rémunération de l'auteur

Je vais éviter de détourner le sujet mais Bruno explique très bien le pourquoi de cette IA dans une des TTtv consacrées à Mr Jack, et je ne crois pas qu’il était envisagé de s’en servir pour faire une version numérique et solo du jeu. S’il n’avait pas eu recours à cette astuce, soit le jeu ne serait pas terminé aujourd’hui, soit il serait moins équilibré que maintenant, et nous aurions été les premiers à râler de ne pas avoir entre les mains un jeu réglé aux petits oignons, parce que les joueurs deviennent aussi de plus en plus exigeants !
:1900pouic:

fred henry dit:Bon alors accordons sur une chose, disons qu'en attendant l'évolution du marché, l'activité d'auteur est un "proto-métier" (pas encore véritablement un métier, mais en devenir, avec peut être des statuts et une reconnaissance institutionenlle). Et que c'est peut être un art (au même titre que la BD ou la musique). Comme ça ce sera clos et sans point goodwin malgré les 10 pages :wink: . (Et on termine tous autours d'un verre lors d'un prochain festival :mrgreen: )


Comment ça personne n'a encore évoqué la seconde guerre mondiale?...

:wink:

Ben en fait je crois que le marché est en pleine mutation (J'ai envie de dire qu'alors que le métier d'auteur devrait se professionaliser, c'est celui d'éditeur qui a tendance à s'amateuriser avec l'explosion des micro et auto-éditeurs...) et que c'est pour cela qu'il est aussi difficile de trouver un point d'accord d'autant plus que par la force des chose on a une conception différente du statut de créateur. Puisque j'exerce dans l'amteurisme et de manière plutôt dilettente. Tandis que toi, tu essaie d'en vivre.

Bon je n'ai pas l'habitude de courir les convention mais ça sera avec plaisir pour le verre si un jour l'occasion se présentait. Tu seras en Belgique ce Week end?

ben pas ce week end (le festival joker je crois), mais je te jure que si je passe à proximité de chez toi je t’invite à discuter de tout celà autour d’un café (j’adore discuter autour d’un café).

y’a pas à dire c très intéressant.

Je suis moi mm au chômage depuis 1 an et j’ai eu le temps de reprendre un sport qui me plaisait: le judo.
Pendant une année j’ai eu le temps de voir que les plus jeunes (8-10 ans) avaient du mal avec le nom des prises et lorsque j’ai évoqué le problème avec les profs ils m’ont sorti des planches A3 où sont listées toutes les prises sous forme d’un tableau… très indigeste.
Du coup j’ai réfléchi à les rendre ludique (et plus précisément apprentissage ludique).
J’ai donc imaginé un petit jeu avec des contraintes matérielles (jeu de cartes 54 cartes principalement pour des raisons de coûts de fab et de transport = tarif lettre).
Je n’ai à aucun moment pensé à aller voir les éditeurs, je voudrais le distribuer directement par les clubs ou par le site web.

Suite à quoi j’ai pris goût à la création ludique, étant moi mm un non joueur ou quasiment (très peu de jeu, pas beaucoup d’expérience) mais issu d’études en design industriel et avec beaucoup de méthodes utilisées en informatique.
Bref pour le moment peu de création, mais cet engouement pour le monde ludique et surtout pour les personnes qui le composent m’a donné l’idée de tenter un nouveau modèle d’édition et de distribution complètement communautaire.
Soyons clair le modèle ne vise pas les marges qu’une vraie maison d’édition peut faire (déjà à cause des coûts de production et de distribution), ensuite on en peut décidément pas (encore pour des raisons économiques) tenter de copier leur mode de distribution ou de vente.

Du coup j’ai essayé de pondre un processus d’édition communautaire qui permettrait sa viabilité (je travaille encore dessus), celui ci se base principalement sur la mise en place d’une plate forme regroupant les réseaux des différents secteurs (auteurs, joueurs, graphistes, investisseurs) et en apportant la notion d’ambassadeurs qui sont des joueurs qui vont “aider” l’auteur dans sa phase de tests et d’équilibrage (je parle de porter le projet).

Pour dire que le sujet m’intéresse beaucoup car il me permet de vérifier mes calculs (voilà le pourquoi de mon intervention au début sur les chiffres proposés) et de voir si l’émergence d’un modèle amateur communautaire (quand je dis amateur, je veux pas dire irresponsable et peu expérimenté mais plutôt associatif) pourrait être possible dans un monde qui me semblait bien ficelé et par conséquent bien verrouillé.

Vous me semblez être des acteurs actifs avec un bon background, peut être votre avis m’éclairerait-il ?

alainE dit:Euh complètement HS... (quoique)
Dit m'sieur Ehanuise... c'est quoi donc Flatlined Games ???
Oui je sais je suis curieux :mrgreen:


Un truc coooomplètement HS :mrgreen:
Mais on en reparlera, sous peu.
maczy dit:...


Je sais pas pour les autres mais ton projet me fait plutôt penser à ce que se voulait être Créoludo... De mon côté je me tâte a essayer de creer une equipe de développement qui, pourrait se muer en studio pour peu que le concept jeux clés en mains plaise aux éditeurs et que je trouve des compères createur et ayant un discipline connexe (j'ai pour ma part un bkg d'infographiste metteur en page web et print avec un peu d'exp en agence de com') dans ma région. En plus comme seul j'avance a la vitesse d'une limace au repos côté création, ca me boosterais un peu.
FOX62 dit:Tu seras en Belgique ce Week end?


Tu passes faire un tour au Festival en Jeu ? si c'est le cas on se verra là-bas alors... autour d'un café :mrgreen:

Ben comme en fait, je me tâte encore. Comme je te l’ai dit week end un peu compliqué mais j’ai des copains qui m’ont proposé d’y aller et qu’outre le café, j’aurai aimé partager avec toi une partie de mon jeu dans sa première version initiale car je pense que le système à double détente pour les missions n’est toutefois pas dénué d’intérêt et aurais aimé avoir des vis pros avant d’entamer les grands travaux. A mon avis pour le festival, ça va se jouer plus ou moins à la dernière minute quoi…

Ben comme en fait, je me tâte encore. Comme je te l’ai dit week end un peu compliqué mais j’ai des copains qui m’ont proposé d’y aller et qu’outre le café, j’aurai aimé partager avec toi une partie de mon jeu dans sa première version initiale car je pense que le système à double détente pour les missions n’est toutefois pas dénué d’intérêt et aurais aimé avoir des vis pros avant d’entamer les grands travaux. A mon avis pour le festival, ça va se jouer plus ou moins à la dernière minute quoi…

FOX62 dit:Ben comme en fait, je me tâte encore. Comme je te l'ai dit week end un peu compliqué mais j'ai des copains qui m'ont proposé d'y aller et qu'outre le café, j'aurai aimé partager avec toi une partie de mon jeu dans sa première version initiale car je pense que le système à double détente pour les missions n'est toutefois pas dénué d'intérêt et aurais aimé avoir des vis pros avant d'entamer les grands travaux. A mon avis pour le festival, ça va se jouer plus ou moins à la dernière minute quoi...


Pas de problème, je suis partant pour tester ton jeu. au passage tu pourras tester Caribbean Sea mais aussi Vanuatu qui est en concours.

Enorme !!

Un sujet sur les répartitions financières des différents intervenant dans la chaîne de fabrication d’un jeu, sur les droits d’auteur, sur la conception même du métier d’auteur, et qui ne part pas en couille malgré 10 pages d’avis parfois différents, mais avec une véritable écoute mutuelle !!!
Ben moi je dis: chapeau les gars !! c’était très intéressant…
Et du coup, comme je suis cité plusieurs fois, j’ai envie de vous faire partager ma vision du sujet.

Tout d’abord, je réfute totalement l’appellation de star. Je ne fais pas des jeux pour cela. Et si j’ai la chance d’avoir été publié de nombreuses fois, c’est aussi bien souvent grâce au talent de ceux avec qui j’ai travaillé. Bref, je dois autant aux autres qu’à moi même. et de toute façon, avoir la chance d’être publié ne doit pas me rendre plus important que tous les autres passionnés que je crois ci sur TT, ou aux détours des salons. Aujourd’hui, vous jouez peut être à certain de mes jeux. Demain, c’est sans doute moi qui jouerais les vôtres.

Ensuite, oui, je considère qu’auteur de jeux est un métier. Ma position est très proche de celle de fred henry. Un métier dont on vit effectivement très mal. Et même malgré mes nombreuses publications, les royalties ne me permettent pas de garantir un niveau de salaire couvrant mon loyer (certes, la haute-savoie, c’est beau mais c’est cher) et ma pension alimentaire (bon… ça n’a rien à voir avec le fait d’être auteur !! ;-).
Concernant les différentes retenues sur droit d’auteur, il faut savoir que l’auteur de jeu ne peut pas déclarer ses droits d’auteur dans la case “traitement et salaires” de la feuille d’imposition, contrairement à un auteur littéraire. Car l’auteur de jeu est assimilé à un artisan et non un artiste. Du coup, il faut effectivement se déclarer en BNC, si les sommes le permettent, mais aussi ne SURTOUT pas oublier l’URSSAF !!!
Et ça, ça fiat mal aux royalties aussi… Sur la somme perçue, il ne reste en gros que 50%…

Il est clair que si je n’avais pas perdu mon emploi en 2004, je n’aurai jamais tenté de vivre du jeu de société. Mais n’en déplaise à mon ami BdC (d’ailleurs çA fait trop longtemps qu’on ne s’est as vus…), on peut fair edes jeux dans sa cuisine le soir après un autre métier ET considérer qu’auteur de jeu est un métier ! Dans tous les métiers, il y a des amateurs et des professionnels, des compétents et des moins compétents ;-)) (j’espère juste toujours avoir affaire à un médecin professionnel et compétent… ;-))

Aujourd’hui, je suis donc un professionnel du jeu.
Tous mes revenus tournent autour du jeu. Mais je cumule effectivement plusieurs casquettes:
> auteur de jeu: mes royalties représentent environ 60% de mon chiffre d’affaire (je me suis monté en EURL)
> animation en boutiques (l’astuce à genève le lundi et ludocortex à annecy le mercredi) pour 15% du CA
> diverses prestations au coup par coup pour différents éditeurs (expertise de règles et/ou prototypes, développement, chef de projet/édition…) pour 25% du CA
J’aime ce que je fais, passionnément… mais je ne cumule ces 3 activités, qui m’amènent à travailler 7 jours sur 7 sans me plaindre effectivement, uniquement parce que c’est la seule façon pour moi actuellement de garantir des revenus mensuels suffisants.

Bref, si les royalties le permettaient à eux seul (ce qui serait possible si l’auteur de jeu était reconnu au même titre que l’auteur littéraire), je ne me consacrerai qu’à la création !

Enfin… ça n’a rien à voir directement avec l’aspect financier et le statut d’auteur, mais je voudrais revenir deux minutes sur la façon dont Jack pocket a été calé ds ses paramètres finaux.
Rodenbach l’a bien expliqué: le recours à une IA a été résulté de la conjonction de 3 éléments:
> Ma formation scientifique de base, qui m’amène à être pour le moins à l’aise avec des techniques de plan d’expérience, d’analyse de la variante et autres outils statistiques
> l’opportunité de travailler avec stefan esch (un allemand qui a développé toutes les versions de Mr Jack online) et qui est réellement impressionnant sur le plan informatique
> l’exigence croissante des joueurs passionnés… car je veux bien entendre qu’il faudrait développer les jeux uniquement au feeling… mais dans ce cas, il faudrait éviter de hurler au scandale dès lors qu’un jeu semble légèrement déséquilibré ;-)))
Mr Jack pocket a été créé à la base de façon totalement intuitive. Mais lors du développement, il est apparu que, du fait de la variabilité importante de la réponse, ne méthode de travail usuelle n’était pas suffisante. Et c’est alors seulement qu’une assistance “technique” a été mise en place pour garantir un résultat à la hauteur des exigences de chacun (les nôtres à ludo et moi y comprises !)

voilou…

Je ne sais pas pourquoi je me suis mis en tête que tu faisais du jeu d’entreprise…
Memory Failure, please reboot system. :mrgreen:

Le terme de star est un peu exagéré effectivement, mais on peut difficilement nier le fait que tu es quand même “un nom” du jeu de société, dans le sens où tu occupes une place plutôt voyante dans le PLF
(Qui a deux jeux dans la sélection des TT d’or cette année ? :wink:)
et que chez les passionnés, le nom de Bruno Cathala évoque forcément quelque chose. Et c’est pareil pour tes acolytes !

Mais tout ça c’est quand même le résultat d’un travail, d’un savoir-faire ( et hop je reviens dans le sujet :p). Et c’est ce qui fait que vos jeux sont souvent attendus au tournant (ce qui j’imagine est à double tranchant).

Oui oui, tu as raison, je fais aussi du jeu d’entreprise !!
Mais j’ai inclus ce CA (très incertain car je ne démarch epas vraiment faute de temps) ds la catégorie des 25%

Bruno des Montagnes dit:Mais n'en déplaise à mon ami BdC (d'ailleurs çA fait trop longtemps qu'on ne s'est as vus..), on peut faire des jeux dans sa cuisine le soir après un autre métier ET considérer qu'auteur de jeu est un métier ! Dans tous les métiers, il y a des amateurs et des professionnels, des compétents et des moins compétents ;-))


Ahahahahhhhh mais tu ne feras croire à personne que ta cuisine est une cuisine, même au fond de ton frigo, on retrouve des post-it avec des idées de méca :) La cuisine, comme ta chambre d'ailleurs ou ton salon, c'est juste un grand laboratoire ludique :)

Pour être plus sérieux, je crois que tu es l'un des rares à pouvoir affirmer que la création comme tu la pratiques (organisation de ton temps, méthodologie, travail relationnel...) peut être un métier.

Ce que tu fais c'est une performance, mais selon moi pas un métier. En tout cas, il n'y a pas 1% des auteurs édités qui peuvent envisager cette activité comme un métier.

Tu fais partie comme dans d'autres domaines (littérature, bd, musique, jeux vidéos) de la poignée de personnes qui peuvent envisager de vivre de leur création ou de leur talent.

Mais bon allez, si tu penses que c'est un métier, d'accord... :)

BdC
Ma formation scientifique de base, qui m'amène à être pour le moins à l'aise avec des techniques de plan d'expérience, d'analyse de la variante et autres outils statistiques


Argggh mon dieu...de la chimiometrie...Vu le souvenir aue j'en ai de la fac j'esperais ne plus jamais en entendre parler :roll:

Sinon le "temoignage" de Bruno est interessant puisqu'il met en exergue le fait que meme l'un des auteurs que l'on pensait le plus a meme de vivre de la creation ludique est oblige d'avoir des a cotes. Et ce malgre ses qualites de "commercial" reconnu :P , ses methodes de travail efficaces et son reseau.

Bref clairement, comme le dit BdC, on ne peut pas vivre de la creation ludique pure (sauf tres rares exception et encore, en se diversifiant)

PS: Desole, clavier US=pas d'accent :roll:

Est-ce que le fait que peu de personnes peuvent vivre du jeu est un argument suffisant pour dire que ce n’est pas un métier ?

En France il n’existe que 2 postes de Criminologues. Est-ce que le fait que 0.0001% (chiffre arbitraire, hein je précise :P) des psychologues occupent ce poste en fait autre chose qu’un métier ?
Vous allez me répondre qu’il s’agit d’un poste, donc on a créé un emploi pour cette fonction, mais je ne vois pas pourquoi il faudrait considérer les choses différemment pour les métiers créatifs sous prétexte que les frontières sont floues (entre une pratique amateur et une pratique professionnelle dont on peut vivre).

Rodenbach dit:Est-ce que le fait que peu de personnes peuvent vivre du jeu est un argument suffisant pour dire que ce n'est pas un métier ?
En France il n'existe que 2 postes de Criminologues. Est-ce que le fait que 0.0001% (chiffre arbitraire, hein je précise :P) des psychologues occupent ce poste en fait autre chose qu'un métier ?
Vous allez me répondre qu'il s'agit d'un poste, donc on a créé un emploi pour cette fonction, mais je ne vois pas pourquoi il faudrait considérer les choses différemment pour les métiers créatifs sous prétexte que les frontières sont floues (entre une pratique amateur et une pratique professionnelle dont on peut vivre).


Non dans l'absolu tu as raison. Un métier le devient quand on décide de vivre des revenus que procure l'activité en question.

Il n'en demeure pas moins que pour 99% des auteurs même édités, c'est un loisir qui peut parfois procurer des revenus mais pas un métier.
Alors oui pour l'exception, mais non pour la généralisation.

Après je me demande si dans la situation de bruno, je prendrais cette activité comme un métier, je ne le pense pas, je me dirais alors que je vis de mes idées, la frontière est ténue...

BdC

La frontière est ténue, mais finalement, j’ai toujours vécu de mes idées:

avant, je faisais de la recherche en sciences des matériaux (mise au point d’alliages de Tungstène)… ça c’est un métier !!! sûr !! !!! :D :D :lol:

Bruno des Montagnes dit:La frontière est ténue, mais finalement, j'ai toujours vécu de mes idées:
avant, je faisais de la recherche en sciences des matériaux (mise au point d'alliages de Tungstène).. ça c'est un métier !!! sûr !! !!!! :D :D :lol:


Je savais que ta formidable musculature ne pouvait pas provenir que de tes virées en vélo. Tu es donc constitué d'alliage de Tungstène, IronMan est un vrai charlot à côté :D

BdC

ouaip… sauf que pour voler, le Tungstène (densité 19.3) c’est pas vraiment top top… :P