série consécutive de cinq cartes de la même couleur représente un enfermement technologique. Elle semble presque impossible tant elle peut facilement être interrompue en intercalant une carte au bout de trois, voire quatre, cartes consécutives de la même couleur.
Pour autant, elle partage le même décompte (nombre de future shocks noirs) qu’en cas de la commercialisation d’un tipping point lors d’un régime de paradigm shift (trois cartes de couleur identique dans le cutting edge). Mais, un joueur pouvant difficilement y parvenir seul, il ne faut pas faire le jeu de l’autre et éviter qu’une inertie trop forte s’installe autours d’une couleur si l’adversaire à un avantage sur les future shocks noirs. Dis autrement, deux cartes consécutives de la même couleur en fin de splay représentent une menace/opportunité de scorer qu’il faut surveiller. A noter que le pouvoir EPIC présent sur quatre idées peut être utilisé pour modifier le cutting edge et être une aide à cette fin alternative.

Ainsi pour résumer, ce sont les entreprises et les problèmes de votre sphère qui vont vous permettre de scorer de manière quasi certaine. Les éléments des autres sphères sont plus incertains, bien qu’ils soient plus rentables. Les entreprises sont fortes en toutes circonstances et peuvent occasionnellement mener à une victoire spécifique. Enfin, les futur shocks ne sont pas un moyen de scorer très fiable. Le choix de couvrir un black heat lors de la syndication doit être guidé par votre volonté de maitriser le splay ou par la protection apportée contre les nukes.

Le splay

[réussir à faire quelque chose qui vaille la peine]

Le splay est l’élément central du jeu. Il représente l’ADN des idées et en ce sens celles qui pourront exister. La victoire passera bien souvent par sa maitrise.

Lorsqu’une carte est introduite dans le splay, deux éléments doivent jouer dans le choix de la couleur : la paire de couleur qui est rendue viable et le régime qui en résulte.

Rendre viable

La viabilisation des paires de couleur est l’enjeu majeur du début de partie puisque c’est le moyen essentiel de pérenniser son développement. A cette fin, notre choix se portera en priorité sur une paire présente dans le marché et à laquelle on a facilement accès. Et comme dans tous les aspects du jeu, le dilemme réside dans les ouvertures que cela procurera à l’adversaire. Une manière de contourner cette contrainte est de viser une paire déjà viable pour lui (via les brevets ou les think tank) ou qui lui est difficilement accessible dans un timing raisonnable. Mais, le plus simple reste bien sûr d’introduire une carte avec un de nos cubes (future shock) nous permettant d’être le seul à avoir accès à la paire créée (et à la suivante).
Point d’attention particulier, il faut être très vigilant aux paires monocolores : ce sont elles qui rendent les tipping point viables et donc permettent de mettre fin à la partie. Une fois cette condition réunie, toute nouvelle recherche peut potentiellement conduire à une fin rapide si le tipping point associé à cette couleur apparait. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, mais il faut le garder à l’esprit pour ne pas prendre de risques inutiles ou pour inversement pouvoir rusher la partie. Réussir à se réserver une paire monocolore est une menace certaine pour l’adversaire puisque nous donnant une maitrise de la fin de partie (et donc du décompte).

L’état du marché sera presque toujours à prendre en compte en priorité dans le choix de la paire rendue viable, mais, il est à noter que les paires n’ont pas toutes la même probabilité d’occurrence, certaines étant presque inexistantes.

discipline
Green Blue 24
Orange Orange 15
Yellow Yellow 14
Orange Yellow 12
Green Green 11
Blue Orange 10
Blue Yellow 8
Yellow Green 8
Blue Blue 7
Orange Green 2

Cutting edge

Le splay, et plus particulièrement le cutting edge, va également déterminer le régime en place. Cela influence le décompte de fin et modifie les règles du jeu. C’est ce second aspect qui a le plus d’impact en jeu et qu’il faudra surveiller au cours de la partie en évitant, ici aussi, de donner des ouvertures à l’adversaire. Les pouvoirs sont puissants et peuvent donner un énorme boost sachant que l’adversaire en profitera pendant ses deux actions suivantes. De plus, la couleur de la sphère influence la valeur des brevets. Il est évidemment souhaitable d’augmenter la valorisation de ses brevets et non ceux de l’adversaire.
Au risque de se répéter, le régime en place est primordial lors de la fin de partie. L’objectif est qu’elle se déclenche lorsqu’un régime qui nous est favorable est en place. Et idéalement, il doit correspondre à notre sphère secrète ou à défaut, à une sphère dans laquelle nous avons un nombre d’éléments supérieurs à l’adversaire. Deviner la sphère de l’adversaire est aussi de nature à guider nos choix.

L’état du cutting edge en fin de partie dépend à la fois des idées commercialisées en cours de partie et du moment où le tipping point est lui-même commercialisé.

Pour jouer sur le premier aspect, il est intéressant de noter la forte inertie dans les régimes puisqu’il suffit d’une seule carte pour revenir au régime dominant précédent. A l’inverse, orienter vers un tout nouveau régime implique que deux des trois prochaines commercialisations soient de cette couleur, donc d’avoir le bon tempo pour commercialise plusieurs fois d’affilée et les bonnes idées dans le marché. Dis autrement, une manière d’orienter le splay vers une couleur est d’intercaler régulièrement la couleur convoitée, une autre est de préparer une succession de deux tours de commercialisation pour imposer un régime. Dans les deux cas, être en mesure de maitriser le timing de fin de partie est important. Cela passe bien souvent par la capacité à commercialiser les tipping points et par la réalisation de recherches dans le bon tempo (intro de nouvelles cartes et/ou acquisition d’une idée monocolore pour rendre viable un tipping point). Il faudra en tout état de cause adapter le choix des couleurs des éléments acquis à la direction que prend le cutting edge. C’est à cet égard que les éléments de votre sphère sont si importants, puisque vous serez quasiment certains de les scorer.

Enfin, certains effets de cartes et l’impact bolt permettent une manipulation du splay (resp. décalage de cartes et suppression d’une carte). Ce sont des effets qui peuvent être assez dévastateurs en modifiant les cartes viables et le régime. L’effet de carte demande d’utiliser une action, le rendant couteux à l’usage et donc moins fréquent que l’impact, mais pas moins puissant !

En conclusion, tout le sel du jeu est de trouver la manière d’orienter le splay en un sens ou un autre tout en trouvant le bon équilibre entre développement, opportunités offertes à l’adversaire et scoring.


Actions

La séquence de jeu

[par quel bout prendre les choses]

Avant de rentrer dans le détail des actions et des différents aspects du jeu, il est important de se pencher sur la séquence qui mène à l’action phare que chacun cherche à réaliser : la commercialisation d’une idée. Quelle que soit la manière de gagner c’est par elle que le splay évoluera et que la partie prendra fin. C’est également elle qui permet de déclencher les impacts.

Elle demande une certaine préparation afin de réunir les conditions nécessaires : l’idée doit être viable et syndiquée (avec votre cube), et un travailleur doit être disponible dans la bonne sphère.

Il faut donc avant toute chose s’assurer que l’idée visée est viable via le think tank, les brevets ou le splay. Si ce n’est pas le cas, la solution la plus immédiate est de faire une recherche pour obtenir soit une carte en think thank qui partage les mêmes sphères, soit en déposant des brevets (attention que le thinker ne vienne pas d’une utility). C’est généralement la manière de faire en tout début de partie quand le splay est vide et que n’avons que peu ou pas de brevets. Plus tard dans la partie, on pourra commercialiser une autre idée au préalable pour viabiliser celle convoitée (via le splay ou grâce aux brevets obtenus).

Les deux étapes suivantes (syndication ou recrutement) peuvent être menées dans n’importe quel ordre. Mais, il faut être vigilant à la capacité de l’adversaire à nous bloquer et de l’état de nos finances. La plupart du temps, il est préférable de syndiquer d’abord pour empêcher que l’adversaire ne le fasse avant nous (donc double les coûts et s’octroie les heat) et pour éviter les imports intempestifs. Cependant, si l’idée convoitée peut être recherchée par l’adversaire, il faut être prudent et plutôt commencer par recruter pour ne pas perdre l’action de syndication.

Fundraise

[pépettes contre actions]

Chacune des étapes de notre séquence est couteuse en action et ce d’autant si elle doit être financée : si la dépense d’argent est gratuite, le refinancement demande une action (ou plusieurs si l’endettement est trop important). Il s’agira lors de la partie de réduire le plus possible le nombre d’actions nécessaire à l’ensemble de la séquence pour rapidement commercialiser l’idée convoitée. Plusieurs options s’offrent à nous : disposer d’une entreprise (le recrutement ne coutant aucune action), accroitre le nombre de nos cubes pour réduire le nombre d’actions de refinancement, disposer de brevets à vendre ou pour viabiliser et avoir à disposition des paires de couleurs dans le splay.

La séquence peut également être raccourcie et le tempo accéléré par le recours à la dette qui double la valeur de nos cubes. C’est bien sûr une hypothèque puisque se désendetter demandera par la suite une action supplémentaire (pour placer ses cubes dans le wealth dans un premier temps puis pour éponger la dette dans un second) ou d’intercaler prématurément une action de refinancement (en gardant des cubes dans le wealth plutôt que de les dépenser). Garder trop de cubes dans la dette est à éviter, puisque cela demande de réaliser plus régulièrement des actions de refinancement. La difficulté est de trouver le bon moment pour se désendetter, ce qui revient souvent à passer son tour complet (deux actions nécessaires).

Hire

[ne pas perdre en tempo]

Une action assez simple dont la difficulté est de réussir à la faire dans le bon tempo pour ne pas se faire piquer la carte convoitée. Il m’arrive à cet égard parfois de la réaliser en avance de phase durant un tour un peu vide pour gagner en tempo lors des séquences de commercialisation.

L’utilisation des utility n’est pas une mauvaise chose même si cela empêche de disposer de brevets et donc ralenti un peu le moteur. Recruter dans une entreprise adverse est également possible mais demande de consommer son maker/thinker dans le même tour pour ne pas le laisser à l’adversaire qui le consommera gratuitement. Pas facile à mettre en œuvre en pratique.

Recherche

[ne pas faire de cadeaux inutiles]

La recherche est une action qui permet deux choses : viabiliser des idées et ajouter des cartes dans le marché.

En début de partie, elle sera utilisée pour viabiliser. Il faudra alors choisir entre gagner des brevets et l’ajouter au Think tank.

Le brevet permet plus de flexibilité, mais immobilise des cubes rendant notre économie moins efficace. On choisira quasiment systématiquement de gagner les deux brevets, sauf à ce que le nombre de cubes disponibles devienne critique (normalement, peu fréquent en début de partie). Le gain de brevet est aussi plus couteux puisque les utilities qui divisent par deux le coût de la recherche empêchent de breveter l’idée.

Si le Think tank peut être meilleur marché, il ne viabilise qu’une paire donnée de couleur. Il est donc nécessaire qu’au moins une autre carte du marché partage ses couleurs. Cette seconde carte ne doit pas être trop facilement recherchable (en bas de colonne) afin d’éviter que l’adversaire ne s’en débarrasse. Pour se prémunir d’autres sales coups, il peut être envisagé de syndiquer la carte que l’on veut commercialiser dans le même tour que la recherche voire au préalable, évitant l’import intempestif ou en rendant couteuse une syndication parasite. Une façon d’éviter ces désagréments est d’avoir plusieurs cibles, ce qui laisse aussi le temps de se refinancer.
Il est à noter que l’utilisation d’une carte du Think thank pour viabiliser la réintroduit à la place de la carte commercialisée. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Elle bouche un trou évitant des imports opportunistes et peut alimenter notre moteur pour peu que notre commercialisation ait rendu la paire viable.
En milieu de partie, le Think tank peut être utilisé pour viabiliser en avance de phase un tipping point, not. quand la paire n’est pas viable pour l’autre. Maitriser le déclenchement des tipping point est particulièrement précieux.
Enfin, de manière très circonstancielle, le Think thank permet de s’octroyer le pouvoir d’une carte (sinon accessible aux deux joueurs via la syndication).

Le choix entre brevet et think thank dépendra donc de l’état du marché. Le think thank est plus circonstanciel, mais peut se révéler utile pour bénéficier d’un pouvoir de cartes ou viabiliser un tipping point.

En second moitié de jeu, la recherche sera surtout utilisée pour renouveler le marché. C’est évidemment une action à double tranchant puisqu’elle offrira également des opportunités à l’adversaire et pourra faire apparaitre un tipping point (attention, ils arrivent vite dans la mise en place des living rules). Elle sera dans ces conditions plutôt jouée en première action pour se laisser la possibilité de syndiquer une carte gênante ou qui nous intéresserait. Elle sera particulièrement puissante dans une sphère où nous disposons seul d’une entreprise ou dans laquelle l’adversaire n’a pas encore recruté d’ouvrier. Il ne sera ainsi pas en capacité en un seul tour de commercialiser, trois actions étant nécessaires pour y parvenir. Il est à noter qu’une entreprise dans le Cloud ou l’Espace peut être à cet égard très efficace, le coût de la recherche ou de la commercialisation non subventionnée y est exorbitant.

Enfin, la recherche est un moyen efficace de se débarrasser d’une carte gênante ! Priver l’adversaire d’options est toujours une très bonne chose.

Syndication

[ne pas penser qu’à soi]

La syndication a un double coût : celui imposé par le marché et celui qui correspond à l’immobilisation de cubes. Le coût le plus lourd de la syndication est l’immobilisation d’au moins un cube (plus avec les heat).

La principale utilité de la syndication est de permettre la commercialisation et donc de se développer. Cependant, elle revêt également une dimension offensive et peut être/doit être utilisée en réaction à l’adversaire. Cela peut passer par le fait de mettre un cube sur une carte convoitée par l’adversaire avant qu’il ne la commercialise (pour gagner un brevet ou occuper un heat). Ou pour doubler le coût de la syndication quand nous avons la trésorerie (le surcoût peut impliquer de prendre de la dette). Voire, plus tordu, d’aller l’envoyer hors de portée dans une sphère peu accessible (syndication puis import). Cela peut sembler cher payer de dépenser deux actions (donc son tour), mais mettre un cran d’arrêt au développement de l’adversaire est souvent une bonne chose.
Par ailleurs, une carte syndiquée ne peut être mise en think thank (pour éviter de viabiliser une carte trop forte) ni être importée (pour la mettre hors de portée, bénéficier d’un coût de commercialisation/recherche moindre).

Lorsque l’on chercher à commercialiser, il faut être vigilant s’il s’agit d’une carte en début de colonne (pas nécessairement tout en bas, attention). Elle peut être recherchée par l’adversaire. Il ne faut donc la syndiquer que lorsque l’on est certain de pouvoir commercialiser la carte (soit dans le même tour, soit celui d’après si l’adversaire n’est pas en mesure de rechercher). C’est d’autant plus important quand la syndication n’est pas gratuite (càd pas sur la première ligne du marché).

Black heat

Alors qu’il est obligatoire de couvrir les white heat, la couverture des noirs est optionnelle. Le choix d’exercer cette option dépend à la fois du nombre de cube dont nous disposons (le cube ne peut pas être récupéré par le divest) et de l’état du splay : paires viables et nombre de carrés noirs non couverts (et donc puissance des nukes). S’il s’agit d’une carte disposant que de black heat (14 cartes), je trouve cela généralement intéressant de le couvrir pour influencer le splay. Quand il s’agit de cartes disposant des deux types de heat (13), c’est plus circonstanciel et dépendra à la fois de la capacité de l’adversaire à également venir syndiquer la carte pour ne pas nous laisser bloquer le splay et des carrés noirs dans le splay.

Pouvoir des cartes

Un certain nombre de cartes octroie un pouvoir spécifique lorsqu’elles sont syndiquées ou mise en Think tank (33 cartes sur 111). Ces pouvoirs sont puissants, mais circonstanciels et éphémères. Il n’est en général pas possible de construire une stratégie dessus. Néanmoins, ils peuvent donner un boost non négligeable au bon moment. Il est donc important de bien regarder ceux disponibles à la mise en place pour évaluer les possibles afin d’imaginer comment en profiter opportunément et surtout ne pas se laisser surprendre !

La plupart du temps le pouvoir ne sera disponible que quelques tours avant que la carte ne disparaisse recherchée ou commercialisée. Le moyen d’étendre un peu la durée vie du pouvoir est de syndiquer la carte puis de la déplacer vers l’Espace ou le Cloud via l’action d’import. Le coût prohibitif de la recherche en début de partie dans ces sphères et le surcoût de syndication pour l’adversaire permettent de la mettre un peu à l’abri.

Pour bénéficier de manière permanente d’un pouvoir, il fait prendre la carte en Think tank et la garder sur le dessus de notre pile. La carte convoitée doit pour cela être la plus basse de sa colonne et ne pas être syndiquée par l’adversaire. Deux conditions restrictives souvent difficiles à réunir, l’adversaire pouvant facilement nous bloquer (par l’import ou en syndiquant lui-même).

Les pouvoirs sont très variés et pas évident à catégoriser. Tenons-nous en à mentionner deux séries de pouvoir : l’ensemble de 4 idées qui viabilise les paires monocolores (Breakthrough) et un autre ensemble qui pour une action permet de déplacer dans le bas du cutting edge une carte d’une couleur donnée (Epic).

Commercialisation

[comment faire des trucs cools]

Outre l’influence sur le splay (cf. plus haut), la commercialisation nous permet de profiter des impacts. On peut grossièrement les regrouper en trois catégories : le développement, le scoring et les attaques.

Une rapide description ci-dessous et le nombre de cartes de chacun de ces impacts dans le tableau.

Impacts Cpny Probl Bolt Growth Def. Growth Reces. Surge SocRes Nuke Ability
Yellow 21 29 7 21 2 1 5 6 1 10
Green 19 30 2 14 10 9 5 14 1 12
Blue 24 28 5 22 12 7 5 12 24
Orange 26 21 7 17 3 1 4 2 1 9
TOT 58 69 14 46 15 12 19 22 3 33

Développement

Company Startup Impact (58)

Certainement, l’impact le plus intéressant du jeu. Il entre en compte dans le décompte (cf.-dessous), mais surtout offre l’opportunité de payer moins cher ses commercialisations et/ou recherches (le coût des barrières est de 1 depuis une entreprise) tout en faisant gagner des actions (le recrutement ne coûte pas d’action quand réalisé dans notre entreprise).

Au départ, on privilégiera les emplacements à la fois maker et thinker. S’agissant du choix de la couleur, les entreprises dans le first world sont particulièrement intéressantes. La configuration de cette sphère fait que l’on bloque l’adversaire rapidement et son nombre réduit de barrières nous permet d’enchainer facilement les actions sans avoir à intercaler d’actions de fundraise.

Celles du Cloud et de Space ne sont pas à négliger : elles apportent une réduction substantielle qui peut nous laisser espérer d’être assez tranquille et réaliser des actions de recherche sans trop de dangers.

A noter qu’obtenir deux entreprises dans la même sphère peut être très très avantageux pour faire recherche et syndication à moindre coût. Avoir deux entreprises dans le first world le rend quasiment impraticable par l’adversaire.

La réparation des impacts par couleur et type (certaines cartes présentent plusieurs fois l’impact d’où l’écart avec la somme précédente).

company THK MKR MIX TOT
Yellow 5 3 1 9
Green 4 8 4 16
Blue 9 8 1 18
Orange 9 7 4 20

Growth Impact (46)

Probablement l’impact le plus recherché en début de partie. Les cubes sont la ressource du jeu : ils sont nécessaires à la syndication, aux futurs shocks, aux brevets et surtout à notre économie (cf. le paragraphe dédié à l’action de Fundraise). Moins nous disposons de cubes sur notre plateau et plus les actions Fundraise seront nécessaires avec la perte de tempo que cela représente.

Defusal Growth Impact (15)

Permet d’introduire depuis de notre réserve un cube sur un carré noir du splay ou du marché.
Dans le splay, l’intérêt est double : se protéger du nuke de fin de partie (cf. Nuclear Exchange Impact), et surtout se réserver une paire en privant l’adversaire de celle-ci (ou d’y obtenir l’accès si elle était réservé à l’adversaire).
Dans le marché, ils auront à terme les mêmes impacts que précédemment avec un bénéficie plus immédiat : empêcher l’importation et empêcher l’adversaire de placer la carte en think thank.

Scoring

Solution Impact (69)

L’impact recherché pour scorer. Les problèmes n’ont aucune autre fonction que celle-ci. Ils rapporteront entre 0 et 3 points. Si en début de partie, toutes les couleurs sont potentiellement intéressantes, il peut devenir assez rapidement évident que certaines ne rapporteront rien (sphère absente du splay). Dans ce cas, les impacts associés deviennent insignifiants.

Ci-dessous le nombre de Solution impact et de problème à résoudre par couleur. La moyenne ne prend pas en compte les jokers. A l’exception de l’orange, le ratio solution/problème est le mm pour toutes les couleurs.

Solution/problem impacts problem moy
Yellow 24 6 4,0
Green 31 8 3,9
Blue 12 3 4,0
Orange 4 2 2,0
wild 7

Company Startup Impact

Permet également de scorer via la sphère d’appartenance ou de gagner immédiatement en cumulant cinq entreprises, même si plus rarement. Il doit avant tout être vu comme un impact de développement (cf. ci-dessus).

Attaque

Social Resilience Impact (22)

Impact qui permet soit de récupérer un de nos cubes ou supprimer un de l’adversaire (Future shock dans le splay ou Heat sur le marché). S’agissant de nos cubes, on récupérera le plus souvent un cube sur un carré blanc provenant d’une carte avec plusieurs de nos cubes ou n’offrant pas d’avantage (paire réservée mais viable pour l’adversaire par ailleurs). Dans ce cas, il est assez circonstanciel.

Il est plus intéressant lorsqu’il est utilisé pour enlever un cube adversaire et soit éviter qu’il ne se réserve une paire, soit lui supprimer un future shock noir et rendre le nuke plus puissant.

Industry Disruption Impact (14)

L’impact le plus brutal du jeu : il détruit tous les brevets de la couleur choisie et supprime une carte du splay de cette même couleur. La couleur concernée est celle introduite dans le splay. A surveiller de près en évitant de laisser des brevets d’une couleur potentiellement cible, si on est à portée. Son utilisation pour manipuler le splay permet de rendre une paire viable, de supprimer le monopole d’un adversaire ou de s’en créer un. Bien utilisé, c’est redoutable.

Exoglobal Recession Impact (12)

Un impact un peu tordu qui ne se déclenche pas si le black heat est couvert lors de la commercialisation. Il est assez difficile de faire en sorte que seul l’adversaire soit touché : nous disposons très souvent d’Employés (attention, un employé reste sur la sphère tant qu’il n’a pas été réemployé ou divest lors d’une action de fundraise). Nous tenterons alors plutôt de le déclencher si on possède un nombre de cubes plus importants que l’adversaire (perte marginale moins importante pour nous). Evidemment, à ne pas déclencher si on est le seul à posséder un employé.

Nuclear Exchange Impact (8)

Ces impacts sont présents sur tous les tipping point et sur le Plurality (dernière carte du paquet) ainsi que sur 3 cartes.

Elles n’ont d’impact que sur les éléments de leur couleur en fonction du nombre de carrés noirs visibles dans le splay (sans cube dessus). Une manière de se prémunir est d’avoir des cubes recouvrant ces carrés noirs (future shock noir) : non seulement ils limitent la portée de l’impact en ayant couvert un carré noir, mais protègent contre ses conséquences au ratio du 1 pour 1 (un future shock noir protège d’un carré noir non couvert).

Il est quasi certain qu’il se produira une fois par partie (via le tipping point). Il peut être sans conséquence (couleur qui ne score pas) ou au contraire dévastateur (couleur du régime ou de notre couleur secrète). Il est donc important de surveiller le nombre de carrés noirs non couverts dans le splay et dans la mesure du possible de le contrôler en introduisant des futurs shocks noirs.

Import

[comment aller voir ailleurs si j’y suis]

L’action d’import peut paraitre anodine voir inutile. C’est pourtant une action que l’on va très régulièrement utiliser que ce soit pour se faciliter la tâche ou couper l’herbe sous le pied de l’adversaire.

On importera pour réduire le coût de la syndication, pour rechercher une carte intéressante, pour se faire de la place et pour alimenter son moteur dans une sphère où l’on est présent (entreprise ou travailleur).

A l’inverse, on importera pour rendre plus cher une carte (en l’ayant avant syndiquée à bon marché) et la bloquer dans un endroit peu accessible à l’adversaire.

Ne pas hésiter à exploiter les trous laissés par les commercialisations.

Placate heat

[une action pour presque rien]

Probablement l’action la plus faible et par là la moins utilisée qui demande de mobiliser une action complète pour récupérer un de nos cubes sur un heat. Attention, il n’est pas possible de reprendre un cube du splay avec, seul l’impact social resilience l’autorise. Il est bien difficile de profiter de cette action sans perte de tempo. De plus, peupler le splay avec des future shocks est rarement mauvais. Il est donc peu fréquent de vouloir les récupérer de nos cartes syndiquées sauf à ce que la partie se soit éternisée et que le splay soit déjà très ouvert.

A n’utiliser que dans le cas où notre nombre de cubes devient critique et éventuellement sur l’une des six cartes à double white heat. L’autre possibilité étant de reprendre un white heat sur une carte sur laquelle on a posé un black heat. Mais là aussi, le cas ne se présente pas si souvent, douze cartes sur les 111 idées présentant les deux types de heat.

Conclusion

Voilà ce qui clos ce guide de PaxTh. J’espère que qqun sera arrivé jusque-là vivant. J’ai laissé certains aspects de côté (not. les régimes), mais je pense que ce guide illustre déjà suffisamment toute la richesse de ce jeu !

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