Fred d'odars dit:On peut facilement faire un parallèle avec d'autre type d'activités créative, la musique, la vidéo, la BD, l'écriture...
Chacun ces objectifs, vendre/plaire au plus grand nombre ou cultiver son "art" au contact des élites (je vise personne, juste une catégorie de pratiquant).
En fait on peut chercher l'essence ou juste a avoir plus d'essence !
Bref, deux monde qui ne se comprennent pas se cotoient dans cette conversation.
Je suis dans l'édition, disons que je publie des romans. Je confirme qu'il y est aussi extrêmement difficile d'en vivre et encore plus d'en vivre très bien - on estime à 2% les auteurs qui vivent de leur plume et on doit être en-dessous de 1% pour ceux qui en vivent au-delà d'un équivalent de SMIC.
On peut tenter de planifier ce succès ; autour de moi, certains y sont parvenus. Surtout pas avec cynisme ou opportunisme, mais en cherchant au moins à NE PAS déplaire au plus grand nombre. Pour autant, cette démarche n'est pas accessible à tous. Sentir ce qui plaît ou a des chances de plaire tient pour une part de partager les goûts du grand public, d'autre part de comprendre ce qu'il y a de particulier dans ce goût, ensuite de mettre en forme ce goût, enfin de tomber au bon moment, avec les bonnes personnes et de persévérer en cas d'échec.
C'est plus une question de "fibre personnelle", de sincérité, de talent - d'une forme de talent pour toucher efficacement le plus grand monde sans pour autant se renier - que de cynisme et de calcul.
On peut aussi évoquer le relai pris par l'éditeur, le distributeur et le libraire.
Parmi mes proches confrères, certains vendent plus de 100 000 ex à chaque parution. Ils en ont rêvé, ont fait à peu près ce qu'il fallait pour atteindre ce but mais jamais ils n'ont appliqué de recettes ni ne se sont dévoyés pour y parvenir.
Leur truc, c'est le grand public et ils arrivent à le toucher car ils ont le feeling pour ça, une sensibilité qu'ils travaillent bien sûr, car ça n'est jamais gagné.
Je pourrais toujours essayer d'y arriver moi-même, ce serait à peu près impossible - enfin je crois. Du moins, ça n'a rien d'évident et il ne suffit pas de le vouloir, il ne suffit pas de "cibler" ses créations pour gagner le marché de masse. C'est bien plus nuancé que cela.
Évidemment il existe nombre de différences entre le monde du jeu et celui de l'édition. Déjà, un auteur de romans touche environ 8-10% du prix de vente hors-taxe par livre vendu. Et non du prix éditeur. Ça change sûrement beaucoup de choses. Ensuite, le nombre d'enseignes/boutiques est bien plus important pour le livre que pour le jeu. Enfin, un livre est publié sous différents formats dès lors qu'il rencontre le succès. Etc.
Bon, je suis un peu hors-sujet, là
Je crois comprendre à travers les itv que B. Cathala a quitté son boulot d'ingénieur pour se lancer dans leJdS et qu'il travaille à temps partiel chez Ludortex. Il publie beaucoup de jeux...