rémunération de l'auteur

Le coeff X6 est surtout une indication à la louche pour l’éditeur qui permet de voir si le projet est viable… si un jeu de cartes avec 3 jetons , une figurine, une petite boite coute 7 euros à fabriquer, il voit de suite que (7x6 = 42 euros ) le projet n’est pas viable…

A lui ensuite de voir s’il peut affiner le coût de tout cela passer à une marge moins grande en x4 ou x5…

Dès qu’on affine, on regarde ensuite le nombre de tirage, la foi qu’on a dans ce jeu et on joue au poker comme à chaque édition de jeu de toute façon…

Le coeff est une base simplement.

Boule de cristal dit:J’ai toujours milité contre l’autoédition ou l’édition « amateur ».
L’autoédition manque évidemment de recul, éditer son bébé parce que personne n’en veut c’est manquer de discernement et souvent voué à l’échec.
S’imaginer ou se considérer éditeur parce qu’il est possible aujourd’hui d’éditer un jeu en quantité faible me laisse parfois dubitatif tellement l'incompétence est flagrante...


Là je ne suis pas d'accord avec toi.

Pour prendre mon cas, au départ j'étais parti pour faire un jeu puis la tournée des popottes des éditeurs comme tout un chacun. C'est un événement dans ma vie professionnelle qui a fait que je me suis lancé dans l'édition, mais non pas avec l'idée de m'auto-édité mais bien d'être éditeur à part entière. Je voulais une activité profesionnelle prés de chez moi (voir chez moi) afin de profiter de mes enfants et surtout parce que j'en avais marre des aller-retour quotidien sur Paris. Je voulais une activité qui me passionne car marre de bosser uniquement pour de l'alimentaire. L'idée de l'édition de jeu de société est donc venue d'elle même après dix passés dans une autre de mes passions et n'avait rien à voir sur le fait que j'avais créée un jeu.

Le choix d'éditer en premier mon jeu résulte du fait que je ne voulais pas mettre un auteur dans la merde si je me plantais. Donc j'ai essuyé les plâtres avec mon jeu et bien m'en a pris d'ailleurs car comme tout un chacun j'ai fait des erreurs au début que j'essaye maintenant de récupérer.

Manque de recul par rapport à mon jeu, je ne pense pas. Il y a eu au total 9 mois de développement (pas 100 heures uniquement) et plus de 150 parties de test pour affiner le jeu. Après on aime ou on aime pas, c'est un autre problème, mais j'ai mis autant d'attention à mon jeu que j'en mets pour ceux des autres voir pire même. J'ai 3 autres jeux actuellement en développement dont un sur lequel je travaille depuis plus d'un an. Et pourtant, il n'est toujours pas programmé pour une éventuelle édition, n'étant pas content de celui-ci, malgré de bon retour. Ne pas être exigeant avec soi-même dans le cadre d'une auto édition, c'est tuer sa société d'édition.

Ce que je comprends pas c'est que personne ne critique un Wallace qui s'auto-édite, un Friedmann Frise, un colovini,... Par contre, parce qu'on est nouveau et pas connu, on manque forcément de dissernement et de recul et on fait ça uniquement parce qu'on a pas trouvé d'éditeur. C'est faire des raccourcis un peu facile je pense. Pourquoi il n'y aurait-il pas d'autres motivations derrière tout ça ? Là je voudrais qu'on m'explique.

Mais dans les différentes situations que tu décrit ehanuise on est parti d’une situation où les prix ont chuté suite à la démocratisation des technologies (pas forcément des savoir faire ceci dit entre parenthèse). Mais visiblement dans notre cas, il n’y a jamais eu de mieux puisqu’à prioris la rémunération des auteurs n’a pas évolué depuis Décartes. Et à prioris, avec le nouvel el dorado que semble être devenu le monde de l’édition ludique pour certain et la ruée vers l’or que cela génére cela n’est pas près de s’améliorer. Tout le monde va vouloir sa part de ce gâteau utopique (je rappelle que l’El Dorado, on le cherche encore…) preuve en est les revendications de certains auteurs.

Par contre cette discussion fort intéressante me mène à me poser deux questions qui n’ont rien à voir en elle.

La première : Pourquoi n’a-t-on jamais vu les auteurs “stars” de ce milieu se plaindre ou ne serait-ce que sous entendre qu’ils ne sont pas assez payé pour ce qu’il font? Est-ce une certaine forme d’humilité?

La seconde a propos de la professionnalisation du métier d’auteur. Sachant que le travail d’auteur ne mets pas en oeuvre de savoir ou de savoir faire particulier. Ne nécessite pas le mise en oeuvre de technologies particulières et que, par conséquent, il est accessible à tous. Peut-ont réellement l’eriger au rang de profession à contrario par exemple du métier de designer de jeux vidéos?..

Moi je pense vraiment qu’il faut le considérer plus comme un art qui génére une rente issue de d’un investissement temporel et intellectuel pour les plus talentueux et en aucun cas une profession générant un revenu. C’est pourquoi je pense que l’attitude la plus sage est celle d’Astur. Qui laisse le temps au temps sans trop tracer de plans sur la comète et qui, le temps venu, quand son art générera une rente suffisante, se posera la question de la professionalisation. Toutefois cela demeurera un statut fragile. Maintenant reste à s’interroger sur la réalité de la faculté à créer, se renouveler et plaire tout au long de sa carrière. Il faudrait quasiment faire des statistiques sur chacun des auteurs “stars” sachant qu’à leur époque il n’y avait pas autant d’offre.

A mon sens l’explosion de la production ludique est liée, au moins indirectement, à l’évolution des technologies. La communication s’est améliorée, et on se rend plus vite compte que ce n’est pas si peu commun que ca de se lancer comme auteur de jeux ou comme éditeur, ou comme les deux. Les softs sont moins chers, les ordinateurs plus puissants, les graphistes plus faciles à joindre et plus nombreux, et des sites comme TT ou BGG ont en dix ans totalement changé le paysage ludique.
Ce sont des fecteurs de progrès qui ont fait le lit de l’explosion actuelle de la production, à mon sens.

Pour les auteurs ‘établis’ ou ‘anciens’, ils ne se plaignent pas peut-être parcequ’ils ont toujours connu les marges qu’ils ont, ou que leurs volumes leur permettent d’en vivre. Difficile à dire… Martin, Friedmann, vous nous lisez ? :mrgreen:

Je me suis mal fait comprendre, je dis “parfois dubitatif” mais fort heureusement pas toujours.
La démarche qui est la tienne, que tu détailles plus haut est saine. Je mets juste en garde les auteurs qui fantasment parfois sur leur création et sont tentés par l’auto-micro-édition. C’est un métier pour moi, pour le coup ;)

Je ne déconsidères pas les démarches naissantes. D’ailleurs j’ai eu le plaisir d’accompagner Matagot dans sa première grosse édition avec Khronos et ça reste une aventure très riche, très positive et pas trop amateur :)

BdC

Pour l’auto-edition un bon exemple de ce que BDC évoque c’est cheapass games : le gars a fait quelques bons jeux mais l’ensemble est très moyen.

Je réagis juste sur le fait que pour être auteur il n’y a pas de formation/compétence particulière et que donc cela ne pourrait pas être un métier.

Je ne suis pas du tout d’accord. Pour être auteur aujourd’hui il faut une bonne culture ludique et être créatif. Cela est certes difficile à mesurer mais pour mois les jeux modernes sont très supérieurs au jeux d’il y a 10 ans par exemple (hormis le go qui reste selon moi assez ultime mais a besoin de temps pour être découvert).

Sinon on peut dire de même des graphistes, des écrivains, des auteurs de jeux video (il y a pas mal de types sans formation dans le domaine). Bref les auteurs actuels sont en train de contribuer à la création d’un véritable savoir faire ludique à mon avis.

Je précise que je ne suis pas auteur de jeu et n’ait pas de velléité de le devenir.

Euh complètement HS… (quoique)

Dit m’sieur Ehanuise… c’est quoi donc Flatlined Games ???

Oui je sais je suis curieux :mrgreen:

alainE dit:Euh complètement HS... (quoique)
Dit m'sieur Ehanuise... c'est quoi donc Flatlined Games ???
Oui je sais je suis curieux :mrgreen:


Ue boîte d'édition si je ne m'abuse :wink:
astur dit:Ue boîte d'édition si je ne m'abuse :wink:


Tu ne devrais pas d'abuser comme ça c'est pas bon pour la santé... certes, ça j'avais presque deviné (ben oui mes neuronnes sont plus qu'enrhubé actuellement), mais le reste, hein le reste... alors tu t'abuses encore... :mrgreen:
ehanuise dit:Pour l'auto-edition un bon exemple de ce que BDC évoque c'est cheapass games : le gars a fait quelques bons jeux mais l'ensemble est très moyen.


Après y'en a eu d'autre comme ça et qui pourtant ne faisait pas d'auto-édition. ET tout n'est pas merveille non plus chez Wallace ou chez Friedman, comme d'ailleurs chez tout éditeur. Alors pourquoi cela serait'il plus gênant venant d'un auto-éditeur ? moi pas comprendre. Je serais plus d'accord sur la critique d'amateurisme de certaines éditions en terme de travail éditorial, mais sur la qualité d'un jeu... cela reste trop subjectif à mon goût. Et concernant la qualité éditoriale, cela me gêne effectivement plus quand ça vient d'un éditeur déjà en place, que d'un petit éditeur qui se lance et n'a pas les mêmes moyens. En ma qualité de joueur, je suis plus compréhensif à ce niveau-là.
alainE dit:Je serais plus d'accord sur la critique d'amateurisme de certaines éditions en terme de travail éditorial, mais sur la qualité d'un jeu...


Je ne parlais pas forcement de la production mais de proffessionalisme dans l'attitude vis à vis des auteurs, de la capacité à porter un jugement pertinent sur un proto et de ne pas simplement se comporter comme un joueur qui dirait "j'aime" ou "j'aime pas" sans autre argument. Du manque de correction parfois.

J'ai envoyé un proto chez Amigo et j'ai reçu des remerciements avant, pendant, après, un compte rendu de test pertinent, et même des petits bonbons Carcassonne. Un vrai sentiment d'être considéré et un retour très pro.

j'ai envoyé ce même proto chez un éditeur français qui se prétend comme tel, n'a pas testé le jeu ou du moins ne m'a fait part d'aucun commentaire, m'a obligé à le relancer de nombreuses fois pour qu'il me restitue mon proto (en m'en privant pour Essen), m'a objecté des problèmes personnels pour justifier son retard, amateurisme nuisible donc.

BdC
FOX62 dit:Par contre cette discussion fort intéressante me mène à me poser deux questions qui n'ont rien à voir en elle.
La première : Pourquoi n'a-t-on jamais vu les auteurs "stars" de ce milieu se plaindre ou ne serait-ce que sous entendre qu'ils ne sont pas assez payé pour ce qu'il font? Est-ce une certaine forme d'humilité ? .

Tu veux peut-être dire que moi, qui suis très loin d'être une "star", je manque terriblement d'humilité en affirmant que les auteurs sont mals payés, ou même en briguant le statut de professionnel.
Mais où vois-tu que je revendique une hausse des DA ? Je dis simplement que pour 2% du prix public ça ne m'interesse pas de signer. Je n'ai jamais même sous-entendu que qui que ce soit pouvait être intéressé par signer avec moi pour plus que ce taux. En quoi est-ce un manque d'humilité ? Comme tu l'as dit, c'est un marché, personne n'est obligé de signer si le prix ne lui convient pas, moi y compris.
Concernant les stars, je puis t'affirmer que ça fait bien longtemps qu'aucun n'a signé pour 6%.
FOX62 dit:
La seconde a propos de la professionnalisation du métier d'auteur. Sachant que le travail d'auteur ne mets pas en oeuvre de savoir ou de savoir faire particulier. Ne nécessite pas le mise en oeuvre de technologies particulières et que, par conséquent, il est accessible à tous. Peut-ont réellement l'eriger au rang de profession à contrario par exemple du métier de designer de jeux vidéos?... .

Là je ne vois pas le rapport. Il y a beaucoup de professions qui n'ont aucune barrière à l'entrée. Après, si tu considère que créer un jeu ne nécessite aucune mise en oeuvre de savoir ou savoir faire particulier je ne te suis pas du tout. Par exemple, Bauza est un véritable "professionnel", il a des méthodes de travail, gagné de l'expérience et donc des gains de productivité, etc...
FOX62 dit:
Moi je pense vraiment qu'il faut le considérer plus comme un art qui génére une rente issue de d'un investissement temporel et intellectuel pour les plus talentueux et en aucun cas une profession générant un revenu..


Un art ??? Alors là excuse moi mais c'est peut-être toi qui manque d'humilité.
En quoi la création ludique est-elle un art ? C'est une création de l'esprit (comme le sont nombre de productions de l'ingénieurie donnant lieu à des brevets) mais certainemet pas un art. Il y a une fonction au jeu, il n'est pas purement formel (l'opposition entre la fonction et la forme est au principe de la définition de l'art au sens Kantien). Là on parle de créer des systèmes et des univers permettant de divertir et d'intéresser les joueurs. On parle de petits bonhommes que l'on déplace ou de petits cubes que l'on pousse.

Alors désolé d'apparaître comme un mercenaire, mais clairement pour moi la création ludique est une question technique de recherche de mécanismes générateurs de différentes choses (tension, amusement, réflexion etc) dans le but de créer un produit. C'est très clairement une oeuvre de l'esprit, mais certainement pas une oeuvre d'art.

Un art ou pas ? C’est un autre débat qui ne m’apparaît pas dénué d’intérêt.

Pour en revenir aux auteurs ‘stars’, Bruno des Montagnes m’a clairement dit qu’il ne pouvait pas vivre de ses droits d’auteurs. Il ne vit que du jeu, certes, mais parce qu’il cumule les casquettes (il bosse chez Ludocortex, fait du jeu d’entreprise aussi il me semble, et d’autres choses encore). Mais tout ça il peut le faire parce qu’il a un savoir-faire, une technique du métier de créateur.C’est un spécialiste de la chose ludique, d’ailleurs chez les anglosaxons, le métier dont on parle a un nom (‘game designer’ s’il faut encore préciser ! :wink:).
Donc pour résumer ma pensée, c’est clairement un métier qui existe, peut-être un art aussi, mais en tout cas ce n’est pas un métier dont on peut vivre en France en indépendant, avec les volumes de vente qui se font dans notre pays. A de très rares exceptions près.

fred henry dit:
FOX62 dit:Par contre cette discussion fort intéressante me mène à me poser deux questions qui n'ont rien à voir en elle.
La première : Pourquoi n'a-t-on jamais vu les auteurs "stars" de ce milieu se plaindre ou ne serait-ce que sous entendre qu'ils ne sont pas assez payé pour ce qu'il font? Est-ce une certaine forme d'humilité ? .

Tu veux peut-être dire que moi, qui suis très loin d'être une "star", je manque terriblement d'humilité en affirmant que les auteurs sont mals payés, ou même en briguant le statut de professionnel.
Mais où vois-tu que je revendique une hausse des DA ? Je dis simplement que pour 2% du prix public ça ne m'interesse pas de signer. Je n'ai jamais même sous-entendu que qui que ce soit pouvait être intéressé par signer avec moi pour plus que ce taux. En quoi est-ce un manque d'humilité ? Comme tu l'as dit, c'est un marché, personne n'est obligé de signer si le prix ne lui convient pas, moi y compris.
Concernant les stars, je puis t'affirmer que ça fait bien longtemps qu'aucun n'a signé pour 6%.
FOX62 dit:
La seconde a propos de la professionnalisation du métier d'auteur. Sachant que le travail d'auteur ne mets pas en oeuvre de savoir ou de savoir faire particulier. Ne nécessite pas le mise en oeuvre de technologies particulières et que, par conséquent, il est accessible à tous. Peut-ont réellement l'eriger au rang de profession à contrario par exemple du métier de designer de jeux vidéos?... .

Là je ne vois pas le rapport. Il y a beaucoup de professions qui n'ont aucune barrière à l'entrée. Après, si tu considère que créer un jeu ne nécessite aucune mise en oeuvre de savoir ou savoir faire particulier je ne te suis pas du tout. Par exemple, Bauza est un véritable "professionnel", il a des méthodes de travail, gagné de l'expérience et donc des gains de productivité, etc...
FOX62 dit:
Moi je pense vraiment qu'il faut le considérer plus comme un art qui génére une rente issue de d'un investissement temporel et intellectuel pour les plus talentueux et en aucun cas une profession générant un revenu..

Un art ??? Alors là excuse moi mais c'est peut-être toi qui manque d'humilité.
En quoi la création ludique est-elle un art ? C'est une création de l'esprit (comme le sont nombre de productions de l'ingénieurie donnant lieu à des brevets) mais certainemet pas un art. Il y a une fonction au jeu, il n'est pas purement formel (l'opposition entre la fonction et la forme est au principe de la définition de l'art au sens Kantien). Là on parle de créer des systèmes et des univers permettant de divertir et d'intéresser les joueurs. On parle de petits bonhommes que l'on déplace ou de petits cubes que l'on pousse.
Alors désolé d'apparaître comme un mercenaire, mais clairement pour moi la création ludique est une question technique de recherche de mécanismes générateurs de différentes choses (tension, amusement, réflexion etc) dans le but de créer un produit. C'est très clairement une oeuvre de l'esprit, mais certainement pas une oeuvre d'art.


Déjà va falloir arrêter de prendre tout ce que je dis pour toi, sinon ça va pas le faire. Néanmoins, quand je vois la plupart des gens qui fréquentent ce forum se défoncer (ce qui n'est pas mon cas je le précise afin de ne pas passer une fois de plus pour un egocentrique) pour faire des jeux, qui seraient presque prêts à n'importe quoi (ce n'est pas mon cas non plus) pour ne serait-ce que signer et voir leur talent enfin reconnu (faut-il que je précise que cette phrase ne sous entend pas que j'estime que tu en sois dépourvu où ça va aller?) et toi qui déboule avec tes gros sabots en disant "signer pour moins de autant ne m'intéresse pas". Excuses moi mais, pour moi c'est clairement un manque d'humilité ou au mieux assez inéléguant. Tout comme quand je lis ici mais je ne sais plus qui insinuer que cela vient du fait que les éditeurs ne jouent pas le jeu ou que les risques sont équitablement partagés alors que Tilsit vient de mettre la clé sous la porte et des jeunes éditeurs comme KnD sont à un tournant où se joue leur pérénité.

Maintenant je pense qu'il faut se décomplexer par rapport à l'Art et arrêter de le voir d'un point de vue élitiste. Je trouve que le jeu est plus un art qu'un métier car comme pour l'art il y est plus question de chance et de Talent que de Savoir faire et de mise en oeuvre de technologies. Et, d'autre part, que la capacité à en vivre est tout aussi aléatoire. C'est tout. Comme tu vois pas de quoi fouetter un chat. Ce que j'entends par là c'est que tant que ce travail sera à la portée du commun des mortels qui joue un peu et qui sait faire preuve d'un peu de créativité ou au pire faire des assemblages de ses expériences ludiques, pour peu qu'il veuille s'en donner la peine, il va être difficile, face à cette concurrence "déloyale" (au sens où ils ne comptent pas là dessus pour vivre et peuvent se permettre quelques concessions pour être édité) , d'en faire un métier. C'est à dire un travail qui rapporte des revenus permettant de subvenir à ses besoin .

Pour en revenir au métier de GameDesigner. Il ne vous a pas échappé quand même que cette appellation était essentiellement tournée vers le milieu du jeu vidéo. Que les process, qu'appliquent entre autre Antoine Bauza vienne de là. Et que les ouvrages qui traitent du game design ne s'étendent pas plus que ça sur le jeu de société. Car même si dans le processus de conceptualisation les deux activité se rejoignent. La mise en oeuvre des concepts dans le domaine des jeux vidéos nécessite la mise en oeuvre de pas mal de technicité et de technologie qui font que l'on ne peut pas s'improviser créateur de jeux vidéo. Ou du moins certainement moins facilement que créateur de jeux de société. A moins que le maniement de la planche de découpe autocicatrisant et du cutter...

Pour terminer, puisqu'on est dans la terminologie, jete un coup d'oeil à la definition d'Ingénierie. Tu comprendra en quoi cela ne peut s'appliquer à la création ludique. Par ailleurs cela illustre en partie la frontière que j'imagine entre une activité professionnelle et une activité non professionnelle. Je cite Wikipedia

"L’ingénierie est une activité scientifique et rigoureuse de conceptualisation et réalisation des ouvrages d’art fonctionnels, dans la construction des ensembles structuraux, mécaniques, chimiques, électriques, électromécaniques ou électroniques et qui s’exécutent dans les règles de l’art et de la rigueur scientifique. Les principes sur lesquels reposent l’ingénierie et sa méthodologie sont éminemment logiques. Ses référents sont d’ordre technique, scientifiques et mathématiques."

NB : "Star" n'étais pas péjoratif pour les auteur figure de proue de notre hobby et m'excuse si cela a pu passer pour l'être. S'était un racourci maladroit.

Je pense que personne ne t’en veux pour le mot “star”, on se comprend et c’est un mot court qui permet d’aller vite.

pour ce qui est de ‘game designer’, c’est un terme qui est utilisé également en jeux de société aux états unis. Je crois (vous pouvez me corriger) que le game designer dans les jeux vidéos est chargé de régler par exemple le caractère progressif du challenge, d’imaginer des niveaux, de penser le gameplay et l’ergonomie, les règles de jeu, et la “scénarisation” (pas dans le sens ‘trame scénaristique’, mais plutôt dans le sens ‘mise en situation’). En gros, sauf si je fais une mauvaise interprétation de ce métier, c’est la même chose qu’un auteur de JDS. Les problématiques liées au support sont différentes, certes, mais il est des principes qui vont au delà des spécificités du jeu vidéo et c’est sans doute pour ça que des auteurs de jeux de société lisent des livres de game design écrits à la base pour le jeu vidéo. Pour parler encore de Bruno, il faut voir la méthode mise en oeuvre pour régler Mr Jack pocket ! Ils sont quand même allés jusqu’à créer une intelligence artificielle qu’ils ont fait jouer toute seule ! Auteur de jeux est un métier qui risque de devenir de plus en plus technique.
Comme le commerce de détail, qui pouvait être tenu par à peu près “n’importe qui” autrefois (sans jugement péjoratif), devient de plus en plus technique et demande un minimum de formation (gestion, fiscalité, comptabilité, etc., gestion des stocks millimétrée là où on pouvait gérer à la louche il y a quelques décennies…).
C’est le cas dans tous les métiers où il y a de la “compétition”, il faut être plus performant et pour cela affiner ses méthodes de travail, le métier devient donc plus pointu, plus technique, et de moins en moins à la portée de tous.

mais je ne fais que répéter des choses qui ont été dites avant, en fait, je crois :mrgreen:

Bon, j’ai bien réfléchi à ce que j’avais pu écrire et en te lisant voici ce que j’en tire : je m’excuse si certain de mes propos ont pu blesser ou paraitre outrancier.
Mais je t’assure que jamais dans la moindre de mes lignes tu ne trouveras écrit que je trouve la répartition entre les différents acteurs injuste. Je dis simplement qu’un auteur ne peut pas vivre de sa passion et qu’on ne peut donc pas dire qu’il est bien loti. Dailleur tout le monde est d’accord, quasiment personne n’en vit
Mais, comme je veux tenter de vivre quand même de cette activité, j’ai des contraintes de rentabilité qui font que je ne peux pas signer pour un prix trop modique sans brader mon temps de travail. Je fais déjà énormément de sacrifices pour ce boulot (je me refuse à avoir des enfants puisque je ne pourrais pas les nourrir, toute ma vie tourne autour de cette activité et je me suis très lourdement endetté pour ce qui est ma seule source de revenu). En conséquence de quoi je suis dans l’obligation de ne pas accepter n’importe quelle rémunération, sans quoi je me retrouve à la rue. Ce que je veux dire c’est qu’il ne s’agit pas d’un caprice : en travaillant à 6% je suis mort. Donc clairement ce n’est pas un manque d’humilité, c’est le produit d’un calcul en fonction des ventes moyennes d’un jeu. Peux être (sans doute ?) me suis-je fourvoyé et que jamais je ne pourrais en vivre décemment. Pas grave, au moins j’aurais tenté.

Concernant la question de l’art, j’avoue que j’y suis allé un peu fort et qu’en fait je n’en sais rien. Effectivement j’ai peut être tendance à complexer devant le terme que je trouve un peu grandiloquent. C’est pourquoi, dans le doute, je préfère parler d’oeuvre de l’esprit. Parce qu’au fond, l’art, je ne pourrait pas définir ce que c’est.

100% d’accord avec Rodenbach. Le gamedesigner en jeu vidéo n’est pas un programmateur. Et 100% d’accord, créer un jeu c’est aussi suivre des procédures et des techniques.

Voilà et c’est quand deviendront nécessaires cette technicité, ce savoir faire et ce savoir mettre en oeuvre que la création de jeu de société deviendra une profession et de là découlera sans doute un traitement salarial adéquat. Maintenant savoir si cela contribuera a faire des jeux meilleurs et surtout à rendre le gamedesign plus intéressant, je doute mais c’est un autre débat. Mais on tend à cela lorsqu’on voit des éditeurs comme QG sortir des bêtes de concours élevées pour remporter le SdJ. On se dit que de là à former une équipe de concepteur professionnels pour arriver à ce résultat il n’y a qu’un pas. Néanmoins que des jeux comme Dixit parviennent à le remporter je trouve ça plutôt rassurant. Après autre problème pour les créateurs pros… Si on y réfléchit bien, il n’y aurait pas tant de place que ça et en tous cas pas pour tout le monde et ça n’ira pas forcément dans le sens d’une meilleure rémunération.

Je tiens à préciser quand même que je ne dis pas que la création de jeu de société est à la porté de tous. En effet, il faut une certaine envie, une certaine détermination, une culture ludique (après ça c’est relatif car parfois ça peut être un handicap aussi). C’est déjà beaucoup mais rien qui ne soit l’apanage de professionnels.

J’avoue que j’ai été un peu déçu quand j’ai appris qu’une IA avait était utilisée pour vérifier l’équilibre de Mr Jack. Car ce qui rend notre hobby intéressant, c’est cet aspect artisanal, ce tâtonnement, ce fait de sentir les choses et cette jubilation lorsqu’on se rend compte qu’on ne s’était pas trompé ou de peu. Maintenant je suppose que l’IA n’a servi qu’à ça confirmer l’équilibre de Mr Jack. Après reste à voir si elle a été conçue spécifiquement pour ça où si ils ont utilisé admettons une IA à la base mise au point pour une éventuelle version Electronique du jeu. Je chipotte tu me diras mais ça change tout dans le débat que nous sommes en train d’avoir. Parce que lorsque l’on commence à concevoir des technologies pour exercer son “art” là on commence à s’approcher d’une profession. En tous cas ça n’enlève rien du talent de Bruno Cathala que j’admire.

Je suis un peu décousu mais y’a tant de chose à dire sur notre hobby et son évolution.

Bon alors accordons sur une chose, disons qu’en attendant l’évolution du marché, l’activité d’auteur est un “proto-métier” (pas encore véritablement un métier, mais en devenir, avec peut être des statuts et une reconnaissance institutionenlle). Et que c’est peut être un art (au même titre que la BD ou la musique). Comme ça ce sera clos et sans point goodwin malgré les 10 pages :wink: . (Et on termine tous autours d’un verre lors d’un prochain festival :mrgreen: )