que penser de l'auto-édition

Que pensez-vous de l’auto-edition ?

Je vous(me) pose cette question suite à la news sur “les apprentis de la manufacture”.

En fait, bien que je trouve l’initiative courageuse, je ne peux m’empécher de penser qu’avec un thême pour le moins très réservé et des mécanismes pas forcéement originaux (avis à la simple lecture de ce que j’ai pu lire sur le site) le jeu ne va pas forcement rencontrer le succes et peut etre même pas le publique, si on ajoute à cela qu’il n’ai pas distribué ailleur que sur le net.

Vu l’offre actuelle, qu’est-ce qui va vous interesser dans une auto-édition, qu’est-ce qui va vous pousser à l’achat si vous ne connaissez pas l’auteur, pas l’éditeur et pas vraiment le jeu.

Quel est la place des auto-éditions dans le paysage ludique ?
Quels ont ete les resultats des jeux Gobi et Negoce dont on entend plus parler, ça m’interesse énormément, s’il y a des gents qui savent ?

Arnaud.

Nono dit:[...]Vu l'offre actuelle, qu'est-ce qui va vous interesser dans une auto-édition, qu'est-ce qui va vous pousser à l'achat si vous ne connaissez pas l'auteur, pas l'éditeur et pas vraiment le jeu.[...]

Le bruit qu'on en fait sur le net ! Sinon aucune chance qu'il arrive jusqu'à moi.

pour ce qui est de l'auto-édition, mon point de vue est que les concepteurs qui se lancent dans cette aventure sont bien courageux et doivent croire très fort à leur projet.
A mon avis, faut déjà un sacré recul sur son jeu, sa qualité et son interêt ludique), sans même parler de finitions.

Actuellement, c’st sûr que j’ai plus confiance en un jeu édité par un éditeur qu’à une auto-édition… Il y a déjà beaucoup de bons jeux à découvrir, c’est donc quelque chose qui me paraît plus risqué à l’achat. Enfin, c’est une initiative courageuse !

Je pense que ce qui motivera l’achat ce sera le bon buzz autour du jeu quel qu’il soit.

Si en son temps Marchand d’empire avait été auto édité, j’aurais p-e craqué!

Les jeu de neuroludic (microédition) résonne pour moi si il y a un bon buzz… sinon :( (et j’ai craqué pour Ombre sur White Chapel…)

Idem pour les jeux en encart… au final, il faudra un plus de buzz pour m’y lancer, ce qui rarement arrivé!

Voila un tour de l’auto-édition, la microédition et l’édition en encart…

Nono dit:je ne peux m'empécher de penser qu'avec un thême pour le moins très réservé et des mécanismes pas forcéement originaux (avis à la simple lecture de ce que j'ai pu lire sur le site) le jeu ne va pas forcement rencontrer le succes et peut etre même pas le publique, si on ajoute à cela qu'il n'ai pas distribué ailleur que sur le net.

si si, celui-là va être distribué dans les musées, et là, c'est un marché énorme. le public est là : un musée moyen, c'est 5000 visiteurs /jour, un gros, c'est 10.000 à 20.000 visiteurs/jour. quelle boutique de jeu n'a pas rêvé d'une telle affluence ?
tu peux vendre le jeu le plus nase de la planète, il partira... sur la planète ! chez des gens qui ne sont pas forcément de gros joueurs, mais il faut bien rapporter un cadeau de france à la petite nièce.
et l'empreinte musée, donc "culturel", ça le fait bien aussi.

pour distribuer dans les musées, un autre truc impératif : multi-linguisme. anglais obligatoire, espagnol un énorme plus. tu fais ça, quelle que soit la qualité du jeu, ça part. pour vendre aux masses.

y a aussi une part du public super érudit, des gens super à la pointe du top en matière d'art, de littérature, d'histoire de l'art, tout ce que tu veux en fait. eux aussi achètent, "enfin un jeu intelligent" (forcément, puisqu'on le trouve dans un musée).

après, il faut que le jeu soit bien exposé dans la boutique, pas noyé sous des tonnes de bouquins abscons, mais ça, ça se travaille avec les équipes ;)

Neuroludic, c’est presque l’industriel de l’auto-édition !

Je ne connais d’eux que Balam. Eh bien dans le genre “jeux de conquête”, c’est une vraie réussite. On en retrouve tous les défauts (win-to-win, kingmaking, hasard, intrigues), qui ne gêneront vraisemblablement pas les amateurs de jeux de conquête, mais en plus fluide, et avec une partie “gestion à l’allemande” très intéressante. Le jeu donne surtout, jusqu’au thème, une grande bouffée d’air frais par rapport aux autres jeux qui ont tendance à trop se ressembler. C’est dans cette originalité à mon avis que se trouve la force de l’auto-édition : sortir des jeux qui sortent trop des sentiers battus pour un éditeur classique. Il faut notamment au moins composer par celà la faiblesse de cette même auto-édition, le rapport qualité prix quelques crans en dessous de ce qui se fait industriellement (notamment au niveau de la fragilité du matériel).

Je suis donc forcément un peu circonspect devant ce nouveau jeu : “un jeu d’enchères”, même avec un thème original, je ne sais pas si ça va révolutionner le monde du jeu.

ivy dit:si si, celui-là va être distribué dans les musées, et là, c'est un marché énorme. le public est là : un musée moyen, c'est 5000 visiteurs /jour, un gros, c'est 10.000 à 20.000 visiteurs/jour. quelle boutique de jeu n'a pas rêvé d'une telle affluence ?
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après, il faut que le jeu soit bien exposé dans la boutique, pas noyé sous des tonnes de bouquins abscons, mais ça, ça se travaille avec les équipes ;)


Super intéressant ce que tu nous apprends là. Tu as déjà bossé dans ce domaine ?
ivy dit:si si, celui-là va être distribué dans les musées, et là, c'est un marché énorme. le public est là : un musée moyen, c'est 5000 visiteurs /jour, un gros, c'est 10.000 à 20.000 visiteurs/jour. quelle boutique de jeu n'a pas rêvé d'une telle affluence ?


relativisons ivy, les chiffres que tu nous donnes sont ceux de très très gros musées : 5000/jour c'est 1,8 millions de visiteurs par an :shock:
20.000 c'est 7 millions !!

Tu nous décris surtout Versailles, Orsay, le MNAM et le Louvre (et pas Hébert ou Henner :wink: )

La majeure partie des musées d'envergure régionale tournent autour de 100.000 visiteurs, mais par an

Pour le reste, je suis bien d'accord, c'est une belle niche et je suis curieux de voir les résultats des ventes de "Versailles" (réédition de Broc&Troc), vendu à Versailles, justement.

Et puis, il faut accepter que l’éventuel succès commercial ne se répercute jamais en termes de succès critique parmi les joueurs.

C’est un choix, ma bonne dame ! :pouicboulet:

Ybkam dit:
ivy dit:si si, celui-là va être distribué dans les musées, et là, c'est un marché énorme. le public est là : un musée moyen, c'est 5000 visiteurs /jour, un gros, c'est 10.000 à 20.000 visiteurs/jour. quelle boutique de jeu n'a pas rêvé d'une telle affluence ?

relativisons ivy, les chiffres que tu nous donnes sont ceux de très très gros musées : 5000/jour c'est 1,8 millions de visiteurs par an :shock:
20.000 c'est 7 millions !!
Tu nous décris surtout Versailles, Orsay, le MNAM et le Louvre (et pas Hébert ou Henner :wink: )
La majeure partie des musées d'envergure régionale tournent autour de 100.000 visiteurs, mais par an.

oui, hébert ou henner, ils ont une centaine de visiteurs par jour à tout casser. des gens très sympas (il reste des humains il faut croire ;)).

faut aussi voir qu'il y a des super pics d'affluence lors des expos, et là les gens achètent tout les yeux fermés, parce que ce sont des événements uniques et rares.

ben oui, je connais surtout les grosses usines.

pour la réunion des musées nationaux (où matthieu a réussi a caser versailles ;)), c'est pas de souci. parce que s'il est accepté, le jeu sera distribué dans quasiment tous les musées (de la rmn donc) + dans toutes les boutiques de la rmn + dans tous les magasins partenaires de la rmn en france et à l'étranger.
il y a aussi des partenariats entre gros musées, les boutiques sont d'ailleurs souvent montées par la rmn qui vend son savoir-faire. ça veut dire qu'au louvre, on retrouve facilement des produits du met' ou de londres, et vice-versa, échange de bons procédés ;)

les boutiques de la rmn, il y en a aussi en province (plutôt dans les endroits pas trop pauvres :roll: ) et ça déborde largement les visiteurs de musées. les gens vont de plus en plus dans ces boutiques pour trouver des cadeaux originaux, et les cadeaux, ce n'est pas qu'à noël.

j'ai déjà testé des jeux pour la rmn. des gens qui faisaient spécifiquement des jeux destinés à être vendus dans ces endroits, parce qu'ils savaient bien le potentiel de ce réseau de distribution :idea:
bon, c'était une cata. ou en tout cas pour "nous" (les gens qui jouent beaucoup), les jeux relevaient de la vraie catastrophe ludique. mais souvent des petits tirages, comme le jeu de la manufacture.
je ne comprends pas bien les motivations de ces gens. je ne pense pas que ce soit purement pour faire du fric, j'y crois pas trop, bien que les jeux soient vendus cher. je ne crois pas non plus que ce soit pour se faire un nom, en tant qu'auteur ou éditeur.

je crois juste qu'ils exploitent un support différend, qu'ils ne connaissent pas forcément super bien, pour faire passer le "message" (leur passion pour tel ou tel aspect de l'histoire de l'art par exemple. comme si nous, on se mettait à faire de la littérature sur le jds, à vendre dans les gares pour toucher un maximum de monde).

et ce qu'on trouve dans les musées, ce sont surtout des bouquins tout de même. c'est très individuel. avec un jeu, on partage. un exemplaire de livre est lu par 4 personnes en moyenne. un jeu, je le joue à une soirée, ça touche aussi quatre personnes. sauf que la semaine suivante, je joue avec d'autres gens, ça touche encore 3 autres personnes, etc.

bref, je crois que les gens qui font des jeux pour les musées veulent tirer parti du réseau de distribution et diffuser au plus grand nombre. auprès d'un public jeune aussi. pour palier des manques de l'école (on apprend l'histoire, mais pas l'histoire de l'art).

pour les gens qui voudraient se servir de ce réseau, de l'extérieur, je pense que c'est coton. pour entrer déjà. et pour thématiser sans se planter, sans absolument aucune erreur ou approximation, ça, ça ne serait pas pardonné. et un gros musée (donc ;)), ça bouge énormément malgré ce qu'on croit. les programmes sont super secrets. donc arriver à coller pile à l'actu du musée, à moins de bosser dans le milieu, j'y crois pas trop non plus.
si vous rêvez de leur faire découvrir un age of steam like, c'est pas la peine non plus. il faudrait savoir se mettre dans la peau du super grand public joueur occasionnel, et un truc cencé le divertir, si ça le gonfle et qu'il ne comprend rien, ça ne passera pas. parce que sinon il aurait acheté un bouquin super pointu sur le sujet, le jeu a priori, il s'en fiche.

la rmn, c'est le plus gros regroupement de musées de france, c'est une énorme machine. les musées municipaux de province sont excellents mais n'offrent pas toute l'infrastructure que peut garantir la rmn ne serait-ce que par son statut.
ce que je veux dire par là : vouloir faire un jeu destiné spécifiquement à un musée, à moins d'être de la partie et/ou d'avoir de super solides appuis, je ne m'y risquerais pas.
Ybkam dit:Pour le reste, je suis bien d'accord, c'est une belle niche et je suis curieux de voir les résultats des ventes de "Versailles" (réédition de Broc&Troc), vendu à Versailles, justement.


Moi aussi. réponse dans quelques mois.

Pour avoir envisagé l’aventure de l’auto édition, il me semble que le nerf de la guerre est (1) la DISTRIBUTION (nombre de points ventes car internet ne fait pas tout) et donc (2) le temps disponible.
Si ce problème est surmontable, s’autoéditer me paraît intéressant.
Cordialement
François

Frisconet dit:Pour avoir envisagé l'aventure de l'auto édition, il me semble que le nerf de la guerre est (1) la DISTRIBUTION (nombre de points ventes car internet ne fait pas tout) et donc (2) le temps disponible.
Si ce problème est surmontable, s'autoéditer me paraît intéressant.
Cordialement
François


C'est tout à fait juste !

Que “les apprentis…” soit distribué dans tous les musées c’est très bien (encore que je doute de la pertinance de vendre un jeu sur les tissus de jouy au musée d’orsay, m’enfin…un “collection particuluère” s’y vendra mieux) mais ce n’était qu’un exemple d’auto-edition qui m’a fait réagir.

Si je considère d’autres éditions comme sportiv, passion tribune, ze ring,… Je comprends la motivation de l’auto-edition puisque ces jeux ne trouvent pas d’éditeurs (à cause de leur thême) ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas un certain public (même s’il est connu que les thèmes sportifs ne sont pas très vendeur)…qu’en ai-t-il de leur resultat de vente ???
Donc là, comme je l’ai dit, je comprends la motivation et je comprends également qu’on s’interesse à ces jeux (on est fan de foot, de boxe,…et les jeux sur ces thêmes sont rares)

Pour être claire, je pense que l’auto-edition est motivé lorsqu’un auteur fait un jeu hors normes, soit par le thême (sportif, politiquement incorrect, …) soit par la forme (Dart wars et ses flechettes), soit par sa durée (un nouveau Civilisation de 10h et plus) ou encore par son format (jeu à 2 en grosse boite - ombre sur white chapel, jeux de cartes stratégiques avec 2 pages de règle - qui éditerait aujourd’hui Meuterer, en France ?) ou que sais-je encore…

Je comprends bien également qu’un auteur connus “se mette à son compte”.

Ce qui m’echappe, c’est qu’un auteur inconnus ayant fait un jeu qui ne soit pas hors norme (qui pourrait entrer dans la gamme d’un editeur) se decide à partir dans l’aventure de l’auto-edition. Et dans le même temps, qu’est-ce qui motive à acheter un tel jeu noyé dans le marché actuel (surtout quand on voit des topic comme “les auteurs que vous suivez”, ou l’affluence sur les derniers Alea, Ystari ou DoW)

voilà.

Nono dit:Et dans le même temps, qu'est-ce qui motive à acheter un tel jeu noyé dans le marché actuel ?

Ce n'est qu'une hypothèse, mais peut-être que vouloir soutenir un jeune auteur qui prend des risques est une partie de l'explication.

Ce que je veux dire, c'est que le même jeu édité chez X ou Y, éditeur reconnu génerera peut-être moins de sympathie qu'en auto-édition.
Je sais que je serais susceptible d'acheter un jeu qui me plait, sans m'enthousiasmer pour autant, directement à son auteur sur un salon ou sur Internet, alors que le même jeu qui me plait, sans m'enthousiasmer pour autant, édité chez un éditeur, je ne le prendrais pas.
Matthieu.CIP dit:
Ybkam dit:Pour le reste, je suis bien d'accord, c'est une belle niche et je suis curieux de voir les résultats des ventes de "Versailles" (réédition de Broc&Troc), vendu à Versailles, justement.

Moi aussi. réponse dans quelques mois.


On croise les doigts :wink:
Fadest dit:
Nono dit:Et dans le même temps, qu'est-ce qui motive à acheter un tel jeu noyé dans le marché actuel ?

Ce n'est qu'une hypothèse, mais peut-être que vouloir soutenir un jeune auteur qui prend des risques est une partie de l'explication.


Je doute fortement que ça concerne un nombre suffisant de personnes pour assurer un minimum de viabilité à l'autoédition, sinon le Bambin aurait été vendu en plus de zéro exemplaires ;)

Tu as déjà vu le bambin, en vrai de tes yeux pour le tester :shock: ?
:lol:


En fait, j’ai dit aussi que le jeu doit plaire un minimum :wink: .
L’auto-édition, comme l’artisanat dans d’autres domaine peut générer un capital sympathie qui peut masquer certaines lacunes, et vaincre certaines réticences à l’achat.
Ce n’est qu’une hypothèse, uns entiment…

Et effectivement, je déconseille à tout auteur en herbe de se lancer uniquement en comptant sur cette possibilité.

Nono dit:Ce qui m'echappe, c'est qu'un auteur inconnus ayant fait un jeu qui ne soit pas hors norme (qui pourrait entrer dans la gamme d'un editeur) se decide à partir dans l'aventure de l'auto-edition. Et dans le même temps, qu'est-ce qui motive à acheter un tel jeu noyé dans le marché actuel (surtout quand on voit des topic comme "les auteurs que vous suivez", ou l'affluence sur les derniers Alea, Ystari ou DoW)
voilà.

qu'est-ce qui motive à acheter, je sais pas trop.

mais pour les auteurs, ils ont probablement essayé de montrer à un éditeur, qui lui connaît bien le monde du jeu.
ils ont probablement essuyé un ou des refus.
comme tous les auteurs, ils se disent que leur jeu en vaut la chandelle. et si personne n'en veut, ben eux vont le faire. je pense vraiment que c'est aussi simple que ça.
ivy dit:mais pour les auteurs, ils ont probablement essayé de montrer à un éditeur, qui lui connaît bien le monde du jeu.
ils ont probablement essuyé un ou des refus.
comme tous les auteurs, ils se disent que leur jeu en vaut la chandelle. et si personne n'en veut, ben eux vont le faire. je pense vraiment que c'est aussi simple que ça.

Je pense aussi.
Maintenant je suis très curieux de voir les retours d'expériences pour savoir si le jeu en vaut la chandelle.

Arnaud.